MADAME LA MINISTRE EST CONSTERNÉE par Bernadette Schaeck

Madame est consternée, et ça me fait bien marrer : la ministre Van Bossuyt a annoncé à la Chambre que l’auditorat du travail demande le classement sans suite dans l’ « affaire » du CPAS d’Anderlecht et des accusations de clientélisme à l’égard de son président de l’époque.
Souvenez-vous : en novembre 2024, un reportage PANO de la VRT avait fait grand bruit. Le président de l’époque, Mustapha Akouz, était accusé de clientélisme. Le CPAS était accusé de laxisme dans l’octroi des aides sociales distribuées sans contrôle.
La droite et l’extrême droite (MR, NV-A, Anders, Vlaams Belang) s’étaient déchaînées. Les autres partis ne savaient trop sur quel pied danser.
Ducarme, président MR de la Commission fédérale des affaires sociales, avait organisé 80 heures d’audition, dont une partie en groupe de travail, et une autre à huis clos au cours laquelle six travailleurs sociaux ont « témoigné ». Alors qu’il est du domaine public que ce CPAS « dysfonctionne » gravement à l’encontre des usagers – ça a été encore confirmé récemment avec un article en Une du Soir et une carte blanche signée par de très nombreux acteurs de terrain (1) – c’est un soi-disant « laxisme » qui était dénoncé, et pas le non accès aux droits. Non accès des plus flagrants et documenté.
La volonté de la droite était claire : se servir de ce reportage PANO pour s’en prendre aux usagers, et aux CPAS en tant que services publics de première ligne, les menaçant de les mettre sous tutelle en cas de problème.

Le gouvernement avait décidé de se constituer partie civile. Cela avait été présenté comme un acte de courage politique hors normes.
Le procureur Moinil avait déclaré que l’enquête serait menée avec la plus grande rigueur. 18 mois plus tard, l’auditorat du travail propose de classer l’enquête sans suite faute de preuves suffisantes. La ministre Van Bossuyt se dit consternée, et a décidé de se porter partie civile sur conseil de l’avocat. Ah bon ? Elle n’avait donc pas appliqué cette si courageuse décision de se porter partie civile voilà un et demi ? Je voudrais voir la trombine de Van Quickenborne (député Anders, ex Open VLD) qui s’est excité sur l’affaire pendant de nombreux mois dans la Commission. Il en était ridicule, dénonçant à de multiples reprises le « couloir des miracles » où se pratiquait le soi-disant « clientélisme » du président du CPAS. Il évoquait des situations individuelles prétendues frauduleuses dont il avait obtenu (illégalement) les dossiers par des sources internes au CPAS. La baudruche est dégonflée. Mais le mal est fait. Pendant longtemps encore, les effets de ce reportage se feront sentir.
Il continuera à alimenter, comme le plus récent reportage de Deborsu sur RTL, l’image des allocataires sociaux comme étant fraudeurs et profiteurs, et les CPAS trop laxistes dans l’attribution des aides sociales. Image dont l’objectif est de légitimer toutes les mesures antisociales déjà votées par l’Arizona et toutes celles qui le seront encore.

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P***** de CPAS de m**** . Refuser le revenu d’intégration à un jeune parce qu’il suit une formation alors qu’il a déjà un bachelier. Le refuser avec énormément de retard par rapport au délai légal de prise de décision et de notification de la décision, alors qu’il avait déjà commencé la formation. Sans lui avoir permis d’expliquer son choix de se former dans une matière qualificative, en suite logique de son bachelier.
Sans l’avoir informé du droit d’être entendu par le Conseil pour expliquer son choix de poursuivre une formation. Tu te formes ? On te fait crever !
P******, excusez-moi, je n’en peux plus. J’aurais sans doute du continuer à ruminer/fulminer/pleurer sans vous en faire part. Mais peut-être l’avoir partagé me permettra mieux demain de défendre ce jeune face à pareille monstruosité.
Et aussi de dénoncer ce que chaque jour trop de personnes vivent, dans la solitude, hors de toute médiatisation. Demain sera un autre jour.

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Petite ASBL et Petit avocat indépendant, ensemble, peuvent faire bouger les institutions !
La situation kafkaïenne dont je vous ai parlé récemment a trouvé une issue positive.
Nous aurons permis que les droits soient accordés bien avant que le recours introduit au tribunal du travail contre l’ONEM et le CPAS ait fait l’objet d’une première audience, et a fortiori d’un jugement positif. Ça nous a demandé tout de même assez bien d’énergie.
Mais ça en valait le coup. Le “Petit avocat indépendant”, comme il se désigne lui-même, partage cette victoire avec nous contre les différentes institutions concernées : CPAS, ONEM, syndicat organisme de paiement des allocations de chômage, BAJ Bureau d’aide juridique, employeur fautif).
Il salue l’engagement de la petite ASBL, et la petite ASBL salue l’engagement du petit avocat indépendant. La résistance, c’est cela aussi.
Bonne nuit.

Bernadette Schaeck del’Association de Défense des Allocataires Sociaux ASBL
Contact : info@adasasbl.be
(1) https://www.lesoir.be/747762/article/2026-05-20/anderlecht-pour-un-autre-regard-sur-le-cpas

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