15 août 2026
MON JOURAL DU LIBAN (XXII) : RETOUR EN IRAK ET FANTASME « ISLAMISTE » par le cinéaste Abbas Fahdel
Abbas Fahdel, cinéaste franco-irakien, habite avec sa famille à Nabatieh, dans le sud du Liban. Il a dû fuir depuis la guerre et l’invasion israélienne, comme des centaines de milliers d’autres habitants du Liban. C’est un formidable réalisateur, mais également un fin analyste de la situation politique en France et dans le monde. Depuis l’offensive d’Israël au Liban, Abbas publie quotidiennement des informations et des témoignages sur sa page FB. En solidarité avec Abbas et le peuple libanais, je les regroupe ici chaque semaine dans l’Asympto. Cette semaine, Abbas vient de « rentrer » en Irak. (C.S.)
9 août. Retour en Irak
On arrive dans un pays qui a vécu en nous pendant des décennies. Mais le pays que l’on retrouve n’est plus tout à fait celui que l’on avait emporté avec soi. Il y a d’abord la famille. Les visages ont changé. Les cheveux sont devenus blancs, les gestes plus lents, les voix plus fragiles. Certains sont partis pour toujours. D’autres vivent désormais ailleurs, dispersés par les années, les guerres, les crises et les départs. Les absents sont partout. Ils apparaissent dans une photographie oubliée, dans un prénom prononcé à voix basse, dans un silence autour de la table. On découvre alors que revenir, c’est aussi compter les morts.
Retrouver les amis d’autrefois est une autre manière, tout aussi cruelle, de mesurer le temps. Nous nous regardons en essayant de retrouver dans le visage de l’autre le garçon ou le jeune homme que nous étions. Nous évoquons des souvenirs dérisoires — une promenade, une chanson, une plaisanterie, une dispute — comme si ces fragments pouvaient retenir quelque chose de ce qui nous a échappé. Mais derrière les sourires, il y a la même constatation : nous avons vieilli, et personne n’a trouvé le moyen d’arrêter le temps.
Je retourne aussi vers les lieux de mon enfance et de mon adolescence. Certains ont disparu. D’autres ont été défigurés par les années, les transformations, les constructions sans âme.
Je découvre que le pays de mon enfance n’existe plus. Il existe dans ma mémoire, mais pas dans les rues que je parcours.
Pendant des années, on imagine que l’on pourra revenir un jour, retrouver une maison, une rue, un jardin, et que quelque chose nous attendra exactement là où nous l’avons laissé. Mais rien ne nous attend. Le temps a continué sans nous. Il a déplacé les murs, effacé les traces, changé les visages et recouvert les souvenirs d’une couche de poussière.
Même la ville semble porter les blessures d’une histoire qui ne finit jamais. Le pays a survécu, mais survivre n’est pas nécessairement vivre.
Je revois l’enfant que j’étais, l’adolescent qui rêvait de partir, qui imaginait que le monde était ailleurs et que l’avenir commencerait nécessairement loin d’ici. Je ne savais pas alors que partir serait beaucoup plus facile que revenir. Car on peut quitter un pays. Il est beaucoup plus difficile de quitter le pays que l’on porte en soi.
Pendant des années, j’ai vécu loin de l’Irak. J’ai changé de langue, traversé des frontières, habité d’autres villes, construit d’autres vies. Je croyais peut-être avoir laissé derrière moi ce pays, comme on ferme une porte. Mais certaines portes ne se ferment jamais complètement.
Aujourd’hui, je comprends pourtant quelque chose de plus amer : ce que je cherchais en revenant n’existe plus.
Je ne suis pas seulement revenu retrouver ma famille, mes amis et les lieux de mon enfance. Je suis venu chercher une époque disparue. Je suis venu à la rencontre d’un enfant qui n’existe plus, dans une ville qui, elle aussi, a changé et oublié celui que j’étais.
Le retour est donc moins une retrouvaille qu’une confrontation. Confrontation avec le temps. Avec les absences. Avec la distance entre le pays rêvé et le pays réel.
