C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES (par toi, lui, vous, eux et elles)

Quelques textes, vannes, réactions, vidéos, réflexions et poèmes glanés sur les « rézozozios ».

ADIEU CHANTAL ISTACE par David Lallemand Pesleux (sur FB)

Quelle sensation étrange. Ce soir je me sens privilégié d’être triste. Triste comme rarement. Vide. Vidé. Et comblé. Je suis certain que vous aussi vous retenez de vos vies des silhouettes, des voix, des claques, des sagesses incarnées par des rencontres extraordinaires qui bouleversent l’existence et la rendent plus intéressantes. Sans prétention. Sans effort particulier.
Chantal Istace incarnait tout cela à la fois. Une posture, un regard, un rire, une phrase définitive. Et la bienveillance. La rigueur. La déontologie. Une forme d’excellence. Incomparable. Et à bien des égards pour beaucoup insupportable.
J’ai été le premier journaliste « non nommé », enfin c’est ce qu’on m’a dit à l’époque, à travailler à la rédaction de la Première RTBF. Viré de Radio21, repêché par la rédactrice en cheffe, sans qui je me serais retrouvé au chômage et que je n’oublierai jamais (merci Simone), une sorte de coin dans la brèche pour ouvrir un bastion historique (dont on se dit qu’on ne comprendrait plus aujourd’hui la légitimité du combat des travailleurs de ce pli de la vie d’une institution qui n’intéresse que les intéressés) à autre chose.
Chantal a été la toute première à m’accueillir à bras ouverts. Sincèrement. Généreusement. Fraternellement. Vraiment quoi. Elle m’a donné ma chance. M’a fait grandir et m’a soutenu pendant les quinze ans où nous avons travaillé ensemble. Sans concession sur la forme ou le fond. Parfois dure. Toujours juste. On n’a pas toujours été d’accord. Mais c’était au temps où les désaccords nourrissaient nos intelligences de celles des autres et n’asséchaient pas la pensée sur les réseaux dits sociaux dans un manichéisme pathétique. Une silhouette, une rigueur, un travail acharné, une curiosité folle pour la chose complexe, l’Europe, l’économie, la finance, la politique. Un modèle. Quitte à s’en éloigner parfois. Pour avancer sur son chemin propre. Sachant qu’elle resterait là comme un jalon important, essentiel, et fidèle. De cette fidélité rare qui fait qu’on ose tourner le dos sachant qu’on ne sera pas poignardé dans un milieu qui joue de la dague réelle ou symbolique autant que de la médiocrité. Souvent récompensée…
Alors ce soir je suis triste. Terriblement. Incapable de trouver les mots pour dire à Pierre, incontournable, ou ses enfants ce que je ressens. De collègue à copain, copine. Et je me sens privilégié de cette tristesse pour avoir connu cette magnifique et complexe personne qu’était Chantal désormais éternelle. J’oubliais : elle était journaliste. Comme on n’en fait plus. Merci.

CAFÉ SERRÉ OU ALLONGÉ par Michel Feilner (sur FB)

Je prendrais bien un p’tit café
Si tu vois ce que je veux dire
Un d’ces cafés améliorés
Du tout bien qui donne du plaisir
Qu’a fait le temps
Celui qu’on prend
Qu’a fait l’amour
En doux détour
Un peu comme le temps qui s’arrête
Un de ces cafés suspendus
Bien à l’abri dans une cachette
Comme en Suisse un café tout nu
Qu’a fait le temps
Celui qu’on prend
Qu’a fait l’amour
En doux détour
Du café noir et bien au chaud
Café léger et café cr’aime
Un p’tit sucré qui s’eXpresso
Pour se titiller les extrêmes
Qu’a fait le temps
Celui qu’on prend
Qu’a fait l’amour
En doux détour
Un p’tit café ôlé au lit
Un de ces cafés lit et joie
Corps étau comme en italie
Dans les kawas il y’a du choix
Qu’a fait le temps
Celui qu’on prend
Qu’a fait l’amour
En doux détour
Viens donc prendre un café serré
Brûler nos lèvres à s’enserrer
Un tout gentil un allongé
Voluptueux dans sa fumée
Qu’a fait le temps
Celui qu’on prend
Qu’a fait l’amour
En doux détour

