20 janvier 2026
« CES FILLES-LÀ » : LE HARCÈLEMENT CHEZ LES ADOS par Françoise Nice

Photo Lara Herbinia
Les insultes lancées sur cette fille sans âge fusent dès la première photo lâchée sur les réseaux sociaux. Des termes macho. Le propos d’Evan Lacey tourne un peu en rond selon moi. Quant aux jeunes gens, ils sont assez peu présents dans ce texte, et leur représentation jouée/dansée par les filles est surtout grotesque et caricaturale. On rit plus d’une fois. L’autre soir dans la salle des Martyrs, il y avait les garçons et les filles d’une école d’Auderghem, et leur prof de français. A la sortie, l’enthousiasme était général, n’annonçait pas de conflit, mais, je l’imagine, sûrement du débat. L’effet de groupe et les clichés masculinistes chez les hommes sont bien là, et gare à celui qui s’y soustrait. Si l’on enferme les « mecs » dans une image ridicule et cruelle à leur tour… on rit tellement c’est gros, mais on tourne en rond, encore et encore. Dans ce spectacle, ce qui m’a surtout impressionnée, grâce à la mise en scène de France Bastoen, à la création mouvement d’Astrid Akay sans oublier le son de Théophile Rey, c’est le bouillonnement d’énergie de toutes les danseuses-comédiennes. Remixées par Théophile Rey, on y entend les voix et les rythmes de Beyoncé, Ariana Grande, et d’autres. Le plateau est nu, occupé par un grand gradin métallique et mobile, où le drame et les rires, le ridicule et le poignant, la bêtise de la rumeur et ses pouvoirs criminels coexistent dans une incroyable et belle vivacité. On passe sans cesse du jeu au sérieux, de la vérité à la parodie, cela rit et cela broie. Mais au bout des années, et riche de la mémoire des combats menés par ses aïeules, Scarlett survivra et triomphera sans doute d’autres tentatives d’assujettissement.


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