Je marche dans les rues de mon enfance comme on marche dans une mémoire qui se serait dégradée. Chaque pierre raconte quelque chose, mais certaines histoires sont devenues illisibles. Chaque visage retrouvé est un rappel du temps passé.
Je pensais revenir pour retrouver ce que j’avais perdu. Je découvre que j’ai surtout perdu la possibilité de le retrouver.
Et peut-être est-ce cela, le retour : comprendre que l’on ne revient jamais vraiment. On revient dans un lieu, mais pas dans le temps. On retrouve des rues, mais pas les années. On retrouve des visages, mais pas ceux qu’ils étaient. On retrouve une maison, mais pas l’enfance qui l’avait rendue immense.
L’Irak est toujours là. Mais celui que j’avais quitté n’existe plus.
Et moi non plus.
Entre le pays que j’ai devant les yeux et celui que je porte depuis toujours, il y a désormais toute une vie. Je marche encore. Je regarde. Je reconnais. Je ne reconnais plus.
Et, dans cette contradiction, je comprends que le véritable exil n’est peut-être pas d’avoir quitté l’Irak. Le véritable exil, c’est de revenir et de constater que le pays auquel on voulait revenir n’existe plus que dans sa mémoire.
11 août. Dans un supermarché de Kerbala, les sachets de pop-corn exposés sur l’étalage portent fièrement le nom « السينما العراقية » — « Le cinéma irakien », accompagné de la mention « fabriqué en Irak ».
Le produit, commercialisé dans les complexes de la société Iraqi Cinema à Bagdad, semble désormais avoir franchi les portes des salles de cinéma et même les frontières de la capitale pour se retrouver dans les supermarchés de Kerbala.
Il y a quelque chose de presque symbolique dans cette image. Après des décennies durant lesquelles les salles de cinéma irakiennes ont connu tant d’interruptions, de difficultés et de déclins, voir les mots « cinéma irakien » imprimés sur un paquet de pop-corn, au milieu d’un supermarché de Kerbala, possède une portée particulière. Le cinéma irakien se mange désormais aussi en dehors des salles. Et, cette fois, il est véritablement fabriqué en Irak.
13 août. À Bagdad, le soleil ne se contente pas de briller. Il règne.
Dès le matin, la ville semble enveloppée d’une lumière blanche et brûlante. Les murs gardent la chaleur de la veille, les rues se vident, les arbres cherchent en vain un peu de fraîcheur.
À midi, l’air lui-même paraît immobile. Les voitures traversent une ville presque silencieuse, tandis que les climatiseurs travaillent sans relâche derrière les fenêtres closes.
Bagdad a appris à vivre avec la chaleur, à chercher l’ombre, à attendre le soir, comme si cette chaleur, aussi implacable soit-elle, n’avait jamais empêché les gestes familiers de la vie.

L’article du Point.
14 août. La chronique de Kamel Daoud dans « Le Point » sur « l’islamisme soft à la conquête de Washington » révèle moins la réalité politique américaine qu’une certaine manière, devenue presque caricaturale, de regarder le monde arabe et musulman depuis les tribunes médiatiques occidentales.
Daoud ne se contente pas de critiquer Mamdani, Abdul El-Sayed ou une nouvelle génération de militants musulmans américains : il construit un récit dans lequel l’identité musulmane, le soutien à la cause palestinienne, la gauche et la critique de l’Occident finissent artificiellement par se fondre dans la même catégorie : celle d’un « islamisme soft » qui avancerait masqué jusqu’au cœur de Washington.
Le procédé est d’autant plus contestable que le titre contient déjà le verdict. Il ne s’agit plus d’examiner des programmes, des idées, des contradictions ou des trajectoires politiques, mais de désigner des individus comme les représentants d’une menace. Le musulman qui entre dans la politique américaine ne serait plus simplement un citoyen américain ; il deviendrait le symptôme d’une « conquête ».
