C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, eux et elles

DES NOUVELLES (PAS FRAÎCHES) DE FLANDRE par Bernard De Vos Dumont.

En Flandre, le gouvernement, associé à De lijn, a eu la brillante idée de réaliser 11 millions d’économie en supprimant plus de 200 lignes de ramassage scolaire. Les premiers concernés auraient été les enfants de l’enseignement spécialisé. La mesure a provoqué un vif émoi au parlement. Jusque dans la majorité. La meilleure réplique revenant à Jos D’Haese, du PVDA, qui a ironisé : « Je propose de mettre tout le gouvernement dans un bus. Vous roulez ensuite pendant trois heures à travers la Flandre avant de venir travailler ici au parlement. »
Face à la pression politique et aux inquiétudes des familles, le gouvernement flamand a finalement décidé de renoncer aux économies prévues. Et même de débloquer de nouveaux moyens financiers pour maintenir les lignes concernées.
Du côté de la FWB, les écoles ont récemment reçu une circulaire, un poil surréaliste, concernant les fortes chaleurs. Celle-ci prévoit que l’enseignement doit continuer coûte que coûte et que ce n’est qu’à partir de 40 degrés en classe que les établissements peuvent envisager « d’alléger les horaires de l’après-midi, de concentrer les apprentissages principaux en matinée ou de suspendre temporairement les activités collectives et non essentielles » (sic).
Pour autant que les enfants soient toujours en vie voudrait-on ajouter ! Connaissant l’état de nos écoles, il y a peut-être lieu de s’inspirer de l’exemple de nos amis du Nord du pays. Et inviter, dès ce lundi, les parlementaires à venir mener leurs débats dans des classes surchauffées à 40 degrés. Et permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité dans les bâtiments climatisés du parlement.

Sophie Tlk vous résume la situation ;-).

ÇA MARCHE ! par Johnny Metteko

Petit à petit le zozo s’est éloigné de son nid. Après 700 kms de dortoirs et de cagnard, j’ai hâte de retrouver mon lit et mes amis. Je suis à 120 km de la délivrance : l’équivalent de 5 jours pour faire Bruxelles-Ostende, mais sans devoir me taper le plat pays. Quelle merveille la côte Atlantique au Nord de l’Espagne. Les délicieux pintxos et les innombrables drapeaux Palestiniens aux fenêtres des maisons du pays Basque, ils n’ont rien oublié de la terreur et du fascisme, Gaza c’est Gernika au carré. Les impressionnantes plages et falaises de Cantabrie, ses usines et son cocido montañés qui te cale pour la journée, à condition que tu attendes jusqu’à 13h30, l’heure d’ouverture des restaurants. La fabada d’Asturie qui te promet vents et merveilles, ses étonnants hórreos qui dessinent le paysage et meublent les villages, et maintenant la Galice et qui sait, la promesse du calice à Santiago de Compostela, je boirai le sang du Christ à la seule condition qu’il me proposent des pimientos de Padrón en apéritif. J’ai marché seul la plupart du temps sans jamais avoir osé siffloter du Jean-Jacques Goldman, j’ai partagé le pain et la boîte de sardine avec un berger catholique totalement sympathique, embrassé goulument une jeune Weegie qui m’avait gentiment offert son délicieux accent Écossais, j’ai mangé ses Rrrrrr ses Wooooo, ses Auwww comme si ma vie en dépendait, étonnant que Yourek ne m’ai jamais fait le même effet. Le plus dur n’a pas été la route mais le dortoir. J’ai appris que j’avais le pied ferme et confirmé que j’avais le sommeil léger. Malgré mes 7 à 10 heures de marche par jour, parfois 12, je n’ai pas eu droit à une seule cloche sur tout le trajet, mais je me suis retourné mille fois dans mon lit à me taper la symphonie des ronfleurs de nuit, mais comment vous faites les filles ? Un soir je me suis levé pour retourner le chef d’orchestre et le placer en position PLS, à défaut de lui botter le cul, je ne déteste pas les gros dormeurs, je les envie. Pour demain on nous annonce de gros orages, je rêve de porter mon “poncho de randonnée à 9€ de décathlon” et de me balader fièrement sous la pluie comme un Jean-claude Dusse à la recherche du temps perdu. Bonne soirée les filles

