A TABLE ! par Pascale Fonteneau
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A TABLE ! par Pascale Fonteneau

Publié le 27 juillet 2021 par Semal
À table ! Certes, mais avec qui ? Pas avec Bécassine la cousine désormais intolérante aux noix de Cajou et aux huîtres plates du Finistère. Ni avec Marcel dont la digestion ne supporte que les pommes du Berry et les poissons sans gluten.

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À table ! Certes, mais avec qui ? Pas avec Bécassine la cousine désormais intolérante aux noix de Cajou et aux huîtres plates du Finistère. Ni avec Marcel dont la digestion ne supporte que les pommes du Berry et les poissons sans gluten. Ou l’inverse, on s’y perd. Pauvres de nous. Régimes et allergies menacent aujourd’hui la solidarité des banquets révolutionnaires et des soupes populaires. On ne se réunit plus qu’entre soi. Chacun dans sa chapelle pour rédiger des évangiles et des inquisitions. On s’enferme, on se défend, on protège les enfants et c’est le début de la dégringolade. Au fond du puits, chacun mangera bientôt tout seul devant sa télé en attendant le jugement dernier. Les jours de fête, familles et amis viendront avec leurs assiettes dont ils détailleront la composition. S’appuyant sur des religions et des équilibres inconnus, ils vanteront au gramme près les apports en ceci ou en cela. S’ils nous observent en bouffant des chips et des cacahouètes, les Martiens doivent se marrer en se disant qu’on aurait peut-être juste besoin de crever de faim. Au moins un jour. Tout simplement.

 

 

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À table ! Certes, mais avec qui ? Pas avec Bécassine la cousine désormais intolérante aux noix de Cajou et aux huîtres plates du Finistère. Ni avec Marcel dont la digestion ne supporte que les pommes du Berry et les poissons sans gluten. Ou l’inverse, on s’y perd. Pauvres de nous. Régimes et allergies menacent aujourd’hui la solidarité des banquets révolutionnaires et des soupes populaires. On ne se réunit plus qu’entre soi. Chacun dans sa chapelle pour rédiger des évangiles et des inquisitions. On s’enferme, on se défend, on protège les enfants et c’est le début de la dégringolade. Au fond du puits, chacun mangera bientôt tout seul devant sa télé en attendant le jugement dernier. Les jours de fête, familles et amis viendront avec leurs assiettes dont ils détailleront la composition. S’appuyant sur des religions et des équilibres inconnus, ils vanteront au gramme près les apports en ceci ou en cela. S’ils nous observent en bouffant des chips et des cacahouètes, les Martiens doivent se marrer en se disant qu’on aurait peut-être juste besoin de crever de faim. Au moins un jour. Tout simplement.

 

 

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