TABLE D’HÔTES IMPROVISÉE par toi, vous, elles et eux.

LES PRODUITS FRAIS SURTAXÉS ! par Alain Raviart

Donc, ils osent. MR/Engagés ont décidé : « À partir du 1er mars 2026, la TVA sur les plats à emporter et la livraison de repas passera de 6% à 12% pour les produits à durée de conservation courte, tandis que des produits similaires vendus en supermarché resteront taxés à 6%. Selon Gondola, cette différence de traitement fiscal risque d’accentuer encore le désavantage concurrentiel. » Donc ? Les produits frais sont surtaxés. La malbouffe est consacrée. Parmi les 12 (!) ministres de la Santé que compte ce pays, pas un seul pour – au moins – s’émouvoir ?! Le problème de santé publique est évident. Le commerce local est bradé au profit de l’industrie agroalimentaire (flamande). La Belgique est seule au monde à appliquer un tel “régime”. Bravo les ingénieurs, vous tuez à grand feu la poésie gastronomique.

La toujours intéressante émission de critique des Médias de Mourad Guichard sur Le Media TV (abonnez-vous y !)

UNE MANIPULATION par Aurélien Saintoul (sur X-Twitter)

Le ministre de l’Interieur L. Nunez classe la France insoumise comme formation “d’extrême-gauche” pour les municipales. Manipulation scandaleuse du ministre en charge de la bonne tenue des élections. Le Conseil d’État lui a déjà donné tort en 2024 : LFI est bien « de gauche ».

LES FAITS ONT-ILS UNE COULEUR POLITIQUE ? par Patrick Dupriez (sur FB)

A quel moment, les partis conservateurs de droite se sont-ils dit que la science, la connaissance et la culture, c’était “de gauche” ? Les faits ont-ils une couleur politique ? Les anecdotes constituent-elles une pensées? Peut-on appeler à augmenter le niveau de l’enseignement et renoncer à reconnaître l’expertise qu’il produit ? A quel moment, les partis conservateurs de droite ont-ils conclu que c’était une bonne idée de revendiquer la bêtise et l’ignorance comme projet politique? Vous avez une heure… ou un siècle…

BIZARRE par Bad Mulch (sur X-Twitter)

C’est bizarre, dès que c’est des milliardaires sur la liste d’Epstein, et pas des migrants sous OQTR, là ça n’intéresse plus les médias.

ADIEU FRANÇOIS par Lofti Yahia (sur FB)

Jamais, je n’oublierais ce premier jour de cours où pour la création de la tragédie de Sophocle “Œdipe à Colone “, il nous a fait sortir juste pour marcher dans le quartier environnant l’INSAS (croyons-nous) et où il nous a invité à envisager autrement ce qui nous semblait familier et dont nous n’avions à ses yeux pourtant pas encore pris conscience – à savoir toute la poésie qui pouvait se dégager de ces lieux urbain et qui n’était pas encore à notre hauteur. Sans doute, car nos ambitions d’étudiant acteur égocentrique ne prenaient pas le temps de lever nos yeux plus haut que nos nombrils. Ensuite, insidieusement, après quelques temps, nous voilà devant la porte cochère du musée Wirtz et là, tétanisé par la puissance des corps sur ces fresques démesurées, là, j’ai instantanément compris pourquoi nous étions sorti et ce que ce monsieur François Beukelaers attendait de chacun de nous, avant d’aborder la tragédie antique. Il a été et restera pour moi ma référence et l’artiste auquel, je me suis toujours identifié, bien plus qu’un acteur exceptionnel, il était mon mentor.
Être acteur, c’est être là, à cent pour cent. Disait-il. En ce jour, tu es, très cher François, paradoxalement plus que jamais là. Mes sincères condoléances à ses proches.

