LE HOLD-UP DE NOS PENSIONS !

LA PENSION DES TRAVAILLEURS·EUSES DES ARTS MENACEE !

APPEL EN FRONT UNI AU RASSEMBLEMENT CE MERCREDI 15.07 ET SIGNATURE DE PETITION

Camarades,
C’est avec sidération et indignation que nous avons pris connaissance d’un nouveau projet de loi [1] sur les pensions du Gouvernement Arizona, qui sera soumis au vote jeudi 16 juillet 2026. Le choix de faire adopter ce texte en pleine période estivale ajoute encore au dégoût que nous inspire leur projet.

Dorénavant, sur une carrière complète de 45 ans, seulement 20% pourront être « non travaillées », soit 9 années. Ce pourcentage varie selon l’année de naissance : 20 % pour les personnes nées en 1968 ou après, 25 % pour celles nées en 1967, 30 % en 1966, 35 % en 1965 et 40 % pour celles nées entre 1961 et 1964.
Toutes les périodes de chômage sous « statut d’artiste » avant le 1er janvier 2014 [2] seront considérées comme non-travaillées et prises en compte dans cette limite des 20%.
En revanche, les périodes de chômage sous statut à partir du 1er janvier 2014 resteront assimilées à du travail et ne compteront donc pas pour la limite des 20%.
Concrètement, un travailleur ou une travailleuse des arts pourrait perdre jusqu’à un tiers de sa pension si cette loi est adoptée par le Parlement jeudi prochain.

Exemple :
Année de naissance : 1968
Début du statut : 1991
Sous statut pendant 45 années (carrière complète)
Date de pension : 2035
Le plafond de 20 % est applicable.

Sur les 45 années sous statut, cette personne ne pourrait valoriser qu’environ 30 années pour le calcul de sa pension : 9/23 années sur la période 1991-2013, auxquelles s’ajoutent les journées d’emploi pendant cette période, et 21 années sur la période 2014-2035.
Elle perd donc dans le pire des cas environ 14 années d’assimilation, soit quasiment un tiers de sa carrière « pensionnable ».
Les travailleurs des arts les plus directement touchés seront les travailleuses et travailleurs nés entre 1961 et 1984. Mais il s’agit plus largement d’une attaque frontale et disproportionnée contre tous les travailleurs précaires et intermittents, qui partagent une même réalité : l’alternance de périodes d’emploi et de chômage.

Artistes, technicien·nes, travailleur·euses de la Culture, nous vous appelons à venir exprimer votre refus :
• Du projet de loi imposant une limitation des périodes assimilées ;
• Du recul inadmissible des droits acquis des travailleurs de la Culture, qui ont entamé leur carrière en pensant avoir une pension décente ;
• De la fragilisation de l’ensemble du secteur culturel.
RENDEZ-VOUS CE MECREDI 15 JUILLET A 10H PLACE DE LA LIBERTE [3]
ENSEMBLE, FAISONS ENTENDRE NOTRE VOIX.
N’oubliez pas également de signer notre pétition en front uni avec les autres organisations syndicales et fédérations professionnelles, du Nord comme du Sud du pays :

Le SETCa CULTURE BHV
________________________________________
[1] Projet de loi portant l’introduction d’un pourcentage de limitation dans le régime de pension des travailleurs salariés du 26 mai 2026.
[2] Sur base de feu l’article 116§5 de l’Arrêté Royal Chômage de 1991.
[3] Sous réserve de l’autorisation de police, introduite ce vendredi. Vous serez avertis en cas de changement.

UN HOLD-UP PROGRAMMÉ

Aux Jeunes et aux moins jeunes (mais les moins jeunes sont au courant) qui œuvrent dans les arts :
Ce jeudi 16 juillet 2026, une proposition de loi va être posée sur la table.
Elle concerne les pensions de nos aîné·es ayant cotisé dans le domaine des arts.
Leurs pensions risquent être rabotées d’une manière absolument inique. Si le projet passe, Ils et elles verront leurs cotisations et leur droit à une pension digne jetés au feu de l’austérité* en ce mois de juillet déjà caniculaire. Mobilisez-vous, mobilisons-nous !
La chambre des représentants examine, voir signe cet amendement scélérat ce jeudi 16 juillet. Cet amendement qui rabotera de 80% de leur pension à venir. S’il passait, leurs heures travaillées et cotisées ne seraient comptabilisées qu’à partir de 2014. Les années d’avant ? Au feu ! Relisez. Relisez encore.
Avant 2014 toute période travaillée donc cotisée, sera tout bonnement effacée, non comptabilisée, et de fait, n’aura pas existé ! Des milliers d’heures de répétitions, de représentations, de TRAVAIL : à la poubelle, annulées. Des milliers d’heures travaillées pour un partage vers des publics, pour une transmission et éventuellement une éducation citoyenne par la culture, le verbe, la réflexion, la beauté, bref par les arts, annulées. C’est purement et simplement un scandale digne d’un régime autoritaire. Or nous sommes encore en démocratie. Nous sommes 100000 travailleur·euses des arts en Belgique, dont 8 à 10000 sont bénéficiaires direct·es du « statut d’artiste ». C’est peu, et c’est pour ça qu’on peut et qu’on doit espérer faire reculer ces ignares à l’esprit comptable : car il s’agit pour « notre » gouvernement de « faire des économies » de bouts de chandelles, mais pour nos aîné·es, il
s’agit d’une précarité annoncée et indigne pour leurs vieux jours, et c’est dégueulasse, il n’y a pas d’autre mot.
Alors les jeunes, les technicien·nes, les administrateur·ices, toutes les personnes qui travaillent de près ou de loin dans la culture et surtout toutes les personnes qui n’y regardent pas de trop près parce que la politique, bon ! : de grâce, renseignez-vous, mobilisons-nous, soyons intergénérationnellement solidaires, parce que nous passerons toustes un jour ou l’autre à la fameuse casserole où la grenouille pourtant si vive se laisse engourdir et cuire.
Mobilisons-nous, signons la pétition en fin de page mais en étant conscient.e.s que ce n’est qu’un petit acte, un début, mais qui donnera peut-être aux « édiles » une petite idée d’une possible grande mobilisation à venir pas seulement nécessaire, mais vitale. Ne laissons pas un système de capitalisation des pensions advenir car c’est bien de ça dont il s’agit, l’air de rien. Ne laissons pas des droits gagnés de haute lutte nous être retirés les uns après les autres. C’est le service public qui est démantelé sous nos yeux ébahis, et il n’y a aucune raison valable pour ça. Ni valable ni comptable. Aucune. Si ce n’est éventuellement de justifier vouloir jouer à la guerre en se cachant derrière « l’obligation » de transférer des budgets vers la « défense ». C’est un hold-up programmé.
Et c’est une honte dans un des pays au rang des quelques plus grandes puissances économiques du monde. Il n’y a aucune raison valide à cette austérité*: Réveillons-nous. Maintenant. Signez, expliquez, et à la rentrée : soyons prêts et prêtes à en découdre très, très, sérieusement sur le terrain.
Le lien vers la pétition, première urgence, mais juste comme un début :

https://c.org/X6bXdkc8Sc

Signé : Une comédienne, dramaturge et technicienne quarantenaire.

* austérité : Propagande dont nous gave depuis 15 ans, 20 ans. A tel point que les jeunes ont, semble-t-il, normalisé la disparition du commun et du service public. Vite. Ça brûle de partout.

Illustration de « une » : Lucas Racasse

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