09 août 2026
MON JOURNAL DU LIBAN (XXI) : LA MORALE DES PUISSANTS par le cinéaste Abbas Fahdel
Abbas Fahdel, cinéaste franco-irakien, habite avec sa famille à Nabatieh, dans le sud du Liban. Il a dû fuir depuis la guerre et l’invasion israélienne, comme des centaines de milliers d’autres habitants du Liban. C’est un formidable réalisateur, mais également un fin analyste de la situation politique en France et dans le monde. Depuis l’offensive d’Israël au Liban, Abbas publie quotidiennement des informations et des témoignages sur sa page FB. En solidarité avec Abbas et le peuple libanais, je les regroupe ici chaque semaine dans l’Asympto (C.S.).
9 août. Certains croient que la richesse se mesure à la hauteur des murs, au poids des coffres ou au nombre des clés. Il suffit pourtant de passer une soirée au Sud-Liban, assis auprès d’un homme dont la maison n’est plus qu’un amas de pierres, pour comprendre combien cette idée est pauvre.
Le vent traverse les fenêtres qui n’existent plus. Le ciel est devenu le plafond de ce qui fut un foyer. Pourtant, celui qui vous reçoit ne s’excuse de rien. Il offre un café, un morceau de pain, un sourire, un souvenir. Son hospitalité ne dépend ni des murs ni du mobilier ; elle naît d’un cœur que les incendies n’ont pas consumé.
C’est peut-être cela, la véritable victoire : conserver sa capacité à accueillir alors même que la vie semble n’avoir laissé que des ruines ; continuer à donner lorsque l’on a été privé de presque tout.
À cet instant, les pierres effondrées cessent d’être des décombres. Elles deviennent le socle d’une grandeur que les palais ignorent.
À l’inverse, il est des hommes qui traversent leur existence en accumulant fortunes, domaines et pouvoir. Ils empilent les richesses comme on érige des remparts contre une peur secrète. Ils possèdent toujours davantage parce qu’ils ne possèdent jamais l’essentiel. Leur faim ne connaît pas de terme. Chaque million appelle le suivant, chaque trahison prépare la prochaine, chaque victoire matérielle révèle une défaite intérieure plus profonde.
La cupidité est une étrange misère : elle transforme l’abondance en manque permanent. Plus elle reçoit, plus elle exige. Plus elle conquiert, plus elle se sent menacée. Elle fait de l’homme le gardien inquiet de trésors incapables de lui offrir une seule nuit de paix.
Le contraste est saisissant. D’un côté, des maisons détruites où survivent la tendresse, la gratitude et la fidélité. De l’autre, des palais intacts où l’amour s’est absenté depuis longtemps, où les murs sont debout tandis que les âmes se sont effondrées.
L’Histoire finira par effacer les fortunes, les empires et les comptes bancaires. Les pierres elles-mêmes retourneront à la poussière. Mais elle retiendra toujours une question : qui est resté humain lorsque tout poussait à cesser de l’être ?
Car la véritable richesse n’est peut-être rien d’autre que cela : demeurer capable d’offrir une place à l’autre au milieu des ruines et conserver une lumière intérieure qu’aucune violence, aucune bombe et aucune convoitise ne peuvent éteindre.
8 août. La morale des puissants
Il existe une étrange contradiction au cœur du monde contemporain. Les mêmes puissances qui proclament avec le plus de force la nécessité de défendre les droits de l’homme sont souvent celles qui revendiquent le droit de décider quand, où et contre qui ces droits doivent être appliqués.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les nations victorieuses ont affirmé une ambition magnifique : plus jamais l’humanité ne laisserait les crimes les plus graves rester impunis. Les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo ont posé un principe révolutionnaire : les responsables politiques et militaires d’un État peuvent être personnellement tenus responsables de crimes commis au nom de leur nation. Le monde semblait découvrir une idée essentielle : la raison d’État ne pouvait plus servir de refuge aux criminels.
Mais cette promesse contenait déjà une contradiction fondamentale. Qui allait juger les juges ? Qui allait juger les vainqueurs ? Qui allait demander des comptes aux puissances qui écrivent les règles du droit international tout en étant capables de les contourner ?
Car depuis plus d’un siècle, l’histoire des puissances occidentales est aussi une histoire de violences commises au nom de la civilisation, de la sécurité, de la démocratie ou de la liberté.
Les États-Unis, qui se présentent souvent comme les défenseurs du monde libre, n’ont jamais été jugés pour certaines des décisions militaires les plus controversées de leur histoire. Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945 ont anéanti deux villes japonaises et causé la mort de populations civiles massives. Jusqu’à aujourd’hui, aucune juridiction internationale n’a examiné la responsabilité des dirigeants qui ont pris cette décision.
