C’ES (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, eux et elles

LE 8 MAI ET LES JOURS HEUREUX par Julien Truddaïu (sur FB)

Se souvenir que le 8 mai n’est pas férié en Belgique. Il marque la fin d’une guerre. La capitulation des nazis. Se souvenir de l’odeur des gerbes que l’on déposait au lever du drapeau. D’années en années, les gamin·es prenaient conscience de ce que les longues listes de noms signifiaient. D’années en années, ils voyaient les grands-pères, grands-mères et les camarades se courber un peu plus, puis venir moins ombreuses et nombreux.
Se souvenir de leurs péripéties, de la torture que des Français infligeaient à d’autres, au nom d’une idéologie qui reste tapie dans l’ombre.
Se souvenir de ses larmes au petit matin des 8 mai, de ses grandes conversations d’adultes : parachutages, boches, camps, abattus, fusillées. Des mots qui sonnaient et résonneraient chaque année.
Se souvenir de ce jeune préfet, en 1940, fraîchement nommé à Chartres quand la France signe l’armistice, à qui un matin, l’armée allemande demande de signer un document : les troupes noires de la « Coloniale » française, du 26ème régiment auraient assassiné et violé des habitant·es des environs.
On demande au jeune préfet qu’il confirme leur responsabilité en apposant sa signature au bas d’un protocole. Il refuse en disculpant sans hésiter les Tirailleurs Sénégalais. Torturé, on l’enferme pour la nuit. Il se tranche la gorge pour éviter de craquer.
Sauvé de justesse, il basculera dans la clandestinité les semaines suivantes et fera le tour de France pour dresser un premier bilan des forces résistantes. La suite est plus connue, Jean Moulin, père du Conseil National de la Résistance unifiera les mouvements intérieurs jusqu’à son arrestation et sa mort.
Se souvenir que le 8 mai est un jour pas comme les autres, même si beaucoup oublient encore trop souvent ce à quoi cette date a mis fin.
On attendait avec impatience Les Jours Heureux.

EDOUARD PHILIPPE, « ÉLU » DES MÉDIAS par Patrick Champagnac (sur X Twitter)

Edouard Philippe qui se distingue autant par la platitude de ses discours, que par son triste bilan de premier ministre de Macron (casse du code du travail, baisse des APL, répression sauvage du mouvement des gilets jaunes, explosion de l’endettement du pays, montée des inégalités et de la pauvreté …) , qui projette de faire bosser les Français jusqu’à 67 ans est devenu la coqueluche, d’une certaine presse.
Celle qui se pâmait d’aise devant Balladur, avait adoubé Juppé, avant de soutenir Macron, rêve depuis toujours d’une alliance des centres, projet avorté depuis la défaite de Giscard qui en avait lancé l’idée …” Deux français sur trois ”. Ce revival de la vie politique française, n’est qu’une resucée, ce n’est pas une nouveauté, cette alliance des modérés, se distingue chaque fois qu’elle a été au pouvoir par une rare brutalité, autant politique que sociale.

Prétendant incarner le camp du bien, celui du bon sens, ceux qui en sont l’expression ne peuvent supporter qu’on ne se prosterne pas unanimement, qu’on ne reconnaisse pas leur compétence. Eux « savent », ils sont faits pour gouverner, ce sont des élus au sens quasi religieux du terme.
Philippe est la dernière incarnation du phénomène. Tout va être fait pour nous le fourguer, y compris fantasmer sur l’hypothèse d’un ralliement dès le premier tour de certains secteurs de la ” gauche ” tétanisés par la perspective d’un second tour Mélenchon – Le Pen. Exactement le même scénario qui a favorisé Macron. Ces gens sont persévérants même s’ils n’ont pas beaucoup d’imagination … On les voit venir …

LE BOULANGER DE L’APOCALYPSE ET LE DIABÈTE par Mousse Ouriaghli (sur FB)

