21 février 2026
LFI ET LES FAFS : UNE INVERSION ACCUSATOIRE par Claude Semal
La mort d’un militant d’extrême-droite à Lyon, Quentin Deranque, au cours d’une bagarre de rue provoquée par sa propre bande de néo-nazis, a ouvert en France une séquence politique hallucinante où La France Insoumise a été accusée H24 de « violence » par pratiquement l’ensemble de la sphère politico-médiatique.
Or il s’agit-là, à mon avis, en théorie comme dans les faits, d’un absolu contresens – ce que j’ai l’intention de démontrer ici.

Une campagne médiatique ignoble
C’est l’exemple typique d’une « inversion accusatoire », où les agresseurs, une bande de nervis néo-fascistes, partisans féroces du « white power », qui n’ont d’autres projets dans la vie que de s’entraîner à casser du bougnoule et du gauchiste en se tatouant des croix gammées sur les bras, sont présentés comme les « pacifiques victimes » d’un brutal « guet-apens ». Et où la France Insoumise, la principale structuration de la gauche française, est accusée, à un mois des élections municipales, d’être la « responsable » directe (ou du moins « morale ») de la mort de ce militant d’extrême-droite.
Discours repris en boucle pendant trois jours par tous les médias, et par pratiquement tous les partis, de l’extrême-droite à l’extrême-centre de François Hollande et de ses amis. En témoigne par exemple cette couverture de Charlie-Hebdo, où l’on voit un Jean-Luc Mélenchon grimaçant, les deux poings serrés et rougis de sang, avec comme légende : « LFI, les mains dans le cambouis ». Ignoble.
À l’origine de ce « scénario », les déclarations d’Alice Cordier, une « féminazie » résolument anti-islam et anti-étrangers, et qui, avec sept militantes de son groupe Némésis (la « déesse de la vengeance »), était venue « protester » contre la venue de Rima Hassan à la Fac de « Sciences Po » à Lyon. Rima Hassan, qui est juriste et députée européenne LFI, y présentait une conférence sur le thème des « relations entre l’Union européenne et les gouvernements européens dans le cadre du conflit au Proche-Orient » (2), devant une salle attentive et enthousiaste.
Alice Cordier a prétendu que « Quentin » faisait partie de son « service d’ordre » (ce qui a été démenti par sa famille), qu’il y avait eu une altercation à l’entrée de l’Université, et que « Quentin » avait ensuite été battu à mort par le service d’ordre de Rima Hassan (ce qui est chronologiquement et factuellement faux : l’affrontement a eu lieu bien avant la conférence, à 500 mètres de là, et il impliquait d’autres personnes que le SO insoumis).
Alice Cordier fut pourtant accueillie à bras ouverts dans tous les médias Bolloré, où elle put tranquillement dérouler pendant trois jours son « scénario » bidon. Et le reste de la presse a suivi – trop contente d’avoir trouvé une nouvelle occasion de taper à bras raccourci sur Rima Hassan, Mélenchon et la France Insoumise.

Premier acte : les fachos lancent une fusée au visage des antifas
Or le site du « Canard Enchaîné » vient de publier deux vidéos qui racontent une tout autre histoire. Elles montrent, bien avant la conférence, un affrontement entre deux « groupes » à plusieurs centaines de mètres de Sciences-Po.
Leurs attitudes corporelles sont très différentes. Les fachos sont visiblement venus pour la bagarre. Ils sont tous masqués et habillés de noir. Ils ont une « gazeuse » et des bâtons métalliques. Ils attaquent et commencent par lancer une fusée de feu d’artifice au visage des « antifas ». « Certains ont des gants coqués », note aussi le Canard Enchaîné.
Le site « Contre-Attaque » commente ainsi les vidéos (1) : « On peut dénombrer 13 antifascistes qui sont chargés par 16 militants d’extrême droite. C’est donc le groupe de Quentin qui est en surnombre. L’autre groupe, qui riposte uniquement avec ses poings, porte des tenues claires et colorées. Ce détail n’est pas anodin : il démontre que c’est bien le groupe de Quentin Deranque qui était préparé au combat, alors que les antifascistes semblent avoir été pris par surprise. Ils n’ont aucun matériel défensif ou offensif, et leurs vêtements sont reconnaissables. Un groupe venu avec le projet de se battre ne se présenterait pas ainsi ».
Le « narratif » d’Alice Cordier et de ses complices médiatiques affirme pourtant que ces « gros-bras » tatoués seraient venus assurer « la sécurité » des militantes de Némésis. « Sécurité », comme le mot est rassurant.
