14 février 2026
DÉPÊCHEZ-VOUS DE LE DIRE ! par toi, vous, eux et elles.
Petites et grandes infos, humeurs et protestations glanées sur les « rézozozios ».
600 JOURS POUR RIEN par Felipe Van Keirsbilck (sur FB)
Bruxelles : 3 points à retenir.
1/ Le Bouchez de Mons a bloqué durant 600 jours en criant “Jamais sans la NVA” : puis il a fait … un gouvernement sans la NVA. Pas merci pour ces 600 jours pour rien
2/ Ces 600 jours sont aussi dus au blocage total de deux partis flamands : l’OPEN-VLD / Anders (arrivé 10ème avec 8.500 voix, soit 1,6 % des votes valables) et le CD&V(14ème, 5.100 voix : 1,0%, et 600 jours à exiger un ministère avant d’y renoncer …).
3/ Les Bruxellois·es ont voté à gauche (sociale et écologique) et on aura un gouvernement de droite. Heureusement la démocratie n’est pas supprimée entre les scrutins !
DIVISER POUR RÉGNER par Paméla Malempré (sur FB)
Voilà peut-être ce qui se trame derrière ces différenciations de taux de TVA d’un spectacle à un autre, actées par le gouvernement. En plus de semer la confusion, ce que les politiciens actuels usent partout dans le monde, sans s’en lasser… puisque ça marche.
Pénaliser tout un secteur, c’est l’unir contre l’oppresseur. Choisir quelques exceptions, c’est garantir le silence d’une partie de ses acteurs, qui vont s’accrocher à ce nouveau « privilège » qui n’en est pas un. Ils n’ont rien gagné, il n’ont juste rien perdu (de plus).
Mais ce n’est pas tout ce qui se joue, et ce n’est qu’une hypothèse. J’étais tentée de dire que le gouvernement distingue la Culture de la culture, mais, sans offense, le cirque serait lui aussi « sauvé » ! On ne voit pas souvent le cirque cité aux côtés de l’Opéra et du Théâtre ! Ca me fait presque plaisir. Peut-être savent-ils, là-haut, qu’il y a des clowns au cirque, et qu’on pourrait les y singer. Le cinéma, quant à lui, a été abandonné depuis longtemps…
Plus sérieusement, nous avons, et je le crois profondément, en grande majorité, des politicien.nes qui ne s’intéressent pas à la culture, ni même à la Culture, sauf pour qu’on les y voit ou qu’on les y plébiscite, comme les anciens monarques.
Pour la plupart, ils ont sans doute lu leurs classiques à l’école et ont écouté tous les grands compositeurs morts avec leurs parents… Voilà tout. Ils ne sortent pas beaucoup. Faute de temps?… Ils paradent beaucoup, nos ministres. Ils vivent dans un autre monde, coupé de la poésie. Ils nagent dans les chiffres, sans toucher la réalité que cachent leurs tableaux.
Est-ce qu’ils « se vident la tête » après leurs longues journées de travail ? Croient-ils aux bienfaits de l’émission «The Voice » à la télévision, pour se détendre dans leur petit nid bien chaud, sans risquer de croiser quiconque ou d’être un peu ébranlés dans leurs certitudes? Ils pensent avoir du courage en prenant des décisions qui plongent une grande partie du peuple dans l’austérité, alors qu’eux-mêmes ne connaissent sans doute pas le prix du pain qu’on leur achète.
Rien de neuf sous le soleil, si ce n’est que le système s’emballe et que la culture (ou même la Culture, rassurez-vous) ne fait plus partie des secteurs qui permettent au pouvoir de se maintenir. Ce n’est plus une « concession » qui rapporte, de « cultiver et d’éduquer » la population. On divertit à présent, c’est plus rentable. La c.C.ulture avait sans doute, dans le passé, un certain intérêt pour les classes dirigeantes, qu’on ne lui trouve plus aujourd’hui. Si non, on ne la délaisserait pas. Il en va de même pour l’éducation, le soin…
Il faut être réaliste : si le pouvoir en place soutient quelque chose, c’est que cette chose lui permet de se maintenir. Qu’on ne s’y trompe pas, les grandes idées et l’éthique meurent quand ils s’abreuvent au pouvoir. « Le pouvoir corrompt », vous connaissez l’adage, mais surtout il vide les esprits les plus décidés de leurs rêves d’un monde plus juste. Car avec lui viennent les privilèges et l’argent. Plus d’argent que les autres. Mieux loti que les autres. En sécurité. Et on s’y habitue…
Comment faire face à ces attaques? Comment résister en tant qu’individu et en tant que secteur? En tant que société? Comment rester forts et déterminants, impliqués, partie prenante, quand « le pouvoir » nous écrase? Comment survivre, joindre les deux bouts, quand le business plan de notre secteur ne tient pas la route, une fois qu’on lui fait subir les fameuses lois du marché, qu’on prétend naturelles, comme le lion chasse la gazelle… sauf qu’on est entre nous, entre humains.