BRÈVE DE TRAIN par Barbara BK (sur FB)

Ce matin je me lève à 5:15, je me couvre la tronche de crème hydratante, je fais mon sac, j’avale 1 kiwi, un café, du pain aux noix. Sans le tartiner de rien, juste comme ça, car il se suffit, c’est celui de la boulangerie de la Batte.
Mon vélo n’est pas chez moi, je dois descendre à la gare à pieds. À 6:20 je claque la porte en douceur, et je descends sans aucune discrétion jusqu’à la gare, car ma valisette à roulettes fait un bruit de vieux moteur.
Je suis bien à l’heure et l’appli SNCB soit disant mise à jour en direct et prévenant des trains annulés par la grève LA VEILLE m’annonce gentiment une minute de retard, ce qui est tout à fait de l’ordre du tolérable pour moi. Sauf que 5, 6, 7, 8 minutes passent et à la 9e, la voix dit « attention on n’sait pas si le train va circuler ou non finalement » ou quelque chose comme ça. Tout le monde (peu nombreux cependant) déserte le quai pour se ranger dans les cafés/croissants de la gare.
Bon, je réagis et je vois que je peux prendre un train à 07:02 sur un autre quai mais il est 07:01 alors je cours en portant ma valise sans rabattre la poignée télescopique. Elle et moi on voltige en freestyler jusqu’au quai 3, et là il est 07:02, le train démarre devant mon petit pif, sans aucune minute de retard, aucune tolérance. J’aurais PLEURÉ. Mais je ravale tout ça parce que la RÉSILIENCE, mes ami·es.
c’est la clé paraît-il et puis surtout que y’a si pire, si pire que ça. J’ai un livre, une banane et 50 minutes avant le suivant. La fatigue est un état à éprouver.
7:50, -1 degré sur le quai, mon être pétrifié de froid écoute un podcast pour ne pas penser que l’histoire pourrait se répéter. Mais le train arrive à l’heure. Le contrôleur, grisonnant aux yeux bleus plissés est sympa comme tout. Il remet l’humanité dans tout ça, il raconte la grève, la menace de privatisation du rail wallon, des conséquences que cela aurait, et tout le monde parle avec lui, de travail, de pénibilité du travail, d’injustice hiérarchique, et les gens qui vont aux toilettes s’arrêtent pour papoter, encore un peu et on aurait dit un cercle de paroles. Le type qu’avait pas pris son ticket le prend rapido, et on va dire que personne n’a rien vu. Ce matin finalement a quelque chose de bon. Je savoure le bercement régulier, le coup de sifflet aux gares, ce rythme qui régule mon corps entier, un peu comme un exercice de cohérence cardiaque. Les nuages dehors sont roses. Je n’ai pas loupé une miette du matin.

TOUT ÇA POUR ÇA par Michel Henrion (sur FB)

Ce Président de parti qui a besoin de policiers pour être accueilli dans sa tournée sans fin (suite)… (comme lundi à Flémalle) Selon @ladh, plusieurs zones de police avaient été mobilisées.
Des véhicules de police de Flémalle, Beyne/Fléron/Soumagne, Liège ou encore Herstal étaient mobilisés. La zone était également surveillée par des cavaliers et une autopompe était prévue en cas de débordement. La surveillance s’étendait aussi dans les airs, avec un drone en survol. La police avait aussi créé un “poste de commandement” et des mesures de circulation (rues bloquées, barrages…). Tout cela pour faire face à une vingtaine de manifestants pacifiques (via @ladh et L’Avenir).

DÉCHÉANCE DE NATIONALITÉ par Bernard De Vos Dumont (sur FB)

