FB M’A CENSURÉ par Pierre Heldenbergh

C’est assez rare qu’un de mes posts ou qu’un transfert d’infos publiées par des amiEs soient sanctionnés par la bande à Zuckerberg…
La vidéo qui prouve que ce sont des casseurs néonazis lyonnais qui préparaient un guet-apens contre des militantEs venuEs assister au meeting d’une députée européenne semble aussi choquant pour Facebook que « L’origine du monde » de Gustave Courbet.

Comme beaucoup d’entre vous, je dénonce régulièrement la violence physique, la brutalité et des assassinats politiques. Pour la plupart l’outil des fascistes de tous poils et autres extrémistes religieux.
Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente, d’accord mais de mort lente” chantait Georges Brassens. C’est une ligne politique que je partage avec la plupart des démocrates… …dont Jean-Luc Mélenchon qui rappelle régulièrement que le piège de la provocation et d’une réponse violente ne sert pas la gauche, bien au contraire. Ces attaques contre des personnes est à condamner et à sanctionner dans des régimes parlementaires démocratiques…

Par contre, lorsque les peuples et particulièrement la classe populaire vivent sous la dictature, sous l’occupation de régimes coloniaux ou néocoloniaux comme en Palestine, ou encore subissent l’interventionnisme des « grandes » puissances, la violence s’appelle la résistance. Et elle trouve alors toute sa légitimité. Aucune de nos démocraties ne le sont devenues sans la révolte, la lutte et le soutien du monde populaire. Pour rappel, ce sont des black-blockESSEs violentEs qui ont pris la Bastille le 14 juillet 1789 ; – ))

Les régimes politiques américains, hongrois, italiens, polonais, turcs, biélorusses, ukrainiens, russes, azerbaïdjanais,… peuvent-ils encore porter le qualificatif de démocratie ? Ces pays partagent les mêmes réalités :
• le contrôle des médias par quelques milliardaires,
• les décisions politiques prises de moins en moins à la suite d’un réel débat démocratique,
• la montée du national-populisme,
• l’idéologie raciste et homophobes devenue une opinion plutôt qu’ un délit,
• la criminalisation des mouvements sociaux, écologistes et des différentes couleurs de gilets,
• la remise en cause de la liberté d’association, de l’état de droit et du pouvoir judiciaire.
Une institution qui est pourtant depuis bien longtemps une justice de classe. Celle qui emprisonne les criminelLEs en col bleu ou sans col du tout, et négocie avec les cols blancs ou les fortunéEs pour leurs éviter le plus possible « l’humiliation » de la prison. Ou alors, juste le temps d’écrire un livre ?
Qu’on appelle ces basculements de régimes parlementaires : des démocraties illibérales ou de l’autoritarisme majoritaire, qu’importe… Ce qui est évident, c’est que cela permet aux puissantEs, à une oligarchie ou à une petite caste d’abrutir, de contrôler, de réprimer et d’écraser toutes les revendications populaires.

Le cas d’une macronie en pleine déliquescence est tout aussi inquiétant, si pas plus encore lorsqu’on habite en Wallonie ou à Bruxelles. Nos deux régions sont particulièrement influençables par les médias privés d’extrême-droite français. Georges-Louis Bouchez peut supprimer les subsides « éducation permanente » des différents centres d’études des partis politiques sans trop de soucis pour ses idéologues du centre Jean Gol. Ses amis Pascal Praud, Cyril Hanouna, et toute leur clique de chroniqueurEUSEs aux propos nauséabonds, seront toujours là pour lui inspirer ses sorties puantes.

La double présidence d’Emmanuel Macron, dans la suite de ses deux prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, laisse la France républicaine dans un triste état. Les attaques incessantes contre le droit du travail, le détricotage systématique de la sécurité sociale et des acquis du conseil national de la résistance, et le passage en force malgré les résultats électoraux ou référendaires, vont dans le même sens. Permettre aux milliardaires et aux puissantEs de l’Hexagone de contrôler totalement un régime encore un minimum démocratique.

L’étape suivante est tracée par les Pierre-Edouard Stérin ou Vincent Boloré de manière totalement décomplexée, et les familles Arnault, Dassault et Bouygues de façon plus classique. Si Marine Le Pen ou Jordan Bardella gagne le second tour en avril 2027, leA candidatE du FN/RN – fondé par un tortionnaire de militantEs anticolonialistes en Algérie et un waffen-SS – trouvera un siège présidentiel bien confortable. La plupart des mesures qui restreignent le contrôle démocratique ont été imposées par les ministres de l’Intérieur que ce soit Hortefeux, Guéant, Valls, Cazeneuve, Castaner, Darmanin, Retailleau et maintenant Nunez. D’autres sbires ont donc fait le gros du boulot. LeA potentielLE futurE présidentE françaisE d’extrême droite aura plaisir à affirmer qu’ilELLE n’utilise qu’une législation existante et construite par ses prédécesseurs.

