C’EST VOUS QUI LE DITES par toi, vous eux et elles

NE PAS DÉTOURNER LE REGARD par Abbas Fahdel (sur FB)

La nouvelle année arrive pendant que les bombes continuent de s’abattre sur Gaza, que le sud du Liban compte ses villages éventrés, que l’Ukraine saigne dans une guerre d’usure, que le Soudan s’enfonce dans une catastrophe humanitaire étouffée par l’indifférence…
Ici et ailleurs, la nouvelle année n’est pas un vœu : elle est une prolongation du cauchemar. Des territoires assiégés, rasés, affamés, où l’on survit plus qu’on ne vit. Presque partout, le fascisme se montre à visage découvert : déshumanisation systématique, punition collective, extermination lente rendue acceptable par le langage lisse des chancelleries et des plateaux télé.
La violence est normalisée. On parle de « dommages collatéraux », comme si certaines vies étaient jetables par nature, comme si l’histoire ne nous avait rien appris. Les peuples paient le prix fort pendant que les puissants négocient à distance, calculant gains et pertes sur des cartes abstraites.
Le même ordre du monde se répète : fondé sur la force, la hiérarchie des vies, la violence légitimée lorsqu’elle vient des « bons » camps. Le fascisme n’est pas seulement une idéologie du passé : il renaît chaque fois que la brutalité devient norme, chaque fois que l’oppression se pare des mots de la sécurité.
Alors, que vaut une nouvelle année dans un monde aussi inégalement endeuillé ? Elle ne peut être une parenthèse festive. Elle doit être une question posée à nos consciences : de quel côté voulons-nous être ? Du côté du confort et de l’oubli, ou du côté des peuples qui résistent, qui refusent de disparaître en silence ?
Si la nouvelle année a un sens, il est là : ne pas détourner le regard. Nommer le colonialisme quand il tue. Nommer le fascisme quand il s’impose. Refuser la hiérarchie des morts. Rappeler, sans relâche, que la dignité humaine n’est ni négociable, ni conditionnelle, ni réservée à quelques-uns.
Bonne année — lucide, indocile, solidaire. Une année qui ne célèbre pas l’ordre du monde tel qu’il est, mais qui le défie, obstinément, jusqu’à le renverser.

UN NAUFRAGE par Alain Callede (sur FB)

Affaire Maduro–Trump : le naufrage intellectuel du journalisme français.
Ce qui est sidérant dans le traitement médiatique français de l’affaire Maduro–Trump, notamment sur les chaînes d’information en continu, ce n’est pas seulement le biais idéologique. C’est le vide culturel abyssal.
Pendant des heures, des jours, on nous abreuve de détails techniques : le type d’hélicoptère, les forces spéciales engagées, le profil des mercenaires, les scénarios d’enlèvement.
Du storytelling hollywoodien, du spectacle pur, de la géopolitique transformée en série Netflix. Mais où est le fond ? Où est l’analyse du rôle des États-Unis dans l’asphyxie économique du Venezuela ? Où est le rappel des sanctions, du sabotage financier, de l’étranglement méthodique d’un pays entier ? Où est la mise en perspective historique du chavisme, de ses contradictions, de ses dérives — certes réelles — mais aussi de ses origines sociales et populaires ?

Oui, le chavisme a dérivé vers l’autoritarisme. Mais qui peut sérieusement soutenir que les dérives de Trump seraient moindres ? Et surtout : combien d’autocrates les États-Unis soutiennent-ils, financent-ils, protègent-ils, à commencer par les monarchies pétrolières les plus obscurantistes de la planète ? Silence radio. Circulez, il n’y a rien à penser.
Alors je m’interroge. Ce n’est pas seulement du journalisme « sur commande » — même si cela existe. Je crains quelque chose de plus grave encore : l’inculture.
Une inculture politique, historique, économique. Un journalisme réduit à commenter l’écume des choses, incapable de produire une synthèse, incapable de relier les faits, incapable de nommer les rapports de domination. Et après, on s’étonne de voir monter le Rassemblement national. Mais comment pourrait-il en être autrement ?
Quand le système médiatique se montre aussi intellectuellement faible, aussi paresseux, aussi complaisant avec le spectacle, quand il renonce à éclairer pour simplement divertir,
il prépare lui-même le terrain des colères brutes, des simplismes, des idéologies autoritaires. Il y a une cohérence dans tout cela. Elle est inquiétante. Et elle est profondément désespérante

LE DANGER TRUMP par Paul Magnette (sur FB)