Une seule espèce, un destin qui devrait être pensé comme l’affaire de tous et toutes. Le monde meilleur n’a pas l’air d’être pour demain. Photo : moi avec une perruque brune éclatante, prétendant être du monde du théâtre, alors que je ne suis piteusement que du jazz… à 12% donc…
JÉSUS REVIENT ! par Laurent Vercheval (sur FB)
Que 600 jours pour former un gouvernement !! Mais c’est un miracle ! Comme l’a déjà dit le plus modeste des politiciens belges : “Même Jésus n’aurait pas mieux réussi”. En fait non, il y a 600 jours que le MR a la main, dès le lendemain des élections, en 2024, et c’est un record de lenteur absolu.
L’Oeil de Moumou, la toujours excellente émission de critique des médias de Mourad Guichard sur Le Média-TV (abonnez-vous !)
TRUMPISATION PARTOUT ? par Marc Jacquemain (sur FB)
Ce lundi le site de la RTBF relate l’arrestation, à 5 h du matin de 8 personnes présentes à la manifestation du 25 septembre dernier contre la venue à Liège de Georges-Louis Bouchez.
Une personne a été libérée et les autres relâchées moyennant le respect de certaines conditions. La RTBF raconte notamment, à propos d’une des personnes arrêtées que « le juge d’instruction lui a imposé des conditions strictes, notamment un couvre-feu entre 21 h 30 et 6 h du matin, une obligation de répondre à toutes les convocations, de se soumettre à la guidance d’un assistant de justice, de démontrer qu’il travaille, recherche un emploi ou suit une formation. Ces conditions sont valables trois mois et renouvelables ».
Indépendamment de ce qui est reproché au « prévenu » et plus encore de ce qui sera réellement établi après jugement (si jugement il y a), cela ressemble évidemment beaucoup plus à du contrôle social et de l’intimidation qu’aux nécessités de la procédure. Rendre la protestation coûteuse, c’est le premier pas vers l’autoritarisme.
La RTBF ne dit pas si la personne en question doit aussi prouver qu’il/elle se lave bien les dents tous les matins.

Rien à voir, mais j’ai tourné cette semaine le rôle de Vanden Boeynants poue la série « Haemers » de la RTBF.
LA PETITE MORT DU « WASHINGTON POST » par Gilbert Laffaille
Le Washington Post était un journal historique qui avait jadis permis de coincer Richard Nixon. Plus récemment, il avait enquêté sur Trump et établi que durant son premier mandat celui-ci avait menti plus de 30.000 fois. Obligé de Trump, le milliardaire Jeff Bezos vient de racheter le journal et d’y licencier 300 journalistes.
Ce genre d’articles ne sera plus publié. Après avoir supprimé les services, les programmes, les agences venant en aide aux plus pauvres, aux malades, aux déshérités dans le monde et aux USA, Trump veut faire construire à Washington l’arc de triomphe le plus haut du monde. Il veut aussi qu’une gare et un aéroport portent son nom. On dirait du Ceausescu.
Comme un égout sans fin, chaque jour apporte son flot de nouvelles grotesques, immondes, pitoyables, révoltantes, en provenance de la Maison-Blanche.
La dernière en date étant que Trump s’est permis de publier sur son réseau une image représentant Michelle et Barack Obama en singes… On connaît les nécessités de la real politik mais il serait temps de cesser de faire les yeux doux à ce crétin et de l’appeler “mon ami” comme le fait le président français.
JE N’IRAI PAS VOIR CE FILM par Marie-Aurore D’Awans
Je n’irai pas voir le film qui ose parler d’une histoire vraie en se dédouanant d’en prendre la part politique. Je n’irai pas voir le film qui ose parler d’une enfant tuée par un policier dans un contexte politique sans l’autorisation des parents (sans même les avoir prévenus). Je n’irai pas voir ce film parce que son titre est dégueulasse. Il porte le nom de la première thèse diffusée par la police alors même que la police savait qu’un des leurs avait tiré. Ils avaient vu l’enfant avec un trou dans la tête, elle avait empêché la mère de monter dans l’ambulance en la retenant par les cheveux. La mère le père et le petit frère avaient été placé au cachot. Putain, je n’irai pas voir ce film pour ne pas salir sa mémoire, pour tout le respect et la honte qui m’habitent envers cette famille. Je n’irai pas voir cet exercice artistique qui fait gerber. Et j’appelle toutes les personnes qui lisent ces quelques phrases à en faire de même. Et je me permets de le faire en soutien à la famille qui a appris, au détour d’une vie qui se reconstruit, qu’un putain de film avait été fait à partir du moment le plus tragique de leur vie.
LES POMPIERS EN FEU par Merlin de Halleux
200 pompiers ont manifesté dans l’ordre et ont été à la rencontre de l’autorité politique Bruxelloise. Le gouvernement Bruxellois n’a même pas fait l’effort d’envoyer quelqu’un à notre rencontre. C’est un crachat au visage.
