28 décembre 2025
LIGNES ROUGES par Pierre Heldenbergh
Je me permets de réagir à “l’argument” : “le retour en arrière sur l’exclusion ne sera pas possible car la Flandre ne voudra jamais“… La politique est un rapport de force quasi permanent, avec des lignes rouges que les unEs et les autres fixent dans leurs négociations.
La majorité actuelle droite/droite-extrême/extrême-droite a choisi les travailleurEUSEs sans emploi et les malades de longue durée comme boucs émissaires, c’est un fait. Quand le doigt montre les 40 milliards de fraude fiscale, MR-NVA dénoncent les quelques dizaines de millions de fraude aux allocations de chômage. Et plutôt qu’affiner les contrôles ce gouvernement choisi la sanction collective et inhumaine….
Dans des négociations gouvernementales, chaque parti fixe ses lignes rouges avant de négocier.
La gauche l’a fait lors des négociations du gouvernement précédent, et CD&V, Open VLD, Vooruit et Groen n’ont pas mis l’exclusion de centaines de milliers de travailleurEUSEs sans emploi dans l’accord gouvernemental.
Si demain de nouvelles élections redonnent la main à des partis progressistes en Wallonie et à Bruxelles, l’exigence première pourrait tout à fait être : réintégration des travailleurEUSEs excluEs, annulation de cette mesure poujadiste qui augmente la misère dans notre pays sans rien régler du tout, mise en place d’une réelle politique de réduction du temps de travail avec embauche compensatoire et retour à la pension à 65 ans (dans un premier temps ; – ).
Totalement impossible ? Simplement revenir sur ce qui était possible il y a quelques mois ou quelques années encore ? Etions-nous alors dans une utopie magnifique où travailleurEUSEs sans emploi et pensionnéEs vivaient dans le luxe ? Vraiment ? Entre 1.300 et 1.600 euros d’allocations pour unE chômeurEUSE isolée et 650 euros s’ilELLE est cohabitantE, c’est le bonheur ? Le vrai scandale n’est-il pas que le salaire minimum soit si bas dans notre pays, et que les plus nantiEs payent si peu et fraudent autant ?
Tout n’est « que » rapports de force et lignes rouges à imposer dans des accords gouvernementaux ou parlementaires. Si on commence directement par « nous ne reviendrons jamais à… parce que les autres n’en veulent pas ! » c’est vraiment mal commencer son bras de fer… Et les pratiquantEs de ce sport savent touTEs que c’est à la prise de départ que tout se joue….
Pierre Heldenbergh, sur sa page FB et dans l’Asympto, avec l’aimable autorisation de l’auteur


No Comments