Ce matin, je vais chercher une baguette marocaine dans une boulangerie bien sûr marocaine ;))
Ambiance tranquille, on rigole, petite discussion légère… et là le boulanger me regarde sérieusement :
— « Faut te préparer hein. »
Je dis :
— « Me préparer à quoi ? »
— « À la mort. T’as plus de 50 ans maintenant… faut préparer ton lit… tes draps… »
Ah.
Le gars voulait juste me vendre une galette, il m’a finalement vendu l’Apocalypse.
Moi je suis venu pour une baguette, je repars avec un rappel existentiel.
Alors je lui dis :
— « Écoute… avant de préparer ma mort, je vais déjà essayer de préparer mon vivant. »
Parce que c’est quand même étrange : à partir d’un certain âge, certains te regardent comme si t’étais déjà en préchauffage pour l’au-delà.
Genre : « Lui, il rigole encore… il n’a pas compris le programme. »
Mais moi je trouve ça magnifique d’être encore vivant à plus de 50 ans.
J’ai encore faim, encore envie de rire, encore envie d’aimer, encore envie de chanter…
et surtout encore envie de manger du pain chaud sans qu’on me parle directement des draps mortuaires.
La prochaine fois, je vais juste demander une tarte au sucre. Avec un peu de chance, il me parlera seulement du diabète ;-).

BONUS MALI par Bally Bagayoko

Monsieur Hervouet, J’ai entendu vos propos sur CNEWS : « La France a perdu le Mali, et nous on a Bally Bagayoko, un maire malien en France. » Je veux vous répondre avec calme, mais avec clarté.
Je suis un élu de la République française. Je suis Français. Né de l’histoire de l’immigration, certes, fier de mes origines familiales, évidemment, mais pleinement Français et pleinement légitime dans les responsabilités que les citoyens m’ont confiées par le suffrage universel. En me qualifiant de « maire malien en France », vous ne parlez pas seulement de moi. Vous dites à des millions de Français issus de l’immigration qu’ils resteraient éternellement renvoyés à une origine, quelle que soit leur place dans la société, leur engagement ou leur attachement à la République.
Ce qui est également préoccupant, c’est que ce type de propos est devenu si fréquent sur CNEWS qu’il est désormais difficile de parler de simple « dérapage ». Un dérapage suppose l’exception. Or lorsque des amalgames identitaires, des sous-entendus sur la légitimité de certains Français ou des oppositions permanentes entre origines et appartenance nationale deviennent récurrents, cela révèle une ligne éditoriale et un climat idéologique plus profonds.

Cette banalisation est dangereuse pour le débat public. Elle nourrit la suspicion, fracture la communauté nationale et installe l’idée qu’il existerait des Français plus légitimes que d’autres. Cette vision est une impasse. Elle l’est aussi dans notre rapport à l’Afrique. Depuis plusieurs années, les peuples africains expriment une aspiration profonde à être respectés comme des partenaires souverains, traités d’égal à égal, et non plus comme d’anciennes colonies sur lesquelles la France conserverait une forme de tutelle politique, militaire ou culturelle. La France doit entendre ce message. Notre pays ne peut plus penser sa relation avec le continent africain à travers les réflexes d’une autre époque.
Le temps du paternalisme et des logiques postcoloniales est révolu. Une nouvelle doctrine diplomatique doit émerger : fondée sur le respect mutuel, la coopération équilibrée et la reconnaissance pleine des souverainetés africaines.

Le Mali n’a pas été « perdu » comme on perdrait un territoire ou une possession. Le Mali est un État souverain. Et si les relations entre nos deux pays traversent aujourd’hui une crise profonde, cela doit nous conduire à réfléchir avec lucidité sur les erreurs commises et sur la nécessité de reconstruire des liens plus justes. Faire le parallèle entre cette situation géopolitique et mon élection comme maire en France révèle précisément le problème : l’idée persistante que des Français comme moi seraient toujours perçus à travers le regard de l’ancienne relation coloniale. Je refuse cette assignation. Je suis un élu français. Je sers la République française. Et je continuerai à défendre une France fidèle à ses principes : l’égalité, la citoyenneté et le respect de la dignité de chacun.

LA BD DE RUFFIN. JUSTE UNE CRITIQUE JUSTE  par Antoine Goya (sur Youtube)

STOP AUX VISITES DOMICILIAIRES ! par Christine Mahy (sur FB)