Mais en quoi une bande de « fafs » aurait-elle pu « assurer la sécurité » de qui que soit, à 500 mètres du « happening » de leurs copines « féminazies » ?
Une autre vidéo, diffusée par TF1, montre la fin de la rixe. Les fachos se sont enfuis.
Un homme est tombé à terre (Quentin Deranque ?) et il reçoit des coups de pied au visage de deux ou trois personnes. L’image est insupportable, d’autant plus que, que sachant ce que nous savons aujourd’hui, le « spectateur » a le sentiment d’assister à une véritable mise à mort. Cela ne nous dit toutefois pas ce qui s’est passé juste avant (ni pourquoi cet « acharnement » sur « un homme à terre »). Selon un voisin témoin de la scène, Quentin Deranque se serait néanmoins relevé ensuite par ses propres moyens, et serait reparti seul à pied, en refusant d’être hospitalisé. Il a été retrouvé inconscient à près d’un kilomètre de là. Il allait mourir à l’hôpital deux jours plus tard.

Des suprémacistes blancs, explicitement racistes et violents
Présenté au départ comme un « étudiant catholique » et « non-violent », Quentin Deranque appartenait en fait à la frange la plus radicale et la plus violente des groupuscules « identitaires » lyonnais. À noter que le qualificatif de « absolument non violent » lui a été attribué par son colocataire Rémy Chemain … qui appartenait lui aussi au Bastion Social, un groupuscule violent fasciste ! (Le Dauphiné Libéré, 15 février 2026). Un peu comme si deux mecs, qui fréquentent le même Club de Boxe… vous jurent, la bouche en cœur… qu’ils « détestent donner des coups de poing » !
« Quentin » avait participé l’année passée à la marche du 9 mars (CM9), où un millier de néonazis européens ont défilé à Paris masqués et en rang au son des tambours hitlériens. Il était aussi passé par l’Action Française, l’une des plus anciennes structurations de l’extrême-droite royaliste et antisémite française – dont les troupes avait tabassé le « juif » Léon Blum en février 1936. Il participait régulièrement aux activités de « Academia Christiana », une association catholique intégriste d’extrême-droite.
Proche du groupuscule lyonnais « Audace », dont la devise raciste est : « Jeune blanc, rejoins ton clan », Quentin Deranque était aussi, selon « Le Figaro », l’un des cofondateurs des « Allobroges Bourgoin », un autre groupuscule néofasciste de la région.

Les fachos : une certaine passion pour les armes à feu
La région lyonnaise est, depuis longtemps, le berceau français de l’activisme « identitaire » et « nationaliste-révolutionnaire ». Une véritable constellation de groupuscules néofascistes, regroupant près de 400 personnes, et changeant de nom au grès de leurs dissolutions et interdictions successives (2). À ceux déjà cités, ajoutons « Lyon Populaire » (dissout), « Blood and Honour », le GUD (dissout), « Génération Identitaire » (dissout), « Les Remparts » (dissout), « Terre et Peuple », le Parti nationaliste Français et les « ultras » de l’Olympique Lyonnais.
Depuis 2010, plusieurs de ces groupuscules s’étaient implantés dans le Vieux Lyon en y ouvrant des locaux multifonctionnels (bar, salle de sport, boutique). L’objectif étant de contrôler progressivement ce territoire. Ces groupuscules ont été depuis lors directement impliqués dans des dizaines d’agressions physiques contre des bars, des librairies, des locaux progressistes, une radio libre, un festival de musique, des commerces tenus par des immigrés, et des individus considérés comme « racisés », LGBT ou « gauchistes ».
« Vigilance 89 » a comptabilisé une quarantaine d’agressions physiques de l’extrême-droite à Lyon entre 2020 et 2023, pour un total de 500 jours « d’incapacité de travail ». De son côté, « Rue89 Lyon » a recensé dans cette ville 102 actions violentes de l’extrême droite entre 2010 et 2025.
C’est donc d’abord pour protéger les victimes de ces multiples agressions (et pour s’en protéger eux-mêmes) que Raphaël Arnault et ses camarades ont créé en 2018 « La Jeune Garde Antifasciste » – en développant pour cela la notion « d’autodéfense populaire ».
