13 mai 2026
LE PARCOURS DU COMBATTANT par Bernadette Schaeck
Parcours du combattant. C’est souvent comme cela qu’il faut qualifier trop de demandes introduites auprès d’un CPAS.
Celui-ci méritera toutefois particulièrement d’être épinglé, et il n’est pas terminé.
G. a introduit une demande de RI fin aout 2025 au CPAS de A.
Premier courrier de l’aDAS au CPAS le 9 décembre. Suivi de cinq autres.
Fin janvier 2026, je l’oriente vers un service juridique de première ligne.
Qui se démène. Qui entreprend de nombreuses démarches auprès du CPAS.
Qui introduit un recours au Tribunal du travail mi-février.
Mi-mars, soit près de 7 mois après l’introduction de la demande de RI, le CPAS d’A. se déclare incompétent territorialement.
Il transmet un avis d’incompétence au CPAS de B., un autre CPAS bruxellois. Il doit tout de même accorder le RI de la date de la demande à celle de l’envoi de l’avis d’incompétence. Le service juridique de première ligne veille au grain.
Il faudra quand même encore deux mois pour que le CPAS d’A. paie enfin les arriérés : ce fut fait avant-hier le 12 mai 2026 !
Enfin réglé ? Ce serait trop facile. Le CPAS de B. n’a pas réagi à l’avis d’incompétence transmis par le CPAS de A. le 11 mars. Il avait légalement 5 jours pour le faire. Il n’a pas non plus examiné la demande introduite auprès de son CPAS début avril. Il avait un mois pour le faire. Il vient enfin de se réveiller : pour accorder le RI ?
N’y pensez pas. Il se déclare incompétent territorialement et estime que c’est le CPAS de A. qui l’est. Vous suivez toujours ? C’est donc reparti pour un tour. Audience au Tribunal du travail début juin. À moins que les choses bougent enfin d’ici là ?
Il existe des règles précises pour déterminer la compétence d’un CPAS. Il existe un service conflit de compétence au SPP Intégration sociale qui tranche entre deux CPAS pour éviter qu’ils traitent les demandeurs comme une balle de ping-pong. Et en dépit de cela, nous sommes face à des situations pareilles. Si G. s’était énervé face à cette situation totalement inadmissible, le CPAS aurait appelé la police. Et on l’aurait ajouté au nombre de bénéficiaires agressifs ou violents…
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Assistant Sociaux (AS) en CPAS : Frank Vandenbroucke vous comprend !
Dans l’introduction du Plan fédéral de lutte contre la pauvreté adopté par le Conseil des ministres du 23 avril, il ose ceci : ” Nous redonnons aux travailleurs sociaux le temps qu’ils méritent : le temps d’être véritablement présents pour leurs usagers.”
A l’heure où les AS croulent sous les dossiers suite à la réforme du chômage, et où les trois Fédérations de CPAS envoient un signal d’alarme au gouvernement, indiquant que sans moyens supplémentaires, les CPAS ne seront plus à même d’assurer leurs missions légales, il faut oser. Je reviendrai peut-être sur ce « plan de lutte contre la pauvreté ».
Disons que ça aussi, il faut oser : ce gouvernement qui prend des mesures qui aggrave terriblement la pauvreté d’une partie très importante de la population, vote un plan de lutte contre la pauvreté. Il faut boycotter toute concertation autour de ce plan fumeux !
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Une question simple et une ligne claire !?! Le 18 février, la Vice-présidente MR du CPAS d’Anderlecht dressait sur Facebook le bilan d’un an à la direction du CPAS d’Anderlecht.
“La question est simple” écrivait Marcela Gori : “peut-on gérer mieux avec moins ? Je suis convaincue que oui. Et nous allons le démontrer.” Elle concluait son post par ceci : “Un an après, ma ligne est claire : solidarité, légalité, responsabilité.”
De question simple à ligne claire, on peut être convaincus que la solution aux problèmes vécus par les usagers du CPAS d’Anderlecht ne trouveront pas plus de solution grâce au MR que grâce aux autres coalitions au pouvoir auparavant.
L’article paru en Une du Soir rappelle une fois de plus les énormes problèmes rencontrés par les usagers. Problèmes connus et dénoncés de longue date, mais peu répercutés dans la presse, sauf de mauvaise façon autour du reportage PANO de la VRT fin 2024.
La responsabilité de la situation est collective (dans le désordre…) : Conseil de l’action sociale, Conseillers du Comité spécial de l’aide sociale, Secrétaire général, Bourgmestre, Échevin de tutelle, Conseil communal, Conseillers de l’opposition, Service d’inspection du SPP Intégration sociale, Commission parlementaire des affaires sociales, SPP Intégration sociale). J’en oublie sans doute.
Il ne s’agit pas de diluer les responsabilités, mais d’appeler chacun à les prendre. Les associations et services sociaux ont suffisamment alerté et depuis longtemps. A notre niveau, l’aDAS, nous avons fait plus que ce que nous pouvions faire, et nous le faisons encore.
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CPAS d’Anderlecht : une parmi les innombrables situations de détresse !
Il a perçu pour la dernière fois le RI de novembre 2025. Il n’a plus d’AS titulaire, la précédente ayant quitté le CPAS. Ses nombreux mails au CPAS sont restés sans réponse.
Conséquences (entre beaucoup d’autres) :
– Il a dû annuler une intervention chirurgicale pourtant indispensable.
– Un huissier est venu marquer ses (rares) biens. Il vit clairement sous la menace de saisie du peu qui lui appartient.
Courrier de l’aDAS mi-avril et rappel aujourd’hui. Orienté vers un service juridique pour l’introduction d’un recours au Tribunal du travail. Je vous passe les détails sur les difficultés pour trouver un avocat “pro deo” (ça ne s’appelle plus comme ça, mais assistance juridique, mais tout le monde sait de quoi il s’agit…). Une situation parmi de très nombreuses autres.
Et toujours pas de solution(s) à l’horizon pour toutes ces situations !
Bernadette Schaeck de l’Association de Défense des Allocataires Sociaux
contact : info@adasasbl.be


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