07 avril 2026
C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, lui, eux et elles
NB: Renaud était encore venu voir « Cabareteke » il y a quelques semaines au Poche . Je m’étais réjoui de le retrouver là tout fringant, sachant qu’il avait été très gravement malade. Il avait souri sans répondre, sachant sans doute déjà à ce moment-là qu’il était condamné à très court terme. Comment aurais-je réagi à sa place, en de telles circonstances, pour ne pas complètement plomber l’atmosphère ? Peut-être par une pirouette, du genre : « La Vie… la mort… Tu sais… tout ça est très surfait ! ». Merci à Goldo pour les photos. (C.S.).
NOUS SOMMES ORPHELINS par le Collectif Mensuel
Les membres du Collectif Mensuel se sentent aujourd’hui orphelins, amputés, en perdant aujourd’hui Renaud Riga, l’un de ses fondateurs et capitaine. Nous saluons l’homme de théâtre qu’il était, insurrectionnel, indomptable, poète, iconoclaste, rêveur, citoyen amoureux de sa ville et de l’équité. Il savait convoquer l’humour pour révéler ce qui grince, ce que d’autres préfèrent cacher. Il croyait en d’autres mondes plus justes, et le théâtre pouvait en être une voie d’accès. Un théâtre résistant, un théâtre de service public qui faisait sens, qui pouvait aller chercher de nombreux publics. Un théâtre populaire dans son sens le plus noble et le plus vaste du terme.
Il avait aussi un sens unique de la production, reliant avec une dextérité d’alchimiste les enjeux artistiques et les réalités matérielles du secteur. Un fin analyste, un stratège à la vision rigoureuse, un partenaire convivial mais intraitable, largement respecté. Un savoir et un savoir-faire d’une grande richesse, d’une grande inventivité, qui nous émerveillait, et qu’il mettait, avec générosité, à la disposition de tout qui lui demandait de l’aide. Avant tout, l’aventure du Collectif Mensuel n’aurait pas pu être celle qu’elle a été sans ses innombrables qualités, sa vision, son intelligence et sa sensibilité.
Nous chérissons surtout le souvenir du compagnon de route et de l’ami, les nombreux débats, les fous rires, l’implacabilité avec laquelle il nous battait aux jeux de société – non sans tricherie et mauvaise foi occasionnelle en guise de coup de pouce -, ses yeux soudainement éclatants lorsqu’il voyait à la carte d’un menu une île flottante en dessert, son œil qui crollait dès qu’un bon mot lui venait, les fêtes et la convivialité, aussi, parce qu’il était rassembleur et veillait à ce que l’on se sente fédérés et alliés dans un même bateau. Nous prenons soin de son souvenir, et gageons qu’il nous accompagnera là où le vent nous mènera. Nous partageons notre tristesse et sommes en pensée avec ses filles Pauline et Camille, leur mère Françoise, ses nièces et neveu Adèle, Judith et Louis et ses sœurs Myriam et Louise.
TRENTE ANS D’AVENTURES par Sandrine Bergot (sur FB)
Renaud était mon collègue, mon camarade, mon partenaire de travail, de jeu, de création, d’écriture, de pensée de production, … C’est 30 ans d’aventures théâtrales, dont la plus incroyable et la plus riche d’expériences : le Collectif Mensuel.
Mais Renaud, c’était aussi et surtout le compagnon de Françoise, le papa de Pauline et Camille. Nos enfants ont grandi ensemble. Nous avons partagé nos vacances, les fêtes, les joies ou les coups durs de nos deux familles, ensemble, depuis près de 18 ans…
Renaud c’est aussi une des personnes qui me faisait le plus rire !
En fait, Renaud, c’est une des personnes avec qui j’ai passé le plus de temps ces deux dernières décennies ! Quel vide ça va faire !
