CERVELAS SAUCE KAFKA par Bernadette Schaeck

Du kafkaïen, vous en voulez encore ?
[Mes excuses à Kafka, qui ne se réduit pas à ce genre de phénomène]
Elle a été exclue des allocations de chômage (fin de droit suite aux mesures Arizona) à partir du 1er janvier 2026. Elle a introduit une demande de RI (Revenu d’Insertion, l’allocation des CPAS) au CPAS le 1er janvier 2026.
Elle a commencé à travailler dans un contrat à temps partiel le 12 janvier, chez l’employeur (un établissement scolaire) où elle prestait en ALE en tant que chômeuse depuis de très longues années.
Il faut dire que, avec ses compétences pédagogiques, ses diplômes, et les missions qu’elle accomplit dans l’école, il n’est que « normal » qu’elle soit enfin engagée dans un contrat de travail, et pas dans un contrat de travail ALE à 4 euros de l’heure.
Soit.

Elle a perçu, depuis sa mise à l’emploi le 12 janvier, un salaire net très largement inférieur au RI taux isolé. Environ 800 euros par mois.
Vérification faite, son salaire net est amputé d’une « allocation de travail », qu’elle est censée percevoir par Actiris, parce que son employeur bénéficie du « plan Activa Plus Brussels ».
Une prime qui est accordée aux employeurs qui – par grandeur d’âme ? – embauchent des personnes qualifiées d’être « les plus éloignées de l’emploi ».
L’employeur lui décomptait cette prime qu’elle ne percevait pas.
Le CPAS prenait en compte le salaire net versé par l’employeur, plus l’allocation de travail qu’elle était censée percevoir mais qu’elle ne percevait pas.
Elle n’a jamais reçu de personne (ni de son employeur, ni de son organisme de paiement des allocations de chômage, ni du CPAS, ni même de services juridiques consultés) aucune information à ce sujet.

Exclue des allocations de chômage au 1er janvier, elle a vécu pendant 8 mois avec un salaire d’environ 800 euros. Rien de plus.
Après de nombreuses essais de comprendre la situation, et puis l’aider dans ses démarches auprès de la CAPAC, d’Actiris, de l’ONEM, du CPAS, elle a perçu voilà une semaine 8 mois d’allocations de travail, et 8 mois de RI. Le même jour ! La veille, elle était prête à laisser tomber. Peut-être parce que, je l’avoue, j’avais osé lui faire part de mon épuisement ?

Une histoire qui finit bien, mais qui pose beaucoup de problèmes :
– La complexité des démarches administratives
– La difficulté de connaître ses droits
– Le peu – très peu ! – de « ressources » pour être informé et aidé dans les dédales administratifs.
Le non accès aux droits, c’est aussi ça : toutes ces complications, et cette difficulté à trouver un accompagnement possible dans les démarches.
Un réseau de défense des droits à construire !

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Prester en ALE (Agence locale pour l’emploi) et passer du statut de chômeur à bénéficiaire du RI au CPAS : attention danger ! De toute évidence, il y a des couacs.
Autant certains employeurs (ASBL, pouvoirs locaux, écoles…) que les personnes engagées en ALE, semblent bien ne pas être au courant des conséquences de la fin de droit en Allocations de chômage et d’insertion. Et des démarches qu’ils sont censé accomplir.
Des personnes ne perçoivent plus le paiement des chèques ALE.
Elles travaillent donc, non plus pour presque rien, mais pour rien du tout.
Il semble qu’un nouveau contrat de travail ALE doit être conclu. Entre les deux, ils et elles auront presté pour pas un sou ??
Si vous avez des infos et témoignages, donnez les, soit ici, soit par mail contact@adasasbl.be
Avec l’Arizona, l’avenir s’éclaire !

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Les « mauvais parents » dans les communes paupérisées ?!? Une histoire de cervelas et de boulettes (de grandes surfaces).
Nicolas Tzanetatos, Conseiller communal à Charleroi et Député wallon MR, a osé ceci :
« Quand on vient de communes paupérisées comme les nôtres, on sait que l’argent des allocations familiales ne va pas forcément aux enfants. Parce qu’il y a de mauvais parents et qui vont les dépenser au café. On a des enfants qui bénéficient comme tous les autres des allocations familiales et qui vont à l’école avec des cervelas et des boulettes de grandes surfaces, et qui n’ont pas droit à une allocation variée et cohérente (sic) au regard de ce qu’ils ont besoin à leur âge. Il faut arrêter de dire que parce qu’on donne de l’argent, on protège les enfants. »

Le gouvernement wallon veut s’attaquer aux allocations familiales pour réaliser des économies budgétaires. Tous les « arguments » sont bons pour légitimer de s’en prendre aux allocs. Mais cette sortie de Tzanetatos va au-delà : elle révèle un mépris de classe absolument inouï !
Solidarité avec toutes les familles qui, en dépit de la pauvreté qu’on leur inflige, entre autres à cause de la suppression des repas chauds gratuits dans les écoles, font tout ce qu’elles peuvent pour assurer le meilleur possible à leurs enfants. On lui fait bouffer un de ces jours des boulettes de grandes surface et des cervelas ?

Bernadette Schaeck de l’Association de Défense des Allocataires Sociaux

Contact : contact@adasasbl.be

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