C’est toute la considération qu’ils ont pour le bas peuple et ceux qui défendent la population.
Faudra pas venir nous rendre hommage, ou nous saluer. Faudra pas se plaindre qu’on hausse le ton.
Cher politiques, je rends grâce que vous ne soyez pas à notre place. Vous qui n’êtes même pas élus mais touchez des salaires de dingues. Nous on prend nos responsabilités. Pour les gens. Affaire à suivre. On n’en restera pas là.
AVOIR UN ENFANT EN SITUATION D’HANDICAP ET ÊTRE EXCLU DU CHÔMAGE !? par Merlin Gevers
Les « Aidants Proches » : STOP au bricolage !
Dans l’état actuel des choses, les éléments de la “solution” annoncée ce jour par David Clarinval pour leur éviter une exclusion du chômage – une solution qui doit être validée par le gouvernement fédéral, donc NVA, MR, Engagés, CD&V, Vooruit, et qui sera la responsabilité de l’ensemble de ces partis – me laissent sans voix.
1. Une allocation forfaitaire à… 745 € pour “vivre dignement” ?! – David Clarinval propose de garantir aux aidants proches, quel que soit leur statut familial, une allocation mensuelle de 745 € par mois, pendant 1 an. Mais quelle mère solo d’un enfant en situation de lourd handicap peut vivre décemment avec 745 € par mois? Avec cette “solution” les parents solo n’auront d’autre choix que de glisser vers le CPAS. Pour voir leurs revenus lourdement comprimés si, par exemple, ils sont propriétaires d’un appartement et ont un emprunt à rembourser, ou s’ils ont reçu un héritage ou ont un bas de laine de coté en cas de coup dur.
2. La “solution” Clarinval sanctionnerait la pension des aidants proches parents solo. Double peine ! Si les parents solo vu la “solution à 745 €” ne veulent pas vivre la misère, ils privilégieront d’aller au CPAS. Ce glissement vers le CPAS entraine que ces aidants-proches parents solo… seraient lourdement sanctionnés plus tard dans leur droit à la pension, parce qu’ils ont été aidants proches, parce qu’ils ont dû arrêter leur vie pour s’occuper d’un enfant ou un autre proche lourdement handicapé ! Inadmissible.
3. Les aidants-proches parents « solo » qui travaillent à temps partiel seraient sanctionnés. Comble de l’absurde. La « solution » de David Clarinval qui obligerait les parents « solo » à dépendre du CPAS pousserait aussi ceux d’entre eux qui peuvent travailler à temps partiel en parallèle de leur aidance (par exemple, ceux qui prennent des contrats à la journée, ou ceux qui ont un temps partiel de 1 ou 2 jours par semaine) à arrêter leur travail.
Quand on est au chômage, on inscrit sur sa carte chômage en fin du mois les jours sans travail pour lesquels on perçoit une allocation, et les jours de travail prestés pour lesquels on reçoit un salaire (et pas d’allocation). Mais au CPAS c’est différent : au-delà d’une exonération, le CPAS déduit les revenus professionnels gagnés du revenu d’intégration. De ce fait, une maman solo aidante proche qui au chômage peut travailler 2 jours par semaine et qui serait exclue de la solution Clarinval arrivera au CPAS où elle sera sanctionnée si elle travaille plus de… 2 jours par mois ! Absurde. David Clarinval va-il… désinciter au travail? Doit-on rappeler pour ces aidants-proches qui y arrivent combien pouvoir travailler certains jours de la semaine, et avoir de ce fait une vie sociale en dehors du domicile, est essentiel pour l’équilibre personnel d’une vie remplie de difficultés ?
4. Les séparations et recompositions familiales oubliées. La solution de David Clarinval entraine qu’une aidante proche en couple qui prendrait la dispense, si ensuite elle se sépare, devrait vivre avec 745 € par mois. Inversement, une aidante proche solo qui ne prendrait pas la dispense et irait au CPAS, si elle se remet en couple, aura été exclue du chômage : la décision qu’elle doit prendre maintenant lui fait perdre tout droit à un revenu !
5. Un aidant-proche n’est pas un autre aidant-proche ? Le gouvernement ne donne aucune solution à ce stade pour les aidants-proches exclus au 1er janvier, aucune pour ceux qui arriveront au chômage après le 1er mars, on n’a aucune certitude pour les aidants-proches d’un enfant de plus de 21 ans en situation de handicap, ou d’un frère, soeur, conjoint, parent… en situation de handicap. Après le brol de la TVA, David Clarinval nous prépare-t-il un brol de solution d’aidant-proche menant à des gens exclus alors qu’ils assument très clairement des charges de soins lourdes, et d’autres absurdités inexplicables pour la population?
