MAIS JUSQU’OÙ IRONT-ILS ? par Bernadette Schaeck

(Encore) un recours au Tribunal du travail gagné.
Préparer la défense a demandé une énergie incroyable.
Heureusement, l’avocat a rédigé de très bonnes conclusions et a assuré une bonne défense.
Heureusement, elle a été soutenue dans sa situation par une très chouette association, en plus de l’accompagnement de l’aDAS.
Heureusement, elle a tenu bon, en dépit de sa situation extrêmement difficile.
Je me réjouis évidemment du jugement du Tribunal du travail.
D’autant qu’il est particulièrement bien motivé.
J’espère qu’il sera publié sur un site de jurisprudence.
Cela me laisse pourtant un goût amer.
Très amer.
Deux visites à domicile à l’improviste ne justifient pas un retrait du RI.
La présence du père de l’enfant au domicile le jour d’une visite ne signifie pas une cohabitation avec la mère.
Le fait qu’une mère essaie que le père joue un tant soit peu son rôle de père, dans l’intérêt de l’enfant, devrait être encouragé au lieu d’être considéré comme une preuve de cohabitation.
Fonder une décision de retrait sur base d’une soi-disant déclaration de la bénéficiaire que celle-ci conteste avec vigueur avoir jamais faite.
….
Justice est rendue ?
L’injustice qui a été commise ne pourra jamais être vraiment réparée.
Honte à cet AS.
Honte à ce CPAS qui a décidé du retrait sur base de la proposition de cet AS.
Il va falloir à présent tout faire pour que pareilles décisions ne soient plus prises à l’égard des autres usagers de ce CPAS.

X X X X X X X

Mais jusqu’où iront-ils ?
Son CPAS, en Région flamande, exige qu’elle transmette le code PIN de sa carte d’identité ! J’ai la preuve noir sur blanc de cette demande (exigence, plutôt !). Il faut maintenant trouver une association pour la défendre, et ce n’est pas facile (perso les CPAS bruxellois et wallons me suffisent amplement !).
Son CPAS, en Région bruxelloise lui envoie des “factures” d’un montant de 14.000 euros, sans décision de récupération, sans explications. C’est la panique totale, alors qu’elle est âgée de plus de 70 ans et est dans un état de grande fragilité. Ce même CPAS lui retire le RI à une date antérieure d’un an et demi, au motif qu’elle ne les a plus contactés depuis lors. Elle a essayé pendant des mois de joindre son AS, avant d’abandonner en désespoir de cause !
Son CPAS – un autre – en Région bruxelloise, l’oriente vers le service ISP Insertion professionnelle, alors qu’elle a 65 ans et sera pensionnée en août.
Il a pris une première décision de refus (voir mon avant-dernier post). Il va peut-être prendre cette fois une décision d’octroi ?
Si on l’oriente vers le service ISP, ça signifierait sans doute qu’on va lui faire signer un PIIS, Projet individualisé d’intégration sociale ? A 4 mois de sa retraite ? Question de l’intégrer socialement, je peux vous assurer que c’est réussi, eu égard à ce que ce CPAS lui impose au même moment que son exclusion des allocations de chômage.
Ce ne sont que quelques morceaux choisis de ce que j’ai eu à connaître aujourd’hui.
Désolée, mais ça me défoule un peu d’en parler.
Je suis tellement effrayée de ce qui nous attend au cours des années à venir.
Résistance !

Par Bernadette Schaeck (de l’Association de Défense des Allocataires Sociaux)

contact : www.adasasbl.be

Merci à Stiki pour les illustrations (NB : cet excellent dessinateur de presse a lui aussi été exclu du chômage. Il cherche du boulot ! Si vous êtes en mesure de lui procurer du taf et de lui commander des dessins, écrire au journal qui transmettra).

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