C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, eux et elles.

DES LETTRES par Jean-Pierre Froidebise (sur FB)

C’était à l’époque des lettres.
Des vraies lettres en papier,
des lettres que j’aimais tant écrire et recevoir,
qui mettaient parfois des semaines à arriver.
On y pesait chaque mot, chaque pensée,
et il n’était pas rare
qu’on hésite plusieurs jours avant de les envoyer.
C’était plus lent, bien sûr… mais plus chargé.
La calligraphie parlait autant que le contenu,
un timbre étrange et l’enveloppe fatiguée
nous indiquait qu’elle venait de loin,
parfois le papier était parfumé,
ce qui en disait long dès avant la lecture.
Certaines se perdaient en route,
retrouvaient ensuite leur chemin
et après mille détours nous arrivaient enfin…
Nous les conservions dans des boîtes,
et relisions les plus belles,
parfois après de nombreuses années.
Nous procédâmes de cette façon pendant des siècles,
pendant des millénaires, jusqu’à il y a peu.
Très peu, même…
puisque je m’en souviens.
Quelle poésie
et cela semble déjà si loin.

AUTONOMIE DE LA FAIM par Mars Attaks- FWB (sur FB)

Parodie. Mais à peine : le MR a vraiment présenté la fin des repas gratuits (qui étaient destinés aux enfants les plus défavorisés) comme un dispositif « plus respectueux de l’autonomie des écoles ».
Traduction : la FWB ne finance plus qu’avec des cacahuètes les repas chauds gratuits de plus de 55 000 enfants précarisés. La responsabilité incombera aux pouvoirs organisateurs, souvent la commune, de compenser sur fonds propres, alors que les finances des communes les plus précaires sont déjà asséchées.
À Charleroi, le repas chaud complet est devenu un potage.
L’autonomie, c’est pouvoir choisir. Sans fournir les moyens nécessaires, c’est juste s’en laver les mains. Un slogan qui en plus ne résiste pas aux faits : le dispositif repas chauds à destination des élèves les plus défavorisés que Glatigny a supprimé était totalement respectueux de l’autonomie des écoles, puisqu’il fonctionnait sur base d’appels à projets. De la sorte, seules les écoles pouvant et voulant organiser des repas candidataient pour recevoir les moyens nécessaires pour le faire.
Merci à Un Faux Graphiste pour l’illustration.

UNE IA INVENTE UNE PRÉTENDUE MENACE NUCLÉAIRE CHINOISE. L’ARMÉE AMÉRICAINE FAIT DÉCOLLER SES AVIONS. TOUT VA BIEN. par Rudy Demotte (sur FB)

Je vous invite à prendre quelques secondes pour mesurer ce que CNN vient de mettre en lumière, hier 18 septembre.
Au printemps dernier, un rapport du renseignement militaire américain affirme qu’un navire chinois présent au Moyen-Orient transporte des composants destinés à un programme d’armement nucléaire. L’information paraît suffisamment sérieuse pour que l’armée américaine prépare l’interception du bâtiment. Des militaires armés sont prêts à monter à bord. Des avions ont déjà décollé.
Puis quelqu’un a cette idée un peu désuète à l’heure des systèmes dits intelligents : vérifier lui-même.
L’information s’avère fausse.
Et c’est ici que l’affaire devient franchement savoureuse, si l’on parvient à qualifier de cet adjectif une histoire mettant en présence les États-Unis, la Chine, des militaires armés et le mot « nucléaire ».

Selon CNN, un analyste avait utilisé un chatbot d’intelligence artificielle pour exploiter les renseignements disponibles sur la cargaison. L’IA avait rapproché des informations de sources ouvertes et du renseignement classifié pour aboutir à une conclusion erronée. Elle aurait ensuite été utilisée pour donner à cette conclusion la forme habituelle d’un rapport de renseignement. La machine n’avait donc pas seulement contribué à fabriquer le faux. Elle l’avait même habillé comme le vrai.

