« MÊME DANS LA MORT, VOUS N’AUREZ PAS LA VICTOIRE ! » par Jean-Luc Mélenchon

aux municipales, dans un climat que l’on devine localement très tendu, et où la Bourse du Travail était « bourrée massacre » par plus de 2000 participants.
Après avoir rappelé la figure de Jean Moulin (pas celle de l’héroïque chef de la résistance qui est mort sous la torture sans parler, mais celle de l’homme seul qui, en 1940, avait préféré s’ouvrir les veines en prison plutôt qu’obéir aux ordres infamants des nazis allemands …).
Après avoir rappelé « pour la dixième, pour la centième fois » son refus de toute violence en politique, « parce qu’elle est en contradiction avec la stratégie de révolution citoyenne par les urnes », Jean-Luc Mélenchon, évoquant son possible assassinat, a enchainé avec ce passage qui m’a particulièrement foutu les poils (C.S.).

Écoutez-moi. Je vous prends tous à témoin, puisque j’en ai l’occasion.
Je suis allé au procès de celui qui voulait me tuer. Il voulait aussi tuer Castagner, et mettre le feu à des mosquées. On m’a demandé mon avis, je l’ai donné. Et ensuite, on m’a demandé si j’avais quelque chose à ajouter. Alors je me suis tourné vers ce crétin, qui a bousillé sa vie et a fait huit ans de tôle. Et qui, à peine ressorti, a recommencé à insulter tout le monde et à menacer Mathilde Panot – pour vous dire qu’ils les choisissent, bête comme ses pieds. Il a encore un an à tirer.
Qu’est-ce que je lui ai dit ? « Je te pardonne ».
Vous savez pourquoi je lui ai dit ça ? Pas parce que je suis meilleur qu’un autre.
(
se penchant ironiquement au pupitre, en baissant la voix). Pas parce que, quand vous me voyez crier, vous ne devinez pas le tendre cœur qui est le mien (rires dans la salle). Il est tendre, mais pas pour tout le monde – comme vous tous.
Je lui ai dit cela, parce que je voulais remporter la victoire morale : celle des non-violents sur les violents (
applaudissements nourris dans la salle, cris).

C’est nous qui mourons sous les coups ! Depuis 2022, douze attentats d’extrême-droite ! Depuis les dix dernières années, neuf cas sur dix, ce sont des attentats d’extrême-droite ! Alors, je dis à tout le monde, chacun rentre en lui-même et prend sa décision.
La mienne, sur ce point, la voici. S’ils me font le mauvais qu’ils me réservent, et auquel appellent ces campagnes incessantes qui me désignent, sous toute sorte de labels qui me rendent condamnables, s’il m’arrive un mauvais sort, écoutez-moi bien vous tous, en votre nom voici ce que je dis : « Je vous pardonne. Il n’y aura pas de vengeance. Nous sommes moralement plus fort que vous. Nous avons gagné la bataille par les seuls mots que j’ai prononcés. Même dans la mort, vous n’aurez pas la victoire ! »
(
applaudissements nourris).
Réveillez-vous, tous, jusqu’au fond du pays ! Il n’y a que deux côtés à la barricade, il n’y a que deux côtés à la digue contre le fascisme. On est d’un côté ou de l’autre, il n’y a pas de milieu, mais il faut quand même qu’il y ait une digue, et cette digue, c’est vous, c’est moi, c’est nous tous !
(
acclamations).

Propos retranscrits par Claude Semal le 27 février 2026.

 

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