En « sécurisant » donc d’abord certains lieux et certains événements. « Par tous les moyens, y compris les moyens légaux » – pour reprendre la formule (ironique ?) de Léon Blum. Ce qui implique certes parfois une présence « physique » face aux fachos – étrange mélange d’aïkido et de dissuasion nucléaire – … mais dont l’objectif premier est plutôt d’éviter la castagne. Et de contenir par la force et l’intelligence la violence latente des fachos – en restreignant ainsi leur pouvoir de nuisance, plutôt que d’alimenter le cycle éternel des provocations réciproques. Ce qui est certes plus facile à dire qu’à faire. Mais ce projet a semblé suffisamment vertueux pour permettre à « La Jeune Garde » de « collaborer », depuis sa création, à la protection de la France Insoumise, du Parti des Verts … et même de Carole Delga, à l’extrême-centre du Parti Socialiste !
C’est là une différence fondamentale avec les groupuscules fascistes – dont la seule perspective existentielle semble être les ratonnades, les coups de force et les entrainements au combat.
Raphaël Arnault a été le porte-parole de la Jeune Garde jusqu’en 2022.
Il s’est ensuite progressivement rapproché politiquement de la France Insoumise.
Candidat dans le Vaucluse en 2024, il a spectaculairement été élu à 54% député LFI-NFP à Avignon – en battant ainsi nettement la députée sortante Rassemblement National. Il siège aujourd’hui à l’Assemblée Nationale.
La Jeune Garde a été dissoute en juin 2025 sur ordre du Ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau – en même temps que l’organisation fasciste « Lyon Populaire ». Elle reste pourtant au cœur de la tempête judiciaire et médiatique en cours . Parmi les sept personnes mises en détention et inculpées pour la mort de Quentin Deranque, il y a en effet Jacques-Élie Favrot, alias Jef, … un des assistants parlementaires du député Raphaël Arnault. Il a démissionné depuis pour pouvoir assurer sa défense.
Toutefois, alors que les six autres sont inculpés pour « homicide volontaire » (et semblent donc accusés d’une participation directe aux faits), « Jef » est « mis en examen » pour « complicité d’homicide volontaire par instigation ». Ce terme juridique pourrait indiquer que le parquet de Lyon l’accuserait, lui, d’avoir « ordonné » aux autres de frapper « Quentin Deranque » … sans nécessairement y participer lui-même.
Étrange accusation, dont on perçoit immédiatement la portée politique. C’est en effet Jacques-Élie Favrot qui fait « le lien » symbolique avec Raphaël Arnault et la France Insoumise.
Or quoiqu’on pense de Jean-Luc Mélenchon et de LFI (et pour ma part, j’en pense du bien), s’il y a un point de doctrine avec lequel ils n’ont jamais tergiversé, c’est bien la non-violence. Quoique aient pu absurdement prétendre les perroquets médiatiques qui confondent « parler dru » et « taper dur », « lever le poing » et « boxer ses adversaires », « participer à la lutte de classes » et « s’entraîner au pugilat ». Mais un mensonge répété ne fait pas une vérité.
Ce sont les nazis – ceux qui servent de modèles historiques aux actuelles petites bandes de nazillons – qui se regroupaient dans les années trente sous le slogan « Viva la Muerte ! » (« Vive la mort ! ») et qui se donnaient pour objectif « d’exterminer leurs ennemis » comme le zemmourien Jean Messiha, candidat à Évreux, affirme qu’il faut « exterminer les organisations antifas » (X-Twitter, 14 février 2026).
Il suffisait de lire Hitler : toute la seconde guerre mondiale, l’extermination des juifs et la violence politique érigée en principe d’action, sont déjà dans « Mein Kampf ».
Eh ! bien, ouvrez un livre de Jean-Luc Mélenchon, comme « L’Ère du Peuple » ou « Faites Mieux ! ».
Vous y entendrez longuement parler de révolution citoyenne « par les urnes », du pouvoir au peuple souverain, d’assemblée constituante, de droit international, de bifurcation et de planification écologique, de droits sociaux et de libertés publiques, d’harmonie entre l’homme et la nature, et de la nécessité de convaincre le plus grand nombre par la discussion et par l’exemple. Et c’est « tout ».