Les Etats-Unis de Trump sont devenus une véritable menace internationale : un exemple pour tous les apprentis dictateurs qui voudraient voler les territoires et ressources aux peuples au profit des milliardaires.
Quand Trump parle de « prendre le Groenland », ce n’est pas une provocation : c’est une menace contre un allié et contre l’ordre international.
Ces États-Unis-là ne peuvent pas être nos alliés, ils nient tous nos principes de Justice et de Sécurité internationales.
Ceux qui, jusqu’au bout, défendent Trump doivent comprendre qu’ils jouent un jeu très dangereux.
Les États-Unis de Trump spolient les peuples souverains sans vergogne.
Ils encouragent les autocrates en Chine, Russie, etc… à faire de même.
Ils protègent les criminels de guerre génocidaires.
Ils détruisent le droit et les institutions internationales.
Ce nouveau cycle de violence et de prédation prépare une spirale de violence globale.
Nous devons en tirer les leçons. L’Europe doit réagir sans délai :
1. Ne plus acheter une seule arme aux américains.
2. Exiger une convocation du Conseil de l’Atlantique Nord et du Conseil de sécurité des Nations Unies. L’urgence est là !

AU BORD DE LA GUERRE CIVILE par Mr Mondialisation (sur FB)

Voilà Nicole Good, 37 ans, américaine avec un enfant de 6 ans, abattue de trois balles en plein visage par la milice ICE de Trump. Renee Nicole Good était poétesse, elle avait remporté un prix de poésie universitaire.
Hier 7 janvier 2026, elle se trouvait sur le chemin de la police anti-immigration. Un agent lui a tiré trois balles dans la tête alors qu’elle repartait dans son véhicule. Elle a été abattue sans sommation, devant sa compagne. Les forces de l’ICE ont ensuite encerclé la scène de crime pour éloigner les témoins, et ont refusé de laisser un médecin présent sur les lieux lui porter secours. Une vidéo montre cet homme, qui s’est identifié comme docteur et suppliait d’aller vérifier l’état de la victime. La réponse de l’ICE a été simple : «I don’t care», «Je m’en fiche», rapporte Contre-Attaque.
L’affaire fait office de rupture aux Etats-Unis. Le gouverneur de l’État a prié la milice de « dégager » de son territoire sous peine d’utiliser la garde armée contre elle, ce qui signifierait le début d’une guerre civile. Partout à travers le pays des citoyens manifestent et s’organisent pour protéger les habitants contre la milice qui enlève des gens en pleine rue pour les envoyer dans des camps d’enfermement et de travaux forcés.

C’EST UN CRIME par Xavier Löwenthal VI (sur FB)

Ce serait bien qu’on cesse de croire à la nécessité morale de prendre des mesures immorales. Les trémolos vaguement compassionnels de nos dirigeants sont totalement odieux. “Les générations futures, la responsabilité, le poids de la dette”…
C’est le crédo (le mensonge) de la classe bourgeoise, qui persiste et s’obstine à comparer la dette d’un État avec la dette d’un ménage ou la dette d’une entreprise. Ça n’a rien à voir.
Le poids de la dette est d’abord conjoncturel. Il est lié à la crise énergétique, aggravée par la guerre en Ukraine, au prix de l’argent, aux taux d’intérêt… Il est aussi en partie structurel, lié notamment au vieillissement de la population, mais ce problème est transitoire et sera résolu de lui-même dans les 20 ans, tout simplement parce que les « baby-boomers » approchent de la fin de vie. Il est aussi aggravé par une fiscalité qui préserve les plus riches. On a aussi consenti des dépenses déraisonnables durant le Covid.
Si le payement des intérêts de la dette paraît déraisonnable aujourd’hui, la dette elle-même est raisonnable. En la mesurant au PIB (indicateur purement conventionnel et grossier, fétichisé), il me semble qu’on estime qu’on peut, sans péril, laisser croitre la dette jusqu’à 118% de celui-ci. On en est loin. La question n’est pas “trop ou pas trop”, mais “soutenable ou pas”. On rembourse rarement le principal d’une dette publique : on la fait rouler, en la payant par d’autres emprunts, en émettant de nouveaux bons d’État, etc.
Tout le raisonnement de la classe dirigeante est fondé sur le caractère excessif et déraisonnable de la dette, sur le déséquilibre budgétaire actuel et conjoncturel, qui transforme magiquement des choix politiques honteux en fatalité comptable, voire en responsabilité ou en obligation morale, qui imposerait qu’on laisse crever les plus pauvres, qu’on détruise notre modèle socio-démocratique, la Sécurité sociale, les services publics, toutes les formes de solidarité institutionnelles et légales, au profit exclusif d’intérêts dominants qui se parent de vertu. C’est un mensonge. Un mensonge de classe. Un mensonge et un crime.