Au Vietnam, pendant plus de vingt ans, la puissance militaire américaine a déversé des millions de tonnes de bombes sur un pays largement rural. L’opération Rolling Thunder, les bombardements massifs du Nord-Vietnam, l’utilisation de l’agent orange qui a contaminé durablement des populations et des générations entières, ou encore le massacre de Mỹ Lai, où des civils furent tués par des soldats américains, constituent des pages sombres de cette guerre. Pourtant, les responsables politiques qui ont conçu et dirigé cette intervention n’ont jamais comparu devant une cour internationale.
En Irak, l’invasion de 2003 fut lancée sans mandat explicite du Conseil de sécurité des Nations unies, sur la base d’accusations concernant des armes de destruction massive qui se révélèrent inexistantes. La guerre provoqua l’effondrement d’un État, des centaines de milliers de morts, une déstabilisation durable de toute une région. Des rapports internationaux ont également documenté des actes de torture et des mauvais traitements infligés dans des centres de détention comme la prison d’Abou Ghraib. Pourtant, aucune des figures politiques ayant conduit cette guerre n’a été poursuivie devant une juridiction internationale.
En Afghanistan, après vingt années d’intervention occidentale, les enquêtes sur les frappes ayant causé la mort de civils, les détentions arbitraires et les pratiques de torture ont rarement dépassé le stade de la condamnation morale. Lorsque la Cour pénale internationale a tenté d’examiner certaines accusations concernant l’Afghanistan, elle s’est heurtée aux pressions politiques et aux résistances des grandes puissances.
La France, elle aussi, porte le poids d’une histoire où les principes proclamés ont parfois été en contradiction avec les pratiques réelles. La colonisation de l’Algérie, présentée pendant longtemps comme une œuvre de civilisation, fut accompagnée de massacres, de répressions sanglantes, de déplacements forcés et d’un système profondément inégalitaire. Pendant la guerre d’Algérie, la torture fut utilisée de manière systématique par certains services de l’armée française. Des milliers de personnes furent arrêtées, interrogées, disparurent ou furent exécutées sans procès. Ces crimes ont progressivement été reconnus dans la mémoire nationale française, mais aucune véritable justice internationale n’a jamais été rendue.
La Belgique porte également l’héritage tragique du Congo colonial, où le régime de Léopold II fut marqué par une exploitation brutale, des violences de masse et des millions de victimes. Le Royaume-Uni, autre grande puissance impériale, fut coupable de répression violente dans ses colonies, notamment au Kenya pendant la révolte des Mau Mau, où des milliers de personnes furent détenues et maltraitées. Les Pays-Bas furent impliqués dans des violences lors de la guerre d’indépendance indonésienne. Pourtant, ces crimes coloniaux n’ont jamais été traités avec la même sévérité judiciaire que ceux commis par les puissances vaincues.
Cette absence de jugement n’est pas seulement une question de mémoire historique. Elle touche au cœur même de la crédibilité du droit international. Car un principe qui ne s’applique qu’aux ennemis devient un instrument politique. Une justice qui frappe les faibles mais épargne les puissants cesse d’être universelle.
Le problème n’est pas que les droits de l’homme soient une invention occidentale ou qu’ils soient dépourvus de valeur. Au contraire, l’idée même d’une dignité humaine universelle constitue l’une des grandes conquêtes morales de l’histoire. Le problème est que cette idée est trop souvent utilisée comme un langage de pouvoir plutôt que comme un engagement véritablement égalitaire.
Lorsqu’une puissance condamne les crimes de son adversaire tout en refusant d’examiner ses propres crimes, elle transforme la morale en arme diplomatique. Elle ne défend plus un principe ; elle défend une position.
La véritable universalité des droits de l’homme commencerait le jour où aucune nation, aussi riche, aussi puissante ou aussi victorieuse soit-elle, ne pourrait échapper au regard de la justice. Le jour où Hiroshima, le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, l’Algérie, la Palestine et les violences coloniales ne seraient plus seulement des chapitres douloureux des livres d’histoire, mais aussi des questions posées devant une justice indépendante.
Car la paix durable ne peut naître d’une mémoire sélective. Les victimes de toutes les guerres portent le même poids humain. Un enfant tué par une bombe américaine, française, russe, israélienne ou autre ne porte pas une douleur différente selon le drapeau de celui qui a appuyé sur le bouton.
5 août. De la singularité à la conformité : l’évolution du visage au cinéma
Il suffit de revoir quelques films des années 1930, 1940 ou 1950 pour être frappé par une évidence : les visages semblent infiniment plus variés qu’aujourd’hui. Humphrey Bogart, Peter Lorre, Jean Gabin, Anna Magnani, Simone Signoret, James Stewart ou Michel Simon ne se ressemblaient pas. Chacun possédait une physionomie immédiatement reconnaissable, parfois même éloignée des canons classiques de la beauté. Aujourd’hui, en revanche, une impression de ressemblance domine. Beaucoup d’acteurs semblent issus du même moule esthétique : mêmes mâchoires dessinées, mêmes pommettes, mêmes dents parfaitement alignées, mêmes corps sculptés, mêmes coiffures et parfois jusqu’aux mêmes expressions faciales.
