24 août 2026
Interview pâtissière de l’entarteur Noël Godin (2023) GLOUP-GLOUP !
Noël Godin vient de nous quitter. Nos nous étions rencontrés sur le tournage du film de Jan Bucquoy, « Camping Cosmos », en juillet 1995. Je republie ici, en forme « d’hommage » gloup-gloupesque, l’interview que j’avais faite à son domicile en 2023.
En une semaine, deux pompeux cornichons ont croisé la route d’une tarte à la crème : le président du MR, Georges-Louis Bouchez, l’homme qui tweete plus vite que son ombre, et Michael O’Leary, le patron volant (ou voleur ?) de Ryanair.
La crème fraîche est un surprenant révélateur de l’âme. Le premier s’est aussitôt courageusement « vengé » sur un homme maintenu à terre par deux « gros bras » ; le second a compté un double supplément « bagage » et « lunch » pour la chantilly.
J’ai rencontré Noël Godin en 1995 sur le tournage du film culte de Jan Bucquoy, « Camping Cosmos », où il incarnait Pierre Mertens (… qui se fait d’ailleurs entarter dans le film !), et moi, une sorte de Tintin burlesque, animateur radio du camping. Un tournage épique… qui s’est terminé un an plus tard par un « vrai » match de boxe sur une plage du Festival de Cannes, un des hauts lieux historiques de l’entartage gloupesque (… Jean-Luc Godard, Marco Ferreri, BHL, Toscan du Plantier).
À l’occasion de cette nouvelle actualité crémière, j’ai rencontré Noël Godin chez lui, dans une petite rue populaire et tranquille de Saint-Josse-ten-Noode, à mi-chemin entre « Le Botanique » et « Les Halles de Schaerbeek ».
Le vieux flibustier vient m’ouvrir lui-même la porte, l’œil toujours aussi pétillant, mais le genou parfois douloureux.
Un café plus tard, assis à la table de sa cuisine, le voilà qui nous ouvre sa boîte à souvenirs… et les plans de bataille de ses futurs projets !

Sur le mug de Noël, Willy le Coyote
Claude : Parlons d’abord de cette nouvelle victoire de l’Internationale Pâtissière : l’entartage cette semaine du patron de Ryanair !
Noël : On l’a eu, oui ! Je n’entarte plus moi-même, car je ne suis plus en état physique. Mais il y a eu une fusion redoutable entre l’IP (L’Internationale Pâtissière) et des ex « Femens » belges, qui, sous l’appellation « Le Collectif Anonyme », se sont ralliées à notre combat pâtissier.
Elles sont déchaînées ! C’est à elles qu’on doit « l’enfritage » de Charles Michel il y a quelques années, elles avaient surgi sur scène et l’avaient enseveli sous les frites-mayonnaise.
Elles sortent d’un roman-feuilleton, totalement romanesques, et sur des positions très politisées, anars à crever. Deux d’entre elles se sont farcies le bonhomme Michael O’Leary, et elles ont réussi splendidement leur coup, en pleine poire !
Claude : Il y a quelque chose qui m‘épate toujours dans ces « entartages » de personnalités célèbres. On a le sentiment, quand on voit cela de l’extérieur, que cet « entartage », si rigolo et crémeux soit-il, « agresse » symboliquement sa victime, surtout s’il se met à beugler comme un coyote qu’on émascule.
Or dans la réalité, il faut beaucoup de courage aux entarteurs et entarteuses pour approcher des personnalités, qui sont souvent « protégées » par une armada gros bras particulièrement violents. Cela demande donc un « vrai » courage physique, bien plus que de recevoir un nuage de chantilly dans la figure. Tu as déjà été victime d’un tel « accident de travail », à travers un de tes nombreux exploits gloup-gloupesques ?
Noël : Cela s’est généralement bien passé avec moi, mais quelques-uns de mes complices ont été tabassés par le service d’ordre. Je prends un exemple : « Hélène et les Garçons ». Tu te souviens de ce feuilleton ?
Claude : Oui, bien sûr. Même si je ne l’ai jamais regardé (rires).
Noël : L’héroïne de cette série, Hélène Rollès, était « devenue » chanteuse, et a été annoncée à Forest National. Cette tournée était produite par AB Productions, cette crapuleuse arnaque.
En l’entartant, nous ne visions pas cette ridicule chanteuse elle-même, mais le système qui l’a produite. Les deux entarteuses ont ainsi passé un après-midi cachées sous la scène de Forest National, et à la troisième chanson, elles ont réussi splendidement leur coup. La chanteuse a dû s’interrompre pendant une dizaine de minutes.