6. David Clarinval semble considérer que lorsqu’on est aidant-proche d’un enfant en situation de lourd handicap, ça dure maximum 1 an… Il propose ce soir un maintien temporaire dans le chômage pendant 1 an. Entendre : non pas une sortie de crise rassurant définitivement ces familles, mais un sursis de quelques mois dans la crise… Faut-il le répéter? Qui est responsable de la réforme chômage? Qui n’a pas construit de statut aidant proche avant la réforme chômage? Qui a négligé les alertes de la société civile? Qui s’est appliqué à ne pas écouter? Qui a multiplié les esquives au fil des mois, en renvoyant les aidants-proches d’abord à des structures d’accueil pas toujours accessibles ou adaptées, ensuite aux Régions qui ne sont pas compétentes pour offrir un revenu de remplacement aux aidants proches, ensuite aux CPAS qui sont inadaptés aux aidants proches, ensuite à une dispense que seuls 300 aidants proches prennent par mois tellement elle est inadaptée et compliquée?
Ce que les aidants proches veulent, ce n’est pas un report, un sursis, un ballon d’air alors que leur exclusion s’apprête à les couler. C’est d’être définitivement libérés de ce tracas, c’est de pouvoir se dire : “quelle que soit la solution transitoire ou définitive que le gouvernement trouvera, ce n’est pas moi qui serai otage de leurs futures discussions. J’aurai un revenu, au moins le même qu’aujourd’hui, et je pourrai respirer… un minimum”.
——-
De ce qu’on entend, les lignes pourraient encore bouger ce soir et week-end : n’hésitez pas à partager ce statut et à interpeller vos élus de la majorité (NVA, MR, Engagés, CD&V, Vooruit).
La toujours intéressante chronique hebdomadaire d’Antoine Léaument :
UN PHILOSOPHE par José Pérez (sur FB)
Quand il me regarde comme ça, je ne sais pas si mon chien se fout éperdument de moi ou s’il est sur le point de m’exposer, avec un calme écrasant, une grande leçon de philosophie, citant Socrate et Platon pour m’expliquer le sens de la vie, la vanité des ambitions humaines et l’importance fondamentale de sortir faire pipi maintenant.
GALANT, LA RTBF ET LA DÉMOCRATIE par Julien Truddaïu
Les aventures de Jacqueline Galant à Walhain, la suite ?
Aujourd’hui, la ministre des Médias était interrogée par les parlementaires en commission ordinaire (le MR et les Engagés ayant refusé la réunion d’urgence la semaine dernière).
Déni de démocratie.
La ministre a donc lu un texte préparé à l’avance et a refusé d’en sortir. Pas un mot de regret, pas l’ombre d’un rétropédalage sur ses propos inacceptables prononcés à Walhain. Elle a assumé que la RTBF n’était pas assez pluraliste, sans fournir un seul argument factuel, et à l’encontre de toutes les positions des organes de contrôle.
Majorité et écran de fumée.
Olivier Maroy (MR) a regretté la forme… mais validé le fond, allant jusqu’à affirmer : « Ce n’est pas une eunuque, quand même, la ministre des Médias » et que critiquer la RTBF serait même « un devoir ».
Diana Nikolić (MR), dans un exercice de déni a préféré attaquer l’opposition en comparant ses collègues à des « braconniers qui s’autoproclament les meilleurs gardes de chasse » avant de leur reprocher de préférer « l’escalade et les effets de tribune au débat de fond ». Pratique.
Seule Armelle Gysen (Les Engagés) a eu la décence de reconnaître qu’ « affubler les journalistes de gaucho est non seulement maladroit, mais cela érode la croyance de nos citoyens dans la qualité de la presse, et à terme, à force de répétition, affaiblit nos démocraties » avant d’appeler malgré tout à « garder confiance dans l’action gouvernementale ». De là à assumer, il ne faut pas non plus rigoler. Les Engagés se retrouvent donc à protéger la ministre des Médias.
La ministre a refusé de répondre à des dizaines de questions. Parmi elles :
Qu’est-ce qu’un « journaliste gaucho » ? Est-ce que cela signifie qu’on va « demander aux journalistes de se déclarer de gauche ou de droite et virer ceux qui sont trop à gauche » ?
Pourquoi avoir traîné sur la transposition de l’EMFA (le règlement européen sur la liberté des médias) ? Comme l’a souligné le CSA dans sa réponse, sans cette transposition, il lui est impossible de se prononcer sur l’ingérence de la ministre. Autrement dit : Galant a elle-même empêché le seul organe qui aurait pu la contrôler de faire son travail.