Manu, Jules, Simon et moi sommes bien déterminés à continuer à faire famille : nous serons là pour Pauline, Camille et Françoise. Bien sûr plus rien ne sera pareil et pour nous toustes ça sera dur, mais nous devons continuer à faire vivre les belles aventures que nous avons initiées ensemble. Merci Renaud pour tout ça.
(et encore merci Goldo/ Dominique Houcmant pour ces magnifiques photos tellement représentatives)

POUR TOUT CELA MERCI par le Conservatoire Royal de Liège
Dès sa sortie du Conservatoire royal de Liège en 1998, Renaud travaille comme comédien sous la direction de Lorent Wanson, Jacques Delcuvellerie, Jean-Michel Frère, …
Il est comédien et administrateur au sein de la compagnie Mezza Luna avec Anne de Fonvent et Michel Delamarre.
En 2000, il fonde avec Sandrine Bergot et Baptiste Isaia la Cie Pi 3,14. En 2007, il crée toujours avec les mêmes le Collectif Mensuel et écrit, met en scène et interprète avec eux : ” L’hebdo du lundi “, “Mensuel saison 1″, ” Mensuel saison 2 “, “L’homme qui valait 35 milliards”, “2043” , “Blockbuster”, ” Sabordage “, “Une pièce pour les vivants “, ” Zaï Zaï “, …
Il joue également dans le théâtre jeune public (Théâtre Musical Possible, Atelier de la Colline, Cie Pied’Alu) et dans le théâtre forain avec la Cie des 4 saisons. Il dirige et préside Théâtre & Publics. Il enseigne à L’École supérieure d’actrices et d’acteurs du Conservatoire royal de Liège.
Renaud, producteur, inventeur de lieux alternatifs, acteur, ton sourire et ta voix, tes conseils et ta pensée. Ta lutte contre la tentation du nénuphar d’occuper seul la place. Tes coups out of the box : la location de la Boverie en plus du théâtre de Liège pour prolonger la période de représentation, pour qu’au moins un spectacle, L’homme qui valait 35 milliards, réalise à Liège son potentiel de public.
Tu as eu et tu nous as appris cette capacité à refuser que chaque spectacle ne puisse créer son public ou, pour le dire autrement, à refuser qu’un spectacle se voie imposer le nombre normé de spectateurs et de spectatrices du théâtre où il se produit.
C’était pour toi une manière de faire honneur au service public, une manière de donner du sens au travail artistique réalisé et à la contribution de chaque citoyen·ne au financement public de l’art et de la culture.
Tu ne misais ni sur le plébiscite, ni sur le mérite. Tu as fait confiance à la pensée, à la stratégie, à la tactique et au travail, au pas à pas du travail en dehors des contraintes établies, au-delà de celles auxquelles il ne peut faire sens de se soumettre parce qu’elles dépendent de croyances. Là, fut engagée ta confiance, sur ces chemins que tu défrichais. Charge à nous de les entretenir.
Il existe des groupes de personnes qui entendent bien que les sentiers communaux ne puissent être appropriés par les châtelaines et les châtelains gêné·es par l’intrusion de gens sur leurs terres traversées par ces chemins publics. Ces groupes de résistant·es arrachent les interdictions illégales, les affirmations abusives de propriété privée, entretiennent les sentiers, taillent et coupent, luttent contre l’accaparement privé du commun. Tes sentiers, nous les entretiendrons, nous en récupérerons d’autres, des inédits, et te les dédierons.
Toi, l’artisan créant les ateliers spécifiquement nécessaires à la fabrication de chaque spectacle, tu as aidé Théâtre & Publics, au moment où, attaquée de toutes parts, l’association ne pouvait compter que sur les solidarités des lignées choisies, des fidélités solidement ancrées, des loyautés éprouvées, des très grands respects mutuels. Pour tout ça bravo. Merci et bravo.
Nous présentons nos plus sincères condoléances à Françoise, à Pauline, à Camille et à l’ensemble de tes proches.