Mais le service d’ordre d’AB Productions les a traînées par les cheveux, fait dévaler un escalier, la tête dans un évier, puis dans les chiottes, jusqu’au moment où elles ont été « délivrées » et « arrêtées » par un commissaire de police, qui venait voir le spectacle avec sa fille, et qui les a « arrachées » des mains de ces « gorilles ». Nous avons effectivement croisés d’autres réactions de ce type tout au long de nos croisades pâtissières. Mais personnellement, j’ai toujours eu « de la chance ».
Je suis généralement tombé sur des flics bonhommes, et la plupart d’entre eux m’ont même demandé des autographes
(éclat de rire de Claude).
J’ai toutefois moi-aussi reçu quelques coups.
Quinze jours avant la visite du Pape en France et en Belgique, avec sa « Papamobile », Pape que nous appelons « le taré tiaré », une grand’messe est donnée dans la Cathédrale de Nantes.
Nous sommes là, en guise d’avertissement, et avec une quarantaine de malandrins, principalement de la région, nous nous répartissons dans la Cathédrale de Nantes au milieu des fidèles, et à un moment très solennel, des « tueurs à gags », dont moi, se précipitent sur les prêtres officiants, dont quatre évêques, qui se font entarter somptueusement.
Les fidèles nous sautent sur le râble, plutôt mécontents, et il s’ensuit une bagarre générale à l’intérieur même de la Cathédrale !
J’en profite pour raconter une anecdote consécutive : plainte est déposée contre nous, et quelques années plus tard, je reçois une convocation de police à Bruxelles.
Le commissaire me montre des photos prises dans la cathédrale, et me demande : « Vous reconnaissez-vous sur ces photos, M. Godin ? Parce que moi pas ».
– « Moi non plus », ai-je répondu.
Et, sortant un portefeuille de son tiroir :
– « J’ai un service à vous demander. Combien demanderiez-vous pour entarter le chef au Bal de la police ? ».
(éclat de rire prolongé de Claude)
J’ai dû lui expliquer que je n’étais pas un mercenaire, pas un corsaire au service des grandes puissances, mais que nous étions des flibustiers qui luttions sous notre propre pavillon…
Claude : … et qui ne vendaient jamais leur âme.
Noël : Voilà. Tout à fait. Il y a ainsi souvent eu des bagarres lors de nos assauts pâtissiers. Faut-il un autre exemple ?
Claude : … Oui, certainement !
Noël : Un des grands moments de nos interventions gloupinesques, ce fut au Festival de Cannes en 1994, quand Bernard-Henri Lévy a présenté dans la grande salle
son grotesque film « Bosna », sur sa « version » des « événements », où il n’arrête pas de se filmer lui-même.
Nous arrivons dans la grande salle, pour la projection hors-compétition de l’après-midi. On se demandait comment on allait pouvoir intervenir, car BHL avait été introduit dans la salle par une sortie de secours, alors que nous pensions intervenir à l’entrée, sur le fameux tapis rouge lors de la « montée des marches ».
Mais de « vrais » invités viennent à nous et nous filent leurs invitations : « Monsieur l’entarteur, vous en aurez certainement plus besoin que nous », et nous voilà dans la place. Mais on me reconnait, et on nous bloque tous à l’entrée de la salle.
Sauf que le plus offensif d’entre nous, l’Ukrainien Ivan, qui ne passe pourtant pas inaperçu, a miraculeusement réussi à rentrer, et se précipite à l’avant dans les trois premiers rangs, juste avant la présentation du film par BHL.
Entrée triomphale de BHL sur la scène, Ivan constate que l’accès au petit escalier latéral donnant accès à la scène lui est barré, constellé de gardes du corps. Il se lève, et jouant le tout pour le tout, tel le discobole, il lance sa tarte à cinq mètres sur le réalisateur, qui se la prend miraculeusement en pleine figure ! Un des plus grands moments de l’internationale pâtissière.
Mais Ivan, se retrouvant dès lors isolé au cœur du territoire ennemi, est capturé par le service d’ordre et passé à tabac dans un couloir. Il saigne, il est vraiment malmené, quand Jan Bucquoy vient à la rescousse, en criant « Arrêtez, arrêtez, je suis l’Ambassadeur de Belgique ! ». Ca marche, et Jan repart avec Ivan, dont les vêtements ne sont plus que des lambeaux. Et je n’exagère pas.
Claude : C’est dingue !
Noël : Je vais parler un peu plus lentement, car je suis déjà claqué. (Se tenant la poitrine) J’ai des bobos qui m’handicapent assez sérieusement.
Claude : D’accord. On peut même faire une pause, si tu veux. Je vais me refaire du café.
(Cinq minutes plus tard)
Claude : Voilà. Parallèlement aux actions de l’Internationale Pâtissière, vous avez toujours eu de nombreux disciples et imitateurs, …
Noël : Attention ! Je ne considère pas du tout que ce sont des « imitateurs ». C’est un peu péjoratif. Nous ne mettons pas le label « gloup-gloup » sur nos opérations.