Nous parlons beaucoup des « hallucinations » de l’intelligence artificielle. Le mot est charmant. Une IA qui hallucine, cela évoque presque une créature numérique un peu distraite qui vous invente la bibliographie d’un professeur ou vous recommande un restaurant fermé depuis 2017.
Dans le domaine militaire, l’hallucination peut avoir des ailes, du kérosène et des hommes armés à bord.
Une source interrogée par CNN résume d’ailleurs admirablement l’affaire : « AI allows you to get to a bad idea faster. »
L’intelligence artificielle permet d’arriver plus vite à une mauvaise idée.
Nous tenons peut-être là une définition assez honnête de certains usages contemporains du progrès.

Sachez que cette histoire m’en rappelle une autre.
Le 26 septembre 1983, en pleine guerre froide, le système soviétique d’alerte nucléaire annonce à l’officier Stanislav Petrov qu’un missile américain vient d’être lancé vers l’URSS. Puis d’autres. Cinq au total.
Petrov regarde ses écrans et fait alors quelque chose dont l’humanité entière lui est à ce jour redevable : il réfléchit.
Pourquoi les États-Unis commenceraient-ils une guerre nucléaire avec seulement cinq missiles ? Cela ne tient pas debout. Il refuse donc de considérer l’alerte comme certaine.
Il avait raison. Les satellites soviétiques avaient pris des reflets du soleil sur des nuages pour des lancements de missiles. Quarante-trois ans plus tard, nos machines sont incomparablement plus puissantes. Elles analysent, croisent, hiérarchisent, interprètent et désormais rédigent.
Formidable.
Mais avons-nous consacré autant d’énergie à préserver le droit de l’être humain de leur dire que ces outils racontent peut-être une connerie ? Désolé du mot.
On nous rassure avec une litanie presque totalement consommée : human in the loop. L’homme restera dans la boucle.
Fort bien. Mais si la machine a déjà sélectionné les informations, établi les corrélations, évalué la menace, construit l’analyse et rédigé le rapport, tandis que l’être humain dispose de quelques minutes parfois quelques secondes pour décider, alors une question légèrement désagréable se pose : qui est encore dans la boucle de qui ?
Et tout cela se déroule dans un monde qui possède toujours plus de 12 000 têtes nucléaires. Tout cela alors que le bouton du feu nucléaire est caressé par la folie des hommes.

Voilà pourquoi je refuse de traiter cette information comme l’anecdote technologique du jour.
Je ne crains pas tellement l’intelligence artificielle hollywoodienne qui deviendrait consciente un samedi matin et déciderait de prendre le pouvoir. Elle fera encore quelques films et beaucoup de conférences.
Je crains quelque chose de beaucoup moins spectaculaire. Nous pourrions nous-mêmes lui donner ce pouvoir. Morceau par morceau, parce que la machine à penser calcule plus vite, paraît savoir davantage et nous remet ses conclusions déjà proprement rédigées. Ces conclusions auxquelles – par fainéantise et affaiblissement de notre esprit critique- nous serions capables d’accorder notre confiance.
Notre crédulité technologique aurait alors de funestes conséquences.
Petrov nous rappelle finalement une chose assez peu moderne : il existe des circonstances dans lesquelles hésiter, vérifier et même perdre quelques minutes ne sont pas des défauts.
Retenons ceci : ce sont peut-être les quelques minutes qui nous restent avant de faire une énorme connerie. Espérons qu’il reste des Petrov dans notre monde « moderne ». L’horloge flirte avec minuit.

Rudy

Ps: Je développe les faits, les sources et surtout les conséquences de cette affaire sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les décisions militaires et nucléaires dans un nouvel article, vraiment passionnant.
Vous pouvez le découvrir sous le lien qui suit. Abonnez-vous -gratuitement -à mon compte substack. Vous me soutenez ainsi et me donnez l’envie et l’énergie de poursuivre mon travail de recherche.
https://substack.com/home/post/p-216364991

ADÈLE HAENEL : UNE AUDITION par Aymeric Caron (sur X-Twitter)