LA LOI DU PÉTRODOLLAR par Thierry Michel (sur FB)

« Bombes, enlèvement, pétrole : le Venezuela sous la loi du pétrodollar ».
L’attaque contre le Venezuela n’est pas une parenthèse ou le caprice d’un président fantasque. C’est la continuité d’une longue histoire : renverser les gouvernements qui tentent de récupérer leurs ressources, imposer par la force une architecture financière qui garantit aux États Unis un pouvoir exorbitant sur les flux de pétrole et sur les économies du Sud.
En bombardant Caracas, en enlevant un président élu, en violation flagrante avec la Charte des Nations unies, et en se déclarant propriétaire de fait des réserves vénézuéliennes, Trump et l’appareil d’État américain envoient un message glaçant : tout pays qui remet en cause l’ordre du pétrodollar peut être frappé, assiégé, démembré.
Les bombes sur Caracas ne visent pas seulement une capitale latino américaine : elles cherchent à envoyer un message au reste du monde sur « qui » contrôle encore l’ordre pétrolier et monétaire international.
En enlevant le président Nicolás Maduro après une campagne de bombardements, Donald Trump assume une fuite en avant impériale où l’accès au pétrole vénézuélien, et la défense violente du système du pétrodollar, priment sur le droit international et sur la souveraineté des peuples.
En normalisant l’idée qu’une superpuissance peut bombarder un pays, renverser et enlever son président au nom de ses intérêts stratégiques et pétroliers, Washington rouvre la porte à un droit de la jungle où la force prime sur toute légalité.

Le Venezuela détient les plus grandes réserves de pétrole au monde, et ce n’est pas un détail
dans cette guerre. Trump le dit désormais ouvertement : les États Unis vont « prendre en charge » l’industrie pétrolière vénézuélienne, amener leurs compagnies pour « reconstruire » et « faire tourner » les puits, les raffineries et les exportations.
Pour les grands médias économiques, la messe est dite : il s’agit d’une saisie audacieuse du pétrole, qui permettra à Washington et à ses majors de fixer les règles du jeu sur un gisement colossal aujourd’hui sous utilisé.
En bref : bombardements d’abord, privatisation et rapatriement des profits ensuite, sous couvert de « stabilisation » et de « reconstruction ».

Le cœur du problème : la défense violente du pétrodollar. Depuis plusieurs années, Caracas cherchait à s’émanciper de la dictature du dollar en diversifiant les monnaies de paiement pour son brut, en utilisant le yuan, l’euro et même des instruments financiers alternatifs appuyés par la Chine. Pour les stratèges américains, c’était une menace directe contre le système du pétrodollar, qui impose le dollar comme monnaie quasi exclusive des transactions pétrolières, et fait de la devise américaine l’ossature du système financier mondial.
L’objectif est de remettre sous tutelle un producteur qui s’en écartait, de casser les accords en monnaies alternatives avec la Chine et d’autres partenaires, et de rappeler à tous les États producteurs que contester le règne du dollar a un prix.
D’autant que le dollar est menacé par de nombreux pays comme la Russie, qui vend son pétrole en roubles et en yuans. L’Iran, qui commerce avec des devises autres que le dollar depuis des années. La Chine qui a créé CIPS, sa propre alternative à SWIFT, qui compte 4 800 banques dans 185 pays. Et les BRICS qui développent activement des systèmes de paiement qui contournent totalement le dollar.
L’adhésion du Venezuela aux BRICS, avec ses 303 milliards de barils de pétrole, aurait accélérer ce processus de manière exponentielle.
Face à cette offensive de Trump, en dehors de toutes les règles de droit international, il s’agit de nommer les choses : crime d’agression, prédation coloniale, racket US au service d’un ordre pétrolier et monétaire injuste, et de construire des résistances, juridiques et politiques pour défendre le droit des peuples à disposer de leurs ressources.
Mais ces résistances ne naîtront pas spontanément : elles devront être arrachées par une combinaison de travail juridique rigoureux, de diplomatie insoumise à Washington et d’une mobilisation citoyenne internationale.

Même s’il est clair que l’Europe est divisée et que si certains gouvernements, sans vraiment condamner, mettent, très prudemment, en avant la violation de la souveraineté et la nécessité de respecter la Charte de l’ONU, d’autres dont l’Italie, et des dirigeants de pays d’Europe de l’Est, présentent l’opération comme une « intervention légitime ».
Tandis que de nombreux États du Sud global (Colombie, Mexique, Chili, Cuba, Afrique du Sud, Russie, Iran, etc.) parlent ouvertement d’« agression », de « violation manifeste » de la Charte des Nations Unies et appellent l’OEA et l’ONU à réagir sans délai.

