01 février 2026
SUR LE FRONT DES CPAS par Bernadette Schaeck
Celle qui manquait de tout. Et qui manque encore de l’essentiel ! Elle ne doit plus, en tout cas pour le moment, conduire son enfant à l’école à pied faute de moyens financiers pour payer les abonnements STIB. Nous l’y avons aidée. Elle pourra, peut-être, un peu mieux dormir – moins stresser de manière générale, en tout cas – après que la société de recouvrement de dettes a suspendu le recours en justice pour non-paiement de la facture d’accès à internet. Nous l’y avons aidée, en contactant la société de recouvrement en expliquant qu’elle ne porte aucune responsabilité dans cette situation, et que la responsabilité incombe au CPAS qui n’effectue pas la prolongation du RI (revenu d’insertion). La société de recouvrement nous a répondu et a suspendu le délai pour introduire une procédure en justice.
Elle pourra (peut-être un peu moins) craindre de croiser son propriétaire suite à notre courrier lui expliquant que le non-paiement du loyer des derniers mois n’est pas de sa faute, mais dû au fait que le CPAS n’a pas prolongé le RI faute d’AS (Assistante Sociale) titulaire du dossier. Le propriétaire a cessé de la “harceler”. Tant et tant d’énergie pour essayer d’éviter le pire ! Il fallait le faire. Mais, que ça tienne uniquement à l’intervention d’une association comme la nôtre pose problème. Parce que beaucoup de personnes concernées ne nous connaissent pas. Parce que le jour où nous serions connus de tous, nous serions dans l’incapacité d’y répondre faute de moyens. Reste à construire un large mouvement de défense des usagers des CPAS.
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Celle qui manquait de tout (voir paragraphe précédent) est convoquée en justice de paix le 3 février. Sur requête du propriétaire. Qui demande, à défaut du paiement des mois de retard de loyer, la résiliation du contrat de bail. L’ultime tuile qui lui tombe sur la tête après ces sept mois de galère.
Le CPAS n’a pas fait la prolongation du RI (Revenu d’Insertion) depuis le 1er août 2025. Sans qu’elle en porte une quelconque responsabilité. Nouveau courrier hier à tous les Conseillers.
Donc tous les partis présents au Conseil de l’Action sociale sont au courant de la situation.
Nous ne saurons jamais combien de personnes ont été expulsées de leur logement à cause des retards de paiement du RI par le CPAS d’Anderlecht. Cette fois, je cite le nom du CPAS…
Si quelqu’un.e est libre pour l’accompagner en audience le 3 février à 8 heures, faites-moi signe en MP ou contact@adasasbl.be. Être convoquée en Justice n’est pas anodin. C’est traumatisant.
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” C’est obligatoire, les extraits bancaires des 3 derniers mois ?“, nous demande-t-il.
Il a donné au CPAS les copies d’extraits prouvant les principaux revenus et paiements mensuels et annuels (ce qui n’est d’ailleurs pas une condition d’octroi du RI en ce qui concerne les charges, mais soit). Il nous dit :
Pour le syndicat, c’est : “débrouillez-vous” (nous en discuterons avec son syndicat).
Pour l’assistante de la mutuelle, c’est : “je ne peux rien faire pour vous” (nous essaierons de contacter les services sociaux des mutualités pour donner notre point de vue).
Pour l’assistante sociale du CPAS, c’est : “enquête et enquête “(nous poursuivrons notre campagne d’opposition à cette politique de trop de CPAS, et notre campagne de sensibilisation y compris auprès des travailleurs en CPAS).
Solidarité totale avec les usagers des CPAS en respect de leur vie privée ! Ils n’ont pas à fournir tous leurs extraits de compte bancaires des mois précédents.
Mais : y aurait-t-il des problèmes plus “importants” (dont les mesures déjà prises par l’Arizona et celles que ce gouvernement a en projet) que celui de l’obligation faite par certains CPAS de fournir tous les extraits de compte ? C’est ce que certain.es me disent.
Perso, je pense que tous les problèmes rencontrés par les usagers des CPAS sont intimement liés. Je continue et continuerai à m’opposer avec la plus grande vigueur à cette pratique imposée (illégalement) par beaucoup de CPAS d’exiger de fournir tous les extraits de compte. Qu’on arrête, y compris parfois “à gauche”, de minimiser l’importance de pareille intrusion dans la vie privée des plus pauvres. L’humiliation (parce que je pense que c’est de cet ordre-là) qui s’ajoute à la pauvreté , c’est intolérable. A moins que l’une ait pour objectif de légitimer l’autre ?
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Un article du Soir (1er février 2026) qui contredit complètement madame Gori. Gare au Gori !
Comment ose-t-elle ? La vice-présidente MR du CPAS d’Anderlecht, Marcela GORI, publie hier un premier « bilan » des conséquences de la réforme du chômage. Tout va très bien, Mme la marquise, tout va très bien. Il y aurait beaucoup moins de demandes que prévu, dit-elle (282 à ce jour au lieu des 509 attendues). 51% des demandeurs seraient d’ores et déjà « aptes à une activation rapide ».
Ils sont rapides, les AS d’Anderlecht, pour juger de cela au premier contact. Disons tout de même qu’une « activation rapide » ne signifiera nullement que ces personnes trouveront un emploi rapidement, et surtout pas un emploi avec de bonnes conditions.
Nous sommes plus qu’en droit de nous demander dans quel délai ces 282 personnes – et toutes celles qui suivront – recevront une décision relative à leur demande, et quand elles percevront le premier paiement. Chaque jour, nous transmettons un courrier au Conseillers – dont Mme GORI – à propos de situations dramatiques de bénéficiaires qui sont sans revenus depuis de nombreux mois, faute de prolongation effectuée.
La vice-présidente estime toutefois que la situation à Anderlecht est la preuve que les CPAS sont capables d’absorber l’impact de la réforme ! Elle ose !
Tous les services sociaux, toutes les associations, connaissent la situation catastrophique des usagers de ce CPAS. Tous les Conseillers de l’Action sociale ont encore reçu récemment une « mise en demeure » signée de très nombreuses associations. Honte à Marcela GORI.
Mais aussi honte à tous ceux qui continuent à nier l’ampleur du problème au CPAS d’Anderlecht, qui ne parvient pas – déjà maintenant – à traiter correctement les dossiers des demandeurs. Il n’y a pas de tsunami social, dit M. GORI. Circulez, y a rien à voir.
Bernadette Schaeck, de l’Association de Défense des allocataires Sociaux
contact : www.adasasbl.be


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