28 avril 2026
C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, lui et elles.
JEHOLETTERIES, chapitre 2 par Léon Michaux (sur FB)
Ainsi donc Pierre Yves Jeholet, ministre de l’inutilité sociale, trouve que dans les écoles on apprend à remplir un formulaire d’inscription à un syndicat ou de demande d’allocations sociales.
Outre que l’insondable bêtise de ces propos laisse augurer d’une chute vertigineuse de l’intellect de nos dirigeants, il n’est pas sûr que cette saillie puisse profiter à son parti de voleurs de poules.
Après s’être fait traiter de grosse feignasse professeur de paresse, quel enseignant normalement constitué va donner sa voix à un planqué professionnel qui dénigre le difficile et beau métier de transmission du savoir et du savoir vivre ensemble? Je vous le demande. Cette grosse bêtise de pistonné-pistonneur vient clôturer la grandiose semaine du MR qui aura vu le leader suprême Bouchez poser tout bien déguisé dans la mine de Blegny, symbole de la souffrance ouvrière et du patronat esclavagiste. On ne s’en lasse pas.
ALLERGIE par Jean-Pierre Froidebise (sur FB)
Je ne les ai jamais supportés, mais là ça y est, c’est l’allergie. Les entendre clamer à tout va ” qu’il faut redresser les finances de la Belgique ” et ” réparer tout ce que les gauchistes ont fait avant nous “, ce n’est plus possible. Il ne s’agit nullement d’un pseudo combat entre majorité et opposition, ni même entre gauche et droite, il s’agit de riches qui entendent l’être plus encore et de pauvres – ou en passe de le devenir – qui refusent de passer à la moulinette. Vous m’excuserez d’être aussi simpliste, mais franchement, je ne vois absolument plus rien d’autre à dire. Quant à la grossièreté de GLB, de son manque total d’empathie et de ses nombreuses violences verbales, il ne faut pas perdre de vue qu’elles représentent bel et bien la mentalité de son parti, sinon il y a longtemps qu’ils l’auraient foutu dehors. Je suis au grand regret de vous dire que j’espère que les choses ne vont PAS s’arranger, et qu’on fiche ce gouvernement à la poubelle, pour ne pas dire à la fosse septique, le plus tôt sera le mieux.
STATISTIQUES par Anne Löwenthal
Aujourd’hui, la « Libre » nous apprend que quand on vire des gens du chômage, il y a moins de gens au chômage. Vive la grande presse !
UN HARCÈLEMENT JUDICIAIRE par David Leloup (sur FB)
Claude Eerdekens médaille d’or aux championnats d’Europe des “SLAPPeurs”. Le bourgmestre plénipotentiaire d’Andenne (et Seilles avant la fusion des communes), pendant 52 ans non-stop, vient d’être “primé” à l’échelle européenne par une coalition d’ONG pour sa procédure-bâillon (SLAPP) contre une journaliste de Wilfried Mag.
Le socialiste termine en tête dans la catégorie des responsables politiques devant… la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Fallait le faire.
Cette “récompense” décernée par la Coalition Against SLAPPs in Europe (CASE) vise à dénoncer, de manière satirique, les acteurs qui utilisent des actions judiciaires abusives pour faire taire journalistes, ONG ou lanceurs d’alerte. Dans le cas d’Eerdekens (photo générée par IA par un facétieux ami), cela fait suite à sa procédure intentée en octobre 2024 contre la journaliste Mélanie De Groote, autrice d’un portrait investigué publié dans le magazine Wilfried après trois ans de travail. Une action en justice au civil qu’il a perdue sur toute la ligne en février dernier devant le tribunal de première instance de Namur, sans interjeter appel.
Récemment, dans Le Vif, Claude Eerdekens a annoncé une nouvelle offensive judiciaire contre la journaliste, cette fois au pénal, avec constitution de partie civile, pour lui réclamer 100.000 euros de dommages-intérêts. Après une première défaite au civil, c’est donc l’escalade pénale. Ce type de stratégie est précisément ce que dénoncent les ONG européennes : des procédures longues, coûteuses, et dissuasives, qui visent moins à gagner qu’à épuiser celles et ceux qui enquêtent.