La section locale du PCF s’allie avec le maire sortant macroniste à Dunkerque et avec la droite ! Le « roussellisme » est un naufrage. Il y aura pourtant une « vraie » liste à gauche à Dunkerque avec LFI, les écologistes et des associations.

L’EMPIRE US, LA MONNAIE ET LE ROBINET par Rudy Demotte (sur FB)

PETITE GRAMMAIRE DE LA GÉOPOLITIQUE CONTEMPORAINE À L’USAGE DE CEUX QUI REFUSENT DE NE PLUS COMPRENDRE LE MONDE
Je me dis que – décidément – il y a des époques où la politique internationale ressemble à un jeu d’échecs. Et puis il y a celles, plus rares, où l’on comprend soudain que le plateau lui-même est en train d’être renversé. Nous sommes exactement dans ce moment-là.
Aux yeux de beaucoup d’Européens, la politique étrangère de Donald Trump apparaît comme une succession de coups de force incohérents : Venezuela, Iran, Groenland, revirements sur l’Ukraine, pressions sur l’Europe, menaces sur la souveraineté du Canada, fascination ambiguë pour les régimes autoritaires. Une diplomatie brutale, imprévisible, parfois grotesque. Cette lecture est commode. Elle est surtout insuffisante.
Car derrière les outrances, il y a une logique. Et cette logique mérite d’être comprise, non pour l’excuser, mais pour s’en émanciper.
Alors, laissez-moi dresser quelques constats.

TRUMP N’EST PAS UNE ANOMALIE, IL EST UNE FORME
L’erreur la plus répandue consiste à faire de Trump une parenthèse. Un accident. Une aberration populiste surgie d’un excès de réseaux sociaux et d’ego mal maîtrisés. En réalité, Trump est moins un créateur qu’un révélateur.
Il incarne, en fait, une version décomplexée de l’impérialisme américain, débarrassée de son vernis libéral, des précautions rhétoriques sur le droit international et des fictions humanitaires. Une version plus autoritaire, plus transactionnelle, plus identitaire aussi. Quand la persuasion devient coûteuse, la contrainte redevient rentable.
Trump n’est pas seul. Il est porté par une constellation idéologique cohérente : milieux réactionnaires, national-conservateurs, techno-libertariens, think tanks comme la Heritage Foundation, et une extrême droite internationale ici même – dans l’UE- qui partage les mêmes obsessions : virilité du pouvoir, culte de la force, mépris du compromis, suspicion envers toute forme de multilatéralisme.
Sa proximité avec Vladimir Poutine ne relève pas du malentendu diplomatique. Elle repose sur une grammaire commune : domination, brutalité assumée, instrumentalisation des affects collectifs, mise en scène permanente de la puissance. Trump n’est pas tant un homme d’affaires qu’un produit politique d’un système qui ne croit plus à la persuasion, mais à la contrainte.

LE CONCEPT D’ALLIANCE N’EST PLUS UN PACTE, C’EST UN CONTRAT CONDITIONNEL
Le cœur de la nouvelle doctrine américaine tient en une question d’une brutalité limpide :
Que faites-vous pour renforcer NOTRE puissance ?
L’alliance atlantique, telle qu’elle s’est construite après 1945, reposait sur une fiction stabilisatrice : les États-Unis garantissaient la sécurité, les alliés adhéraient à un ordre fondé sur des règles communes. Cette période est close.
Désormais, l’alliance est réversible, hiérarchisée, conditionnelle. Elle n’est plus fondée sur la solidarité, mais bien seulement sur l’utilité. Un allié qui n’apporte pas suffisamment devient suspect. Un allié trop critique devient encombrant. Un allié dépendant devient un levier.
La nouveauté décisive tient à l’introduction d’un filtre idéologique. Il ne suffit plus d’être militairement compétent. Il faut aussi correspondre au récit MAGA. D’où cette hiérarchie paradoxale : des États moins robustes mais politiquement alignés peuvent être mieux traités que des partenaires solides mais jugés trop autonomes, trop « globalistes », trop attachés à l’État de droit.

L’alliance devient affaire de LOYAUTÉ NARRATIVE.
Et au cœur de ce contrat se loge une réalité rarement dite : l’impérialisme capitaliste US est aussi une économie de guerre. Les États-Unis figurent parmi les premiers producteurs et exportateurs d’armes au monde. La protection devient marchandise, la guerre une chaîne de valeur, l’alliance un débouché commercial. Je te protège si tu achètes. Ce chantage structurel n’est pas une dérive de Trump. Il est l’aboutissement d’un système que Dwight D. Eisenhower avait déjà nommé, avec lucidité, le complexe militaro-industriel. La guerre n’est plus un échec diplomatique. Elle devient un marché captif.