La majorité Arizona vient de voter discrètement la déchéance de nationalité appliquée aux binationaux délinquants qui ont encouru des peines de plus de cinq ans d’emprisonnement. C’est le plus un mauvais signal pour l’ensemble des immigrés et de leurs descendants. Pas tant pour ses effets concrets que pour ce qu’elle représente symboliquement.
En introduisant la possibilité de retirer la nationalité à certains citoyens et pas à d’autres, la mesure injecte l’idée d’une citoyenneté à deux vitesses : à crime égal, la sanction peut différer selon l’origine ou la situation familiale. Symboliquement ça signifie concrètement que certains citoyens ne seraient jamais totalement belges. Que leur appartenance nationale restera conditionnelle et révocable. Et ça balaie d’un coup le principe d’égalité devant la loi.
Mais cette mesure contribue aussi à renforcer un amalgame implicite et dégueulasse entre immigration, double nationalité et délinquance. Même si elle ne concerne qu’un nombre très limité de personnes, elle projette un soupçon collectif sur des populations qui, dans leur immense majorité, respectent les lois et participent pleinement à la vie sociale, économique et culturelle du pays.
Pour beaucoup d’immigrés ou d’enfants d’immigrés, ce type de discours institutionnel nourrit un sentiment d’injustice et d’exclusion, en donnant l’impression qu’ils doivent constamment prouver leur loyauté ou leur mérite pour être acceptés. Quand on connaît le poids des discriminations et des exclusions que subissent les enfants de la deuxième, troisième voire quatrième ou cinquième génération, cette nouvelle loi rajoute une couche d’immonde dont tout le monde ce serait bien passé…
Pour le reste si la mesure était efficace ça ferait longtemps qu’on le saurait ! Mais tous les criminologues s’entendent sur le sujet : la déchéance de nationalité est complètement inefficace comme outil de lutte contre la criminalité ! Les crimes graves ne sont pas commis en tenant compte d’une éventuelle perte de nationalité, et les personnes concernées sont généralement déjà condamnées à de lourdes peines. Son impact est donc surtout symbolique. Mais ce symbole est très puissant et il a surtout des effets négatifs sur la cohésion sociale. En alimentant la défiance envers les institutions. Et en encourageant le repli identitaire.
Enfin, pour les juristes, la pratique pose une question de fond sur la nature même de la citoyenneté dans un État de droit. La nationalité est censée être un statut juridique stable, garantissant des droits et des devoirs égaux pour tous. La rendre révocable en fonction du comportement, et seulement pour certains citoyens, c’est fragiliser dangereusement ce principe. Et introduire une logique où l’appartenance nationale devient conditionnelle.
Depuis le vote de cette loi insensée, j’ai vu beaucoup d’ami·es binationales s’en émouvoir. Moins chez mes ami·es qui disposent d’une nationalité « pleine » que personne ne cherche à remettre en cause. Gaffe cependant : quand un État se met à classer ses citoyens, la démocratie est en danger. Créer artificiellement une distinction entre les citoyen·nes c’est la marque de fabrique des régimes totalitaires. Des nazis en Allemagne, des fascistes de Mussolini aux milices ICE de Trump…

PS : Le plus incroyable avec les propos tenus par Madame Galant à propos de la Rtbf, c’est qu’avant de dire les horreurs qu’on a entendues, elle se plaint de devoir garder un devoir de réserve en sa qualité de Ministre. Et d’être contrainte de modérer ses propos. On n’ose même pas imaginer le fond de sa pensée… Y en a qui ont été contraints de démissionner pour moins que ça. Non ?

Screenshot

CLARINVAL CIRCUS par Michel Cermak (sur FB)

Le ministre Clarinval a encore raté une belle occasion de se taire. Une nouvelle fois il se prend les pieds dans le tapis sur les chiffres et démontre à quel point ses politiques sont construites sur des mensonges. En effet, surprise : à Bruxelles et en Wallonie, il y a beaucoup moins d’emplois disponibles que de personnes exclues du chômage. Leur but n’est pas de mettre les gens à l’emploi mais dans la misère. Et c’est les mêmes qui vont se plaindre après de la montée de l’insécurité. (Bien sûr, même s’il avait environ autant d’offres que d’exclus, ça resterait une réforme ignoble, puisque ça ne dit rien de la qualité des emplois proposés ni de l’adéquation entre les types de jobs et les aspirations des personnes à faire quelque chose qui a du sens pour elleux dans des conditions dignes)

QUI A FAIT LE CHOIX DE SE TAIRE ? par Abbas Fahdel (sur FB)