PENSION POUR FEMME par Muriel de Crayecour

Infos (via mon ancien comptable) pour ceux et celles qui, comme moi, ont eu une carrière mixte employée/indépendante : le site mypension.be n’est pas à jour. Ouf ! (Concernant les années complètes comme indépendante, bien évidemment je ne me souviens plus, donc quand l’administration aura enfin mis à jour l’entièreté du site (fin 2027, ahahah), nous saurons à quelle sauce nous serons mangés).
Pour ceux et celles qui ont commenté mon précédent post (supprimé) en disant : moi je suis fonctionnaire je n’aurai que 3300€ de retraite ouin-ouin, ou moi, j’ai autant de jours de travail comptabilisés, bien plus que toi, na, na, na : je ris !! Les indépendants ne comptent pas leurs heures et font leur compatibilité le dimanche soir quand ils ont finis de rédiger leur dernier texte. Toute l’année, y compris en vacances. Et ils recevront un peu plus de 1500€ de retraite (oui mais la retraite complémentaire, 2eme pilier, bla-bla : impossible à constituer quand tu es seule avec 3 enfants. Impossible. Système sans doute mis au point en se basant sur la réalité d’un indépendant dont l’épouse fait tout le travail invisible. Ahahhaha).
Deuxieme LOL sur le sujet : une carrière de trente ans, non rémunérée, à élever trois enfants… qui paient aujourd’hui des impôts qui paient à leur père (qui n’a jamais lancé une machine de linge, ni assisté à une réunion de parents, ni arrêté de travailler quand l’un de ses 3 fils était malade, ni…, ni…, ni…, … – ne pas m’énerver toute seule, il fait trop chaud) une pension plus élevée que celle que je ne recevrai jamais. (Oh, mais t’avais qu’à pas faire d’enfants !)
Et pourtant je viens d’un milieu favorisé et aisé. Je constate que je n’ai reçu aucune éducation sur le sujet des inégalités financières homme-femme dans le couple ou le monde du travail. Oui, forcément, je me suis informée après, entre deux textes à rendre pour le lendemain et 3 trajets aux activités extra-scolaires de mes fils. En fait, non, j’étais noyée, et je ne m’en rends compte qu’aujourd’hui. Bref, j’ai vaguement l’impression de m’être fait baiser quelque part. Mais où ?
Fait trop chaud pour s’énerver, sans doute. Mais je comprends et admire tellement les jeunes femmes qui ouvrent leur g. aujourd’hui. Respectons le travail invisible des femmes, tenons en compte dans le calcul de la retraite, payons-les autant que leurs collègues masculins, développons des soutiens réels aux familles monoparentales, éduquons nos enfants à la parité réelle, etc., bordel. Y’a du taf !

 