AU CŒUR DU RÉACTEUR : RESSOURCES, ESPACES CRITIQUES ET CONTRÔLE DU ROBINET
L’impérialisme contemporain ne se limite plus à la conquête territoriale. Il vise le contrôle des fonctions critiques : ressources stratégiques, infrastructures, routes, systèmes de surveillance, maîtrise des données, capacités de projection.
Vu sous cet angle, le Groenland n’est pas un caprice minier mais un verrou géostratégique. Le Venezuela n’est pas seulement un régime autoritaire mais un point d’appui énergétique dans ce que Washington considère toujours comme son arrière-cour. L’Iran- indépendamment de son régime cristallise la peur d’un pôle de résistance capable de fissurer l’ordre occidental.
Dans cette logique, contrôler les ressources, c’est TENIR LE ROBINET. Qui contrôle l’accès à l’énergie et aux minerais indispensables impose ses conditions. Les autres deviennent des vassaux fonctionnels.

L’IMPÉRIALISME COMME CULTURE DE LA FORCE
Les États-Unis ne découvrent pas la violence lorsqu’ils interviennent à l’extérieur de leurs frontières. Ils sont nés dans et par la violence. La force n’est pas une dérive de leur histoire. Elle en est l’un des fondements.
La construction du territoire américain s’est faite par la conquête, l’annexion, l’élimination. Extermination des populations autochtones, guerres de frontière, expansion territoriale au détriment du Mexique, achats contraints ou arrachés de territoires entiers : l’État américain s’est forgé dans une relation directe et assumée à la violence comme instrument politique légitime.
Ce passé n’est pas un héritage honteux que l’on aurait dépassé. Il a produit une culture stratégique durable : l’idée que la force précède le droit, que le fait accompli crée la norme, que la puissance fabrique l’ordre qu’elle impose. La doctrine Monroe ne surgit pas de nulle part. Elle formalise une pratique déjà ancienne : ce qui relève de notre espace relève de notre autorité.
C’est sans doute pourquoi les interventions extérieures américaines ne sont pas perçues, à Washington, comme des ruptures morales, mais comme des prolongements naturels. On ne viole pas un ordre international abstrait : on protège un espace vital. On ne brutalise pas un État souverain : on restaure une hiérarchie.
L’habillage change avec les époques. Jadis la civilisation, ensuite l’anticommunisme, aujourd’hui la démocratie, la lutte contre la drogue ou la défense des valeurs occidentales. Mais le ressort demeure le même : lorsque la persuasion ne suffit plus, la contrainte s’impose.
C’est dans cette continuité qu’il faut lire les interventions contemporaines. Non comme des accidents ou des excès, mais comme l’expression persistante d’un rapport au monde où la force n’est jamais un aveu d’échec, mais un outil parmi d’autres. Quand le droit résiste, on le contourne. Quand l’économie ne suffit plus, la puissance militaire revient au premier plan.
Donald Trump n’a pas inventé cette manière d’agir. Il l’a simplement rendue plus visible, plus brutale, et surtout moins soucieuse de se justifier.

LA MONNAIE COMME ARME IMPÉRIALE
À cette panoplie s’ajoute l’instrument le plus sophistiqué et le plus redoutable de la domination contemporaine : la monnaie. À vrai dire, c’est le commentaire d’un lecteur dans une publication antérieure qui m’a rappelé cet aspect.
Le dollar n’est pas une monnaie neutre. Il n’est pas un simple outil d’échange. Il est une infrastructure de pouvoir. Une technologie politique. Une arme.
L’économiste britannique Susan Strange l’avait résumé avec une clarté décisive :
« Le pouvoir consiste à façonner et à déterminer les structures de l’économie politique mondiale. » Autrement dit, celui qui contrôle la monnaie dominante ne se contente pas d’échanger. Il fixe les règles. Depuis la fin des accords de Bretton Woods, et plus encore depuis la mise en place du pétrodollar dans les années 1970, les États-Unis ont construit un système très avantageux pour eux : ils peuvent s’endetter dans leur propre monnaie, tandis que le reste du monde est obligé d’utiliser cette même monnaie pour acheter de l’énergie, commercer et rembourser ses dettes. Les États-Unis impriment. Les autres s’adaptent.
Ce déséquilibre est ancien. Dès 1965, Valéry Giscard d’Estaing parlait déjà d’un « privilège exorbitant » accordé aux États-Unis. Un privilège mécanique, pas moral, qui permet de financer des déficits massifs en faisant porter une partie de l’effort sur les autres économies.
Avec le temps, ce système est devenu une arme géopolitique à part entière. Sanctions financières, gel des avoirs, exclusion des circuits de paiement : l’accès à l’économie mondiale devient conditionnel. La souveraineté, négociable.