L’affaire Jeffrey Epstein n’est pas seulement l’histoire d’un criminel protégé trop longtemps. Elle est le symptôme d’un mécanisme plus large : la capacité d’une société à organiser le silence quand la vérité devient trop coûteuse moralement ou politiquement. Ce que cette affaire a révélé, ce n’est pas que « tout le monde savait », mais que suffisamment de personnes savaient pour que le déni devienne une norme, et le silence une pratique ordinaire. Ce mécanisme n’est pas exceptionnel. On le retrouve chaque fois qu’une injustice majeure entre en conflit avec des intérêts puissants, des alliances stratégiques ou des récits dominants. Le silence qui a entouré Epstein pendant des années n’est pas fondamentalement différent du silence, de la minimisation ou du déni qui entourent aujourd’hui le génocide à Gaza. Dans les deux cas, l’information existe, les faits sont documentés, mais leur reconnaissance est freinée, retardée, encadrée.
Le problème n’est pas seulement politique. Il est moral. Il commence lorsque l’on accepte de ne pas nommer les choses par leur nom. Lorsque l’on remplace la réalité par des euphémismes, des prudences de langage, des appels abstraits à la complexité. Lorsque l’on choisit de ne pas savoir pleinement, parce que savoir obligerait à prendre position. Le déni n’est alors plus une erreur : il devient un choix, une complicité.
Nous aimons penser le mal comme une anomalie, une exception radicale. Mais les grandes injustices contemporaines ne prospèrent pas dans l’ombre totale ; elles avancent à découvert, portées par l’indifférence, la lassitude morale et la fragmentation des responsabilités. Chacun se convainc qu’il n’est pas directement concerné, qu’il n’est pas le bon interlocuteur. Et pourtant, c’est cette accumulation de renoncements individuels qui rend l’inacceptable durable.
Ce qui est en jeu, que l’on parle d’Epstein ou de Gaza, c’est la même faillite morale : une hiérarchie implicite des victimes, une tolérance variable à la violence selon l’identité de ceux qui la subissent et de ceux qui l’exercent. Certaines souffrances appellent une indignation immédiate ; d’autres sont relativisées, discutées, mises à distance jusqu’à devenir presque abstraites.
Alors la question n’est pas seulement de savoir qui est coupable. Elle est de savoir ce que nous faisons, nous, face à ce que nous savons.
À partir de quand le silence devient-il une complicité ?
À partir de quand le refus de nommer devient-il un déni moral ?
Et surtout : que dira-t-on de nous, demain, lorsque l’on demandera non pas « qui ne savait pas », mais qui savait — et a choisi de se taire ?

LES JOURS AVEC ET LES JOURS SANS par Alain de Halleux (sur FB)

