27 février 2026
« MÊME DANS LA MORT, VOUS N’AUREZ PAS LA VICTOIRE ! » par Jean-Luc Mélenchon
Spectaculaire meeting à Lyon de la liste de la France Insoumise aux municipales, dans un climat que l’on devine localement très tendu, et où la Bourse du Travail était « bourrée massacre » par plus de 2000 participants.
Après avoir rappelé la figure de Jean Moulin (pas celle de l’héroïque chef de la résistance qui est mort sous la torture sans parler, mais celle de l’homme seul qui, en 1940, avait préféré s’ouvrir les veines en prison plutôt qu’obéir aux ordres infamants des nazis allemands …).
Après avoir rappelé « pour la dixième, pour la centième fois » son refus de toute violence en politique, « parce qu’elle est en contradiction avec la stratégie de révolution citoyenne par les urnes », Jean-Luc Mélenchon, évoquant son possible assassinat, a enchainé avec ce passage qui m’a particulièrement foutu les poils. Sous cette retranscription, vous pouvez aussi visionner l’ensemble du meeting. (C.S.).
Écoutez-moi. Je vous prends tous à témoin, puisque j’en ai l’occasion.
Je suis allé au procès de celui qui voulait me tuer. Il voulait aussi tuer Castagner, et mettre le feu à des mosquées. On m’a demandé mon avis, je l’ai donné. Et ensuite, on m’a demandé si j’avais quelque chose à ajouter. Alors je me suis tourné vers ce crétin, qui a bousillé sa vie et a fait huit ans de tôle. Et qui, à peine ressorti, a recommencé à insulter tout le monde et à menacer Mathilde Panot – pour vous dire qu’ils les choisissent, bête comme ses pieds. Il a encore un an à tirer.
Qu’est-ce que je lui ai dit ? « Je te pardonne ».
Vous savez pourquoi je lui ai dit ça ? Pas parce que je suis meilleur qu’un autre.
(se penchant ironiquement au pupitre, en baissant la voix). Pas parce que, quand vous me voyez crier, vous ne devinez pas le tendre cœur qui est le mien (rires dans la salle). Il est tendre, mais pas pour tout le monde – comme vous tous.
Je lui ai dit cela, parce que je voulais remporter la victoire morale : celle des non-violents sur les violents (applaudissements nourris dans la salle, cris).
C’est nous qui mourons sous les coups ! Depuis 2022, douze attentats d’extrême-droite ! Depuis les dix dernières années, neuf cas sur dix, ce sont des attentats d’extrême-droite ! Alors, je dis à tout le monde, chacun rentre en lui-même et prend sa décision.
La mienne, sur ce point, la voici. S’ils me font le mauvais qu’ils me réservent, et auquel appellent ces campagnes incessantes qui me désignent, sous toute sorte de labels qui me rendent condamnables, s’il m’arrive un mauvais sort, écoutez-moi bien vous tous, en votre nom voici ce que je dis : « Je vous pardonne. Il n’y aura pas de vengeance. Nous sommes moralement plus fort que vous. Nous avons gagné la bataille par les seuls mots que j’ai prononcés. Même dans la mort, vous n’aurez pas la victoire ! »
(applaudissements nourris).
Réveillez-vous, tous, jusqu’au fond du pays ! Il n’y a que deux côtés à la barricade, il n’y a que deux côtés à la digue contre le fascisme. On est d’un côté ou de l’autre, il n’y a pas de milieu, mais il faut quand même qu’il y ait une digue, et cette digue, c’est vous, c’est moi, c’est nous tous !
(acclamations).
Propos retranscrits par Claude Semal le 27 février 2026.
Nota Bene :
À la fin de son spectaculaire meeting à Lyon, après avoir embrassé la tête de liste LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, le premier homme que Jean-Luc Mélenchon serre ensuite longuement dans ses bras est l’ancien Procureur de la République Albert Lévy – candidat à la mairie du 3 ème arrondissement à Lyon. C’est d’ailleurs entre Anaïs et André qu’il a ensuite chanté poing levé la traditionnelle « Marseillaise » qui clôt tous ses meetings. Cette seule image, qui symbolise l’antiracisme viscéral de la France Insoumise, devrait annuler l’absurde accusation « d’antisémitisme » qui a une nouvelle fois été brandie par la presse mainstream – au motif que JLM avait ce soir-là brièvement ironisé sur la prononciation du nom « Epstein » dans l’Hexagone. Sujet que le très sérieux « Figaro » avait pourtant officiellement traité dans un article circonstancié dix jours plus tôt, dans l’indifférence générale, avant de modifier en douce son contenu en ligne pour tenter d’accabler le dirigeant insoumis.
C’est ironiquement le « checknews » de « Libération » qui nous l’apprend, alors que ce quotidien est souvent en pointe dans la tentative de diabolisation de la France Insoumise – pour « mettre en selle » un autre candidat hollando-macrono-compatible (1).


Une image qui témoigne de l’antiracisme viscéral de la France Insoumise.


Philippe Malarme
Posted at 13:37h, 04 marsMélenchon se pose en victime imaginaire plutôt que de s’excuser des bavures de son service d’ordre. C’est de bonne politique. Mais cela valait-il un article ?
Semal
Posted at 23:22h, 04 mars« victime imaginaire » ? plusieurs personnes ont déjà été condamnées à plusieurs années de prison pour deux tentatives d’assassinat avortées contre Mélenchon. Et la situation générale est aujourd’hui beaucoup plus tendue qu’à l’époque.
Christine Pagnoulle
Posted at 20:06h, 28 févrierIl m’a été très difficile de trouver l’enregistrement du meeting. Une véritable avalanche de commentaires indignés à la place.
Semal
Posted at 02:46h, 01 marsC’est étrange, parce qu’il est juste au-dessus de ton commentaire. Il suffit de cliquer sur la vignette.
Christine Pagnoulle
Posted at 20:05h, 28 févrierQuand même malheureux que Mediapart bêle avec les autres. (Pourquoi diable la prononciation Epstein comme Frankenstein serait-elle antisémite ??)