Qui a décidé de modifier le profil de fonction dans le cadre de l’appel à candidatures pour le prochain administrateur général de la RTBF ? La ministre ? Le gouvernement ? Silence total. Comme l’a martelé Martin Casier : « Si vous ne répondez pas à cette question, il n’y a qu’une seule conclusion possible, c’est que c’est vous et votre cabinet qui l’avez demandé. »
Le député PS a bien résumé ce grand moment de gênance sur les quelques envolées de la ministre sur le respect des procédures de recrutement des futurs responsables :
« Qui dois-je croire ? Madame Galant ici au Parlement ou Madame Galant à Walhain ? Laquelle des deux a raison ? Est-ce que vous pouvez me donner une réponse claire ? Et dès lors condamner éventuellement l’autre Madame Galant qui ne serait pas en accord avec la première Madame Galant ? » La ministre n’a pas répondu.
La responsabilité du MR et des Engagés est immense. Leurs propos et leur silence jettent le discrédit sur les processus de nomination à venir à la RTBF et mettent gravement en péril la confiance que les citoyens doivent pouvoir placer dans une ministre exerçant la tutelle sur l’audiovisuel public. La démission s’impose.

Un arbre à palabres en Afrique
ON A « BESOIN » DES RICHES ?! par Hadrien Clouet (sur FB)
“On a besoin de riches, qui contribuent à la justice fiscale”. Cette phrase de Jérôme Guedj, candidat hollando-macroniste à la présidentielle, est grave.
Inversion des termes hallucinante : les riches SONT la raison pour laquelle on a besoin de justice fiscale, par définition. C’est comme dire qu’on a besoin de poussière pour laver nos vêtements ensuite. Aujourd’hui 10% de la population, privilégiée, récupère 25% des revenus du pays pour soi. Ça heurte le sentiment de justice le plus élémentaire, ce qui sépare l’humain du tabouret ou du bégonia.
Mais pourquoi y a-t-il des riches ? Car il y a des pauvres, payés sous la valeur de leur travail, permettant aux propriétaires de capitaux de percevoir des revenus sans travailler. C’est un problème. Cette observation peut être décalée dans le temps : on devient riche en n’ayant rigoureusement rien accompli, par le biais de l’héritage. Techniquement, là, tout ce que touche le riche est soustrait au bien commun. C’est un problème.
D’ailleurs, au long du 20e siècle, on a réduit les écarts de revenus en sortant des millions d’individus de la misère, par l’impôt et la cotisation sociale. Moins de riches nous offert plus de richesse collective.
Chaque euro capté par les riches (oui, capté : aucun n’est “1000 fois plus productif” que les salariés de son entreprise) est soustrait au corps social. Car les riches ne consomment pas juste : ils DÉCIDENT où investir l’argent, donc les projets qui ont le droit d’exister et ceux qui ne voient pas le jour.
À ce titre, les riches français coûtent cher. Il y a dans chaque entreprise, à chaque conseil d’administration, un ou une n°2 qui ferait un aussi bon travail pour moins cher.
Et que fait-on des recettes de l’imposition des riches ? On compense les dégâts de délocalisations, d’accumulation inégale, de concentration du capital sur certains territoires, de la pollution effroyable de leur vie quotidienne… on répare les choix des riches.
Mieux encore : on assure une main-d’œuvre qualifiée et en bonne santé, qui va… enrichir les propriétaires par son travail. Donc les impôts des riches sont pour part un simple investissement.
Le “socialisme” de Jérôme Guedj est aujourd’hui plus près de Guizot et de Thatcher que de Marx, Michel, Jaurès, Blum, Pivert ou Mendès-France.
Le grand Jaurès s’exclamait : “entre les deux classes, c’est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire, et du capitaliste qui veut le réduire ; du salarié qui veut affirmer sa liberté et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance”.
Ce qu’a l’un est mathématiquement pris à l’autre. Il ajoutait qu’il n’y a socialisme que si “les salariés espèrent l’avènement d’un ordre nouveau dans lequel la propriété cessant d’être particulière et privée, deviendra sociale”.
Au-delà de l’erreur matérielle et morale, c’est donc une erreur politique qui banalise l’ordre du monde. “On ne peut rien faire, impossible, c’est comme ça”, disaient toujours les conservateurs. “On ne peut pas faire le SMIC, l’hôpital public, les HLM, les retraites..” protestent-ils. J’imagine qu’il y avait déjà un homo erectus pour nous qu’on raconter qu’on ne saurait jamais domestiquer le feu !
Mon socialisme n’aime pas les riches, pas pour leur personne – ils sont sans doute très sympathiques – mais pour les conséquences sociales néfaste de leurs choix et de leur mode de vie. Il faut moins de riches.
LFI « D’EXTRÊME-GAUCHE » ? par Stefano Palombarini (sur X-Twitter)
Le saviez-vous ? Aux deux dernières législatives, le parti socialiste d’Olivier Faure, celui qui ne censure par Bayrou et Lecornu, a conclu un accord électoral avec l’extrême-gauche. Si ça vous surprend, demandez à Nuñez, qui n’est pas un rigolo mais le ministre de l’intérieur.