DÉMOCRATIE MON CUL par Sophie Tlk

Tuto : pour aller en garde à vue rapidement en France.
Pour t’assurer d’aller rapidement en garde à vue en France, il te suffit de :
1) Défendre les droits du peuple Palestinien
2 ) Rappeler constamment les violations du Droit international par le gouvernement israélien et son armée.
3) Avoir du CBD dans ton sac : là c’est prolongation de GAV assurée !
Nota bene : le parquet est autorisé à faire croire pendant 5 jours que tu transportais de la drogue alors qu’il a en sa possession les analyses qui prouvent l’inverse. Les chaines d’information sont autorisées à mentir et diffamer tous les défenseurs du Droit international ainsi que la gauche antiraciste et antifasciste : accusations de détention de stupéfiant, en passant par des accusations d’antisémitisme voire de terrorisme. Le porte parole du Ministère de la Justice est autorisé à diffuser des fausses informations auprès des médias, sans être inquiété. Le Ministre de l’Interieur peut te placer sur écoute sans aucune justification et en toute illégalité.
Ne sont pas concernés par une garde à vue (liste non exhaustive) :
1) Les apologistes des crimes contre l’humanité commis par le gouvernement israélien et son armée. Peut s’étendre aux crimes de guerre commis par les USA.
2) Les hommes blancs et bourgeois qui cumulent des dizaines de témoignages et de plaintes pour agressions sexuelles ou viols.
3) Le fils d’un ‘ancien président qui appelle à brûler l’ambassade d’Algérie ou qui appelle à commettre des crimes de guerre.
4) Un sénateur LR qui menace de mort une journaliste.
5) Des néofascistes qui scandent des slogans racistes ou menacent de mort des élus noirs.
6) Des “journalistes” qui incitent à la haine raciale et religieuse ou qui diffament publiquement des élus.
Fin du tutoriel.

« JE NE SUIS PAS MÉLENCHONISTE » Un « moment politique » toujours aussi instructif, avec quelques analyses internationales percutantes, les relations avec la Russie et la Chine, la mise en perspective de l’élection présidentielle de 2027, et la visite ironique des Deux Sicile. (NB: 86.000 vues en 24H, ou comment LFI communique avec les gens en dehors de tous les médias mainstream).

 

IL Y A NUANCE ET NUANCE par Julien Truddaïu (sur FB)

Il y a quelque chose de particulièrement nauséabond à lire celles et ceux qui ne voient pas le problème à ce que l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique invite et intègre en son sein Boualem Sansal.
Ces défenseurs et défenseuses voient très bien les « glissements », les « proximités » et les « raccourcis » de Sansal, mais refusent d’en tirer la seule conclusion cohérente : à ce stade, l’écrivain n’est pas « mal entouré », mais est devenu un rouage assumé de la machine idéologique de l’extrême droite.
On ne peut pas, en même temps, dénoncer la « bollorisation » des débats, rappeler les liens avec les réseaux identitaires, et faire comme si tout se jouait notamment dans la qualité des journalistes qui devraient le questionner plus souvent sur ces accointances avec l’extrême droite.
À partir du moment où un auteur reprend les thèmes, les scénarios et les « ennemis » désignés par Zemmour et consorts, et accepte d’être brandi comme trophée par l’appareil Bolloré, la question est simple : pourquoi nos institutions continuent-elles à le sacraliser ?
Combattre l’extrême droite ne peut pas consister à signaler « quelques ambiguïtés » ou désaccords avec Sansal tout en acceptant qu’il soit honoré par des académies et recyclé comme une grande conscience.
Combattre l’extrême droite suppose clairement qu’un écrivain qui reprend les schémas du « déclin », des « ennemis de l’intérieur », de « l’islamisation de la société » et de la nostalgie coloniale soit déclaré incompatible avec l’idéal de nuance que ses défenseurs et défenseuses invoquent à l’envi.
A ce niveau de collusion symbolique et matérielle avec l’extrême droite, la nuance cesse d’être courage intellectuel et devient une forme de confort : on garde la figure du dissident algérien qui rassure, tout en fermant soigneusement les yeux sur ce qu’il est devenu dans le champ français.
Une institution n’est pas obligée d’honorer ce que l’extrême droite a déjà transformé en arme. Refuser cette consécration est le minimum d’hygiène démocratique.