CASTORIADIS EN VACANCES par Stéphane Olivier

La canicule ayant – radicalement – diminué mon niveau d’activité physique, j’ai décidé d’entamer avec de l’avance mon programme de lecture/relecture de l’été. Mon choix, dicté par mes nécessités du moment, s’est tourné vers : lire/relire Castoriadis, lire/relire le théâtre Élisabéthain (pour l’exotisme).
Et plutôt que de garder mes réflexions pour moi, et sans doute aussi pour me motiver, je me dis que je vais en publier un peu ici. Pour voir.
Premier topic : La domination. Castoriadis ne part pas d’un face-à-face entre individus, mais de la société elle-même comme productrice de sens. L’essentiel de l’aliénation, au niveau des individus, est domination par un « imaginaire autonomisé », un imaginaire détaché. Une société est hétéronome quand elle occulte ou oublie l’origine imaginaire sociale et historique de ses institutions, en imputant ces institutions à une source extra-sociale (le destin, la catastrophe, l’état du monde, le divin, la nature, la nécessité économique, la science). Dominer, dans ce cadre, ce n’est pas seulement imposer une force à autrui : c’est faire croire que l’ordre institué (présent ou à venir) n’a pas été créé par la société, mais qu’il lui préexiste et s’impose à elle de l’extérieur.
C’est pourquoi Castoriadis refuse l’explication par le consentement des dominés : la vision selon laquelle les gens sont exploités parce qu’ils veulent bien l’être est fausse — dans leur vie individuelle, le combat est inégal puisqu’il les oppose au poids écrasant de la société instituée. Les institutions sont construites de telle sorte qu’elles instillent la passivité et le respect de l’ordre établi.
Il radicalise la critique en l’appliquant au capitalisme contemporain et à la technocratie : la domination de la société par des experts tourne en dérision l’idée même de démocratie — le pouvoir politique se justifie par une « expertise » qu’il serait seul à posséder, et le peuple, par définition inexpert, est périodiquement appelé à donner son avis sur ces experts. Plus largement, toute division dirigeants/dirigés ou décideurs/exécutants correspond à une organisation hétéronome de la société. L’imaginaire capitaliste — l’organisation bureaucratique-hiérarchique et la domination de la motivation économique sur les individus — fonctionne précisément en se faisant passer pour une rationalité neutre, donc indiscutable.
Le contrepoint : l’autonomie n’est pas l’absence d’institution, mais une société qui se reconnaît comme l’auteur de ses propres lois — « C’est nous qui faisons nos lois », ce qui présuppose que l’institution de la cité n’a plus rien de divin ni de naturel mais relève des lois humaines. D’où sa formule : « la » politique n’est pas lutte pour le pouvoir à l’intérieur d’institutions données, mais lutte pour la transformation du rapport de la société à ses institutions. Domination et hétéronomie sont donc, chez lui, presque synonymes : dominer, c’est faire en sorte qu’une création soit vécue comme une donnée.

CENSURE À AVIGNON par Jean-Luc Dieu

Le maire RN tout puissant d’Avignon interdit, ça s’appelle censure, la superbe pièce d’Alexis Michallk, “Passeport “. (Voir ci-après l’extrait du communiqué du Festival avec son argument). Nous avons vu, Nathalie et moi, la pièce lors du Festival 2025. Outre une mise en scène éblouissante de trouvailles et de rythme, Passeport est avant tout un hymne à la tolérance et au courage de ceux qui se battent pour rester des êtres humains; de ceux qui se battent pour obtenir le droit d’être, de vivre et de travailler malgré la politique haineuse des droites de nos pays qui furent encore naguère, terres d’accueil et de liberté.
Tout ce qui déplaît, évidemment à ce minable maire de droite et à tous ces minables de droite qui, en France mais aussi en Belgique, et certainement ailleurs, s’en prennent à la Culture porteuse d’espoir et de tolérance mais qui coûte de l’argent qu’ils préfèrent consacrer à armer les policiers et à acheter des avions de guerre américains et tant de joyeusetés pour faire ami-ami avec Trump. “Non à la censure ! Soutien à Alexis Michalik et à sa pièce Passeport.
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« L’association Avignon Festival & Compagnies, qui accompagne le festival Off Avignon, condamne fermement la décision du Maire RN Florian Azéma de retirer de la programmation culturelle de Castres la pièce Passeport d’Alexis Michalik, programmée par ailleurs en 2025 à l’occasion de la 59e édition du festival Off Avignon.
Outre la méthode (annoncer le jour de la présentation de saison l’annulation de ladite pièce), le fond interroge puisque les arguments invoqués sont : « c’est la promotion des clandestins et un traitement assez particulier des forces de l’ordre, évidemment, cela ne correspond pas à ce que j’avais défendu pendant la campagne électorale pour la municipalité (…) l’argent public, l’argent des Castrais, (doit être) dépensé correctement. »