« …de quoi relativiser ceux qui se plaignent de la pénibilité du travail aujourd’hui » (sic)
UNE INDÉCENCE SANS NOM par Julien Truddaïu
Cher Corentin de Salle,
C’est en tant que petit-fils de mineur italien que je vous écris en ce premier mai, pris d’une énorme nausée à la lecture de votre post.
🫥 Ainsi donc, vous êtes prêt à tout.
Votre parti a, depuis quelques années, décidé de récupérer la Fête du travail. Quand j’étais gosse, le monde du patronat, les partis libéraux et de droite avaient au moins la décence de laisser ce jour chômé aux travailleuses et travailleurs, aux prolétaires pour qui cette journée était à la fois un temps de repos, de solidarité, de partage et de luttes. Un jour où l’on se retrouvait au petit matin pour préparer la fête, où l’on échangeait autour d’un repas et de quelques verres, où l’on espérait des lendemains plus radieux en s’appuyant sur les conquêtes arrachées par les anciens. Un jour de mémoires et de futur.
Non seulement votre parti orchestre, depuis des décennies, une régression sociale comme peu de pays européens en ont connu, mais il le fait avec une constance froide : politiques d’austérité, flexibilisation à outrance, précarisation des statuts, salaires de misère qui annoncent des retraites de misère. Pendant que vous célébrez le « mérite », vous construisez méthodiquement des vies brisées.
Depuis quelques temps donc, vous vous employez à voler le 1er mai en vous accaparant ce jour symbolique, jusqu’à rebaptiser vos rassemblements « vraie fête du travail », comme si les syndicats, les socialistes, les communistes, les anarchistes et tous les autres n’avaient jamais existé. Vous détournez ce que la valeur « travail » signifie pour des millions d’ouvriers, d’employé·es, de chômeur·euses, d’exclu·es, pour en faire un décor marketing au service d’un projet qui vise exactement à affaiblir celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre.
Cher Corentin de Salle,
Cette année, vous avez franchi un cap.
Vous avez choisi de piétiner la mémoire d’un site minier où tant de nos aïeux et aïeules, souvent d’origine étrangère, sont descendus au fond, ont cramé des années d’espérance de vie, ont contracté des maladies professionnelles, parfois même perdu la vie. À l’endroit même de ce symbole, vous revenez, en quelque sorte, sur les lieux du crime de cette grande machine capitaliste qui a broyé des corps pendant des décennies, pour proposer… de continuer à exiger toujours plus des fils et filles, petits-fils et petites-filles de ces mineurs, que vos politiques précarisent, excluent et épuisent.
Et ce n’était visiblement pas assez. Vous, le directeur d’un centre d’études qui ne connaît de la mine que les visites guidées et les musées, vous avez décidé de poser avec un ancien mineur comme figurant pour vous mettre en scène avec « Michel », descendu à 14 ans dans la mine, contre la volonté de sa mère, pour mieux conclure qu’au fond, cela permet de « relativiser les propos de certains qui se plaignent de la pénibilité du travail aujourd’hui ».
Cher Monsieur,
Vous ne vous contentez plus de cracher sur la mémoire de nos grands-pères et grands-mères mais tentez de les instrumentaliser sans honte.
Vous transformez donc la saloperie qu’était le travail des enfants en argument de communication pour culpabiliser celles et ceux qui osent dire que leur travail les détruit, les use, les casse. Vous utilisez un ancien mineur comme caution morale pour expliquer à la caissière en horaire coupé, à l’aide-ménagère, au livreur, à l’infirmière en burn-out, au manutentionnaire au dos brisé, qu’ils et elles exagèrent.
À l’heure où votre gouvernement s’apprête à voter une réforme des pensions qui allonge les carrières, durcit l’accès au départ anticipé et punit celles et ceux qui n’arrivent plus à tenir jusqu’au bout, vous faites mine de ne pas avoir compris une chose : si un enfant de 14 ans descendait au fond, ce n’était pas une belle histoire de courage ni de mérite, mais bien la preuve d’un système qui forçait des gamins à risquer leur vie pour nourrir leur famille.
Votre post est un scandale et votre indécence sans nom.
Cher Monsieur,
face à votre prose nauséabonde et cynique, je préfère garder en mémoire les lignes de Zola que vous feriez bien de relire régulièrement :
« Le salariat est une forme nouvelle de l’esclavage, reprit-il d’une voix plus vibrante. La mine doit être au mineur, comme la mer est au pêcheur, comme la terre est au paysan… Entendez-vous ! La mine vous appartient, à vous tous qui, depuis un siècle, l’avez payée de tant de sang et de misère ! ».