LES NOUVEAUX BARONS VOLEURS ? par Rudy Demotte (sur FB)

Et si l’on se trompait d’époque. On parle souvent de Trump comme d’un héritier des magnats du XIXe siècle. Rockefeller, Morgan, Carnegie. Des hommes qui ont fait fortune puis acheté la politique. Mais ici, quelque chose a changé. Radicalement.
Et si, pour la première fois, ce n’était plus l’économie qui capturait le pouvoir… mais le pouvoir lui-même qui devenait une machine à produire de la richesse privée à une échelle inouïe ?
Dans cet article, écrit avec mon épouse Marie (linguiste et philologue en langue anglaise), annoncé hier, nous revenons sur une série de faits troublants, documentés, parfois vertigineux :
-une cryptomonnaie adossée à la présidence
-une famille transformée en holding global
-des décisions politiques qui déplacent des milliers de milliards en quelques heures
-des marchés qui semblent parfois savoir… avant tout le monde
Ce n’est pas une théorie. C’est une mécanique. Une mécanique où le chaos cesse d’être un accident pour devenir une ressource. Cet article documenté et sourcé est à découvrir gratuitement, comme tout ce que je publie, sur le lien ci-dessous. Nous l’avons publié sur le réseau social substack, vu sa longueur et son intérêt particulier.

Rudy et Marie

https://notesfrombetween.substack.com/p/how-to-use-the-substack-editor?utm_campaign=post-expanded-share&utm_medium=web&utm_id=97758_v0_s00_e223_tv0&fb

SACRÉ TRUMP par Tomy le Magnigfique (sur X Twitter)

« Pourquoi avez-vous attaqué le pape Léon ? » Trump : « Il ne fait pas un très bon travail. Il semble aimer le crime. Je ne suis pas fan. » Voilà le président des États-Unis qui attaque le chef spirituel de 2 milliards de catholiques, parce que le pape a osé dire que les guerres, c’est mal. Ne vous étonnez donc pas si, un jour, Trump crée son propre Vatican. Lui en saint pape. Sur l’île d’Epstein. Avec des apôtres mineurs en bikini. Après tout, il a déjà son “Bureau de la foi” à la Maison Blanche. Un Vatican version Trump serait la suite logique. Un lieu saint pour l’axe Epstein. Des prières pour les bombes, des apôtres en maillot, et des miracles fiscaux pour ses proches. Sacré, quoi.

SAINT TRUMP ET L’APOCALYPSE par Sophie Tlk (sur FB)

Trump n’a eu de cesse de répéter : “I am the Chosen One !“. Je suis l’Élu. “J’ai été choisi par Dieu“. Dans sa logique, il ne peut se soumettre à une autorité religieuse comme le pape, surtout si ce dernier ne va pas dans le sens des chrétiens évangéliques sionistes. Pour comprendre le projet trumpiste, il faut se plonger dans son intégrisme religieux.
Trump a bombardé l’Iran, le Liban, le Venezuela. Il a largement contribué au nettoyage ethnique et à la colonisation de la Palestine. Il s’en prend aujourd’hui à Cuba et menace le Groenland. Usant et abusant d’une rhétorique de l’Apocalypse et utilisant des thèmes eschatologiques (relatifs à la fin des temps), Trump puise notamment son inspiration dans les évangiles de Luc : “De sa bouche sort un glaive acéré pour en frapper les nations.” […]“son règne n’aura pas de fin” . En des termes plus clairs, on parle ici du retour du Christ qui revient et juge les Hommes. Comme Trump, qui fut élu, déchu puis réélu : ce fut sa résurrection, son retour. Du moins perçu comme tel par les intégristes religieux constituant une partie de son électorat. “Ressuscité”, il décide donc de qui doit être pardonné comme les émeutiers du Capitole qui ont été graciés et de qui doit être envoyé en enfer comme les wokes, les migrants, les démocrates, les progressistes dont… le pape.