Affaire de la carte blanche d’Adèle Haenel censurée par France Télé en replay.
J’auditionnais cet après-midi, dans le cadre de mon rapport annuel sur l’audiovisuel public, la présidente de France Télévision Delphine Ernotte et le secrétaire général de FTV Christophe Tardieu. Il en ressort que ni l’un ni l’autre n’apportent la moindre explication convaincante sur la censure d’Adèle Haenel.
Voici à quelques mots près un extrait du dialogue que nous avons eu :
AC : “Qu’est-ce qui dans les propos d’Adèle Haenel justifie la déplublication du replay ?
DE : C’est un problème de non-maitrise de l’antenne.
AC : Qu’est-ce qui n’a pas été maitrisé à l’antenne ?
DE : L’animateur aurait dû intervenir après les propos d’Adèle Haenel, il ne l’a pas fait.
AC : Il aurait dû intervenir pour dire quoi ?
DE et CT : …
AC : Qu’est-ce qui posait problème dans les mots d’Adèle Haenel qui justifiait que l’animateur reprenne la parole derrière elle ?
DE et CT : Elle parle de génocide, le terme fait débat.
AC : Non il ne fait pas débat, ce terme est aujourd’hui utilisé par tous les spécialistes du droit international et les historiens spécialistes des génocides.
DE et CT : Il crée une émotion, on a reçu beaucoup de plaintes.
AC : Combien ?
DE et CT : On ne sait pas.
AC : Donc il suffit que quelques téléspectateurs vous disent qu’ils n’aiment pas une séquence pour que vous l’enleviez du replay ?
DE : Le fait que ça suscite une émotion nécessitait que l’animateur en tienne compte et s’adresse à celles et ceux qui étaient choqués.
AC : Aujourd’hui, plus personne de sérieux ne nie qu’il y a un génocide à Gaza. De la même manière que plus personne de sérieux ne nie que le réchauffement climatique a une origine humaine. Si Adèle Haenel avait terminé sa chronique en rappelant l’origine anthropique du réchauffement climatique, auriez-vous exigé de l’animateur qu’il reprenne la parole pour s’adresser aux climato-sceptiques qui auraient été heurtés pour dire qu’il comprenait leur émotion ?
CT : … Heuuu, non en fait c’est pas le terme de “génocide” qui pose problème, c’est l’autre partie de son propos quand elle dit que la France est complice.
AC : Pardon ? Vous êtes en train de m’expliquer qu’Adèle Haenel a été censurée parce qu’elle critiquait le gouvernement français ? Vous êtes en train de me dire que France Télévision est revenue aux temps de l’ORTF ? Interdiction de dire du mal du gouvernement ?
DE et CT : [Rires gênés] …
DE : C’est une question de maitrise de l’antenne.”

NE PAS PLIER par Gwen Breës (sur FB)

« À tous mes frères et sœurs juifs : critiquer Israël, critiquer l’apartheid, s’opposer au génocide n’est en aucun cas une critique à votre égard. Mon message est un message de paix : je souhaite que tous les êtres humains soient traités avec dignité, respect et égalité. »
Ces mots du rappeur Macklemore n’ont pas suffi à faire passer les « Free Palestine » qu’il lançait chaque soir en soutien au « peuple de Gaza et de Cisjordanie », lors de ses concerts en première partie de la tournée étatsunienne d’Ed Sheeran.
Macklemore vient d’être exclu du reste de la tournée : officiellement, plusieurs stades qui devaient encore accueillir les concerts refusaient désormais sa présence.
En coulisses, le milliardaire Robert Kraft — qui a fait fortune dans le papier et l’emballage et possède le Gillette Stadium où devaient se produire les deux chanteurs — a mobilisé d’autres propriétaires de stades, faisant plier Ed Sheeran comme un vulgaire morceau de carton.
Kraft, éalement fondateur la Foundation to Combat Antisemitism, considère que les propos de Macklemore « relèvent d’une rhétorique antisémite ». D’autres organisations pro-israéliennes se sont scandalisées « qu’un artiste de première partie utilise la tribune mondiale offerte par un concert pour promouvoir un agenda politique unilatéral ».
Et nous voilà donc avertis, pour la troisième fois en une semaine… Que ce soit sur une scène, dans une carte blanche télévisée ou dans un film : dès qu’ils touchent une large audience, les artistes ne peuvent critiquer Israël sans se voir opposer l’argument de « l’unilatéralité ».
Aurait-il fallu programmer Boy George pour faire une battle avec Macklemore à chaque « Free Palestine » ? Installer Raphaël Enthoven face à Adèle Haenel pour la contredire en direct pendant sa « carte blanche » ? Et, tant qu’à faire, soumettre « Naza », de Yuval Abraham et Rachel Szor, au visa de l’armée israélienne avant de l’envoyer à la Mostra de Venise, histoire de s’assurer que le film présente bien « les deux points de vue » ?
En attendant l’avènement de ce monde de la contradiction obligatoire, des concerts sont annulés, un passage à la télévision effacé, et deux cinéastes accusés de « trahison » et menacés de déchéance de nationalité.
L’État d’Israël et ses plus fervents soutiens donnent tous les signes d’une fébrilité qui n’appelle qu’une réponse : ne pas plier. Contrairement à Ed Sheeran.