MOINS DE FRITES DANS LE PAQUET par Jean-Luc Dieu
Je sais pas vous, mais je doute quand même que Bart de Wever soit le messie dont on promet la venue sur ce site. Bart, depuis qu’il est devenu premier ministre il y a un an, il transforme plutôt notre vin en eau du robinet, le bœuf bourguignon en riz aux lentilles, les mets les plus fins en faim mais plus de mets et les fin de mois en fin du monde.
Chaque mois on se serre un peu plus la ceinture et on se sert un peu moins de frites.
Je ne crois ni à Jésus ni aux miracles mais, à tout prendre, s’il se présente aux élections, je me laisserais peut-être tenter.
MON CHÂTEAU ENCHANTÉ par Jean-Pierre Froidebise
Comme elle est belle
Cette bâtisse
Comme elle est belle
Maintenant
Encore plus belle
Que dans le temps
C’est l’image même
Du temps passé
Le mien
Le tien
Le nôtre
Celui que notre mémoire
Ne peut s’empêcher
D’embellir
Puisqu’il n’existe plus
Que dans nos souvenances
Mais va savoir
Si les souvenirs fidèles,
Les témoignages rigoureux
Ont autant de charme
Que ceux que nous arrangeons
Au gré de nos humeurs nostalgiques
Chantant de vieilles chansons
Et buvant force verres
Comme le temps qui passe
Fissure un peu les murs
Ajoute plantes et verdure,
Penche un peu la toiture
Et nous donne à présent
Cette espèce de gravure
De ce que fut autrefois
Ce château enchanté
Qu’un fantôme hantait
M’a-t-on dit à l’époque
Celui de la Dame
Dont j’ai vu le portrait
Qui l’avait fait construire
En l’an quinze cent douze
Comme le disait l’inscription
Qu’on pouvait lire sur le portail
Et que de concerts nous hantions
Nous aussi
Mais sans savoir alors
Que c’était
De façon prémonitoire.
À Christiane Stefanski,
Andrée et Jean- Marie,
Yves Teicher
Et Jacques-Ivan Duchesne
Qui des cinq susnommés
Est le dernier à être
Encore en vie
Avec celui bien sûr
Qui porte un nom d’hiver
Et dédie ce poème
À toutes ces Merveilles
Et tous ces Merveilleux
Qui firent autrefois
Les belles nuits
Du Château
Des Quatre Tourettes
LA FRANCE ET FRANCESCA ALBANESE par Thierry Michel
Faire taire Francesca Albanese, réduire les Nations unies au silence, ne pas nommer le génocide : la France s’aligne sur les États-Unis pour préserver l’impunité d’Israël.
La campagne française contre Francesca Albanese n’est pas une polémique de plus : c’est une tentative brutale de faire taire, au cœur du système onusien, l’une des rares voix qui ose qualifier juridiquement ce que Gaza subit comme un possible génocide.
La mise à mort politique d’une experte de l’ONU.
Jean-Noël Barrot ne se contente pas de critiquer une phrase ou un tweet : il demande la démission pure et simple de la rapporteuse spéciale des Nations unies en l’attaquant sur son intégrité même. Il prétend qu’elle tiendrait des propos « complotistes et déshumanisants » assimilables à de l’antisémitisme, alors même qu’aucun de ces griefs n’est étayé par des citations sérieuses, mais par des montages et des coupes manipulatoires. Nous sommes face à une opération de disqualification totale : il ne s’agit pas de débattre de son rapport, il s’agit de détruire sa crédibilité pour éviter de répondre sur le fond, c’est-à-dire sur les crimes commis à Gaza.
Francesca Albanese parle de « diffamation pure et simple » et dénonce une manipulation systématique de ses propos. Elle rappelle n’avoir « jamais, au grand jamais, justifié le 7 octobre », ce que confirme le fait qu’aucun de ses détracteurs n’est capable de produire une déclaration où elle le ferait réellement. Quand un ministre des Affaires étrangères persiste en évoquant une « longue liste de prises de position scandaleuses » sans jamais les démontrer, et persévère, malgré ces démentis, à la présenter comme une sorte de propagandiste haineuse, il ne commet pas une erreur d’appréciation : il participe sciemment à une campagne de mensonge politique.
Ce climat n’est pas spontané : il est le produit d’un lobbying acharné mené par des réseaux pro-gouvernement israélien, en France comme aux États-Unis, qui ont désigné Albanese comme cible prioritaire depuis qu’elle a brisé le tabou du mot « génocide ».
Ce qu’on veut faire taire : la qualification de génocide
La véritable « faute » de Francesca Albanese concerne son rapport remis en mars 2024 au Conseil des droits de l’homme, où elle conclut qu’il existe des « motifs raisonnables » de croire qu’Israël a commis des actes de génocide à Gaza. Elle y applique, avec un calme glaçant, les critères de la Convention de 1948 : meurtre massif de membres du groupe, atteintes graves à l’intégrité physique et mentale, soumission intentionnelle à des conditions d’existence destinées à entraîner la destruction physique totale ou partielle. Cette formule, loin d’être un slogan militant, est la langue froide du droit international lorsqu’il constate que le seuil de la qualification génocidaire est possiblement franchi.