L’Apocalypse est l’événement qu’attendent les chrétiens évangéliques sionistes. Ainsi toute guerre menée pour et aux côtés d’Israël prend une dimension biblique : la dernière bataille avant l’apocalypse. Pour comprendre cette vision religieuse, nous pouvons citer le pasteur Sandy Adams qui considère la guerre contre l’Iran est une volonté divine : “Voilà pourquoi je suis excité par ce qui se passe. Le fait qu’on est peut-être arrivé à la fin des temps, que Dieu pourrait renvoyer son fils sur terre pour y établir le royaume de Dieu, et pour ça, il faut qu’il y ait une guerre dans laquelle ceux qui s’opposent à lui seront vaincus. Est-ce qu’on attend ça avec impatience ? Moi, oui.”

Trump a multiplié pendant des années les références à l’Apocalypse. Il avait surnommé Kamala Harris “la Grande Prostituée de Babylone”, en référence au chapitre 17 de l’Apocalypse de Jean. La pécheresse, les mains couvertes de sang, au même titre que l’entièreté des démocrates. Car selon Trump, ils étaient les responsables d’une politique migratoire qui avait fait entrer des meurtriers dans le pays.
Gardez à l’esprit que Trump se voit comme appartenant au “camp des saints” opposé aux “tribus de Gog et de Magog”, citées notamment dans le livre de Jean. Ces tribus sont des “peuples immondes”, alliés de Satan, qui se rassemblent et viennent menacer le camp des saints. Aux yeux de Trump les “immondes” sont donc : les “wokes”, les migrants, les démocrates et tout autre ennemi désigné par Trump, l’autoproclamé “Chosen one”.

Les migrants [haïtiens] mangent des chats et des chiens.” Cette phrase prononcée par Trump – et qui nous a semblé ridicule – fait notamment référence à l’Apocalypse du pseudo-Méthode (VIIe siècle) et plus particulièrement aux fameuses “tribus de Gog et de Magog”.
Je cite : « Car tous, à la manière des scarabées, mangent des nourritures abominables et corrompues : des chiens, des souris, des chats, des serpents, des cadavres, des fœtus, des avortons, des fœtus pas encore formés ou qui portent à peine des traces de formation et ceux des bêtes impures. Quant aux morts, ils ne les enterrent pas mais ils les mangent ».
Le 26 juillet 2024, Trump déclara lors de son discours aux chrétiens du groupe Turning Point Action : « Et encore une fois, chers chrétiens, sortez de chez vous et allez voter ; juste cette fois-ci ; vous n’aurez plus besoin de le faire. Vous n’aurez plus besoin de voter à l’avenir, mes beaux amis chrétiens. Je vous aime, je suis chrétien, je vous aime ; sortez de chez vous et votez. Dans quatre ans, vous n’aurez plus à voter à nouveau. Nous aurons tout arrangé, si bien que vous n’aurez plus besoin de voter ».