Claude : Tu as raison. Quoi alors ? Des émules ?
Noël : Si tu veux. Mais ce n’est pas assez valorisant. Disons : d’autres « tueurs à gags ».
Claude : D’accord. Et donc, tout récemment, il y a eu cet autre entartage symbolique contre « Gloub », Georges-Louis Bouchez, un nom prédestiné pour une action « gloup-gloupesque »… ! (2).
Noël : On les a félicités. La cible est magnifique. Je suis peu la politique belge, mais c’est une espèce d’Éric Ciotti (1) « à la belge ». Très souvent, avant d’intervenir, ces autres « tueurs à gags » nous téléphonent pour nous prévenir, et chaque fois, nous les félicitons après coup. C’est miraculeux. Il n’y a jamais eu de malaises entre « entarteurs ».
Claude : il y a encore quelque chose que tu voudrais dire par rapport à l’ensemble de ces actions ?
Noël : Oui, quelque chose qui a son importance. Il y a une trentaine d’années, face aux médias, j’avais inventé une prétendue conspiration anarco-gloupinesque aux multiples ramifications internationales, avec des sections d’assaut dans plusieurs pays. C’était complètement bidon, mais ce qui est dingue, c’est qu’aujourd’hui, c’est devenu vrai.
L’Internationale Pâtissière s’est mise tout à coup à exister, alors que ce n’était au départ qu’une affabulation. Après l’entartement de Bill Gates, on a été contacté par moult activistes jeunes et moins jeunes, désireux d’entarter ou l’ayant déjà fait.
Aux Etats-Unis, sont nées les BBB, les Biotic Baking Brigades, à qui on doit énormément d’exploits hauts en couleur, notamment contre le big boss de Monsanto.
C’est aussi le cas de « Taart » aux Pays-Bas, qui a par exemple entarté Pim Fortuyn et Gerrit Zalm, le ministre des Finances.
Même au Zaïre, et surtout, au Canada, où tous les ministres y ont passé, je dis bien tous, ce qui est l’œuvre des « entartistes », un bien joli nom !
Ce sont d’ailleurs ces « entartistes » qui nous ont invités à Montréal pour rencontrer des humoristes « offensifs » du monde entier. On a fait un colloque suivi d’actions, en 2000, avec l’entarteur d’Andy Warhol dans les années 68, Pieman.
Nous avons fait irruption dans un Congrès du patronat, ils étaient une centaine, nous une quarantaine, assez pour venir à bout du service d’ordre, et on peut vraiment dire qu’on a entarté à tour de bras ! Pas besoin ici de photos ou de repérages : ils étaient tous des « cibles » potentielles !
Claude : Distribution générale !
Noel : Voilà. Bien résumé !
Un jour, des gars qui voulaient entarter Michel Camdessus, le directeur du Fonds monétaire international, nous téléphonent pour me demander comment opérer.
Je leur réponds : « Vous faites comme ça vous chante, mais moi je leur saute dessus, à bout portant, car je suis un très médiocre sportif, et je pourrais rater ma cible à un mètre ». Cette « tactique » explique la proportion d’attentats pâtissiers réussis.
Puis ils me retéléphonent : « Monsieur l’entarteur, voulez-vous nous rappeler ce qu’il faut dire quand on entarte ? »
Je leur réponds : « Vous dites ce que vous voulez, c’est votre propre attentat pâtissier, pas le nôtre, on ne veut pas vous en déposséder… mais moi je dis « gloup-gloup ! ».
Et on a appris après par CNN qu’ils avaient crié « Gloup-gloup ! » (rires).
Une autre fois, nous recevons un coup de fil de Pologne : « Nous venons d’entarter le Premier ministre. Peut-on dès lors entrer dans l’Internationale Pâtissière ? ».
Nous étions très émus. Il y a plein de souvenirs de ce genre là ! C’est devenu très cosmopolite, et une véritable Internationale s’est soudain mise à exister.
Claude : Tu as parlé tout à l’heure de BHL, que vous avez je crois entarté huit fois ! Une remarque à ce sujet ?
Sylvie, la compagne de Noël, qui vient de rentrer à la maison, intervient dans la conversation.
Sylvie : Dès la première fois, il a réagi de façon particulièrement violente et abjecte. Alors on a décidé de remettre ça. Et aujourd’hui, c’est devenu un « running gag ».
Noël (parlant de Sylvie) : C’est une excellent planificatrice de nos actions. Elle était encore sur le terrain la semaine passée, quand nous avons entarté le directeur de Ryanair !
Tiens, encore une anecdote avec BHL. Nous recevons un coup de fil de Barcelone : c’est notre amie la pamphlétaire Corinne Maier, l’autrice du livre « No Kid » (« Pas d’Enfant »). Elle nous dit : « Vous ne me croirez jamais, je suis ici pour une émission télévisée, et devine qui est descendu au même hôtel que moi ? BHL ! Je lui réserve une petite surprise ».