C’est ici que le cas vénézuélien devient central. Pas accessoire.
En vendant son pétrole sans passer par le dollar, en se tournant vers la Chine et en rejoignant les BRICS, le Venezuela montre qu’il est possible de fonctionner autrement. Ce n’est pas un geste idéologique. C’est une sortie partielle du système.
La Chine accompagne ce mouvement. Elle emprunte encore souvent en dollars, parce que c’est la monnaie dominante, mais elle règle de plus en plus ses échanges en yuan chinois. Pour le dire simplement : l’argent entre encore par le dollar, mais il ressort de plus en plus par une autre monnaie. Et quand ce mécanisme se répète, le pouvoir se déplace.
C’est cela que Washington ne peut accepter. Non pas le Venezuela en lui-même, mais le précédent qu’il crée : un pays pétrolier, situé dans ce que les États-Unis considèrent comme leur arrière-cour, qui prouve qu’on peut survivre sans obéir entièrement au système du dollar.
L’histoire récente le confirme. L’Irak avait annoncé vouloir vendre son pétrole en euros. La Libye avait évoqué une monnaie adossée à l’or pour les échanges énergétiques. À chaque fois, le discours fut le même : défense des valeurs occidentales, lutte contre la tyrannie, protection des populations. À chaque fois, l’issue fut identique : intervention, effondrement, retour forcé dans l’ordre monétaire dominant.
L’empire tolère beaucoup de choses. Il ne tolère pas que l’on touche à sa monnaie.
C’est pourquoi les tensions actuelles ne relèvent pas d’un tempérament personnel, mais d’un réflexe structurel. Quand l’arme monétaire s’affaiblit, la contrainte réapparaît. Quand la finance ne suffit plus, la force reprend le relais. Ce n’est pas une anomalie. C’est une loi classique de l’histoire des puissances dominantes.

DE GENDARME À VOYOU
Tant que cet ordre produisait une stabilité relative, il pouvait être toléré. Ce temps est révolu. Les États-Unis ne sont plus perçus comme le garant imparfait du droit international. Ils apparaissent de plus en plus comme un acteur qui casse pour contraindre, y compris ses alliés. Dépendances technologiques instrumentalisées, coopérations suspendues, menaces implicites sur des capacités vitales : la puissance se fait nue.
Ce basculement n’a rien d’imprévu. Dès 1961, le président américain Dwight D. Eisenhower mettait en garde contre cette dérive structurelle en disant « Dans les instances du gouvernement, nous devons nous prémunir contre l’acquisition d’une influence injustifiée, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. »
Cette brutalité n’est même plus dissimulée. Lorsqu’il s’est agi du Groenland, le conseiller présidentiel Stephen Miller a résumé la nouvelle doctrine en une phrase glaçante : « Personne ne va combattre militairement les États-Unis au sujet du futur du Groenland. » Tout est dit. La puissance ne cherche plus l’accord. Elle parie sur l’absence de résistance.
Nous ne sommes plus face à un gendarme débordé. Nous faisons face à un voyou stratégique.

LE MOMENT MULTIPOLAIRE… ET L’ÉPREUVE EUROPÉENNE
La multipolarité n’est ni un idéal ni une promesse morale. C’est un fait. Un monde instable, imparfait, mais préférable à la soumission durable à une hégémonie autoritaire.
L’Europe est mal préparée : dépendante militairement, fragmentée politiquement, exposée à ses propres démons. Mais elle dispose encore d’un atout rare : la possibilité de CHOISIR. Refuser les dépendances excessives, qu’elles soient américaines, chinoises ou russes. Construire des alliances souples, parfois asymétriques, fondées sur la convergence d’intérêts et de valeurs réelles. Inventer une autonomie stratégique sans repli ni provocation.

ALORS, ENFIN, QUE RETENIR, QUE FAIRE ?
La géopolitique contemporaine obéit à une grammaire précise : contrôle des ressources, économie de guerre, hiérarchisation des alliances, instrumentalisation de la monnaie, habillage moral des rapports de force.
Comprendre cette grammaire est une condition minimale pour ne pas la subir.
Je propose de retenir ceci: tout empire a une fin. Et un empire ne s’effondre pas nécessairement dans le fracas. Il se fissure dans les détails : un contrat d’armement, un taux d’intérêt, un robinet que l’on ferme, une alliance que l’on « réévalue ».
À nous de décider si l’Europe restera un objet de cette histoire ou si elle acceptera, enfin, d’en redevenir un sujet. Un sujet actif. Et respecté.