Le médiéviste Joël Schnapp voit ici une allusion à la littérature apocalyptique : « S’il dit qu’il sera inutile de voter dans quatre ans, Trump sous-entend peut-être que le retour de Jésus est imminent [l’Apocalypse] et rendra caduque l’organisation politique telle qu’on la connaît aujourd’hui ». Trump a aussi déclaré : « vos salaires seront plus élevés, vos rues seront plus en sécurité et plus propres ; vos communautés seront plus riches et votre avenir sera plus brillant qu’il ne l’a jamais été… Ce sera l’âge d’or de l’Amérique ».
Thématique essentielle de la théologie évangélique : celle du millénium, autrement dit du mythe de l’âge d’or, chapitres 19 à 22 de l’Apocalypse de Jean.
« À la fin des temps, Jésus jettera les Bêtes dans l’étang de feu, tandis qu’un ange enchaînera le Diable. Les martyrs reviendront à la vie et vivront avec le Christ mille ans de bonheur, ce qui s’apparente à un âge d’or. Puis le Diable se libérera de ses chaînes, les peuples infernaux de Gog et Magog se rassembleront et la grande bataille eschatologique aura lieu. »
L’Apocalypse selon Trump a tous les airs d’une dystopie où se mêlent des hommes assoiffés d’or noir et de sang, des intégristes fanatiques excités par la destruction et la mort, d’un fasciste qui se rêve en “Élu de Dieu” mais qui n’est qu’un vieillard au crépuscule de sa vie.

 

 

ISRAËL ET « L’ANTISÉMITISME » par Emma Robinsonss (sur X Twitter)

Selon Yadan et Braun-Pivet qui en parlait implicitement hier, les formes contemporaines du « nouvel antisémitisme » incluraient désormais l’État d’Israël, une position aussi grave que dangereuse. L’antisémitisme, dans sa définition la plus fondamentale, reste la haine des Juifs, qu’elle se manifeste par des discours ou des actes, et Israël n’est, et ne sera jamais le représentant des communautés juives dans le monde. Cette réalité historique ne date pas de la création de l’État d’Israël et ne saurait y être réduite. Assimiler la critique des crimes d’un État à une forme de racisme constitue un glissement problématique. Non seulement cela dénature la lutte contre l’antisémitisme, mais cela risque aussi d’en affaiblir la portée en diluant sa définition. Dans le même temps, une responsabilité majeure incombe à une bonne partie de la classe politique et médiatique, qui entretient une confusion persistante entre Juifs et Israël. Cette assimilation, répétée dans le débat public, contribue à alimenter les amalgames qu’elle prétend pourtant combattre. Depuis des années, on alerte sur les dangers de cette confusion. Loin de faire reculer l’antisémitisme, elle continue au contraire à le renforcer en nourrissant les tensions et les confusions ! Donc NON À LA LOI Yadan et honte à ceux qui la soutiennent sans prendre en considération les risques qu’elle contient pour les français de confession juive eux même !

DÉSORMAIS TOUT LE MONDE SAIT par Aymeric Caron (sur X Twitter)

Retour sur le retrait de la loi Yadan destinée à empêcher la critique de l’État voyou israélien et de ses crimes. C’est un échec majeur pour Caroline Yadan et pour Israël qui a définitivement perdu la bataille de l’opinion.
Désormais tout le monde sait. Les crimes infâmes à Gaza et en Cisjordanie, les mensonges, les relais médiatiques et politiques, les fanatiques de plateau : tout a été dévoilé. La propagande ne fonctionne plus. Voilà ce que dit le retrait de la loi Yadan.

BILAN D’UNE RÉVOLTE par Patrick Champagnac (sur X Twitter)