On a beau être ex-champion du monde de saut en balançoire, y’a des jours, on en mène pas large. Plein d’entrain, je me jette sur ce p’tain de scénar sur l’avenir de la démocratie.
Après avoir écrit quelques lignes, je me lève pour faire un thé quand la chaudière murale indique soudainement un message : “N.270”. C’est pas très poétique et pas très explicite pour le commun des mortels, mais ça doit bien vouloir dire quelque chose à quelqu’un sur cette Planète. J’appelle mon proprio qui me rappelle que la chaudière est sous garantie, que je dois appeler le réparateur et surtout ne rien payer. Je note la consigne.
Je reviens à mon ordi et je découvre que des fichiers de la plus haute importance ont été effacés. Il s’agit des mots de passe et de liens vers mes films. Panique!
Est-ce dû au fait que hier j’ai cherché (sans y arriver bien sûr) à installer Gmail sur mon nouveau téléphone ou au fait que j’ai répondu à un message de Google qui me laissait le choix entre acheter plus d’espace pour mes mails ou de faire un peu de ménage (c’était dit moins clairement).
Attention, là ça devient un peu technique! Aurais-je effacé mes notes sans m’en rendre compte en effaçant des mails ou existerait-il un souci de synchronisation entre mon mac et mon Samsung?
Comme je regarde Twin Peaks en ce moment, j’en arrive à croire que les extraterrestres cherchent à se manifester et – cela reste entre nous – je finis par regretter la journée d’hier où j’essayais en vain de mettre Itsme sur mon portable, qui me demandait de le faire via Belfius, Belfius qui évidemment avait besoin de mon Itsme pour se connecter.
Bref, tout ça commence à bien faire et j’en oublie presque qu’il pleut et fait si gris qu’un canal s’est pendu. Dring! Le chauffagiste arrive avec sa grosse valise.
– Mmm !, un N.270 ! pas tous les jours que je vois ça. Ça promet!
Je lui propose vite fait un café qu’il refuse car il est à la bourre et je me précipite vers mon tel sur lequel me rappelle mon pote Serge. Tel un Zorro de l’informatique il me guide dans les labyrinthes de menus, de sous-menus et de raccourcis-clavier. Je l’ai mis sur haut-parleur afin d’éviter un torticolis. Côté chauffage, le gars pige pas bien ce qui se passe. Il a branché lui aussi le haut-parleur de son téléphone et se laisse guider à distance par un allié.
La stéréo est passionnante.
– Y’a un écart de température sur les plaques mais je sais pas d’où ça vient. Le delta est impressionnant.
De l’autre côté de la pièce.
– Branche-moi Anydesk! Le mot de passe? Ok. Etrange! Chez moi le Gmail n’apparaît pas sous la même forme…
J’écoute vaguement en me demandant ce qu’un gars des années 70 comprendrait à tout ce charabia. D’habitude, ce genre de situation me stresse grave. Je peux aller en Ukraine pendant la guerre sans avoir réellement peur, mais que l’administration se fasse kafkaïenne, que l’informatique dérape ou que le côté mesquin du réel s’expirme à ce point et c’est la panique.
Au bout du compte, j’ai récupéré mes comptes. Merci Serge. Le N.270, quant à lui a disparu comme par miracle à entendre le modeste mais vaillant employé des chauffages Vaillant.
– Magnifique, lui dis-je! Vous avez trouvé la solution!
– Je vous jure! Cette électronique! Le N.270 est un avertissement. Avant, une chaudière ça fonctionnait jusqu’à la mort. Maintenant, elle t’envoie des messages que tu comprends pas pour dire qu’elle se sent pas bien.
Je sors pour m’aérer deux minutes et je croise un balayeur. Sous son ciré inondé par la pluie, il cherche à capturer avec une longue pince un petit mégot qui traîne sur le trottoir. Je sais pas pourquoi ce geste m’émeut.
– Bonjour, lui dis-je.
– Bonjour, répond-il avec un beau sourire.
Faut pas grand-chose pour que la vie soit belle !
PS: je suis sur le point de poster ce texte quand mon téléphone sonne. Un message: Vous êtes sur le point de faire l’objet d’une transaction frauduleuse… Bon! J’abandonne. Je vais à l’aïkido. Et, cerise sur le gâteau, je ne trouve plus mes clefs.

LES FANTÔMES DU BELGISTAN ET LA JUSTICE-BANCONTACT par Bélinda Béli Crb (sur FB)

Le Conte de la Duchesse aux Collaborateurs Invisibles.
Il était une fois, dans le Royaume de Belgistan, une duchesse très respectée.
On l’appelait Dame Joëlle-la-Blanche pas pour sa pureté, non mais parce que tout ce qu’elle touchait ressortait… blanchi. Dans son château doré, elle entretenait une drôle de cour :
des collaborateurs fantômes. Invisibles à l’œil nu, absents au travail, mais très présents sur les fiches de paie. Des fantômes bien élevés : ils ne hantaient pas les couloirs, seulement le budget public.
Un jour, le peuple grogna. Les scribes (qu’on appelle aujourd’hui journalistes) révélèrent l’affaire. Scandale ! Trompettes ! Indignation feinte !
La duchesse, la main sur le cœur : Quelle injustice ! Douze ans de tourmente !
Douze ans… Douze ans pendant lesquels personne n’est allé en prison,
Douze ans pendant lesquels les pauvres ont pris des peines fermes pour des vols de survie,
Douze ans pendant lesquels la justice a pris son temps… surtout pour calculer la facture.
Car dans le Royaume de Belgistan, la Justice n’est pas aveugle.
Non. Elle a un excellent comptable. La Justice version « open bar ».
Après douze hivers, douze étés, douze campagnes électorales et autant de discours sur l’éthique, la Justice arriva enfin à la conclusion ultime : Paye… et circule. Pas coupable.
Pas innocente non plus. Juste… solvable. Une transaction pénale. Un chèque. Rideau.
La justice ? Ce n’est plus une balance. C’est un terminal Bancontact. Tu as de l’argent ?
Tu négocies. Tu n’en as pas ? Tu prends la peine et la morale avec.
La duchesse quitta la scène politique… … pour réapparaître, fraîche comme un linge propre, à la tête du grand organe public de l’information. Parce que dans ce royaume merveilleux :
ceux qui tombent, tombent toujours sur un coussin, ceux qui volent en col blanc ne tombent jamais, et ceux qui crèvent en bas de l’échelle apprennent le sens du mot responsabilité à coups de sanctions. Le peuple, lui, regarde. Fatigué. Écœuré. Mais on lui explique que tout va bien, que la page est tournée, que la justice a fait son travail. Oui. Elle s’est fait payer. Et point. Open bar pour les puissants. Eau tiède et amendes pour les autres.
Et dans le Royaume de Belgistan, on appelle encore ça l’État de droit.