Le musulman qui défend les Palestiniens ne serait plus nécessairement animé par une conviction politique, anticoloniale ou humanitaire ; il deviendrait suspect d’islamisme.
Le musulman qui se situe à gauche ne serait plus seulement socialiste, progressiste ou anticapitaliste ; il participerait à une mystérieuse entreprise de pénétration idéologique de Washington. C’est ainsi que l’analyse politique se transforme en procès d’intention.
Le plus troublant est que Kamel Daoud semble reproduire exactement le mécanisme qu’il prétend dénoncer. Il reproche à certains progressistes occidentaux de réduire les individus à leur identité musulmane, mais il fait lui-même de cette identité la clé permettant d’interpréter leurs positions politiques.
Il transforme le musulman en catégorie politique avant même d’avoir démontré que sa religion détermine son projet politique. Or être musulman n’est pas une idéologie. Soutenir les droits des Palestiniens n’est pas une idéologie islamiste. Être socialiste n’est pas être islamiste. Critiquer la politique étrangère américaine n’est pas haïr l’Occident. Et dénoncer le génocide à Gaza n’est pas, par définition, soutenir le Hamas.
Ce qui apparaît alors derrière cette chronique, c’est une figure médiatique devenue familière : celle de l’Arabe ou du musulman « acceptable », celui qui peut être installé confortablement dans l’espace médiatique occidental à condition de confirmer certaines représentations que cet espace attend de lui.
Il ne s’agit évidemment pas de nier à Daoud sa liberté intellectuelle ni son droit de critiquer les sociétés arabes ou musulmanes. Il s’agit de constater la fonction particulière qu’il finit par occuper dans un certain paysage médiatique : celle du musulman qui rassure l’Occident sur lui-même en dénonçant inlassablement les siens.
C’est ici que la référence de Malcolm X à la figure du « house negro », le « nègre de maison », devient éclairante — non comme assimilation littérale entre des situations historiques différentes, mais comme métaphore d’un mécanisme de domination. Malcolm X décrivait ainsi celui qui, placé à proximité du maître, finissait par défendre l’ordre du maître et par considérer les intérêts de celui-ci comme les siens. Le parallèle permet de poser une question dérangeante : que devient, dans l’espace médiatique contemporain, l’intellectuel arabe ou musulman dont la légitimité occidentale semble se renforcer à mesure qu’il confirme les peurs, les soupçons et les préjugés de ceux qui l’écoutent ?
Daoud semble avoir transformé cette position en véritable rente symbolique. Il peut dénoncer l’islamisme, les sociétés arabes, les Palestiniens, les militants de gauche ou les musulmans occidentaux avec une violence qui serait immédiatement suspecte dans la bouche d’un journaliste occidental, précisément parce que sa parole est présentée comme venant de « l’intérieur ». Il devient alors une sorte de caution culturelle : puisque la critique vient d’un Arabe ou d’un musulman, elle pourrait difficilement être qualifiée d’islamophobe ou de condescendante. Le procédé est redoutablement efficace. La parole du dominé supposé devient le certificat d’authenticité du discours dominant.
Mais cette position comporte un prix : à force de vouloir être l’exception acceptable, on finit par ne plus voir ceux dont on parle.
Les Arabes deviennent des masses, les musulmans deviennent une menace potentielle, les Palestiniens deviennent un problème, la gauche devient une alliée objective de l’islamisme, et toute critique de l’ordre occidental est soupçonnée de ressentiment anti-occidental. Tout ce qui devrait être distingué est mélangé jusqu’à produire un ennemi commode.
La chronique sur Mamdani et El-Sayed illustre parfaitement cette dérive. Au lieu de prendre au sérieux la crise profonde du Parti démocrate américain, le rejet de l’establishment, la montée d’une gauche socialiste, la transformation du rapport des jeunes Américains à Israël et à la Palestine ou encore les revendications sociales qui traversent les États-Unis, Daoud choisit une grille biaisée : les musulmans seraient en train de conquérir Washington. Une campagne électorale devient une conquête. Des citoyens américains deviennent les instruments d’une idéologie religieuse. Une évolution politique complexe est réduite à une menace civilisationnelle.