Le Réseau ADES met les points sur les i ! Arguments Bidon des Engagés !
Hier, un collectif de citoyen·ne·s, d’hébergeur·euse·s solidaires, d’activistes et de personnes exilées ont campé une nuit devant le siège des Engagés pour la dignité des personnes sans-papiers. Une action coup de poing qui… était la réplique exacte de celle menée par ce parti, en 2022, quand il était alors dans l’opposition au fédéral et demandait au gouvernement plus de respect pour les droits fondamentaux des personnes exilées.
De même, depuis 2018, le parti s’opposait farouchement aux visites domiciliaires, ces rafles organisées jusque dans des habitations privées pour expulser des personnes sans titre de séjour. Une atteinte à la vie privée, à la solidarité et l’hospitalité, à l’inviolabilité du domicile.
Ils disaient alors : “𝐿𝑎 𝑝𝑜𝑠𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑐𝑑𝐻 𝑠𝑒𝑟𝑎 𝑡𝑜𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑢𝑛𝑎𝑛𝑖𝑚𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑖𝑏𝑒𝑟𝑡𝑖𝑐𝑖𝑑𝑒, 𝑞𝑢𝑖 𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑣𝑖𝑜𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑟𝑜𝑖𝑡𝑠 𝑓𝑜𝑛𝑑𝑎𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑖𝑒́𝑡𝑒́ 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑙𝑖𝑏𝑒𝑟𝑡𝑒́ (…) 𝐼𝑐𝑖 𝑖𝑙 𝑦 𝑎 𝑑𝑒𝑠 𝑒́𝑙𝑒́𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑓𝑜𝑛𝑑𝑎𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠𝑞𝑢𝑒𝑙𝑠 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑛𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑖𝑔𝑒𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑎𝑠.”
Aujourd’hui pourtant, les Engagés participent à un gouvernement fédéral aux politiques migratoires particulièrement inhumaines : tentatives de contournement des décisions de la Cour constitutionnelle, familles demandeuses d’asile avec enfants devant à nouveau dormir dans la rue, pressions sur la Cour européenne des droits de l’homme pour permettre de renvoyer des migrant·e·s vers des pays où ils ou elles risqueraient la torture, collaboration avec le régime taliban pour y renvoyer des Afghan·e·s en exil, remise en cause de l’interdiction de l’enfermement d’enfants en centres fermés et récemment, projet des « visites domiciliaires ».
𝗗𝗲́𝘀𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁, 𝗹𝗮 𝘁𝗲̂𝘁𝗲 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶 𝗱𝗲́𝗳𝗲𝗻𝗱 𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗶𝘀𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗺𝗶𝗰𝗶𝗹𝗶𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀, 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝘆 𝗮𝘂𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲𝘀 « 𝗯𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲𝘀 » 𝘀𝘁𝗿𝗶𝗰𝘁𝗲𝘀. Dans les médias depuis notre action de hier soir, ils répètent ces éléments de langage.
Qu’en est-il vraiment ? DEBUNK des principaux arguments entendus.
𝟭. « 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗶𝗳𝗳𝗲́𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁 𝗽𝗿𝗲́𝗰𝗲́𝗱𝗲𝗻𝘁 : 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗹’𝗮𝗰𝗰𝗼𝗿𝗱 𝗱’𝘂𝗻 𝗷𝘂𝗴𝗲 𝗱’𝗶𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 ! »
Les Engagés expliquent qu’ils étaient opposés aux visites domiciliaires en 2018 mais qu’aujourd’hui ce serait tolérable parce qu’il faut un accord d’un juge d’instruction pour vérifier la « proportionnalité » de chaque visite domiciliaire dans le projet Arizona.
Sauf que le texte de 2018… prévoyait un accord d’un juge d’instruction. Et les Engagés y étaient alors quand même farouchement opposés.
𝟮. « 𝗔𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗮̀ 𝘂𝗻 𝗷𝘂𝗴𝗲 𝗱’𝗶𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗹𝗮 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗼𝗿𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲́𝗲 ! »
Dans ce cas, pourquoi les juges d’instruction, qui sont quand même les meilleurs connaisseurs de leur métier, tirent la sonnette d’alarme sur ce projet des visites domiciliaires ?
En réalité, dans le projet actuel, le juge d’instruction doit donner un accord sur base d’un dossier, il peut assortir sa décision de modalités, mais c’est tout. Il n’y a ensuite aucun droit de recours d’un·e citoyen·ne qui subirait une visite de la police de son domicile à 5h du matin, contre cette décision. Et surtout, les visites domiciliaires auraient lieu sans les garanties offertes par une procédure pénale.
𝟯. « 𝗖𝗮 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗿𝗻𝗲𝗿 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀 𝗱𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿𝗲𝘂𝘀𝗲𝘀, 𝗿𝗮𝗱𝗶𝗰𝗮𝗹𝗲𝘀 ! »
Le projet du gouvernement dit cibler les personnes dont on croit qu’elle pourraient potentiellement former un « danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale ».
Des notions floues, sur un danger potentiel futur non avéré, que les articles du projet de loi ne précisent pas. L’association syndicale des magistrats dit par exemple que « le danger pour l’ordre public » peut concerner des personnes sans domicile fixe, ou des personnes ayant des troubles de santé mentale. Mendier en rue, participer à une manifestation non autorisée, travailler au noir : ce sont des troubles à l’ordre public…