Notre peine est immense, seul ce que tu fus, ce que tu nous as donné, ce que tu as semé et qui croît et bourgeonne pourra un jour nous consoler
Nathanaël Harcq
Le 9 avril 2026
DISCOURS À LA MANIF DU 9 AVRIL 2026 : Making-Off par Sifiane (sur FB).
Ces dernières 24 heures ont été assez intenses. Hier en milieu d’après-midi, je vois passer un message sur un groupe WhatsApp : on cherche quelqu’un pour prendre la parole au nom du secteur de la culture lors de la manifestation de ce matin à la Gare du Midi.
Je suis surpris. Personne n’est désigné. En tout cas, pas depuis “la base”. Je me dis alors que, même si je n’ai pas participé à toute la préparation en amont, je peux au moins me rendre utile. Je propose donc de porter une parole, à condition qu’elle ne soit pas la mienne uniquement. Je lance un appel. WhatsApp, mails, contacts directs. Je demande simplement : qu’est-ce qui doit être dit ? La réponse est immédiate. Et massive. Beaucoup de choses remontent. Trop, même, pour tenir en trois minutes. À ce moment-là, une chose devient claire : on ne pourra pas tout dire. Et surtout, tout dire reviendrait à ne rien faire entendre.
En parallèle, j’apprends que Maximilien Herry prépare aussi une prise de parole.
On échange. On se coordonne. On commence donc à trier. À regrouper. À chercher une ligne.
Lui vient du monde syndical. Moi, plutôt du terrain artistique. Deux approches, mais une même volonté : ne pas parler dans le vide. De son côté, Maximilien avait aussi préparé son texte dans un temps très court, avec ses propres contraintes.
On fait des choix. On coupe. On assume de ne pas tout reprendre. Parce qu’un discours en manifestation, ce n’est pas un rapport. C’est un moment.
Ce matin, arrivée sur place. Plusieurs milliers de personnes. Des délégations organisées, des couleurs syndicales bien visibles. Et puis moi.
Sans bannière. Sans couleur spécifique. Mais avec cette responsabilité-là. Je passerai en dernier. Juste après Maximilien qui pour le coup fut excellent malgré ses appréhensions.
Au moment où je prends le micro, on nous demande de lancer la manifestation.
Je prends mon temps de parole quoi qu’il en soit. Les gens commencent à bouger.
Il y a quelque chose d’assez étrange à parler d’“effacement”… pendant que le public s’efface littéralement. Certains continuent d’écouter. D’autres avancent. Le discours existe, mais dans des conditions particulières. Presque comme une performance involontaire.
On nous félicite pour la relative originalité des discours au vu du singulier contexte.
Après ça, la manifestation démarre vraiment. On rejoint le cortège.
On a fait ce qu’on a pu, chacun à notre endroit. Ce que je retiens surtout, c’est la difficulté, mais aussi la nécessité de faire exister une parole collective en si peu de temps.
Et le fait que, même imparfaitement, elle a existé, au moins sur une photo floue.
Sifiane 9 avril 2026
(Merci à Maximilien Herry pour son implication).

JE ME SENS EXPOSÉ par Franck Tayelore (sur Twitter)
La loi Yadan ne se contentera d’entretenir la confusion entre antisionisme et antisémitisme, il renforcera l’amalgame entre les juifs français et Israël. En tant que juif, je refuse cette assignation. Cet amalgame ne nous protège pas, il nous expose.
IMAGINEZ … ! par Emma Robinsons (sur Twitter)
Imaginez, juste imaginez : qu’un autre pays vienne chez vous pour faire adopter une loi vous interdisant de le critiquer, alors que son dirigeant et son ancien ministre de la Défense sont visés par des mandats d’arrêt internationaux. Vous pourriez encore critiquer votre propre pays… mais plus celui-là. Juste imaginez
TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE par Manon Aubry (sur Twitter)
Incroyable. Vous vous souvenez de « l’observatoire » lancé par Bruno Retailleau pour surveiller les villes désormais dirigées par La France insoumise ? Il en avait confié la gestion à la maire LR de Villeneuve-Saint-Georges, Kristell Niasme. Aujourd’hui, la police nationale a bouclé le commissariat de police municipale de Villeneuve-Saint-Georges et arrêté 8 policiers, dont le chef de service, pour des faits de violences et de vols. Peut-être que Retailleau aurait dû commencer par mettre sous surveillance ses propres élus… !