Rudy

LE MOMENT POLITIQUE de JEAN-LUC MÉLENCHON

Jean-Luc Mélenchon sur le droit international, la guerre, la crise du dollar, la Chine et le multilatéralisme. Un point de vue éclairé et éclairant sur des sujets qui, dans les médias occidentaux, ne sont pratiquement jamais abordés (ou alors seulement du point de vue nord-américain).

L’INFÂME PROJET DE CLARINVAL par François Schreuer (sur FB)

Depuis ce matin, des milliers de personnes exclues du chômage font la file dans les CPAS, en espérant recevoir de quoi survivre. Beaucoup d’autres savent déjà qu’elles ne recevront rien, parce qu’elles cohabitent avec une personne disposant déjà d’un revenu ou pour d’autres raisons.
La plupart de ces chômeurs exclus ont travaillé, parfois longtemps. Ils et elles ont cotisé, participé à la solidarité, ils pensaient bénéficier d’une «assurance chômage» créée par et pour les travailleurs. On la leur a volée — des milliards d’euros volés à la classe des travailleurs (sauf si la Cour constitutionnelle casse la réforme, il reste encore un petit espoir de ce côté). Rappelons que même une personne de 55 ans qui a travaillé — et cotisé — non-stop pendant trente ans avant d’être licenciée il y a deux ans, parce que son entreprise a connu des difficultés ou après un accident de la vie (une maladie, par exemple), ce qui peut arriver à TOUT LE MONDE, sera exclue de ses droits cette année — et n’aura droit à RIEN, strictement rien, si elle vit en couple ou si elle a accumulé une épargne un peu trop importante. Pareil pour les saisonniers, pour les intermittents, pour les travailleurs des ALE et pour tant d’autres.
Le voilà l’infâme projet de Clarinval — cet héritier d’une entreprise familiale qui n’a jamais connu la situation de devoir travailler pour avoir de quoi vivre —, le projet du MR et de tout le gouvernement Arizona. La prochaine fois qu’ils vous expliqueront qu’ils défendent les travailleurs, la «valeur travail» ou je ne sais quoi encore, crachez-leur au visage.
Le MR n’essaie même plus de faire croire que la majorité de ces personnes retrouveront du travail : il est désormais clair et net que ce ne sera pas le cas. Parce que le nombre d’emplois disponibles est ridicule par rapport aux nombres de personnes qui en cherchent. Parce qu’une politique de l’emploi demanderait de soutenir massivement l’accès à la formation, alors que le gouvernement interdit désormais d’en suivre une en étant au chômage (sauf quelques métiers de la santé). Parce que beaucoup de personnes exclues sont en mauvaise santé, mentale ou physique.
L’appauvrissement qui débute très concrètement aujourd’hui sera concentré dans les grandes villes wallonnes et les communes pauvres de la Région bruxelloise. Et il sera massif. Loin de se cantonner à un problème individuel pour les personnes concernées, ses effets se répercuteront sur de nombreuses sphères de la société. La baisse massive de revenus va se répercuter sur le plan de la santé publique (de nombreuses personnes ne sauront plus se soigner et ça va faire boule de neige), sur le plan du logement, sur le plan économique (le commerce de détail va le sentir passer, notamment) mais sans doute aussi sur le plan de la sécurité : quand on n’a plus rien, quand on en est rendu à la pure survie, on peut en venir à des solutions extrêmes.
Ajoutons que cette «réforme» du chômage opère un transfert massif du financement de la solidarité du niveau fédéral vers les communes (et les régions), comme le voulaient les nationalistes flamands : là aussi ça va traduire concrètement dans nos vies, en réduisant significativement les moyens disponibles pour le reste des missions de nos communes.
Je redoute aussi — et je frémis en l’évoquant — une vague de suicides parmi les personnes acculées de partout, désespérées. S’il y a des personnes dans votre entourage dont vous pensez qu’elles se trouvent sans cette situation, entourez-les, soutenez-les, rappelez-leur peut-être qu’elles peuvent compter sur vous.
Pour ma part, même si cela a quelque chose de dérisoire, je veux dire ici que je ne renoncerai jamais à défendre une société qui ne laisse personne sur le bord de la route, où l’on garantit à chaque personne un minimum de dignité, même si l’air du temps est à la cruauté et à l’abandon des plus faibles.
Courage à toutes & tous !