BHL rentre le soir à l’hôtel, le réceptionniste l’appelle et lui dit : « Il y a un message pour vous ». Il déchiquette l’enveloppe. Il y avait juste deux mots dedans : « Gloup gloup ! ».
Le lendemain, coup de fil de Corinne Maier : « Tu ne me croiras jamais (bis). Quand on est venu chercher BHL pour son émission télé, il a refusé de quitter sa chambre ! ». Authentique. Il suffit de dire « gloup-gloup », et c’est la panique.
Claude : Avant l’interview, tu m’as parlé de la visite que vous allez faire la semaine prochaine à Toulouse, autour de l’événement « Groland » ?
Noël : Oui, cette année, ils m’ont offert la présidence d’honneur de la chose. Ce sera fantastique : c’est la résurrection de notre « Tartapulte ». Une machine imaginée par José Bové et construite par le Théâtre Royal de Luxe de Nantes, une troupe bien connue pour les marionnettes géantes qu’elle promène dans toutes les grandes villes du monde. Elle avait été financée à l’époque par le « Groland », et était rangée depuis dans une grange à Angoulème. Là, elle va reprendre de l’actif sur la Grand Place de Toulouse le samedi 23 septembre dans l’après-midi.
Claude : Je suppose que la « Tartapulte », c’est une catapulte qui lance des tartes à la crème ?
Noël : Géantes ! Des tartes à la crème géantes ! Une machine dotée d’un bras télescopique, qui permet un tir d’une grande précision à quinze mètres !
Sylvie : À trente mètres !
Noël : Les Grolandais vont distribuer sur place un bon petit vin à la population…
Claude : Et quelle sera la cible de cet entartage géant ?
Noël : On m’a demandé de « présélectionner » une dizaine de cibles potentielles. Des effigies géantes de ces dix personnages ont été dessinées par le dessinateur Jiho, assez connu et très talentueux. Je ne sais pas encore comment, mais le public rassemblé choisira parmi elles le salopard de l’année. Sa statue sera ensuite dressée sur la place, et deviendra alors la cible de l’artillerie gloup-gloup.
Claude : Une cible cette fois très symbolique, mais désignée collectivement, ce qui lui donnera sans doute d’autant plus de légitimité crémeuse.
Noël : C’est la résurrection cocasse et rocambolesque de l’Internationale « gloup-gloup » ! Entartons, entartons, les pompeux cornichons !
Propos recueillis par Claude Semal le 11 septembre 2023
(1) Éric Ciotti, chef des Républicains en France, et personnalité vraiment très très réac.
(2) voir dans l’Asympto GLOUB-GLOUB CONTRE GLOUB
Voici la liste presque exhaustive des pompeux cornichons dont Noël et l’Internationale Pâtissière revendiquent l’entartage :
Marguerite Duras (11/1969), Maurice Béjart (12/1969), Henri Guillemin (3/1970), Marco Ferreri (5/1976), Jean-Luc Godard (5/1985), BHL (11/1985), Édouard Poulet 11/1987 (alors Ministre belge des Affaires Sociales, et qui n’est plus connu que pour cet attentat pâtissier !), Jean Delannoy (9/1988), BHL (10/1988), BHL (4/1991), Jerry O’Dell (télévangéliste, 5/1991), Alain Bévérini (présentateur TF1, 5/1993), Vladimir Volkoff (6/1993), Patrick Bruel (12/1993), BHL (5/1994), Jean-Pierre Elkabbach (6/1994), Hélène (sans les garçons, 3/1995), Pascal Sevran (3/1995), Philippe Douste-Blazy (5/1995), BHL (5/1995), Patrick Poivre d’Arvor (4/1996), Daniel Toscan du Plantier (5/1996), Prêtres à la cathédrale de Nantes (9/1996), Nicolas Sarkozy (2/1997), Bill Gates (2/1998), le public du concours Reine Élizabeth (5/1999), BHL (2/2000), Congrès Patronal à Montréal (4/2000), Benjamin Castaldi (6/2001), Jean-Pierre Chevènement (3/2002), Jean-Claude Martinez (FN) et Karel Dillen (Vlaams Blok) 5/2002), Jean Charest 4/2003), BHL (3/2006), Doc Gyneco (7/2007), Mgr Léonard (10/2013), BHL (5/2015),
Michael O’Leary (9/2023).
Une autre liste plus internationale, et tout aussi impressionnante :
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_people_who_have_been_pied


Fred Col
Posted at 17:28h, 21 septembrePropos recueillis par Claude Semal le 11 {novembre} 2023
GLOUP
Semal
Posted at 19:49h, 21 septembreHAHAHA. Tu n’as pas encore compris que je vis dans le futur 😉 ?