Sept ans que je suis à la retraite. Avec le recul de mes 42 ans d’activités, je peux, avec légitimité, vous dire ce que j’ai détesté dans ma vie et ce qui me révolte plus que tout aujourd’hui encore :
⁃ D’abord, l’entre-soi qui rend con, aveugle et lâche. En particulier l’entre-soi politico-médiatique qui permet la cooptation et de se réfugier dans le déni et dans l’auto refoulement des vérités dérangeantes plutôt que d’essayer d’identifier ses propres habitus et biais cognitifs pour tenter d’analyser le monde.
⁃ Révolté de constater que 90 % des médias français nationaux, dont les plus influents, (télévision, radio, presse écrite) sont détenus par 8 milliardaires qui nomment des personnes de confiance aux fonctions de direction et de rédaction en chef ayant logiquement les mêmes orientations idéologiques qu’eux, sans même s’apercevoir que leurs médias sont en train de connaître le même sort que la Pravda sous le régne de l’URSS.
⁃ Révolté de l’obséquiosité de certains journalistes face aux puissants. ⁃ de leur servilité à l’égard des puissants.
⁃ du mépris des puissants à l’égard des faibles.
⁃ Révolté de l’usage du chantage à l’antisémitisme utilisé pour disqualifier celles et ceux qui osent dénoncer les massacres de civils à Gaza et l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Je suis pour le respect du droit international et des résolutions de l’ONU et donc pour l’existence de deux États, israélien et palestinien.
⁃ Révolté, plus que révolté, contre l’antisémitisme et l’islamophobie, révolté contre le racisme en général. Le monde n’est plus un monde de blancs et ne le sera plus (James Baldwin) il sera pluriel, universel !
– Révolté je le suis toujours, moi le chrétien anticlérical, contre tous les intégrismes religieux, contre tous les fous de Dieu, ânes mitrés du Vatican et faux barbus des synagogues et des mosquées. Et c’est le croyant agnostique que je suis qui vous le dit ! La religion doit être de l’ordre de l’intime. Je n’aime pas qu’elle se transforme en dogme, qu’elle devienne totalitaire et violente. « La religion est pour moi un transport collectif que je ne prends pas. J’aime aller vers ce Dieu, à pied si il le faut, mais pas en voyage organisé « (Kamel Daoud, écrivain et journaliste algérien). Et puis enfin ! Il n’est pas nécessaire d’avoir une religion pour avoir une morale et distinguer le bien du mal…Nous avons connu la guerre de cent ans, cent ans d’inquisition, marque déposée en 1233, sommet de la dégénérescence de l’Esprit. Cela ne nous a pas suffi ! Il y a encore des guerres de religions …
⁃ Révolté contre la chasse à courre et les corridas. Ne pas interdire ces pratiques barbares qui consistent à jouir de la souffrance de l’animal doit nous interdire à nous prétendre civilisé.
⁃ Révolté contre le capitalisme financier, la forme la plus sauvage, la plus barbare du capitalisme, responsable de tant d’inégalités et de souffrance notamment chez les jeunes, frustrés par ce capitalisme mondialisé qui ne tient pas ses promesses …C’est une guerre économique qui ne dit pas son nom, dont le théâtre des opérations est l’intérieur des entreprises et des services publics. Et où s’accumulent les « dommages collatéraux ». Avec d’innombrables victimes chez les jeunes comme chez les plus âgés.
⁃ Révolté quand un jeune garçon ou une jeune fille dit que la vie est un cauchemar dont il a du mal à s’éveiller et que les raisons de mourir sont plus fortes que les raisons de vivre …souvent par refus de « collaborer » à la banalisation du mal… Ce que Durkheim appelait les suicides anomiques dans des sociétés de chaos qui ne produisent plus ni de solidarité ni d’éthique.

DES CONTRATS À 1/10 ÈME DE TEMPS ? par Anne-Catherine Lacroix (sur FB)

A propos de la réforme chômage, du statut de maintien des droits et de la problématique engendrée pour les contrats de moins d’un tiers temps …
Un courrier du ministre de l’emploi a beaucoup circulé ce jour dans des boites mails. Et si je suis rassurée pour les personnes qui se voient octroyer des contrats de moins d’un tiers temps car elles pourront, selon ce courrier toujours (rien encore paru au Moniteur belge), avoir finalement un statut de maintien des droits et un complément chômage (alors que la réforme chômage y avait mis fin), je n’ai eu personnellement aucun plaisir à lire ce mail.
Entendons-nous bien. J’ai moi-même beaucoup écrit sur ce sujet. Il me tient à coeur et je suis donc rassurée pour des tas de personnes dans des contrats très précaires. Mais tout cela ne résout pas le problème que personne ne semble nommer et qui se trouve derrière.
Donc, copains, copines, je profite de ce post pour nous souhaiter à toutes et tous la bienvenue dans une Belgique proche du contrat zéro heure. Ah ! oui ? Ben oui. C’est tout proche. Et c’est ça le problème qui se trouve derrière. Rétroacte.