ÉLOGE DE LA GRÊVE / TEXTE Léonard Vincent / LECTURE Jean-Pierre Darroussin
LA FLOTILLE INTERCEPTÉE par Fabien Gay (sur FB)
Au moins 11 bateaux de la flottille humanitaire Global Sumud Flotilla, en route pour Gaza, ont été interceptés dans les eaux internationales au large de la Crète.
Il s’agit une nouvelle fois, selon le droit maritime international, d’un acte de piraterie et d’un kidnapping de la part de l’armée israélienne. La France doit condamner avec fermeté ce nouvel acte contre la solidarité internationale et la paix.
Au moins 4 ressortissants français, dont Raphaëlle Primet, conseillère de Paris et co-présidente du groupe communiste, feraient partie des personnes kidnappées. Son bateau, Le Mystère, fait en effet partie de ceux qui ont été arraisonnés par la force.
Nous lui apportons, ainsi qu’à tous les membres de la flottille, notre pleine et totale solidarité. Nous exigeons sa libération immédiate, ainsi que celle de tous les participants. Leur but reste le nôtre : mettre fin au blocus sur Gaza pour permettre l’entrée de l’aide humanitaire !
L’émission décoloniale « Parole d’Honneur » (PDH) reçoit Rima Hassan.
QUEL CANDIDAT POUR LE PS FRANÇAIS ? par Stefano Palombarini (sur X twitter)
Thread (sérieux) sur PS et présidentielle. Deux évidences : 1/ il y aura un candidat sur la ligne socio-libérale : Glucksmann ou Hollande 2/ le PS n’aura ni la volonté ni la force de soutenir un candidat contre Glucksmann ou contre Hollande.
Pas la volonté. Si le PS avait vraiment rompu avec le hollandisme, il n’aurait pas hésité à censurer Bayrou puis Lecornu ; il n’aurait pas non plus tout fait pour saboter Nupes et NFP ; il ne se serait pas rangé derrière Glucksmann aux européennes, etc etc
Pas la force. Faure n’a pas gagné le congrès. Il a montré dans chaque occasion possible son incapacité de contrer la droite du parti. Droite qui se rangera derrière Glucksmann/Hollande, et alors soutenir un autre candidat serait aller à la scission, ca n’arrivera pas.
Jouvet, bras droit de Faure, l’a dit d’ailleurs (en privé) : on se rangera tous derrière Glucksmann (ou, j’ajoute, Hollande). Tout cela relève de l’évidence. Pourquoi alors ce festival de candidatures destinées au désistement ? Vallaud, Bouamrane, Guedj, Faure etc ? Pourquoi, aussi, Vallaud discute de “démarchandisation”, concept dont son futur candidat (Glucksmann ou Hollande) doit doucement rigoler ? Pourquoi Ridel sort un programme dont strictement tout le monde sait qu’il n’engage personne et qu’il ne sera pas respecté ? [5/8]
Simple. Le PS est au fond du trou : affaibli, divisé, avec un 1er secrétaire que personne n’écoute ni ne respecte. MAIS le PS a une armée médiatique à son service qui dit : sortez un truc quelconque qui nous permette de parler en bien de vous, on est là pour vous aider.
Du coup : Vallaud et la démarchandisation, Guedj très, très à gauche et très, très républicain, Ridel, et Faure qui veulent tourner la page de la socialdémocratie : n’importe quoi, mais ça fait parler Libé France Inter et les autres.
FAITES VOS JEUX ! par Henri Maler (sur X Twitter)
Candidats déclarés ou potentiels hors LFI et se prétendant “de gauche”. En vrac : Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Raphaël Gucksmann, François Hollande, François Ruffin, Jérôme Guedj, Marine Tondelier, Clémentine Autain, Boris Vallaud, Fabien Roussel. Consternant! Faites vos jeux
IL DEVRAIT LIRE FRANÇOIS HÉRAN par Edwy Plenel (sur X Twitter)
« Hostile à l’immigration de travail », pas de « médecins algériens, tunisiens ou roumains » ni de « main-d’œuvre subsaharienne » : François Ruffin s’égare en terres xénophobes. Et fait preuve d’une grande ignorance (il devrait lire François Héran).