COUP DE POMPE par Mousse Ouriaghli (sur FB)

Je venais écouter un ami
Hier, vers 17 heures, je suis allé à La Pompe, dans le haut de Saint-Gilles, écouter un ami.
Il joue de la guitare et chante des reprises.
Un peu comme un jukebox vivant : il lance une chanson, les gens chantent avec lui, en demandent une autre.
Pas de scène, juste une guitare, un petit ampli, un micro sur pied.
À un moment, il me propose d’en faire quelques-unes.
J’en chante quatre ou cinq, dont une avec lui. Ça marche bien, je mets même un peu d’ambiance. Je suis content.
Puis je repars.
Et là, je me dis :
Quand même… ils auraient pu m’offrir un verre;)))
Pas de quoi faire une révolution. J’aurais très bien pu me payer ma limonade.
Mais quand quelqu’un donne un peu de lui-même, un petit geste en retour, ça fait plaisiiiiiir ;))
Avant, quand tu chantais dans un café, on te disait :
C’était magnifique ! Qu’est-ce que tu bois ?
Aujourd’hui, tu chantes, tu mets l’ambiance et… voilà.
C’est peut-être le nouveau monde.

Un peu plus tard, je retourne à La Pompe.
Peut-être que cette histoire de limonade m’y ramène, ou peut-être simplement que je n’avais pas encore envie de rentrer.
Je tombe sur une table de gens que je ne connais pas.
Une femme parle fort, beaucoup, très vite.
Elle boit du vin blanc.
Un gars lui propose une taffe ; elle accepte immédiatement, avant que ses amis lui disent non.
J’apprends qu’elle aurait récemment arrêté de fumer, peut-être après une cure. Je ne sais pas exactement.
Mais je la regarde et je me dis qu’il y a peut-être derrière cette agitation quelque chose que je ne connais pas.
Peut-être une tension.
Peut-être un combat avec elle-même.
Peut-être rien de tout ça.
Je ne sais pas.
La conversation passe de Michel Sardou aux artistes de gauche, puis aux guerres, à Gaza, à l’Ukraine, à tout ce qui fait trembler le monde.
Évidemment que ça me touche. Mais moi, ce soir-là, je venais de chanter.
J’avais envie de musique, de légèreté, de cinq minutes où personne ne soit obligé de sauver la planète.
Elle me demande mon prénom.
Mustapha.
Arabe.
Oui.
Elle me regarde avec une drôle de tête.
Alors je lui dis :
Arabe, peut-être. Berbère, sûrement. Nord-Africain, certainement. Belge aussi. Et puis terrien, tant qu’à faire.
Pourquoi faudrait-il choisir ?
Puis elle me parle des livres, avec l’air de penser que je n’en avais probablement jamais lu un.
Bon.
La conversation se tend.
Et soudain : Ferme ta gueule.
Je reste un instant là, à me demander comment on en est arrivé là.
Je lui propose même de lui faire un petit poème.
Pas pour me rabaisser. Simplement pour trouver une sortie, remettre un peu de musique dans une conversation qui était devenue une bataille.
Ils sont finalement partis, elle toujours aussi agressive et en colère, et moi je suis resté là, un peu baba, complètement en bug.