Mais surtout, si une personne est *réellement* dangereuse : la loi actuelle permet déjà à la police de pénétrer de force dans un domicile privé pour arrêter une personne et fouiller les lieux (et elle ne se préoccupe alors que du danger, pas de la question des papiers) ! Cela s’appelle les mandats d’arrêts et de perquisition qui ont lieu dans le cadre d’une *procédure pénale*. Le·a juge d’instruction ouvre un dossier, le suit, réclame des éléments d’enquête ; il y a toute une série de garanties préalables pour délivrer un mandat. Et les citoyen·ne·s ont des droits de recours, peuvent bénéficier des services d’un·e avocat·e, etc.
Pour les réels cas dangereux, la loi actuelle suffit déjà. Et c’est d’ailleurs ce que… Yvan Verougstraete, président des Engagés, a reconnu dans une récente interview dans la Libre. Pourquoi alors créer un nouveau cadre légal, retirant des protections aux citoyens, et spécifiquement pour des personnes sans papiers ou leurs hébergeur·euse·s, si la loi suffit déjà ?
Les visites domiciliaires se feraient en dehors du cadre d’une procédure pénale. Vouloir priver des personnes des garanties offertes par une procédure pénale, spécifiquement parce qu’elles n’ont pas les bons papiers – ou parce qu’elles sont hébergeuses solidaires de celles-ci, c’est un projet XÉNOPHOBE.
𝟰. « 𝗟𝗲𝘀 𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗲́𝗴𝗲́·𝗲·𝘀! »
Le texte de loi dit précisément l’inverse. Certes, des enfants ne peuvent pas être arrêté·e·s dans le cadre d’une visite domiciliaire, mais oui, le·a juge d’instruction peut autoriser une visite domiciliaire si des enfants vivent au domicile. Des enfants pourraient donc bien être réveillé·e·s, et traumatisé·e·s, par les sirènes de la police à 5h du matin, venue arrêter une personne exilée que la famille hébergeait.
𝟱. « 𝗟𝗲𝘀 𝗵𝗲́𝗯𝗲𝗿𝗴𝗲𝘂𝗿·𝗲𝘂𝘀𝗲·𝘀 𝗻’𝗼𝗻𝘁 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗮̀ 𝗰𝗿𝗮𝗶𝗻𝗱𝗿𝗲 ! »
Absolument pas. Bien sûr que que ce ne sont pas les hébergeur·euse·s mais leurs invité·e·s qui pourraient être arrêtés dans le cadre d’une visite domiciliaire. Mais le texte permet tout à fait de rentrer dans un domicile privé d’un citoyen solidaire qui a fait preuve d’hospitalité en hébergeant une personne exilée vulnérable qui avait besoin d’accueil. Dès 5h du matin. En forçant la porte s’il le faut. Et le domicile pourra être fouillé.
Le Conseil d’Etat s’est d’ailleurs particulièrement alarmé de la violation des droits fondamentaux des « tiers », soit, les autres habitant·e·s du domicile ciblé par une rafle.
Le Premier Ministre Bart de Wever ne cache, du reste, pas sa volonté de vouloir dissuader les mouvements de solidarité avec les personnes exilées. Dans une interview récente dans le Soir, il se justifiait sur sa volonté de tenter de contourner les décisions de la Cour constitutionnelle le plus rapidement possible en matière de migration en disant à propos de personnes sans titre de séjour que « on vit dans un monde où les avocats et les ASBL mobilisent des milliers de gens qui vont profiter de [nos règles actuelles] pour s’installer dans ce système. On va mettre fin à ça ». Glaçant.
𝟲. « 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗮𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗶𝗳𝗳𝗲́𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁 𝗽𝗿𝗲́𝗰𝗲́𝗱𝗲𝗻𝘁 : 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗼𝗻𝘀 𝗴𝗮𝗴𝗻𝗲́ 𝗱𝗲𝘀 𝗯𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲𝘀 ! »
Oui, quelques virgules ont changé entre le projet de visites domiciliaires en 2018 et le projet de visites domiciliaires en 2026. Mais l’essence du texte est la même. Ce n’est pas nous qui le disons. C’est ce que dit Myria, le centre fédéral Migration. C’est ce que disent les avocats. C’est ce que dit la société civile. C’est ce que dit le Conseil d’Etat, qui a carrément copié-collé ses critiques précédentes dans son nouvel avis ! Et c’est même ce que dit la ministre N-VA qui porte le projet…
C’est donc seuls contre tous que les Engagés disent que le texte a fondamentalement changé…
Et certes, il y a quelques balises nouvelles… Mais à nouveau : aucune n’offre le cadre de garanties classiques que permettent déjà le mandat d’arrêt ou le mandat de perquisition dans le cadre d’une procédure pénale.
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Aujourd’hui, le vice-premier Ministre Maxime Prévot, et la tête de son parti, défendent honteusement les visites domiciliaires.
Mais il faut aussi entendre une autre musique.
A La Louvière, à Verviers, à Perwez, à Genappes, 𝗱𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝘂·𝗲·𝘀 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗶𝘀𝘁𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗶𝗯𝗲́𝗿𝗮𝘂𝘅 𝗹𝗼𝗰𝗮𝘂𝘅 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗮𝗿𝗼𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗶𝘀𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗺𝗶𝗰𝗶𝗹𝗶𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀, votent des motions, et s’y opposent. Dans d’autres endroits, à Nivelles, à Bruxelles-Ville, des Engagés s’abstiennent de voter et permettent aux motions communales d’être adoptées. Un député fédéral des Engagés a exprimé son malaise sur la question.
Le réseau ADES appelle les Engagés à écouter la société civile, les hébergeur·euse·s, les juges d’instruction, les avocat·e·s, les citoyen·ne·s… mais aussi à écouter sa propre base.
Il est encore temps de retrouver le chemin des convictions que l’on défendait jusqu’il y a peu.
Il est encore temps de mettre au frigo ce projet xénophobe, qui criminaliserait les personnes sans papiers, et effrayerait les courageux citoyen·ne·s qui résistent à l’air du temps, et ouvrent leurs portes avec hospitalité.
𝗦𝘁𝗼𝗽 𝗮𝘂𝘅 𝘃𝗶𝘀𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗺𝗶𝗰𝗶𝗹𝗶𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 !