DESTEXHE MINUSCULE ET FLAMBÉ par Lila Jibran (sur FB)

Alain ..,, Franchement, te lire, c’est assez révélateur.
Pas de la société mais de TOI. Parce que ce que tu fais, ce n’est pas réfléchir. C’est te rassurer.
Tu prends un fait violent, tu l’ouvres comme un cadavre, et tu cherches fébrilement ce qui va confirmer ce que tu crois déjà. Pas ce qui explique mais ce qui te conforte.
Alors tu regardes les prénoms, les voiles, les origines. Tu t’y accroches comme à une béquille mentale. Le mot flambé, à lui seul, te trahit. Ce n’est pas un mot d’analyse. C’est un mot de jouissance morbide. Ça dit : regardez comme c’est sauvage, regardez comme j’avais raison.
Tu ne décris pas une violence, tu la spectacularises pour nourrir ton récit.
Et ton récit est simple, trop simple : eux → le chaos, toi → la lucidité
Ce genre de simplification, ce n’est pas de la pensée. C’est de l’angoisse mal digérée.
Parce que parler de politiques publiques qui échouent, de prévention absente, de quartiers laissés à eux-mêmes, ça demanderait de reconnaître un échec collectif.
Et ça, visiblement, tu ne le supportes pas. Alors tu psychologises à l’envers :
tu pathologises des gens pour ne pas interroger le système. Tu fais de l’ethnicité un cache-misère intellectuel. Tu appelles ça un fait de société. Non. C’est un fait de projection.
Ta peur parle. Ton obsession parle. Ton incapacité à voir un adolescent autrement que comme un symptôme parle. Et le plus abject, ce n’est même pas ce que tu dis.
C’est comment tu le dis : sans pudeur, sans humanité, sans une seule seconde de décence pour un gamin agressé. Au fond, ton texte ne dit rien sur Bruxelles. Il dit qu’à force de vouloir désigner des coupables, tu as désappris à penser. Tu ne fais que projeter sur les autres ta peur, ta petitesse, ta misère intérieure. Voilà ton vrai visage. Minuscule

ET BOUM ! par Marie-Laure Béraud (sur FB)

Ce truc Epstein est fatiguant à la fin mais tellement excitant pour tant et tant de gens , la dégueulasserie, libérer une colère sous-jacente , s’en régaler. Ça occupe une telle place que le reste qui finalement nous importe, à savoir plus de justice, une bouffe sans cochonneries, des salaires corrects, des enseignants plus nombreux et mieux rétribués qu’on ne prendrait pas pour des assistants sociaux, un système scolaire qui ne viserait pas à formater les jeunes cerveaux dès le départ afin de les caser où nécessaire au service des puissants dans un futur proche sans tenir compte de leurs aspirations, sans art sans poésie à l’école or les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain, aïe !!!
Les gens démunis sur le bitume c’est pas acceptable si le 21ème siècle se targue d’être civilisé, des parlementaires qui auraient en tête le bonheur de leurs ouailles et non pas le salaire et les avantages dûs à la fonction, des gouvernants à vocation et au désir de bien faire plutôt que les crétins qu’on se tape, vides comme des huitres gobées qui prétendent sans vergogne vouloir le bien du pays bien qu’ils n’en aient rien à foutre, ce qui se voit franchement là! Le chantier semble mal barré mais qui sait une union ? un réveil ? et boum ! ça s’effondre et ça revient !

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