PIROUETTE par Stefano Palombarini (sur X Twitter)
Comme prévisible (et prévu), les « unitaires » vont passer de « danger, danger, il faut absolument un candidat unique », à « il vaut mieux cinq ou six candidats que deux ».
LA PRIME MACRON-RUFFIN DE 1000 EUROS par Manuel Bompard (sur X Twitter)
Je suis très surpris par la proposition de François Ruffin car il s’opposait avec nous au même dispositif, la prime Macron, il y a quelques années. 1 euro de prime c’est équivalent à une baisse de salaire de 40 centimes. La meilleure solution pour le pouvoir d’achat et la Sécurité sociale, c’est l’augmentation des salaires.
QUAND ON VEUT LA VICTOIRE DE LA GAUCHE... par « L’insoumission »
« Quand on veut la victoire de la gauche, on ne passe pas son temps à s’en prendre à celui qui a le plus de chances d’y arriver ! » – Bompard fustige ceux dont le seul programme politique est de s’en prendre à Jean-Luc Mélenchon « À vrai dire, ces personnes me sidèrent. Ces gens sont incapables de se mettre d’accord entre eux, tout en passant leur temps à taper sur Jean-Luc Mélenchon. Lorsqu’on veut la victoire de la gauche, on ne répand pas ainsi autant de découragement à longueur de plateaux. »
LA CHRONIQUE D’ANTOINE LÉAUMENT SUR TOTAL ET LE RN :
TIENS, VOILA DU POULET par Babar le Rhinocéros (sur X Twitter)
Allez pour changer j’vais parler un peu sérieusement du truc Master Poulet.
Déjà j’pense que personne ne défend spécifiquement Master Poulet, on pointe juste l’absurdité totale des attaques de Karim Bouamrane.
Dans une ville comptant 45 fast-foods, on ne peut pas attaquer spécifiquement l’un d’entre eux sans raison (et avec des raisons officieuses inavouées de mépris de classe et de guerre contre le Halal).
Surtout, on ne combat pas la bouffe pas chère en attaquant la bouffe elle-même, mais en combattant la précarité à sa source. Quand le rayon œufs du Franprix est vide, quand dans un grand fast-food concurrent le menu « 9 nuggets frites Coca » est à 14€, pas étonnant que Master Poulet, qui vend le poulet entier à 7,5€, soit populaire.
Et si on combat la malbouffe on doit rester cohérent, combattre les pesticides (Loi Duplomb), se battre pour le bien-être animal, se battre pour une éducation sur la nutrition à l’école, etc … Une simple friterie Belge n’a rien de plus sain qu’un Master Poulet, des exemples similaires il y en a des centaines, et un tas de produits vendus en supermarché sont de qualité inférieure à Master Poulet, et on ne va pas les interdire pour autant.
Même le saumon, pourtant considéré comme un produit de luxe, est élevé dans des méga fermes où ils vivent les uns sur les autres, dans leur merde, et bourrés d’antibiotiques, ce qui nous met en danger car les bactéries développent des résistances et réduit l’efficacité des antibiotiques sur les humains.
Je prends cet exemple au hasard, pour montrer que c’est un combat global qu’il faut mener. Donc ne venez pas nous faire croire que le combat contre la malbouffe et la précarité serait un combat contre une enseigne de fast-food parmi des centaines/milliers en France, qui plus est un combat mené au mépris de la loi, à coup de blocs en béton, de vidéos Tik-Tok et de pots de fleurs qui sentent la merde, payés par le contribuable Audonien.
L’ENTERREMENT DE LA MÉDIATHÈQUE par Étienne Bours (sur FB)
Ce jeudi 23 avril 2026, j’ai participé à l’enterrement de la Médiathèque. Nous étions nombreux, anciens et actuels membres du personnel. Un soleil printanier nous a fait l’honneur de sa présence et les sourires de ces dizaines de collègues n’étaient pas des parures de façades. On se retrouvait comme on se retrouve sur le parvis de l’église à la sortie de la cérémonie. Que deviens-tu, comment vas-tu, content de te revoir. Chaleur humaine non feinte, souvenirs émus… on enterrait notre passé, nos engagements, nos idées, nos passions…
Un quidam de passage nous aurait pris pour une joyeuse bande de fêtards. Qu’il se détrompe. Nos sourires mangeaient nos larmes. Sur le parking, les containers étaient remplis de nos vies, de nos recherches, de nos dossiers, de disques même : le vinyle « Giant steps » de Coltrane trônait, nu, au milieu des déchets d’une institution culturelle violemment rejetée par un gouvernement imbécile. Un symbole qui hurle comme un tableau de Munch.