Je les regardais s’éloigner en me demandant encore comment on avait pu en arriver là.
D’autant plus qu’elle est peut-être maghrébine. Et alors ? Qu’est-ce que ça change, au fond ? Elle l’est, elle ne l’est pas… franchement, qu’est-ce que je m’en fous.
À ce moment-là, ce qui comptait, ce n’était pas d’où on venait, mais ce qui était en train de se passer entre deux êtres humains.
Et après coup, je repense à cette femme, à cette dispute, et même à cette limonade qui, au départ, n’avait rien à voir avec elle. Pourtant, tout semble se rejoindre :
Le besoin d’un geste en retour, le besoin d’être entendu, et cette manière que nous avons parfois de transformer une attente en affrontement.
Je ne sais pas ce qu’elle traversait.
Je ne sais pas ce qui se cachait derrière son vin blanc, sa colère, son besoin de parler, cette taffe qu’elle ne pouvait peut-être plus prendre, ces mots qui sortaient plus vite qu’elle ne pouvait les retenir.
Je sais seulement qu’en quelques minutes, deux personnes qui ne se connaissaient pas avaient réussi à se fabriquer une petite guerre.
Une guerre minuscule, sans drapeau ni frontière, mais avec ses camps, ses certitudes, ses blessures et ce besoin étrange de prendre le dessus.
Et moi aussi, j’ai mes guerres.

Pendant longtemps, j’ai cherché dans le regard des autres une réponse à la question : qui suis-je ? Peut-être que c’est pour cela que les mots « arabe », « berbère », « belge » ont parfois pris tant de place.
Comme si chaque étiquette devait me défendre, me définir, ou prouver que j’avais le droit d’être là.
Aujourd’hui, j’essaie de moins demander aux autres de me confirmer.
Arabe, berbère, marocain, belge, bruxellois, chanteur, lecteur, homme, terrien…
Je peux être tout ça à la fois. Ces identités ne sont pas des armes à brandir contre quelqu’un, ni des cases dans lesquelles on devrait m’enfermer.
Elles sont des morceaux de moi, parfois contradictoires, parfois silencieux, mais qui n’ont pas besoin de gagner pour exister.
Et peut-être même n’être rien de tout cela pendant quelques minutes.
Juste un type assis dans un café, avec une guitare pas loin, qui aurait bien aimé une limonade;))) Un type qui comprend que la petite guerre du café n’était peut-être pas seulement une dispute avec une inconnue, mais le reflet de toutes ces batailles où chacun cherche à être reconnu sans savoir comment reconnaître l’autre.
Alors je rentre chez moi avec une question beaucoup plus grande que cette limonade jamais offerte ;))
Comment rester soi-même sans transformer son identité en frontière, et sans avoir besoin de gagner contre les autres ?

Mousse

Nota Bene : Petite précision : Je raconte des histoires, des rencontres, des scènes que je vis ou que j’observe. Pas pour faire polémique, ni pour donner des leçons. Je raconte, quoi.
Et derrière l’histoire, chacun entend ce qu’il veut. Allez, je vous raconte… et si ça vous énerve, dites-vous que c’est peut-être juste une histoire. Sinon, prenez une limonade ;-).

UN CRIME À LA CREME par Pierre Heldenbergh (sur FB)