La violence dite « révolutionnaire », qui servit souvent de boussole théorique à certains courants marxistes, y est explicitement décrite comme une « impasse politique » au terme de laquelle, comme le déclarait encore cette semaine Jean-Luc Mélenchon dans son « Moment Politique » : « les dictateurs meurent dans leur lit, et des milliers des nôtres, en prison ». Pour lui, toute violence « rabougri » le champ politique, elle provoque la peur, effraie et tétanise, et laisse les plus hésitants au bord du chemin – quand il faudrait pouvoir les entraîner massivement dans la lutte et dans l’action. Oui, la France Insoumise veut induire des changements économiques et sociaux radicaux, profonds et durables – mais par la seule mobilisation politique et démocratique du plus grand nombre, en gagnant démocratiquement les élections.
Pour la génération qui, comme moi, est née à l’action politique au début des années ’70, cette évolution n’allait pas de soi. Nous sortions alors de deux guerres mondiales qui, en à peine vingt ans, avaient fait des millions de morts. Et nous savions tous que le fascisme n’avait été mondialement combattu et battu que les armes à la main. À l’ombre portée de cette résistance antifasciste armée, comme à travers les luttes de libération du Tiers-Monde, le fusil semblait le prolongement naturel de l’action politique. C’est le portrait du Che, un guérillero, qui ornait les murs de nos chambres d’adolescent. Le coup d’état militaire et fasciste de Pinochet au Chili, qui avait renversé en 1973 le gouvernement d’Unité Populaire démocratiquement élu de Salvador Allende, semblait tragiquement condamner la voie « réformiste » vers le socialisme.
A travers toute l’Europe, de grands mouvements sociaux se développaient en dehors de tout cadre parlementaire (comme la « révolution des œillets » et la « marche pour le Larzac » en 1974) et l’un des slogans roi de mai 1968 avait été : « Élections, piège à cons ».

Une manif de la LCR en 1973. L’organisation trotskyste elle-même allait critiquer sa ligne « militariste » pour s’investir d’avantage dans le travail syndical.
Dans ce contexte, le film documentaire « Mourir à Trente ans » de Romain Goupil (qui est devenu entretemps un vieux con réac, mais c’est une autre histoire… ) montre bien comment une partie de l’extrême-gauche de l’époque, comme la LCR trotskiste, « son » organisation, avait alors basculé vers une sorte de « militarisation » de action militante, très impressionnante à voir mais politiquement stérile, qui se solda en 1973 par de spectaculaires affrontements de rue avec les CRS… et par la dissolution de la Ligue Communiste Révolutionnaire. En Italie et en Allemagne, des milliers de militants basculaient au même moment dans l’action clandestine et armée, ouvrant le long cycle terrorisme/répression des « années de plomb » qui, en vingt ans, allait pratiquement faire disparaitre la gauche politique de la carte.
Parallèlement, les partis dits « socialistes » allaient, eux, se convertir progressivement au « social-libéralisme », comme avec François Hollande en France, pour incarner une gauche « d’accompagnement » du capitalisme, que plus rien ne distinguerait finalement du centre-droit.
Tout le talent du petit Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon fut donc de rompre à la fois avec ce social-libéralisme délétère, et avec le gauchisme micro-décimaliste, pour proposer une nouvelle stratégie politique à vocation majoritaire : la « révolution citoyenne ». C’est elle qui a fait, en moins de dix ans, du mouvement de la « France Insoumise » la principale structuration de la gauche française, avec plus de 100.000 militant·es engagé·es dans 5000 groupes d’action. « La preuve du pudding », rappelait Engels, « c’est qu’on le mange ».

La manif nazie du 9 mars 2025
Nous sommes aujourd’hui à trois semaines des élections municipales en France. Les listes de la France Insoumise devraient faire une entrée fracassante dans les conseils communaux de dizaines de grandes villes, et conquérir très probablement un certain nombre de mairies – dont celle de Roubaix. Tous les meetings de campagne de LFI et de ses alliés sont pleins, et témoignent d’un niveau de mobilisation impressionnant. Le travail de mobilisation de la jeunesse et des quartiers populaires, ce travail de fourmi au porte-à-porte, qui avait déjà permis à la gauche de gagner les législatives de 2024, semble continuer à porter ses fruits. À Toulouse, François Piquemal, qui conduit la liste insoumise, signale 14.000 nouvelles inscriptions sur les listes électorales en moins de deux mois. C’est du jamais vu.
On ne comprend rien au tabassage médiatique dont a été victime la France Insoumise cette semaine, si on ne la considère donc pas aussi comme une « panique morale » de la bourgeoisie et de ses alliés face à cette force qui se lève. C’est particulièrement vrai à gauche, où le Parti Socialiste craint, avec raison, de payer au prix fort, dans les urnes, son soutien au gouvernement Lecornu et son alliance de fait avec les Macronistes.