L’IRRESPONSABILITÉ ET LA BÊTISE par Julien Truddaïu (sur FB)

L’irresponsabilité et la bêtise de Bouchez encore et toujours ?
La réaction de Georges-Louis Bouchez à l’opération militaire américaine inadmissible contre le Venezuela est d’une irresponsabilité effrayante pour un responsable politique.
En balayant d’un revers de main le droit international (« Certains vont invoquer le droit international… »), le président du MR valide le retour d’une doctrine dangereuse, celle où la fin justifie les moyens, et où la souveraineté des nations s’arrête là où commencent les intérêts américains, ou d’un autre pays.
Peu importe ce que l’on pense de Maduro et de la politique intérieure vénézuélienne.
Maduro n’est pas le sujet. Le droit international n’est pas un menu à la carte où l’on choisit de respecter les règles uniquement quand elles nous arrangent ou quand le dirigeant nous est sympathique.
Accepter qu’une puissance étrangère puisse bombarder une capitale et kidnapper un chef d’État revient à accepter la loi du plus fort, à un monde sans règles. Si nos dirigeants valident cela pour le Venezuela, ils et elles le valideront pour n’importe quel pays demain. Ouvrir la porte au chaos généralisé (déjà bien amorcé par le gouvernement Israélien).

Le spectre de la doctrine Kissinger

Bouchez l’ignore peut-être, il applaudit le retour décomplexé de la « doctrine Kissinger ». Celle qui, au nom des intérêts supérieurs (ceux des États Unis et ses alliés), a justifié les pires ingérences en Amérique latine (renversement de Allende au Chili et soutient actif de Pinochet, l’Opération Condor).
Cette vision cynique du monde que partage sans ambages le président du MR considère que la démocratie et le droit ne valent rien face à la realpolitik. C’est cette même logique qui a plongé l’Amérique du Sud dans des décennies sanglantes et de dictatures militaires dont nous connaissons les douleurs.
Quiconque se prétend démocrate ne peut se réjouir d’un acte de guerre illégal. Le respect du droit est la seule barrière qui nous sépare de la barbarie. Le président du MR semble l’avoir oublié, préférant le rôle de supporter d’une intervention militaire illégale à celui de défenseur de l’État de droit.
Une telle irresponsabilité devrait nous inquiéter au plus haut point.

« OBSÉDÉ » PAR UN MASSACRE par Aymeric Caron (sur X-Twitter)

Je lis : « mais il est obsédé par Israël !», dès que je poste une information ou un commentaire sur le génocide qui continue à Gaza. J’ai même entendu cette semaine un « journaliste » d’une grande radio prétendre dans le confort de son studio et de sa vie de privilégié que parler des crimes israéliens serait manifester un sentiment « anti-juifs », comme le prétend la propagande des pro-Netanyahou.
Soyons clairs : je suis obsédé, oui, mais par le sort fait aux Palestiniens, par les dizaines de milliers d’enfants morts et blessés depuis octobre 2023 dans des conditions atroces, dans l’indifférence politique et médiatique d’un pays, la France, qui me fait honte. Je suis obsédé par ce sujet comme nous devrions tous l’être. Je suis révulsé de l’impunité accordée à un pays criminel, aux méthodes de nazis, dont tant de gens ici continuent à dresser les louanges.
Beaucoup m’ont tourné le dos depuis deux ans, et même les soutiens politiques que j’attendrais aujourd’hui s’émoussent. Peu importe. Jamais je ne cesserai de dénoncer l’inhumanité déployée contre les Palestiniens, car cesser de le faire serait une défaite impardonnable face à la barbarie qui gangrène désormais les cerveaux comme cela n’était pas arrivé depuis des décennies. Il y a désormais deux camps en France et dans le monde : celui qui refuse de fermer les yeux sur Gaza, et l’autre.

COMME HITLER par José Perez (sur FB)

Trump et Hitler. Mêmes méthodes, même logique.
Donald Trump n’est pas un spectacle. Il est une menace. Comme Hitler avant lui, il exploite la peur, la colère et le ressentiment des peuples pour imposer l’autorité d’un seul au-dessus des règles, attaquer les contre-pouvoirs et les médias, et banaliser la brutalité. Les mécanismes sont les mêmes : désigner des ennemis intérieurs et extérieurs, glorifier la force, mépriser le droit et transformer l’extrême en ordinaire.
Le Venezuela illustre ce danger de façon tragique. Trump n’attaque pas seulement Nicolás Maduro : il fait plier un peuple entier par les sanctions, l’asphyxie économique et la pression internationale. La vie quotidienne de millions de citoyens devient un instrument politique. La peur devient un outil de domination, exactement comme dans les régimes autoritaires que l’histoire a déjà connus. Ce n’est pas abstrait. Chaque provocation frappe nos vies : prix qui explosent, marchés fragilisés, économies instables. Mais le plus grave est insidieux : l’érosion pas à pas des démocraties, la banalisation de la violence et de l’intimidation. Ignorer ce que Trump met en œuvre, croire que « cette fois sera différent », c’est emprunter les mêmes détours que l’histoire a déjà tracés — et que des millions ont payés de leur vie.
Trump est nazi. Fasciste. Attention !

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