L’accord du gouvernement se gargarisait de réformes à venir, dont LA réforme chômage et LE projet de modernisation du travail. Sur ce projet « modernisation du travail », l’accord du gouvernement (début 2025 donc) mentionnait notamment la fin de l’obligation minimale du tiers temps hebdomadaire en droit du travail. Reconnaissons alors que face aux projets relatifs au travail de nuit, aux pensions, à la réforme chômage, aux heures supp, etc., ce projet de la fin de l’obligation minimale du tiers temps n’a pas déchaîné les foules autant que d’autres sujets.
Entre temps, juillet 2025, une réforme chômage arrive avec aussi, dans son panier, la fin du maintien des droits pour les personnes qui accepteront moins d’un tiers temps à partir de mars 2026. Un truc dégueulasse du genre “plus t’as un petit contrat, moins on complète ton revenu même si ce n’est pas toi qui a choisi d’avoir un aussi petit contrat”. A nouveau, le sujet ne déchaîne pas trop les passions avant un paquet de semaines.

En mars 2026, cette mesure chômage entre en vigueur. Légalement, c’est l’article 29 de l’arrêté royal chômage (qui traite du statut du maintien des droits et du complément chômage) qui a été modifié. Alors qu’il renvoyait (avant la réforme) à l’article 11bis de la loi relative au contrat de travail (qui dit qu’un temps partiel est, sauf dérogation, au moins un tiers-temps), cet article 29 dit, depuis le 1er mars, que pour être maintien des droits, il faut être à minimum tiers temps (plus de dérogation donc).
Aujourd’hui, dans son courrier, le ministre de l’emploi dit que finalement, tout va bien et il est tout content car cet article 29 de l’arrêté va finalement, sur sa proposition (haha il ose tout), être restauré dans sa version initiale (on rappelle que c’est quand même lui qui avait abrogé l’article 29 ou on le rappelle pas ?) et donc, renvoyer à ce fameux article 11bis de la loi relative au contrat de travail qui, avec toutes ses dérogations, fait que dans la pratique, toute personne engagée à moins d’un tiers temps peut être maintien des droits et percevoir un complément chômage.

Mais ce que je lis très peu aujourd’hui, et c’est quand même assez hallucinant, c’est que le gouvernement compte très prochainement modifier cet article 11bis de la loi relative au contrat de travail. Il a son projet de loi tout chaud depuis des mois, dispo sur le site de la Chambre et là, ben, il est à deux doigts de voter le fait que bientôt, un contrat à temps partiel devra être d’un minimum 1/10ème temps et plus d’1/3 temps. Oui, 1/10ème temps, sauf dérogation (cela pourrait donc être moins).
Tout va bien dans le meilleur des mondes ? C’est cool de se voir proposer un contrat d’1/10ème temps ? Ben non.
Si le projet “modernisation du travail” est voté, on pourra toujours être rassuré de savoir que pour les personnes qui ont des petits régimes de travail, elles pourront avoir un complément chômage pour autant qu’elles soient engagées à au moins 1/10ème temps. Par contre, on est aussi en train d’entériner, sans se lever, qu’il sera bientôt normal, dans le monde du travail, de se voir proposer un contrat d’1/10ème temps. Youpee, donc.

J’ai cette image : un mec brûle une maison puis, après s’être barré en « stoemelings » avec ses lunettes et sa cravate, revient avec un seau d’eau pour sauver une plante car ses autres potes en cravate lui ont dit que “ça ferait bien”. Mais il s’en fout de la plante, c’est juste pour son image, car tout ce qui comptait pour lui, c’était de brûler la maison. Et ça, il l’a bien réussi, de la brûler cette maison. Et il le sait.
Bienvenue, copains copines, dans une Belgique qui, d’ici peu, entérinera probablement que oui, être engagé pour 1/10ème temps, c’est ok et normal. Pas grave, on aura droit à un complément chômage …

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