Très intéressant débat sur « La fin du capitalisme » organisé par l’Institut de la Boétie (notamment sur la notion de « classe » et de « peuple », et l’analyse du capitalisme contemporain). Avec Stéphane Peu (PCF), Aurélie Trouvé (LFI) et J-L Mélenchon.
« L’HUMOUR » DE ROUSSEL par P’tit Con d’Gauche (sur Twitter)
« J’ai fait un don de sperme », quand on le questionne au sujet de la grossesse d’une femme de gauche. L’humour gras de porc sexiste, qu’on imagine au repas de famille, pas dans la bouche du dirigeant du Parti Communiste. La honte nationale.
LETTRE OUVERTE ET DOMICILIAIRE par Julien Truddaïu (sur FB)
Cher Mathieu Michel, Monsieur le député fédéral,
J’ai lu avec attention votre petite bafouille de justification sur l’avant projet de loi et la volonté de mettre en place des visites domiciliaires que vous venez, à votre tour, défendre publiquement.
Je dois vous avouer que j’ai été assez fasciné de découvrir vos arguments. Ainsi, il ne s’agirait pas de perquisitions, ce serait purement administratif, hyper ciblé, hyper encadré, réservé à des cas de sans-papier ultra dangereux, validés par un·e juge, proportionné ! Presque une formalité.
Je suis quand même très surpris de voir à quel point cette présentation aseptisée passe sous silence tout ce que les avis successifs (des acteurs de terrain, des praticiens du droit, des magistrats, de la police et même du Conseil d’État) ont déjà souligné : l’atteinte massive au droit au respect de la vie privée, au domicile, aux tiers hébergeants, et le caractère profondément et dangereusement déséquilibré du dispositif.
Monsieur le député fédéral,
Lorsque vous expliquez qu’une visite domiciliaire ne serait « pas une perquisition » parce qu’elle relèverait du droit administratif, vous savez très bien qu’aux yeux des personnes qui verront débarquer la police chez elles à l’aube, la nuance entre « administratif » et « pénal » sera surtout théorique.
Qu’on appelle cela perquisition ou « visite domiciliaire », il s’agit bien d’ouvrir la porte du domicile par la force publique pour aller chercher une personne qui n’a d’autre tord que de ne pas avoir de papiers en règle, avec tout ce que cela implique pour les enfants, les proches, les hébergeurs·euses, la stigmatisation et la peur.
Vous omettez soigneusement de préciser que ce mécanisme a déjà été tenté, a déjà été contesté et retiré pour son incompatibilité avec les libertés fondamentales. À l’époque c’est votre frère, Charles qui avait dû reculer, des membres de votre parti s’y étaient frontalement opposés !
Dans son récent avis, le Conseil d’État, lui, ne parle pas de petite mesure technique, mais d’un dispositif qui bouleverse l’équilibre entre la protection de l’ordre public et les droits fondamentaux, en particulier l’inviolabilité du domicile et les garanties offertes aux personnes qui y vivent.
Monsieur le député fédéral,
Vous invoquez l’article 8 de la CEDH pour expliquer que la vie privée n’est pas un droit absolu, mais vous oubliez de rappeler l’autre moitié de la phrase : toute ingérence doit être strictement nécessaire, proportionnée et entourée de garanties solides.
Ici, au contraire, on crée une intrusion comparable dans ses effets à une perquisition pénale, sans offrir les mêmes garde fous, en ciblant en plus une population déjà ultra vulnérable et en faisant peser la pression sur celles et ceux qui ont le tort… d’ouvrir leur porte par solidarité.
