13 février 2026
JE DÉFENDS AUSSI LE MÉTIER DES « AS » par Bernadette Schaeck
” Avez-vous un contentieux personnel à régler ? ” …me demande-t-il en message privé, après avoir longuement commenté négativement mon post à propos de la carte blanche publiée par une stagiaire Assistante sociale. Commentaires non sur mon compte Facebook, mais sur celui de personnes qui ont partagé mon post.
Il est vice-président d’un CPAS bruxellois, celui de Berchem-Sainte-Agathe. C’est lui-même qui se présente comme tel. Il est mandataire du parti Anders (ex Open VLD). Il parle de “nos CPAS”, de “nos AS”. Je me méfie toujours de ces “nos”, tellement souvent utilisés. Comme celui de “notre sécurité sociale”, que le gouvernement Arizona prétend défendre alors qu’il la met en pièce.
Le vice-président parle de “nos CPAS “, que je me permettrais de “traîner dans la boue”, alors qu’ils sont [dixit] les “seules institutions qui maintenaient [sic] un lien entre administration et humanité”. Il parle de “nos AS” qui font un boulot incroyable. Qui ont une véritable “vocation”, en dépit du fait qu’ils perçoivent un salaire de misère. Je n’ai pas de “contentieux personnel”, mais une pratique militante de longue date en défense des droits des usagers des CPAS. Les AS (Assistantes Sociales / Assistants Sociaux) n’ont pas de “vocation”, mais un métier. A défendre. Des valeurs, à défendre. Une déontologie, à défendre. Comme l’a fait cette stagiaire AS dans la carte blanche publiée par le Guide social, qui est tellement critiquée par le vice-président du CPAS de Berchem-Sainte-Agathe.
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” Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu fais pour notre profession.”
Me dit-elle en MP (Message privé). On essaie souvent de me (de nous) dresser contre les AS (Assistantes Sociales). De nous mettre en opposition.
Je ne peux pas dire qu’il est facile de faire en sorte que la défense des travailleurs et des usagers soit une lutte commune. Ce fut, de ma part – et ce l’est toujours – une très, très, longue lutte, depuis très, très, longtemps, pour essayer qu’il en soit ainsi. En prenant des initiatives en ce sens.
Parce que je trouve que c’est indispensable. Que celles et ceux qui tentent de me – de nous – discréditer en essayant de dresser “nos AS” si méritants, si motivés, contre nous – sachent qu’il y a beaucoup d’AS qui sont d’accord avec nous. Qui nous le disent. Qui nous disent que, au contraire de les dénigrer, nous défendons leur profession et les valeurs qui en sont le socle. Ils ne le disent et ne le pensent pas tous. Certes, non ! Mais ils sont plus nombreux qu’on veut le faire croire.
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Quand un CPAS en rajoute une couche ! Elle est chômeuse en fin de droit à partir du 1er janvier 2026. Elle sera pensionnée le 1er août. Elle a introduit une demande de revenu d’intégration début janvier.
Le CPAS a exigé qu’elle fournisse les extraits complets des trois derniers mois de son compte courant et de son compte épargne. Il lui a refusé le RI parce qu’elle a fait un versement de son compte épargne vers un compte d’un membre de sa famille voilà deux mois.
[Je n’entre pas dans des détails qui pourraient la rendre reconnaissable].
Ce versement a été effectué à un moment où elle était encore chômeuse indemnisée et qu’elle n’avait encore aucun compte à rendre au CPAS. On peut supposer que le CPAS estime qu’elle a fait ce versement parce qu’elle savait qu’elle serait exclue du chômage début janvier. Il n’en est pourtant rien.
Et puis, même si c’était le cas ! Elle remplit toutes les conditions d’octroi du RI.
Si elle doit rester sans revenus pendant six mois jusqu’à la perception de sa pension (qui ne sera pas bien plus élevée que le RI), elle se trouvera dans une situation financière catastrophique. Elle a déjà renoncé, m’explique-t-elle, à toute une série de choses, dont sa connexion internet. Elle a revu à la baisse son train de vie (qui n’était pas bien grand !).
Les petites économies qui lui restent ne suffiront pas à vivre pendant six mois, loin de là.
Ce CPAS lui prépare un bien triste début de vie de pensionnée.
Bien sûr, nous ferons tout ce qui est possible pour l’aider à rétablir ses droits, mais p….., une fois de plus, comment est-il possible d’en arriver là ? Des chômeurs exclus n’ont pas droit au RI parce qu’ils n’en remplissent pas les conditions d’octroi. Ils sont et seront nombreux.
Mais d’autres n’accèdent pas à leur droit au RI alors qu’ils en remplissent les conditions d’octroi. Nous sommes déjà sollicités par plusieurs personnes qui se trouvent dans cette situation. Malheureusement, ce n’est certainement qu’un début.
Bonne soirée quand même.
Bernadette Schaeck, de l’Association de défense des Allocataires Sociaux
contact : http://www.adasasbl.be


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