Le tragique fait divers – ainsi que la vidéo sanctionnée par Facebook – est éclairant à ce propos.
• CertainEs ont décidé qu’un meeting de la fantastique Rima Hassan ne soit pas « protégé » par la gendarmerie. Lorsqu’on connaît le climat lyonnais et l’extrême violence des amoureuxEUSES du troisième Reich de cette région, ce choix de ne pas mettre en place une sécurité par les forces de l’ordre est scandaleux. Mais peut-on encore indiqué « ordre » lorsque l’on parle de la hiérarchie policière ?
• Permettre à un groupuscule de femmes ultra-réactionnaires de se confronter physiquement et directement à un public venu assister à la conférence d’une députée européenne est complètement fou.
• Enfin, le fait que la sureté de l’État n’ait pas surveillé les plus violents casseurs néo-nazis de Lyon, et qu’elle les ai laissés préparer un guet-apens contre des militantEs de gauche est incompréhensible.

Un gouvernement qui aurait voulu voir des incidents et de la violence physique à ce moment-là pour pouvoir dénoncer la gauche, et mettre LFI et fascistes dans le même camp violent, n’aurait pas fait mieux.
Pour terminer, une question de politique française – sur laquelle nous n’avons aucune manière d’agir, sauf pour ceuxELLES qui ont une carte d’identité bleue…..

Existe-t-il une ou des alternatives à ce basculement de la France dans un régime encore plus autoritaire ?
N’en déplaise aux libéreauxALES démocrates, aux écologistes, aux sociaux-démocrate ou aux communistes français qui se satisfont d’un leader fier de manger des saucisses… La gauche insoumise me semble être une (voir la seule ?) alternative à ce scénario tellement catastrophique. Le « vieux » a dit il y a près de 13 ans : « A la fin ce sera eux contre nous ». Qu’on déteste ou qu’on adore le bonhomme, c’est la jeune génération qu’il a mis en avant qui devra être une des actrices majeures pour faire le boulot…

Rien d’étonnant donc à ce que la haine se déchaîne à ce point contre euxELLES :
– « Antisémites » lorsqu’ilELLEs dénoncent le génocide des Gazouis.
– « Pro dictateurs » dès qu’ilELLEs osent défendre une politique internationale non alignée.
– « Populistes » à leurs meetings et à chacune des prises de positions où ilELLEs revendiquent simplement une juste répartition des richesses et la sauvegarde des filets de sécurité du monde du travail et des précaires.
– « Anti-démocrates » quand ilELLEs soumettent une mention de censure au vote, car ilELLEs n’acceptent pas que ce soit le 49.3 qui devienne la règle plutôt que le débat parlementaire.
– « BruyantEs » et « inconvenantEs » – au parlement justement – quand ilELLEs se battent becs et ongles contre les dérives fascisantes et antisociales.
– « Vulgaires » sur les plateaux de télé par leur dénonciation des nouveaux chiens de garde du capital.
– « CasseurEUSEs » quand ilELLEs sont aux côtés de la lutte des travailleurEUSEs, des immigréEs, des sans papier, des jeunes, des écologistes, des LGBTQA+, de la paysannerie familiale, et des combats contre les dépenses publiques pharaoniques et les grands travaux de plus en plus inutiles alors que la crise climatique est la véritable catastrophe qui bouscule l’humanité.
– Et maintenant « tueuEUSEs » lorsque des antifas pris dans un guet-apens de crapules d’extrême-droite ont le malheur de se défendre.

Courage à l’ensemble de ces militantEs qui ont permis à une gauche de rupture de retrouver une perspective politique de changement social.
Quant à les identifier comme l’extrême-gauche, c’est bien peu connaître le combat des révolutionnaires qui sont prêtEs, euxELLES, à réellement renverser la table. Si le programme « L’Avenir en commun » est un brûlot gauchiste, que cette bourgeoisie réactionnaire qui l’affirme ne relise jamais le programme commun qui a fait élire François Mitterrand en mai 1981. L’image du bolchevik le couteau entre les dents pourrait alors hanter leurs nuits. Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes ; – ))

Pierre Heldenbergh

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