Disons les choses clairement : ce que vous défendez aujourd’hui s’inscrit dans une politique migratoire nauséabonde , construite depuis des années par la N VA et à laquelle le MR et ce gouvernement Arizona qui a choisi d’adhérer notamment par la surenchère répressive.
Cette loi est le prolongement logique d’une stratégie qui transforme les migrants en gibier administratif, multiplie les dispositifs d’enfermement, organise la peur des contrôles et décourage toute solidarité en faisant planer la menace policière jusque dans les intérieurs des citoyens.
Monsieur Michel
Cette chasse aux migrants assumée (rafles dans l’espace public, durcissement des conditions d’accueil, obsession de l’éloignement à tout prix, criminalisation de celles et ceux qui hébergent) n’a rien à voir avec une politique « responsable ». C’est une politique de dissuasion par la terreur, qui sacrifie méthodiquement les droits fondamentaux pour envoyer un signal électoral au reste de la population, en espérant grappiller quelques voix sur le terrain de l’extrême droite plutôt que de la combattre.
Pourquoi votre plume est elle si empressée lorsqu’il s’agit de minimiser l’impact de ces perquisitions administratives alors qu’il vous faudrait, en tant que législateur, prendre au sérieux les critiques des magistrats, des avocats, des associations, des ligues de droits humains, des travailleurs sociaux, bref de tous ceux et celles qui, eux et elles, voient concrètement ce que produira une telle loi à la porte des gens ?
Car s’il est une chose qui devrait inquiéter tout·e démocrate, c’est précisément ce glissement : transformer l’inviolabilité du domicile en variable d’ajustement d’une politique migratoire d’extrême droite, demander aux citoyen·nes d’accepter la police chez eux au nom d’une « menace » définie de manière floue, et renvoyer ceux et celles qui s’en inquiètent au rang de caricaturistes. Et s’il y a un doute intolérable, Monsieur le député fédéral, c’est bien celui que fait peser le projet que vous défendez benoîtement, sur la nécessaire protection des Droits fondamentaux des personnes n’ont pas les bons papier et celles et ceux qui les accueillent et agissent en solidarité.
Bien à vous.
L’annonce catastrophique de la « primaire » de Tondelier (voter pour François Hollande ou se suicider tout de suite)
Bruno Ruiz (poésie, sur FB).
Nous avons tellement besoin du soleil,
De sa clémence sur notre peau ;
Sa bienveillance pour éloigner l’ironie,
La mauvaise foi des hommes ;
La haine et les murs du quant-à-soi.
Dans mon désespoir,
Le printemps m’accompagne.
C’est un amer dans mes tempêtes
Amères.
Rester droit dans les ruines du labyrinthe.
(Mais vous savez déjà tout cela, mes amis silencieux.)
Nous n’avons ni parti ni croyance.
Parfois des convictions ;
Quelque dieu.
Nous avançons à tâtons.
Nous frôlons des justices,
Des amours.
Nous n’avons aucun objectif.
Rien que des actes qui nous suivent
Dans cette exactitude à laquelle nous nous accrochons,
Comme des bouées
Dans le naufrage.
La toujours savoureuse chronique de Sébastien Fontenelle (abonnez-vous à Blast !)
STOP AUX CLICHÉS par Nadège Abomangoli (sur FB)
Par pitié nous sortir Barack Obama à chaque fois qu’un non-blanc de Seine-Saint-Denis émerge dans le débat public, cela suffit. On y a eu droit pour Karim Bouamrane, et maintenant pour Bally Bagayoko. Est-ce que pour Marine Tondelier, on parle de nouvelle Hilary Clinton ? Bien sûr que non. Sur la seule base de leur couleur de peau, on attribue donc le même sobriquet supposément valorisant (pour moi non) à deux élus de Seine-Saint-Denis que tout oppose politiquement. Ces derniers n’ayant rien à voir non plus politiquement avec Barack Obama. Ce biais raciste est insupportable, il faut cesser ces facilités journalistiques. Tous les Noirs ne se ressemblent pas.