Mais derrière notre bonne humeur rampait visible, tangible, une vraie détresse, celle de ceux qui y travaillent encore. Pour un ou deux jours, voire une ou deux semaines.
C’est à eux que je pense, c’est pour eux que j’ai envie de pleurer, c’est avec eux que je suis furieux. Lorsque nous, les anciens, avons quitté ou dû quitter le navire nous savions que ce que nous avions contribué à construire allait continuer à vivre et à se développer entre de bonnes mains : celles de tous ceux qui aujourd’hui doivent quitter aussi. Certes ce ne fut pas évident. Il y eut des moments erratiques où de mauvaises décisions furent prises par certains directeurs à moins que ce soient certaines décisions prises par de mauvais directeurs. Mais au moment où tout repartait sur les meilleurs rails possibles, au moment où, enfin, les collections devenaient accessibles dans tout le réseau des bibliothèques, à ce moment même, les chasseurs de la droite dure ont tiré sur une institution valide prétendant qu’elle ne l’était plus.
Alors oui cette nuit, toute cette nuit, j’ai pensé à ceux qui ont travaillé dans cette noble institution jusqu’au dernier moment. Le ministère de la culture leur a donné une scie et leur a dit « coupez la branche sur laquelle vous êtes assis ». Tombés sur le sol et meurtris par la chute, on leur a remis la scie entre les mains et on leur a dit » maintenant coupez l’arbre ». Mais ils savaient, et nous savons tous, qu’ils abattaient un arbre remarquable. Hier, jeudi 23 avril 2026, j’ai vu cet arbre remarquable couché sur le sol, abattu alors qu’il pouvait encore vivre des centaines d’années. Et je pense à tous ceux qu’on a obligé à devenir bûcherons chômeurs. Et je les salue.
LA SECONDE LETTRE DE GUÉANT par Patrick Champagnac (sur X Twitter)
Pourquoi la seconde lettre de Claude Guéant, qui enfonce certainement définitivement la pitoyable défense de Sarko lors de ce procès en appel, n’a pas fait l’objet d’une grande curiosité par nos médias. Peu de reprises de presse, peu d’articles consacrés à ce procès, pourtant riche en rebondissements … Cette discrétion, permettra aux commentateurs, si Sarko est une nouvelle fois condamné à de la prison ferme, et s’il retrouve le chemin de la Santé de s’apitoyer sur son sort, comme ils l’ont fait lors du premier procès, dès la sentence rendue … On fait l’impasse sur le déroulement des audiences, et on commente après coup, pour faire pleurer dans les chaumières, sur la dureté du jugement et l’injustice faite à Sarkozy. Le scénario est écrit d’avance …
1er MAI: CE QUE NOUS FAISONS DU TRAVAIL, CE QU’IL FAIT DE NOUS par Rudy Demotte (sur FB)
Il y a des jours que l’on traverse sans y penser, et puis il y a le 1er mai, qui vous arrête presque malgré vous. Non pas comme une injonction, mais comme une légère résistance du temps. Quelque chose qui insiste.
Je ne peux m’empêcher, chaque année, de remonter le fil. Non par goût de la commémoration, mais parce que certaines origines éclairent plus qu’elles n’alourdissent.
À Haymarket, en 1886, des hommes et des femmes ont formulé une demande d’une sobriété presque déroutante : que la vie ne soit pas entièrement absorbée par le travail. Huit heures pour produire, huit heures pour se reposer, huit heures pour exister. Il a fallu que cette évidence rencontre la violence pour s’inscrire dans le droit. L’histoire sociale a cette rudesse. Elle ne progresse pas à pas feutrés.
Nietzsche, que l’on convoque rarement dans les cortèges du 1er mai, avait pourtant tranché avec une brutalité lumineuse : “Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour lui-même est un esclave, qu’il soit d’ailleurs ce qu’il veut : politique, marchand, fonctionnaire, érudit.” Voilà posée, en une phrase, la question que le mouvement ouvrier allait mettre des décennies à traduire en droit. Non pas la suppression du travail, mais la reconquête du temps. Ce temps que l’on tient dans la main comme une montre ancienne, et dont le cadran ne devrait pas afficher seulement les heures données à autrui.