Ce vocabulaire n’est pas innocent. Il produit un imaginaire dans lequel le musulman qui réussit politiquement n’est jamais simplement un citoyen qui participe à la démocratie : il est quelqu’un qui « avance ». Le musulman élu n’est pas simplement élu : il « conquiert ». Le musulman critique d’Israël n’est pas simplement critique : il est potentiellement islamiste. Et le musulman qui revendique une transformation radicale de la politique américaine devient nécessairement suspect de vouloir transformer l’Amérique de l’intérieur.
C’est une vision profondément condescendante de la démocratie. Elle suppose implicitement que certains citoyens auraient une légitimité politique moindre que d’autres en raison de leur origine ou de leur religion. Le citoyen blanc, chrétien ou athée qui défend la cause palestinienne est un militant politique. Le citoyen musulman qui fait exactement la même chose risque, dans la grille de lecture de Daoud, de devenir un agent de l’islamisme.
Daoud sait provoquer. Mais provoquer n’est pas démontrer. La formule ne remplace pas la preuve. L’étiquette « islamisme soft » lui permet d’éviter la démonstration : si aucun programme islamiste n’est clairement identifiable, il suffit d’inventer une version « soft » de l’islamisme. Ainsi, toute contradiction disparaît. S’ils ne sont pas islamistes, c’est qu’ils sont des islamistes qui ne disent pas leur nom. Et s’ils protestent contre cette accusation, leur protestation peut à son tour devenir la preuve de leur dissimulation. C’est une mécanique intellectuelle particulièrement pauvre.
On peut critiquer Mamdani. On peut critiquer El-Sayed. On peut interroger leurs positions. On peut contester leur programme et leurs alliances. Mais pour être intellectuellement honnête, il faut critiquer ce qu’ils disent et ce qu’ils font, et non fabriquer autour d’eux une fiction d’« islamisme soft » destinée à rendre leur existence politique inquiétante.
La véritable question n’est donc pas de savoir si l’islamisme conquiert Washington. La question est de savoir pourquoi une partie de la jeunesse américaine rejette l’ordre politique traditionnel, pourquoi elle conteste la politique américaine au Moyen-Orient, pourquoi elle refuse de considérer Israël comme une exception permanente à la critique et pourquoi des candidats musulmans, juifs, athées ou chrétiens peuvent désormais trouver un électorat autour d’un discours social et anticolonial.
Cette réalité est beaucoup plus complexe, et surtout beaucoup plus dérangeante, que la fable d’une conquête islamiste.
Kamel Daoud devrait savoir qu’un intellectuel issu du monde arabe ne devient pas plus libre simplement parce qu’il est applaudi par les institutions occidentales. La liberté intellectuelle consiste aussi à refuser le rôle que l’on vous assigne, même lorsque ce rôle est confortable, prestigieux et rémunérateur. Elle consiste à pouvoir critiquer l’Occident lorsqu’il le mérite, comme on critique les sociétés arabes lorsqu’elles le méritent. Elle consiste surtout à ne pas devenir l’Arabe ou le musulman de service chargé de fournir à l’Occident la confirmation morale de ses propres certitudes.
Car le problème n’est pas qu’un Arabe critique les Arabes, ni qu’un musulman critique l’islamisme. Le problème commence lorsque cette critique devient une marchandise médiatique, lorsque l’identité de celui qui parle devient la garantie d’une vérité que l’on attend précisément de lui, et lorsque la parole venue « de l’intérieur » est utilisée pour fermer toute possibilité de contradiction.
C’est à cet endroit que la référence à Malcolm X prend toute sa force. Non pas pour traiter Kamel Daoud de « nègre de maison » — formule historiquement située, brutale et qui ne peut être transposée mécaniquement — mais pour interroger le mécanisme qu’elle désignait : celui d’un système de domination qui distingue les voix indigènes selon leur capacité à conforter ou à contester l’ordre établi.
