EXPULSIONS A GRANDE SYNTHE
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EXPULSIONS A GRANDE SYNTHE

Publié le 29 décembre 2020 par par Lukǝ
Au pays des droits de l’homme, le récit interpellant d’une énième expulsion de réfugiés à Grande-Synthe (Dunkerque). Deux contrôles d’identité, impossible d’entrer dans la forêt où une vingtaine de policiers sont entrés. Ils sont accompagnés d’équipes de nettoyage, qui lacèrent les tentes pour empêcher leur réutilisation.

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Ci-dessous, une suite de tweets (thread) publiée le mardi 29 décembre par Louis Witter, photojournaliste, lors d’un reportage au cours d’une expulsion de réfugiés à Grande-Synthe (Dunkerque).
« 8H45 à Grande Synthe où une expulsion de réfugiés a lieu en ce moment.
Deux contrôles d’identité, impossible d’entrer dans la forêt où une vingtaine de policiers sont entrés.
Ils sont accompagnés d’équipes de nettoyage, qui lacèrent les tentes pour empêcher leur réutilisation.
Il a beaucoup plus ces derniers jours, le sol est trempé, spongieux. Une à une, les policiers détruisent les tentes où dorment encore des exilés.
Un homme kurde est sorti à la hâte, paquet d’affaires en main, pour repartir plus loin dans la forêt.
Actuellement il pleut, il fait deux degrés. Certains filent vite, emportant sur des caddies ce qu’ils peuvent sauver des coups de cutter.
Des policiers tentent de les convaincre de prendre les bus, sans savoir eux-mêmes où ces bus emmèneront les réfugiés.
Toutes les tentes et bâches sont une à une coupées et lacérées.
Un jeune Kurde d’Erbil, dépité et riant nerveusement, fait un snap de sa grande tente orange en train d’être détruite, « oh no, man, don’t touch my house, no, no » silence, puis « OH. I’m homeless now ».
Vers 11h, ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu partir dans les bus brûlent leurs couvertures qui, jetées dans la boue lors de la saisie des tentes par les forces de l’ordre, sont trempées, salies et inutilisables.
Tous les jours, ce sont les scènes de la Place de la République qui se rejouent dans le Nord sous la flotte et dans une routine terriblement révoltante. On a finalement pu zigzaguer et faire notre travail, publié bientôt je l’espère.
Voici une photo des membres des équipes de nettoyage qui accompagnent les policiers lors des expulsions de réfugiés à Grande-Synthe.
Cagoule deux trous, couteau à la main pour lacérer les tentes. Imaginez deux seconde la stupeur des exilés réveillés par ça à 8H ce matin.

"Comment lacérer à coups de couteau une tente de réfugié à neuf heures du matin par trois degrés celsius", mode d'emploi offert par le Préfet de la Région Hauts-de-France et du Nord ce matin à Grande-Synthe. »
En visite sur les lieux les 22 et 23 septembre 2020, le Défenseur des Droits avait écrit : « La volonté d’invisibiliser les exilés à Calais conduit à ce que plus aucun abri ne soit toléré : les personnes, dont des femmes avec enfants en bas âge, parfois des nourrissons, des mineurs non accompagnés, dorment à même le sol, cachés sous des buissons, quelles que soient les conditions climatiques. »
Et l’Europe est belle
Pour mon copain Kamel
...

Pour suivre Louis Witter sur Twitter, cliquez ici.
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Ci-dessous, une suite de tweets (thread) publiée le mardi 29 décembre par Louis Witter, photojournaliste, lors d’un reportage au cours d’une expulsion de réfugiés à Grande-Synthe (Dunkerque).
« 8H45 à Grande Synthe où une expulsion de réfugiés a lieu en ce moment.
Deux contrôles d’identité, impossible d’entrer dans la forêt où une vingtaine de policiers sont entrés.
Ils sont accompagnés d’équipes de nettoyage, qui lacèrent les tentes pour empêcher leur réutilisation.
Il a beaucoup plus ces derniers jours, le sol est trempé, spongieux. Une à une, les policiers détruisent les tentes où dorment encore des exilés.
Un homme kurde est sorti à la hâte, paquet d’affaires en main, pour repartir plus loin dans la forêt.
Actuellement il pleut, il fait deux degrés. Certains filent vite, emportant sur des caddies ce qu’ils peuvent sauver des coups de cutter.
Des policiers tentent de les convaincre de prendre les bus, sans savoir eux-mêmes où ces bus emmèneront les réfugiés.
Toutes les tentes et bâches sont une à une coupées et lacérées.
Un jeune Kurde d’Erbil, dépité et riant nerveusement, fait un snap de sa grande tente orange en train d’être détruite, « oh no, man, don’t touch my house, no, no » silence, puis « OH. I’m homeless now ».
Vers 11h, ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu partir dans les bus brûlent leurs couvertures qui, jetées dans la boue lors de la saisie des tentes par les forces de l’ordre, sont trempées, salies et inutilisables.
Tous les jours, ce sont les scènes de la Place de la République qui se rejouent dans le Nord sous la flotte et dans une routine terriblement révoltante. On a finalement pu zigzaguer et faire notre travail, publié bientôt je l’espère.
Voici une photo des membres des équipes de nettoyage qui accompagnent les policiers lors des expulsions de réfugiés à Grande-Synthe.
Cagoule deux trous, couteau à la main pour lacérer les tentes. Imaginez deux seconde la stupeur des exilés réveillés par ça à 8H ce matin.

“Comment lacérer à coups de couteau une tente de réfugié à neuf heures du matin par trois degrés celsius”, mode d’emploi offert par le Préfet de la Région Hauts-de-France et du Nord ce matin à Grande-Synthe. »
En visite sur les lieux les 22 et 23 septembre 2020, le Défenseur des Droits avait écrit : « La volonté d’invisibiliser les exilés à Calais conduit à ce que plus aucun abri ne soit toléré : les personnes, dont des femmes avec enfants en bas âge, parfois des nourrissons, des mineurs non accompagnés, dorment à même le sol, cachés sous des buissons, quelles que soient les conditions climatiques. »
Et l’Europe est belle
Pour mon copain Kamel

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