Cette évolution ne signifie pas que les acteurs sont objectivement plus beaux ou moins talentueux. Elle révèle surtout une transformation profonde des mécanismes de sélection.
Dans les années 1930 à 1950, le cinéma était encore largement un art de personnalités. Les réalisateurs recherchaient des présences singulières, des visages capables de raconter une histoire avant même le premier dialogue. Un acteur pouvait devenir une star précisément parce qu’il était différent. Son visage devenait sa signature.
Aujourd’hui, le cinéma évolue dans un marché mondialisé où les productions doivent séduire simultanément des dizaines de pays. Les acteurs sont désormais choisis non seulement pour leur talent, mais aussi pour leur capacité à correspondre à une image universellement désirable. La logique commerciale favorise des critères esthétiques de plus en plus standardisés. La mondialisation ne produit pas seulement des films destinés à tous ; elle tend aussi à fabriquer des visages destinés à plaire à tous.
À cette uniformisation économique s’ajoute l’influence des industries de la mode, de la publicité et des réseaux sociaux. Le cinéma n’est plus le principal fabricant des vedettes ; il partage désormais ce rôle avec Instagram, TikTok ou les campagnes publicitaires internationales. Les mêmes agences, les mêmes photographes, les mêmes chirurgiens esthétiques, les mêmes coachs sportifs et les mêmes maquilleurs contribuent à diffuser un idéal physique relativement homogène. Les études sur l’évolution des standards de beauté montrent d’ailleurs que, malgré un discours plus inclusif, le modèle esthétique dominant reste remarquablement stable.
La haute définition accentue également ce phénomène. Les caméras numériques révèlent le moindre détail du visage. Le maquillage, les soins dermatologiques, les traitements esthétiques et les retouches numériques deviennent omniprésents. Là où les pellicules argentiques toléraient les imperfections et leur donnaient parfois du caractère, l’image numérique pousse à les effacer.
Le système de recrutement a lui aussi changé. Autrefois, de nombreux acteurs venaient du théâtre, des cabarets ou de parcours de vie très divers. Ils apportaient avec eux une gestuelle, une voix et un visage façonnés par leur histoire. Aujourd’hui, beaucoup suivent des trajectoires similaires : écoles de cinéma, agences de mannequins, réseaux sociaux, castings internationaux. Les parcours s’uniformisent, et les apparences aussi.
En définitive, l’impression d’uniformité n’est pas une illusion. Elle est le reflet d’une époque où les images circulent instantanément à l’échelle de la planète, où les critères esthétiques sont façonnés par les mêmes industries culturelles, et où le marché récompense davantage la conformité que l’originalité. Le cinéma classique fabriquait des icônes parce qu’elles étaient différentes. Le cinéma contemporain tend parfois à fabriquer des icônes parce qu’elles sont immédiatement compatibles avec un idéal esthétique devenu mondial.
5 août. Pendant que l’armée israélienne poursuit la destruction méthodique des villages du Sud-Liban, dont Arnoun, un enfant de ce village vient d’écrire une tout autre page de son histoire.
Abbas Alawieh, originaire d’Arnoun, vient de remporter l’investiture du Parti démocrate pour le Sénat de l’État du Michigan, aux États-Unis. Il entre désormais dans une bataille politique où il devra affronter non seulement ses adversaires républicains, mais aussi la pression des réseaux pro-israéliens et de leurs relais qui tentent d’imposer leur lecture du conflit israélo-palestinien dans le débat public américain.
Le symbole est puissant : alors que son village natal est frappé par la guerre et que les Israéliens cherchent à faire disparaître les traces d’une terre et de son histoire, l’un de ses enfants porte sa voix au cœur même du système politique américain.
3 août. Selon une analyse d’images satellites, l’examen des destructions dans 19 villages du Sud-Liban indique qu’environ 18 000 bâtiments ont été détruits.
Taux de destruction par localité :
* Khiam : 90 %
* Kfarkela : 87 %
* Adaisseh : 90 %
* Deir Siriane : 65 %
* Taybé : 65 %
* Houla : 83 %
* Qantara : 52 %
* Meiss el-Jabal : 65 %
* Blida : 99 %
* Mhaibib : 100 %
* Maroun el-Ras : 99 %
* Yaroun : 76 %
* Bint Jbeil : 54 %
* Tayri : 57 %
* Aïta el-Chaab : 61 %
* Marwahine : 100 %
* Naqoura : 87 %
* Qabrikha : 13 %
Quand 90 %, 99 % ou même 100 % des bâtiments d’une localité ont disparu, ce n’est plus seulement un paysage qui est anéanti : c’est une mémoire, une histoire et les conditions mêmes du retour des habitants qui sont profondément bouleversées. Derrière ces pourcentages se cache une réalité implacable : le Sud-Liban compte désormais des villages qui ont pratiquement cessé d’exister sous leur forme d’origine.