Le paradoxe est cruel : celui qui prétend combattre l’islamisme au nom de la liberté risque, à force de tout ramener à l’islamisme, de devenir l’un des meilleurs auxiliaires d’un autre enfermement : celui qui réduit les musulmans à une menace, les Palestiniens à un problème et les Arabes à des sujets que l’Occident doit constamment surveiller, corriger ou juger. Daoud, dans sa chronique, ne décrit pas une conquête : il participe surtout à la fabrication d’un fantasme.
14 août. AIPAC — American Israel Public Affairs Committee — est l’un des plus puissants lobbies pro-israéliens de Washington. Créée sous sa forme actuelle à la fin des années 1950, l’organisation a pour mission officielle d’influencer la politique américaine afin de renforcer durablement l’alliance entre les États-Unis et Israël.
AIPAC exerce son influence directement au cœur du système politique américain. Son activité consiste notamment à faire pression sur le Congrès pour maintenir et renforcer l’aide militaire et sécuritaire américaine à Israël, défendre la coopération militaire entre les deux pays, promouvoir certaines positions américaines au Moyen-Orient et pousser à l’adoption de sanctions contre les adversaires d’Israël. AIPAC organise également une mobilisation permanente de ses membres afin qu’ils interviennent auprès de leurs élus.
Pendant des décennies, AIPAC s’est surtout comportée comme un puissant lobby parlementaire : rencontrer les élus, convaincre les responsables politiques, mobiliser les électeurs et faire de la relation avec Israël une question centrale de la politique étrangère américaine.
Mais AIPAC ne se contente plus d’influencer les élus une fois qu’ils sont au pouvoir. Elle intervient désormais beaucoup plus directement dans la bataille pour déterminer qui sera élu. AIPAC dispose aujourd’hui de son propre PAC, qui peut contribuer directement aux candidats, et elle s’appuie sur le United Democracy Project (UDP), un Super PAC capable de dépenser des sommes considérables dans les élections.
AIPAC revendique elle-même le rôle de ces structures : soutenir les candidats considérés comme pro-israéliens et combattre ceux qu’elle considère comme des adversaires de la relation américano-israélienne.
C’est là que le problème démocratique devient particulièrement explosif.
Car AIPAC ne cherche plus seulement à convaincre un élu de voter pour telle ou telle résolution. Elle peut contribuer à créer les conditions financières permettant de faire élire un candidat et d’en faire battre un autre. Le United Democracy Project a notamment consacré des dizaines de millions de dollars à des primaires démocrates, y compris contre des élus progressistes critiques de la politique israélienne.
Les exemples de Jamaal Bowman et Cori Bush sont particulièrement révélateurs. En 2024, le United Democracy Project a dépensé près de 10 millions de dollars contre Bowman lors de sa primaire et plus de 5 millions de dollars contre Cori Bush. Tous deux étaient des élus démocrates progressistes particulièrement critiques de la politique israélienne.
Dès lors, une question fondamentale se pose : le lobby ne cherche-t-il plus seulement à influencer la politique américaine, mais également à influencer la composition même du Congrès afin de garantir que celui-ci reste majoritairement favorable aux positions israéliennes ?
Le pouvoir d’AIPAC ne repose pas uniquement sur ses prises de position concernant Israël. Il repose aussi sur sa capacité à transformer une question de politique étrangère — le soutien américain à Israël — en une question de politique intérieure : qui peut être élu, qui peut être battu, qui doit craindre une campagne financée par des millions de dollars et qui peut compter sur le soutien financier d’un puissant réseau pro-israélien.
Et c’est précisément cette transformation du lobbying en puissance électorale qui mérite d’être interrogée avec la plus grande fermeté.
Une démocratie devrait permettre à un candidat d’être jugé par ses électeurs sur ses idées et son bilan. Elle devient beaucoup plus inquiétante lorsque la puissance financière de groupes d’intérêt peut peser lourdement sur la question préalable : qui aura même la possibilité de devenir leur représentant ?
Abbas Fahdel (sur sa page FB)


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