Et le PS, comme la droite, s’alarment des conséquences du séisme politique que représenterait un possible face à face LFI/ Rassemblement National au second tour des élections présidentielles. Pour tous ceux-là, LFI est donc devenue la force à abattre – et sinon, à isoler. Par tous les moyens.
Après avoir essayé depuis deux ans de repeindre les insoumis en « parti antisémite », voilà que la presse des milliardaires et les médias gouvernementaux veulent désormais en faire « le parti des violents». Cette campagne est tout simplement ignoble. Mais je fais le pari que cette boue retombera finalement contre ses auteurs.
Le mois passé, le corps d’Ismael Aali a été retrouvé dans un étang gelé de la région lyonnaise. Un homme a été arrêté, et la police privilégie la piste du crime raciste. Comme une cinquantaine d’autres victimes de ce type ces vingt-cinq dernières années, ce « fait divers » ne fera toutefois jamais l’ouverture des journaux télévisés – et personne n’honorera son nom d’une minute de silence à l’Assemblée Nationale.
Claude Semal, le 21 février 2025.
(1) https://contre-attaque.net/
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme_droite_%C3%A0_Lyon
NB : ci-dessous, l’éditorial de Denis Robert pour « Blast ». Je ne suis pas tout à fait seul à penser ce que je pense 😉
NOUS SOMMES INQUIETS ET VIGILANTS par Denis Robert (Blast)
L’invraisemblable séquence médiatique accusant un parti politique de gauche d’être in fine responsable de la mort du jeune militant de l’Action Française a été un monument de désinformation. Les médias et les blablateurs politiques, dans leur large majorité, ont cherché à édulcorer le portrait de ce militant fasciste, raciste et favorable à l’action violente. Et à faire entrer, à tout prix, la France Insoumise dans la photo du crime. Plus c’est gros, mieux ça passe. Les diatribes mensongères du chef de l’État et de ses ministres contre « l’extrême gauche violente » n’ont pas calmé les esprits, attisant la haine. Pas plus que cette volonté farouche de bousculer l’échiquier politique vers l’extrême droite. On est entré, cette semaine, dans une nouvelle phase de la guerre de l’information qui ne va pas faiblir jusqu’à la présidentielle de 2027. À Blast, nous restons plus que jamais mobilisés, inquiets et vigilants.
Denis Robert (Blast)
… et voici en prime un fort témoignage de Julien Truddaïu sur sa page Facebook)
LA HONTE par Julien Truddaïu
🤮 Nausée profonde.
Ainsi donc, demain, à Lyon, le préfet du Rhône a autorisé une manifestation de groupes d’extrême droite et néonazis.
Ainsi donc, le représentant direct de l’État français a choisi d’encadrer (et donc de protéger) des milliers de nostalgiques de l’Allemagne nazie, de la collaboration, des raciste, négationnistes et adeptes de la haine xénophobe. Une démonstration de force de l’extrême droite et des fascistes, en plein cœur de la ville.
À Lyon.
Cette ville qui, dans les heures les plus sombres, abritait un boucher : Klaus Barbie. Un SS tortionnaire, responsable de rafles, d’exécutions sommaires, de la déportation d’enfants juifs et de résistant·es. Arrêté des années plus tard, protégé par plusieurs gouvernements, il fut finalement ramené, à Lyon encore, pour y être jugé. Et y fut condamné.
À Lyon.
Dans la villa du Dr Dugoujon à Caluire, où furent arrêtés les représentants du Conseil national de la Résistance, parmi eux Jean Moulin. Un préfet, lui aussi.
À Lyon encore.
Des miliciens, les ancêtres idéologiques de ceux qui s’apprêtent à défiler demain escortés par l’État, y emmenèrent mon grand-père. Il venait d’être torturé pendant deux jours et deux nuits, mais il n’avait pas parlé.
À quelques kilomètres de là où se tiendra demain cette honteuse « manifestation », la traction s’est arrêtée une après midi de 1944. On a fait descendre mon grand-père. Les collaborateurs l’ont fait avancer, puis lui ont tiré dix balles dans le corps, dont une dans l’œil.
Mon grand-père a survécu. Il a vécu assez longtemps pour témoigner, année après année, jusqu’à son dernier souffle. Et transmettre.
À Lyon demain ?
La honte.


Christine Pagnoulle
Posted at 14:46h, 21 févrierEt nous sommes face à la terrible loi de Brandolini…