JEAN-LUC MÉLENCHON (C’EST LE TITRE) par Laurence Dudek

Plus le bashing ordurier se fait épais dans les médias, plus le psittacisme en affecte les réseaux sociaux, plus la caricature est immonde et plus je suis renforcée dans ma conviction inexorable que :
1/ Jean-Luc Mélenchon est le seul à pouvoir assumer et mettre en œuvre sans le trahir ; par peur, par opportunisme, par appât du gain ou par racisme – oui, oui, vous avez bien lu : le racisme est un poison qui infecte y compris les leaders et leadeuses de gauche premier.e.s ministrables, c’est même précisément ce qui les distingue de Jean-Luc Mélenchon -, un véritable programme de gauche, sans en oublier un seul motif.
2/ Sa détestation médiatique, orchestrée par ses ennemis à droite et ses détracteurices à gauche – dont l’unanimité des iznogouds qui lui collaient au derrière aux précédentes élections et qui lui doivent leur siège – est une preuve supplémentaire de son immense et incomparable crédibilité politique. Plus on fait consensus et plus on est consensuel, n’est-ce pas ? Certes, et ça va mieux en le disant.
Cette crédibilité, celle de Jean-Luc Mélenchon, vous la trouverez sans aucun doute en lisant quelques uns de ses 21 livres, quelques dizaines des centaines d’articles de son blog, en écoutant ses conférences et ses interviews – celles qui ne sont pas organisées comme des matchs de boxe par des pourvoyeur de cerveaux disponibles. Si vous croyez que les qualités d’une personnalité politique se trouvent dans sa politesse et dans ce qu’elle présente bien à la télé… non vous ne croyez pas ça, si ?…
Si vous passez votre temps à commenter des commentaires de commentaires sur une vidéo de 30 secondes, sur une phrase extraite d’un texte, un mot, une photo, etc., alors vous aurez ce que vous demandez – même si vous ne méritez pas ça, je vous l’assure : un bon communicant dont la seule compétence consiste à faire le caméléon pour faire croire à tous qu’il est comme eux, toujours d’accord, toujours souriant, jamais bruyant…jusqu’à ce qu’il les avale. Coluche disait “bonjour brushing, enchanté moi c’est brushing…”.
Jean-Luc Mélenchon président, ça n’était pas une évidence pour moi au départ, en 2012, et même si je militais déjà pour qu’il le devienne. C’est devenu une évidence au fil de son évolution à gauche, de plus en plus à gauche et de plus en plus juste donc pour moi, de plus en plus compatible avec mes appartenances : immigration, exil, lutte des classes, féminisme, handicap, Maroc, anticolonialisme, anticapitalisme, amour de l’intelligence, richesse du verbe, de la précision sémantique… Il était à l’écoute, à l’écoute de plein de gens qui, comme moi, c’est à dire de l’intérieur, ont respectueusement compté sur son intelligence (je vous avais dit que c’était ça le sujet) pour comprendre ce qu’il se passait pour elleux, avec toute la bienveillance de la proximité et de la conscience de classe : on se reconnaît.

Les gens des outremers d’abord, je crois que c’est beaucoup grâce à elleux que s’est opérée cette complétude, et avec eux la culture sud-américaine. Que se vayan todos ! Qu’ils s’en aillent tous : c’est là que ça commence vraiment. Le sentiment de l’exil, de l’exclusion, de l’incompréhension et de l’injustice jusqu’à hurler : il n’y a rien de pire que d’être dominé par des ordures !
Et ça n’est pas pour rien que Jean-Luc Mélenchon est tant aimé et qu’il est respecté dans les quartiers : du plus jeune qui lui consacre un rap au plus âgé qui l’accueille chez lui. D’aucuns osent dire que c’est de la démagogie, l’insultant lui au passage et méprisant les gens pour qui c’est de la conscience politique. Le racisme on le reconnaît de loin quand on est racisé.e, crois-moi.
C’est déjà beaucoup trop long, vous allez décrocher si ça n’est pas déjà fait. Pour conclure je vous invite à me relire, ce que j’ai dit suffit à savoir de quoi il est question. Antiracisme, lutte des classes, intelligence, écoute et générosité. Si ces valeurs sont les tiennes alors Jean-Luc Mélenchon est celui qui les portera au sommet.
Et si tu veux qu’il “ferme sa …” alors vote comme Larcher, il pense pareil que toi.

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