14 mai 2026
LE COMBAT MASQUÉ DE RENAUD par Bernard Hennebert
À propos du fameux nouveau documentaire sur Renaud
(diffusé récemment par la RTBF et France2)
Une remarque que j’espère inédite pour vous, et constructive.
Les médias ont horreur qu’on critique les médias, et les réalisateurs de bio, les artistes, etc. le savent bien.
Dans le document de Renaud, on montre beaucoup de ses résistances. Politiques, sociales, comment il vit en famille, etc. Et c’est très bien.
Par contre, dans son histoire, il a eu une résistance par rapport aux médias de France qui fut publique et particulièrement originale, fort courageuse. Celle-ci est importante et à retenir dans l’histoire économique de la chanson contemporaine.
C’est une rare occasion aussi pour le public de découvrir dans la conséquence de cet acte fameux combien les médias sont indispensables à la notoriété d’un artiste. On a pas beaucoup de chiffres précis à ce sujet. Ici, oui.
Bien sûr, on ne peut pas tout relater d’une vie dans un documentaire.
Mais je ne trouve pas du tout innocent que cet acte hors norme d’une telle personnalité ne soit même pas suggéré en 45 secondes dans ce document de près de 2 heures. Voici de quoi il s’agit . Et prouve que les médias n’aiment pas qu’on les remette en questions, et que le “monde culturel” a très bien intériorisé ce fait.
L’expérience de Renaud est intéressante.
Au sommet de sa carrière, il décide de ne pas médiatiser son nouvel album en France.
Avec une exception en Belgique car, en 1988, il vient à Bruxelles faire une promo peu ordinaire : débattre dans le célèbre café « À la mort subite » avec une quinzaine de jeunes que j’avais « recruté » avec Jean-Louis Sbille, un animateur de la RTBF.
Résultat: une diffusion d’extraits de cet entretien dans l’émission de télévision « Cargo de Nuit » dont on peut retrouver sur la toile un extrait de onze minutes (cherchez : Sonuma, Renaud tel qu’en lui-même, 18/5/1988) (1).
Renaud tire les conclusions de sa « grève» dans une interview qu’il accorde à Télérama, le 16 mars 2016 :
« En 1988, j’ai décidé de couper les ponts avec les médias. Aucune promo. Qu’est-ce que j’ai dérouillé! Je suis passé de plus de 2.000.000 de ventes sur mon disque précédent, « Mistral Gagnant», à 700.000 sur « Putain de camion». Les gens savaient à peine que le disque était sorti. Les médias m’ont ignoré, parfois assassiné. Quand j’ai chanté trois semaines au Zénith, ils ont parlé de bide alors que 100.000 personnes s’étaient déplacées. Alors, j’ai à nouveau joué le jeu. D’abord sur la pointe des pieds, puis de plus en plus. On perd toujours contre les médias. Ils ont le dernier mot».
BERNARD HENNEBERT
(1) À voir ici dans la liste des vidéos : https://parlezmoiderenaud.com/1988-videos-public/


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