“Violemment agressé”… “Des images d’une rare violence”…
Quand les medias ont décidé de nous dire qu’il s’est passé quelque chose de grave, ils sortent les missiles en terme de vocabulaire…
Missiles… Car c’est sans doute une des raisons de cet entartage.
Les jeunes (étudiantEs?) ne criaient pas “gloup gloup” comme notre regretté Gloupier.
Sur la vidéo on les entend dénoncer la société Thales (entreprise qui appartient à la multinationale de l’armement Dassault) et ses liens avec l’université de Liège.
L’ULiège a en effet signé un accord de coopération avec ce marchand d’armes.
Damien Ernst, grand showman qui adore passer sur tous les plateaux télés quel que soit le sujet… est sans doute victime de son soutien sans faille à ce partenariat avec l’université de Liège.
Il avait défendu Thales en expliquant :
« Nos démocraties sont de plus en plus attaquées militairement par des régimes autocratiques. Si elles n’arrivent pas à construire rapidement les couches d’intelligence artificielle nécessaires pour se défendre, elles risquent simplement de disparaître ».
La défense de la démocratie serait donc la marque de fabrique de Thales????
Euh… Comment dire…
« Politique (revue de débats) » a publié un excellent article à propos de cette société…
* Thales fournit des roquettes à l’Indonésie, qui les utilise pour réprimer des villages en Papouasie occidentale… Des innocentEs assassinéEs et des villages où la population est expulsée… “Merci Thales”.
* Idem avec les forces armées du Nigeria contre des régions pas assez dociles. Là aussi victimes civiles et disparition concrète de villages… “Merci Thales”.
* Idem avec la maintenance de navires de guerre qui intervenait dans les évènements au Yemen.
* cerise sur le gâteau… la multinationale et sa succursale Thales ont des collaborations structurelles avec l’armée israélienne. Par exemple sur la construction de drones qui servent au génocide à Gaza… “Merci Thales”.
Et donc monsieur Ernst nous affirme que Thales nous aide à défendre la démocratie…
D’ailleurs, c’est la même société qui… “est également très active sur le marché des équipements destinés à traquer les réfugié·es aux frontières de l’Europe”. Est-ce à cela que Damien Ernst pense lorsque fait les louanges de Thales ?
Honnêtement, si on ajoute :
* son lobbying permanent pour l’énergie nucléaire,
* son soutien de bon petit soldat aux sorties fantasques d’un certain GLouB sur l’énergie,
* ses accusations contre l’énergie renouvelable coupable selon lui de l’immense panne électrique en Espagne fin avril 2025, sans aucun élément scientifique pour étayer cette hypothèse,
* son nom retrouvé dans une liste de la société de renseignements pro-russe Social Design Agency, comme une des “personnalités influentes potentiellement susceptibles d’influencer l’opinion de leur pays en faveur de la Russie.”
J’imagine que l’enquête est en cours donc la présomption d’innocence sur ce coup-là bien entendu…
Alors, un peu de crème fraîche sur sa belle chemise… On a vu pire comme “violente agression”…

UN NOUVEAU DIRECTEUR À LA RTBF par Julien Truddaïu (sur FB)

Ainsi donc, le gouvernement MR–Engagés a décidé de nommer Christophe Dujardin à la tête de la RTBF.
Sans rien attendre du MR et de sa ministre, on aurait pu penser que la ministre-présidente et son parti, si prompts à donner des leçons de « changement de paradigme », auraient cru bon de soutenir la candidature d’une femme à la tête du service public audiovisuel. Il n’en sera rien.
Aux deux postes parmi les plus importants de l’institution publique, on retrouve donc deux hommes, perpétuant le déséquilibre de genre parmi les responsables-clés de la RTBF.

Certes, le tout fraîchement nommé possède indéniablement des compétences. Son parcours dans les télécoms, chez Belgacom/Proximus puis Orange, son passage à la tête de VOO et son expérience de la transformation d’entreprises sont réels. Le CSA a d’ailleurs relevé son expérience de gestion, de conduite du changement et son attention aux questions technologiques, numériques et aux nouveaux usages. Un commentaire rapporté par L’Écho, attribué à un ancien de la maison qui salue ses compétences managériales souligne aussi que « quand il faut prendre des décisions dures, il n’a pas d’état d’âme. » (L’Écho, 19 septembre 2026).
Tant le communiqué de la ministre MR que les commentaires glanés çà et là indiquent donc que le choix de ce nouvel arrivant vient confirmer, s’il fallait encore le faire, la vision politique de la majorité en Fédération Wallonie-Bruxelles : le service public se gérerait d’abord comme une entreprise, avec ses chiffres, sa rationalité, ses performances, ses réorganisations et ses impératifs de compétitivité.

Monsieur Dujardin a d’ailleurs été préféré à Caroline Franckx, issue du secteur hospitalier public, après avoir fait l’essentiel de sa carrière dans de grands groupes privés de télécommunications. Le gouvernement met lui-même en avant son expertise du numérique et de la « transformation des organisations » comme éléments déterminants de sa désignation.
Or cette arrivée coïncide avec un moment particulièrement sensible. La RTBF doit absorber plus de 130 millions d’euros d’économies sur quatre ans (imposés par le MR et les Engagés), préparer un nouveau plan stratégique et négocier, dès 2027, le contrat de gestion qui fixera ses missions et ses moyens pour la période 2028-2032. C’est donc bien davantage qu’un changement de personne à la direction mais bien une séquence déterminante pour définir ce que sera encore, demain, le service public audiovisuel francophone.
Et cela doit inquiéter au regard des déclarations régulières de Georges-Louis Bouchez, de Jacqueline Galant et de plusieurs élu·es MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Leur conception du service public audiovisuel souhaite laisser davantage de place au secteur privé, notamment sur les contenus les plus rentables et attractifs. Sans oublier les menaces et autres injures faites aux journalistes et employé·es du service public. Quant aux Engagés, ils donnent bien peu de gages quant à leur capacité ou leur volonté de faire contrepoids à ce raz de marée idéologique.