2 août. Depuis l’annonce du « cessez-le-feu », au Sud-Liban, les nuits sont ponctuées de déflagrations. D’abord un grondement lointain, puis une secousse qui fait vibrer les murs, les vitres, les corps. Quelques secondes plus tard, une immense colonne de fumée s’élève dans le ciel, visible même dans l’obscurité, éclairée par les flammes qui consument un champ, une maison, un entrepôt ou les derniers vestiges d’un village.
On apprend à reconnaître la distance d’une frappe, la puissance d’une explosion. Et pourtant, on continue à vivre, à préparer le repas, à coucher les enfants, à arroser un jardin, comme si préserver ces gestes ordinaires était déjà une forme de résistance.
Pendant ce temps, des villages entiers continuent d’être détruits par l’armée israélienne. Les maisons qui avaient survécu à la guerre disparaissent à leur tour. Les terres agricoles brûlent. Les oliveraies sont éventrées. Des lieux qui avaient traversé des générations sont effacés en quelques secondes.
Et le plus douloureux est peut-être ailleurs.
C’est le silence qui accompagne ces explosions. Celui d’une grande partie du monde, qui semble s’être habituée à voir le Sud-Liban s’embraser. À force de se répéter, la tragédie finit par être considérée comme un simple bruit de fond de l’actualité.
Alors que d’autres comptent les jours de l’été, les habitants du Sud-Liban comptent les explosions de la nuit. Ils s’endorment avec l’incertitude de ce que la prochaine déflagration emportera.
1 er août. Une société accrochée à la violence
Le Haaretz israélien quotidien écrit :
« Il n’est pas étonnant que les Israéliens veuillent la guerre. La violence est devenue une source de joie.
Et si une raison pour laquelle les Israéliens sont si heureux, c’est que la brutalité est devenue un plaisir ?
Il est difficile d’échapper. La violence est en plein essor autour de nous. De la bande de Gaza à la Cisjordanie – des pogroms perpétués par des milices d’immigrants contre les communautés palestiniennes, dans les réponses de la police aux manifestations, et même dans les dangers quotidiens que l’on rencontre en essayant de traverser une rue ou de trouver un parking – la violence existe dans chaque coin de la société israélienne. »
https://www.haaretz.com/…/0000019f-bb6b-d37f-adff…
1 er aoùt. À Beyrouth, les immeubles les plus récents s’élèvent comme des promesses de prospérité. Leurs façades lisses reflètent la lumière, leurs balcons de verre regardent vers le ciel. Ils donnent l’impression de vouloir oublier ce qui les entoure, comme si la ville pouvait recommencer à zéro.
Et puis, au milieu d’eux, se dresse une vieille bâtisse. Ses murs portent les rides du siècle. Le crépi s’effrite comme une mémoire qui refuse pourtant de disparaître. Les fenêtres ouvertes ressemblent à des yeux qui ont trop vu : les guerres, les bombardements, les départs, les longues années d’abandon durant lesquelles personne ne venait plus refermer les volets.
À Beyrouth, les bâtiments ne vieillissent pas comme ailleurs. Ils sont des survivants. Leurs blessures ne viennent pas seulement du temps, mais aussi des hommes. Chaque fissure raconte un cessez-le-feu rompu, une crise économique, un héritage bloqué, une famille dispersée aux quatre coins du monde. L’abandon devient lui-même une forme d’architecture.
Pourtant, la ville ne détruit pas complètement son passé. Elle bâtit autour de lui.
Ici, un gratte-ciel pousse à quelques mètres d’une demeure qui menace de s’effondrer. Le béton du XXIᵉ siècle enlace les pierres du XIXᵉ sans les remplacer tout à fait. Les époques ne se succèdent pas : elles cohabitent, parfois dans le même regard. À Beyrouth, le futur ne chasse pas le passé. Il le surplombe.
Faute d’espace, la ville grandit vers le ciel. Mais en s’élevant, elle ne peut effacer ce qui demeure en dessous. Les étages modernes s’empilent sur des fondations habitées par les fantômes de la guerre.
Et c’est peut-être là que réside la beauté mélancolique de Beyrouth : dans cette incapacité à devenir une ville parfaitement neuve. Elle avance sans renier ses cicatrices. Elle construit, mais elle se souvient.


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