La réaction israélienne a été immédiate et virulente : Albanese est décrite comme « l’une des personnalités les plus antisémites de l’histoire moderne » par l’ambassadeur Danny Danon, puis visée par une offensive au Congrès américain pour empêcher le renouvellement de son mandat, et enfin frappée de sanctions par Washington en juillet 2025, qui lui interdisent d’entrer aux États-Unis et peuvent geler ses avoirs.
Human Rights Watch et des responsables onusiens eux-mêmes dénoncent ces sanctions comme une atteinte directe à l’indépendance des experts, une tentative d’intimidation politique d’une fonction censée être protégée par l’ONU. Ce n’est pas un « débat d’idées », c’est la mise en place méthodique d’un appareil de persécution contre une juriste qui aurait commis le crime suprême : prendre au sérieux le droit lorsqu’il vise un État occidental protégé.
Le droit international nié. La France du côté de l’impunité
En rejoignant la campagne américaine et israélienne contre Francesca Albanese – sanctions, campagnes de diffamation, pressions pour la démettre –, la France se situe clairement non pas du côté du droit, mais de celui de l’impunité. Le faisceau d’attaques convergentes – lobbying parlementaire, relais médiatiques, menaces de sanctions et maintenant injonction française à la démission – vise moins une femme que la fonction même de rapporteur spécial lorsqu’elle s’applique à la Palestine. Le message envoyé est limpide : quiconque, au sein de l’ONU, osera qualifier les crimes commis à Gaza avec les mots du droit sera broyé.
En cherchant à réduire une experte de l’ONU à une simple « militante politique qui agite des discours de haine », comme l’a affirmé Jean-Noël Barrot, Paris entérine l’idée qu’aucun regard indépendant sur la Palestine n’est légitime. On ne discute plus des faits – milliers de morts, destruction systématique des infrastructures civiles, famine organisée – mais de la docilité attendue d’experts chargés, en théorie, de dire le droit face aux États puissants. La France choisit son camp : celui des États qui préfèrent étouffer le langage juridique plutôt que d’admettre que leurs alliés peuvent être accusés d’« actes de génocide » par les propres mécanismes de l’ONU.
Exiger aujourd’hui la démission de Francesca Albanese, ce n’est pas seulement s’en prendre à une personne ; c’est envoyer un avertissement glaçant à tous les juristes, enquêteurs et témoins qui, demain, oseront encore documenter les crimes commis en Palestine : parlez, et nous vous collerons l’étiquette infamante d’antisémite jusqu’à vous détruire professionnellement. À l’heure où le langage du droit est la dernière arme pacifique dont disposent les peuples écrasés, c’est précisément cette arme que la diplomatie française s’emploie à briser.
Sources :
Orient XXI / France 24 / Le Monde / UN Geneva / ONU / Euronews / HRW / Association belgo-palestinienne
MEETING INSOUMIS À CREIL.
Ce sont bientôt les élections municipales en France. Voici un meeting de LFI & compagnie à Creil. Franchement, ça dépote. Rarement vu un meeting de gauche avec un public aussi populaire et aussi mélangé. Et terminer un meeting de banlieue en parlant de Spinoza, qui plus est en soulevant l’enthousiasme, il n’y a que Mélenchon qui ose ce genre de dinguerie. Il se passe quelque chose dans toute cette campagne, parce que les gens pressentent que l’extrême-droite est aux portes du pouvoir, mais qu’il y a aussi moyen de la combattre, et qu’ici est la force pour le faire. Il y a plusieurs meetings chaque semaine à travers toute la France, et ils sont tous blindés.
LA « VILLA DANS LA JUNGLE » par Abbas Fahdel

Ehud Barak
La métaphore de la « villa dans la jungle », popularisée par Ehud Barak puis reprise par Benjamin Netanyahou pour désigner Israël entouré d’un environnement arabe perçu comme hostile, n’est pas une simple formule rhétorique. Elle condense une vision du monde héritée d’une histoire intellectuelle et politique précise : celle d’un sionisme né en Europe centrale et orientale à la fin du XIXe siècle, façonné dans le creuset du nationalisme européen, du colonialisme et d’une croyance profonde dans la mission civilisatrice de l’Occident. Lorsque Theodor Herzl écrivait que l’État juif serait « un rempart de l’Europe contre l’Asie » et « un avant-poste de la civilisation contre la barbarie », il ne faisait pas qu’emprunter le langage de son temps ; il inscrivait le projet sioniste dans une cartographie mentale où l’Europe incarnait le progrès, la rationalité et la modernité, tandis que l’Orient était renvoyé à l’arriération et au chaos. Cette matrice n’épuise pas la diversité des courants sionistes – il y eut des voix binationales, socialistes universalistes ou religieuses non nationalistes – mais elle a profondément marqué le courant dominant qui allait structurer l’État d’Israël.