La séquence de sélection qui s’achève nous enseigne aussi à quel point la transparence est restée limitée (contrairement au satisfecit entendu çà et là dans certains journaux). Car de l’orientation défendue par Christophe Dujardin, nous ne savons finalement pas grand-chose. Ni de sa vision du service public audiovisuel, ni des chantiers précis qu’il entend mener dans les années à venir.
Les candidat·es devaient, dès l’entame de la sélection, remettre un projet culturel et de gestion. Ce document a été transmis aux administrateurs et administratrices, mais n’a pas été rendu public. Pourtant, il constitue un élément central de l’appréciation des candidatures.
Le CSA a bien publié son classement : Christophe Dujardin et Caroline Franckx y ont été placés premiers ex æquo. Mais l’audition de Christophe Dujardin n’est pas accessible au public. Conformément au règlement, Monsieur Dujardin a choisi qu’elle ne soit pas filmée.
Cela importe d’autant plus que le CSA a lui-même relevé certaines limites dans sa candidature. Il a estimé que sa présentation orale était « peu porteuse », qu’elle ne dégageait pas toute l’énergie attendue à la tête d’une entreprise de l’ampleur de la RTBF, et que sa connaissance était plus affirmée sur les enjeux technologiques que sur ceux de la sélection, de la production et de la création de contenus.
Cette nomination doit donc nous rendre particulièrement vigilant·es.
Parce que sa nomination intervient au moment même où la RTBF est soumise à une austérité majeure, où son contrat de gestion doit être renégocié, où l’avenir de ses missions est en débat et où une partie de la majorité assume de plus en plus ouvertement les menaces en tout genre sur service public audiovisuel et celles et ceux qui l’animent.
La RTBF n’a pas pour vocation première de maximiser des parts de marché, d’optimiser ses performances commerciales ou de se limiter aux contenus rentables. Elle doit garantir une information indépendante, pluraliste et accessible, soutenir la création, produire des programmes pour tous les publics, donner une place aux réalités sociales, culturelles et territoriales que le marché ignore ou marginalise.
Dans les prochains mois, il faudra donc suivre de très près le plan stratégique du nouveau directeur général, les économies qui seront décidées, la préparation du prochain contrat de gestion et les arbitrages qui détermineront ce que la RTBF pourra encore faire (ou ne plus faire) pour remplir sa mission de service public.
En attendant, outre les félicitations chaleureuses du président du MR, des comptes et relais de l’extrême droite s’en sont publiquement félicités, certains se targuant même de connaître personnellement Christophe Dujardin et de lui avoir demandé de « débarrasser » la RTBF du « wokisme ». Il ne s’agit évidemment pas de lui imputer ces propos ni les attentes de ceux qui les formulent, mais de constater ce que cette nomination leur permet d’espérer (et de dire publiquement) pour l’avenir du service public audiovisuel.

GUERRES MODERNES par JULIAN ASSANGE (sur X-Twitter)
« Le but est d’avoir une guerre sans fin, pas une guerre victorieuse. »
La guerre est une escroquerie de blanchiment d’argent fondée sur la taxation pour l’élite de la sécurité transnationale – peu leur importe qu’elle se déroule en Ukraine ou en Afghanistan, le but est le vol de l’argent public.

« CONTREDIRE” : BATAILLE À LA PRIMAIRE DU PS EN France + LES AUTRES

UNE VICTOIRE À BERLIN par Manon Aubry (sur X-Twitter)

Immense victoire de Die Linke aux élections municipales de Berlin, qui fait plus que doubler son score et réalise son meilleur score depuis 1920. La CDU (droite) et le SPD (socialistes) se prennent une nouvelle claque électorale, preuve que leur alliance au niveau national est profondément désapprouvée. Bravo à nos alliés de Die Linke et à Elif Eralp qui deviendra la nouvelle maire de Berlin.
A l’image de Zohran Mamdani à New-York, elle a fait campagne sur la crise du logement pour sortir la ville de la main des spéculateurs immobiliers et sera la 1ère maire issue de l’immigration à Berlin. Quelle fierté ! La nouvelle génération de la gauche de rupture est celle qui pourra battre l’extrême-droite. On continue !