Ce qui me frappe, avec le temps, c’est que le 1er mai ne célèbre pas seulement une conquête. Il pose une question, toujours ouverte, presque obstinée : qu’est-ce qu’une vie humaine lorsqu’elle est livrée aux seules logiques de production ?
Hannah Arendt rappelait, dans Condition de l’homme moderne, qu’il ne faut pas confondre ce qui relève de la nécessité et ce qui ouvre un espace de sens. Le travail permet de vivre. Il inscrit aussi chacun dans le monde commun. Mais il ne saurait, à lui seul, donner toute sa mesure à l’existence.
Autrement dit, il nous fait tenir debout, sans jamais suffire à nous définir.
On pourrait croire la leçon acquise. Elle ne l’est jamais tout à fait. Marx notait que le travailleur s’appauvrit à mesure qu’il enrichit le monde. L’aphorisme dérange, mais il désigne un risque toujours présent : celui d’un monde où l’accroissement des moyens ne se traduit pas nécessairement par un élargissement des possibles pour chacun.
Ce qui se jouait hier dans les rues de Chicago se rejoue aujourd’hui sous d’autres formes, plus diffuses, parfois moins visibles. Dans la fragmentation des parcours, dans l’incertitude des statuts, dans cette fatigue sourde qui traverse des existences pourtant hyperconnectées. Le travail s’est dématérialisé, accéléré, parfois désincarné. Et avec lui, une question revient, presque intacte : à quoi, et à qui, sert-il encore ?
C’est là que le 1er mai rejoint, presque naturellement, cette trilogie que nous avons parfois trop polie pour en sentir encore la vigueur.
L’égalité, d’abord. Non pas comme une mécanique d’uniformisation, mais comme une exigence de considération. Rawls le formulait avec une précision presque géométrique : une société juste est celle où les inégalités ne sont acceptables que si elles améliorent le sort des plus vulnérables. Le reste n’est que rhétorique.
La liberté, ensuite. Isaiah Berlin distinguait la liberté de et la liberté pour. Être libre, ce n’est pas seulement ne pas être empêché. C’est pouvoir effectivement orienter sa vie. Et cela suppose des conditions matérielles, sociales, culturelles que le travail peut construire ou, lorsqu’il se rigidifie, réduire à néant.
Reste la fraternité. Le mot paraît fragile dans un monde qui valorise la performance et l’autonomie. Pourtant, il est peut-être le plus exigeant des trois. Camus écrivait que la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. La fraternité, c’est cela précisément : une attention active à l’autre, ici, maintenant, sans attendre les conditions idéales. Elle ne se décrète pas. Elle se pratique. Et le travail, dans ce qu’il organise de relations humaines, en est un terrain discret mais décisif.
Ce que j’aime, au fond, dans le 1er mai, c’est qu’il échappe aux simplifications. Il n’appartient à personne. Chacun peut y entrer avec son histoire, ses convictions, ses réserves aussi. Il propose une halte, presque une respiration, dans le flux des évidences. Le temps de vivre, enfin. Il nous rappelle que le travail n’est ni un absolu ni un simple instrument. Qu’il est une réalité ambivalente, capable d’émanciper comme de contraindre. Produire sans épuiser. Organiser sans enfermer. Avancer sans oublier ceux qui peinent à suivre. Dans ce fragile équilibre se joue quelque chose d’essentiel : la possibilité d’une société qui ne renonce ni à la justice, ni à la liberté, ni à ce lien ténu et pourtant indispensable qui nous fait, malgré tout, appartenir à une même humanité.
Rudy
« L’ENTRETIEN D’EMBAUCHE » DE FRANÇOIS RUFFIN
Pour celles et ceux qui voudraient « juger sur pièce ». Pour ma part, gros malaise devant l’infantilisation permanente du public et le contenu programmatique (notamment sur l’immigration et le travail). Une mauvaise pièce mal jouée. Quand le vice-président de votre association, qui joue le « Mr Loyal » au micro en lisant son papier, dit qu’il vous soutient parce que vous avez « du cœur, des tripes et de l’humour », on est à peu près au degré zéro de la politique. (C. S.).


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