LA TOUJOURS INTÉRESSANTE CHRONIQUE DE LA SEMAINE D’ANTOINE LEAUMENT:

85% DE CIVILS par Hugues Le Paige (sur FB)
Remarquable interview de Rony Brauman dans Le Soir de ce samedi 16 mai. L’ancien président de Médecins sans Frontières explique notamment à Baudoin Loos pourquoi il faut qualifier la guerre israélienne de génocidaire. Tout est dit.
Extrait : « Jamais on n’a vu autant de travailleurs sociaux ou humanitaires être ciblés. Jamais on n’a vu autant des destructions systématiques du bâti. Jusqu’à 80 % du bâti de Gaza est aplati ou inutilisable. Jamais on n’a vu autant de femmes et d’enfants être tués dans un conflit. L’Unicef indiquait que la guerre à Gaza avait fait plus de morts que tous les conflits de ces dernières décennies réunis. Jamais on n’a vu autant de journalistes tués. Et le personnel médical ! Plus d’une centaine de tués, plusieurs centaines arrêtés, détenus, qui restent aujourd’hui prisonniers dans des conditions effroyables assimilables à de la torture, d’ailleurs pratiquée de manière très large. Et des milliers d’arrestations arbitraires, sans dossiers, sans jugement ni date de sortie. Et puis enfin il y a ces chiffres, de l’armée israélienne, montrant qu’au moins 85 % des victimes sont des civils. Un record qui ne comptabilise pas les ensevelis sous les décombres. C’est une proportion inédite qui démontre la guerre de terreur méthodique et cruelle menée par les Israéliens. Cet acharnement a tout d’un Etat fascisant, suprémaciste, de plus en plus violent et qui n’entend rien d’autre que sa propre raison. Il s’agit de terroriser les Palestiniens, de leur envoyer un message clair : vous n’avez aucun avenir sur ce territoire.
Rendez-vous ce dimanche 17mai à 14.00 à Bruxelles (Gare du Nord) pour “La Marche Internationale” en solidarité avec le peuple palestinien et pour la fin de l’impunité d’Israël.

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