LA PRIMAIRE par Vilain Syndicaliste (sur X-Twitter)

La primaire du PS :
– Moins de la moitié est de gauche (je suis gentil)
– Coûte 15 balles
– N’a aucune chance de faire émerger une candidature qui rivaliserait avec Mélenchon
– Tout le monde s’en fout, personne ne s’y inscrit
– Les autres trahiront le gagnant.
Bref un bide.

CE QUE FAIT LE RN DANS LES MAIRIES par Clémence Guetté (sur FB)

Les élections municipales, c’était il y a 4 mois. Le RN et ses alliés ont pris presque 70 mairies. Là-bas, ils ont déjà un bilan. Et c’est catastrophique. Le voilà :
– À Carcassonne, le maire a supprimé la subvention à la Ligue des Droits de l’Homme et expulsé des syndicats de la Bourse du Travail.
– À Liévin, suppression de la cérémonie en hommage aux mineurs qui a lieu tous les 1er mai. Volonté de mettre en place la priorité nationale pour la politique de logement dans la ville.
– À Hayange, la mairie a fait fermer le seul centre social de la ville. Et dans le même temps, ils augmentent le tarif de la cantine, principalement pour les familles modestes.
– À Bagnols-sur-Cèze, la maire a baissé le budget aux associations de moitié pour financer des policiers municipaux “armés comme la BAC”.
– À Saint-Avold, un conseiller municipal a dû démissionner après avoir été filmé en train de chanter « Maréchal, nous voilà ».
– À Castres, ils s’attaquent à la culture : déprogrammation d’une pièce de théâtre parce qu’elle raconte le parcours d’un migrant laissé pour mort à Calais. Et dans le même temps, ils coupent l’eau et l’électricité de la municipalité à une centaine de familles de gens du voyage. – À Fréjus, hausse de la taxe foncière de 147 à 476 euros annuels pour des logements de 50 à 150 m².
– À Carpentras, le bilan est terrible : Diffusion d’une chanson à la gloire du maréchal Pétain à l’occasion du 8 Mai. Suppression des subventions au Planning Familial, réseau indispensable pour assurer le droit à l’IVG et à la contraception. Suppression de la ferme municipale bio pour les cantines. Elle fournissait 25% des légumes servis aux 1600 repas quotidiens des enfants et 42% de produits bio pour la restauration collective.
– À Canohès, la mairie a ordonné le retrait du drapeau LGBT de la mairie et la suppression du drapeau arc-en-ciel sur un passage piéton.
– À Vierzon, ils ont annulé la commémoration de l’abolition de l’esclavage du 10 mai. Et supprimé l’aide à la scolarité, une aide indispensable pour les collégiens et lycéens.
– À Elne, le maire a décalé puis supprimé les travaux de rénovation du château d’En Bardou, une maternité qui hébergeait les réfugiés de la guerre d’Espagne.
– À Monteux, baisse de 90% de la subvention de la Maison des Jeunes et de la Culture, dont 61% des adhérents ont moins de 18 ans.

Il s’agit là que de quelques exemples, sur une liste beaucoup plus grande. Et seulement en 4 mois de mandat. Imaginez maintenant de quoi ils seront capables s’ils l’emportent dans le pays : partout, ils s’en prennent aux droits des femmes, des plus modestes, des migrants, des personnes LGBT+, aux syndicats, à tous ceux qui résistent encore. Mobilisez-vous : la grande bataille a commencé. Et nous pouvons les battre.

QUEL ÉTAT POUR LA RÉVOLUTION CITOYENNE ? (sur Youtube)

UN DÉBAT « DE NICHE » INTÉRESSANT POUR GAUCHOS TROTSKO-DÉCOLONIAUX SUR « L’ANTI-LFIsme » de « Médiapart » 😉 (par PDH/Paroles d’Honneur)

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