Dans cette perspective, la Palestine n’était pas seulement un refuge ; elle devenait le théâtre d’une entreprise de transformation nationale comparable aux colonisations de peuplement européennes. Des historiens comme Baruch Kimmerling ou Ilan Pappé ont analysé le sionisme travailliste comme un projet visant non seulement l’implantation, mais aussi la refonte démographique et politique du territoire. L’objectif n’était pas la simple coexistence dans un espace partagé, mais l’établissement d’une majorité juive souveraine. La guerre de 1948 et l’expulsion massive des Palestiniens, documentés par des chercheurs israéliens comme Benny Morris, ont inscrit cette transformation dans la réalité.
La représentation des Arabes comme arrière-plan menaçant ou archaïque a accompagné ce processus. Edward Saïd a montré comment l’orientalisme occidental produisait un « Orient » imaginaire, construit comme altérité inférieure et irrationnelle. Lorsque des dirigeants israéliens décrivent leur pays comme une « villa » entourée d’une « jungle », ils réactivent ce schéma. La « jungle » n’est pas seulement un espace géographique ; elle constitue un code moral et civilisationnel. Elle suggère un environnement indompté, violent, primitif, face auquel la « villa » incarne l’ordre et la culture. Ce langage n’est pas neutre : il naturalise une hiérarchie.
Mais la dimension la plus troublante de cette hiérarchie n’est pas seulement externe ; elle est aussi interne. L’arrivée massive, dans les années 1950 et 1960, de Juifs originaires du Maroc, d’Irak, du Yémen, d’Égypte ou de Tunisie a confronté l’élite ashkénaze européenne à une altérité juive orientale. Installés dans des camps de transit puis dans des villes périphériques, ces nouveaux citoyens ont souvent été perçus comme « traditionnels » ou « sous-développés », nécessitant une modernisation accélérée. Des sociologues comme Sammy Smooha et Yehouda Shenhav ont décrit la formation d’une stratification ethnoculturelle durable : aux Ashkénazes les centres urbains, l’université, les unités d’élite de l’armée et les postes de décision ; aux Mizrahim (Juifs orientaux) les marges géographiques et sociales. Le mouvement des Black Panthers israéliens, dans les années 1970, a dénoncé cette discrimination structurelle et établi un parallèle entre la domination exercée sur les Palestiniens et la marginalisation des Juifs orientaux.
Il ne s’agissait pas nécessairement d’un suprémacisme proclamé en termes biologiques, mais d’une hiérarchie culturelle intériorisée, héritée de l’Europe coloniale. La culture européenne devenait la norme implicite de l’israélité moderne ; l’arabité – même lorsqu’elle était juive – était reléguée au rang de survivance archaïque. La langue arabe, pourtant maternelle de nombreux Mizrahim, perdait son statut ; les expressions culturelles orientales furent longtemps méprisées avant d’être récupérées, folklorisées ou marchandisées. Cette dynamique s’est renforcée avec l’alliance stratégique et culturelle croissante entre Israël et les États-Unis. L’identification à l’Occident libéral, consolidée après 1967, a accentué l’auto-perception d’Israël comme enclave occidentale avancée au sein d’un environnement hostile.
La Loi du retour de 1950, accordant à tout Juif du monde un droit automatique à la citoyenneté, et plus récemment la Loi fondamentale de 2018 définissant Israël comme « État-nation du peuple juif », ont institutionnalisé une hiérarchie civique et une citoyenneté différenciée, qui interdisent le retour des Palestiniens expulsés et réduisent les arabes israéliens au statut de citoyens de seconde zone.
Plus récemment, la révélation de documents liés à l’affaire Epstein a remis en lumière un enregistrement datant de 2013 dans lequel Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien, évoquait la question démographique en Israël lors d’une conversation privée avec l’économiste américain Larry Summers. Barak y exprimait son inquiétude face à la perspective d’un État binational et à la possibilité d’une majorité arabe entre le Jourdain et la mer. Il suggérait, dans ce contexte, d’encourager une immigration accrue en provenance de l’ex-Union soviétique et de faciliter les conversions au judaïsme, notamment parmi de « jeunes et belles » immigrantes russes, afin de consolider durablement la majorité juive blanche en Israël.
La construction d’Israël comme « villa » occidentale au cœur d’un espace arabe est-elle compatible avec une reconnaissance pleine et entière de l’égalité – non seulement entre Juifs et Arabes, mais aussi entre Juifs européens et orientaux ? La question restera posée tant que l’Orient, qu’il soit palestinien ou mizrahi, continuera d’être perçu comme une périphérie à civiliser ou une menace à contenir.
L’enjeu n’est pas seulement politique ; il est civilisationnel. Il touche à la manière dont une société se raconte son origine, définit son appartenance et hiérarchise ses mémoires.


No Comments