TOUTE GUERRE CHARRIE SA PROPAGANDE par Julien Traddaïu (sur FB)
À l’écoute du service public radiophonique ce matin, on mesure à quel point, en une seule conférence de presse, Trump et son administration ont distribué les éléments de langage de la propagande de guerre autour du « sauvetage héroïque » d’aviateurs étatsuniens en Iran, présenté comme une opération « historique », quasi « miraculeuse ».
Déluge de chiffres, de détails opérationnels, de superlatifs : tout est fait pour tourner l’attention vers la bravoure, l’adrénaline, « l’exploit », et nous faire oublier les horreurs, les victimes civiles, les infrastructures détruites, l’illégalité de cette guerre dénoncée par des dizaines de juristes, les menaces explicites sur des centrales électriques et des ponts, les mensonges quotidiens qui accompagnent cette escalade.
« On sait, en effet, que la propagande totalitaire n’a pas besoin de convaincre pour réussir et même que ce n’est pas là son but. Le but de la propagande est de produire le découragement des esprits, de persuader chacun de son impuissance à rétablir la vérité autour de soi et de l’inutilité de toute tentative de s’opposer à la diffusion du mensonge. Le but de la propagande est d’obtenir des individus qu’ils renoncent à la contredire, qu’ils n’y songent même plus. Cet intéressant résultat, l’abasourdissement médiatique l’obtient très naturellement par le moyen de ses mensonges incohérents, péremptoires et changeants, de ses révélations fracassantes et sans suite, de sa confusion bruyante de tous les instants. Cependant, si chacun, là où il se trouve, avec ses moyens et en temps utile, s’appliquait à faire valoir les droits de la vérité en dénonçant ce qu’il sait être une falsification, sans doute l’air du temps serait-il un peu plus respirable » (Orwell).
PARTITION POUR CRIMES DE GUERRE par Thierry Michel (sur FB)
Trump, Netanyahou et la destruction d’un monde
Il y a dans l’air du Moyen-Orient une odeur de cendres — celle d’un monde que l’on s’acharne à effacer.
L’Iran, riche d’une civilisation millénaire, d’une mémoire poétique et d’un peuple debout malgré des décennies de théocratie, de répressions, de massacres et d’embargo, est aujourd’hui victime d’un projet de destruction systématique. Les centrales électriques bombardées, les ponts effondrés, les infrastructures vitales anéanties — ce sont bien plus que des cibles militaires : ce sont les artères d’une société, les veines d’un peuple.
Ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas une « opération » ni une « riposte », mais un crime de guerre, froidement prémédité. La tentative d’effacement total d’une civilisation, sous couvert de stratégie, réveille l’écho terrible des pages les plus sombres du XXe siècle. Les bombardements sur Téhéran, tout comme ceux perpétrés à Gaza ou au Liban, rappellent que l’arrogance des puissants finit toujours par confondre force et justice.
Un jour, il faudra que les responsables — États-Unis, Israël, leurs dirigeants civils et militaires — répondent de ces crimes devant la justice internationale. Qu’un nouveau Nuremberg s’ouvre pour juger non pas seulement les bombes, mais les systèmes idéologiques qui les justifient. Que ceux qui ont signé ces ordres d’anéantissement — qu’ils se nomment Donald Trump, Netanyahou ou autres — sachent qu’aucune puissance ne peut éternellement se cacher derrière l’immunité diplomatique.
Les milliers de victimes civiles de ces guerres au Moyen-Orient appellent à la justice et à la mémoire. Car détruire une ville, une école, une centrale, ce n’est pas « frapper un ennemi » — c’est tuer l’avenir même de l’humanité, son principe de dignité, son droit à la lumière.


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