20 octobre 2026
C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, eux et elles
UN SOURIRE RUE DE MÉRODE par Mousse Ouriaghli (sur FB)
Rue de Mérode, il y a un homme que je croise régulièrement.
Il nettoie les rues, pousse son chariot et me salue toujours avec le sourire.
On échange quelques mots, puis chacun reprend son chemin.
La vie, quoi.
Aujourd’hui, nous avons un peu plus parlé.
Son contrat de travail arrive bientôt à son terme.
Il aimerait continuer, mais il ne sait pas encore ce que l’avenir lui réserve.
Je l’ai écouté et je me suis fait cette réflexion :
On passe une bonne partie de notre vie à chercher sa place.
Et quand on finit par en trouver une, il arrive qu’on ne sache pas combien de temps on pourra y rester.
Lui, pourtant, ne demande pas grand-chose :
Simplement la possibilité de continuer à travailler.
Je ne connais pas son histoire.
Il ne connaît pas la mienne. Nous sommes deux hommes qui se croisent dans une rue de Saint-Gilles, entre un bonjour et quelques mots échangés.
Et finalement, c’est peut-être ça qui est étrange :
Nous partageons les mêmes rues, les mêmes trottoirs, parfois les mêmes inquiétudes, sans jamais vraiment nous rencontrer.
Demain, je repasserai peut-être rue de Mérode. Il sera là, avec son balai et son chariot. Ou peut-être ailleurs.
J’espère simplement qu’il pourra continuer son chemin.
Quant à son sourire, lui, je le connais déjà.
Et dans une époque où l’on passe beaucoup de temps à parler des problèmes du monde, je trouve qu’il n’est pas inutile de s’arrêter parfois à hauteur d’homme.
IL Y A HUIT ANS PILE par Maco Meo (sur FB)
Il arrivait devant sa machine un bon quart d’heure à l’avance. En premier lieu, il gueulait sur le camarade de la “pause” précédente qui avait “laissé l’bazar tout salopé! QUÉ CI DIGOULASSE!”.
Armé du compresseur, il délogeait sans aucune protection le moindre grain de poudre à lessiver présent dans les rouages et disparaissait dans un nuage aussi blanc que le cul d’un laitier.
Les autres ouvriers de cette savonnerie qui, contrairement à lui, tenaient à leurs poumons, se barraient en le traitant de cinglé de rital. Alors seulement il activait sa machine, à la cadence maximum.
Il trimait huit heures durant, hors pauses syndicales. Quand il avait fini le boulot, il rendait l’outil plus pimpant qu’une vitrine de bijoutier à l’ouvrier suivant.
Un jour, il s’était fait viré d’une usine pour avoir volé des roulements à billes. Le reste de son existence, il l’a passée à racheter ce péché tout en détestant les patrons qui, d’un claquement de doigts, peuvent vous faire basculer dans le caniveau.
Il n’avait pas beaucoup de camarades “pour de vrai”. À l’usine, on le craignait et on le respectait, lui et son mètre soixante-quatre. Comme mon daron était un gars plutôt réglo, je m’évertue à faire de lui un portrait honnête, celui du fils naturel de Stakhanov et d’Arlette Laguiller: un paradoxe en bleu de travail.
Une poignée de collègues sont quand même venus à son enterrement. Les autres lui faisaient encore la gueule ou l’avaient précédé dans la tombe. À la lecture des cartes de condoléances, j’ai découvert que mon père comptait parmi ses camarades d’usine qui le tenaient en haute estime un certain Jean-Jacques Rousseau…
La vie est drôle, parfois, quand elle frôle la finitude. C’était il y a pile huit ans.
FRANCKEN EST DANGEREUX par Mehdi Kassou (sur FB)
25 raisons de se souvenir que Theo Francken – en plus d’être très mal élevé – est un homme politique dangereux et raciste qui devrait subir le cordon sanitaire au même titre que le reste de l’extrême-droite :
1. 2014, il participe à l’anniversaire d’un ancien collaborateur nazi, Bob Maes, ancien membre du VNV et fondateur d’une organisation d’extrême droite flamande.
2. 2014, e-mails faisant référence au nazisme (des échanges révèlent l’existence d’un groupe de proches baptisé « VNV », en référence à un parti collaborationniste flamand)
3. 2014, Interroge la “valeur ajoutée” des Marocains, Congolais et Algériens.
4 2014, Des e-mails évoquent les « petits cons marocains » et ironisent sur l’expulsion de tous les musulmans de Bruxelles.
5. 2015, Moqueries envers les réfugiés. Ironise publiquement sur les demandeurs d’asile qui refusent certaines conditions (dégueulasses) d’hébergement.
6 2016, Polémique autour du prénom Jihad. Se moque du prénom d’une journaliste.
7. 2016, Vidéo d’expulsion à caractère raciste dénoncé. Partage une animation le montrant capturant un homme noir avec un hélicoptère, accompagnée de « Tolérance zéro ».
8. 2017, Refus de visas à une famille syrienne. Bras de fer judiciaire après le refus de délivrer des visas humanitaires malgré plusieurs décisions de justice belges.
9. 2017, Il accuse l’ONG médecins sans frontières de favoriser la traite des êtres humains en sauvant des migrants en Méditerranée.
10. 2017, Il organise une consultation Facebook sur l’accueil de chrétiens syriens, soulevant des critiques sur une sélection religieuse.
11. 2017, Il utilise le hashtag « nettoyer » pour communiquer sur des rafles de migrants au parc Maximilien
12. 2018, Affaire des expulsions vers le Soudan. Collabore avec des représentants du régime soudanais pour organiser des retours. Des personnes expulsées dénonceront des tortures.
13. 2017, Dans le dossier soudanais, il reconnaît avoir retenu des informations concernant un éloignement programmé.
14. 2018, Propos controversés sur les personnes LGBT+. Se moque d’hommes portant du maquillage ou de la lingerie. Des associations dénoncent ses propos.
15. 2018, Proximité avec Schild & Vrienden. Des militants d’une organisation d’extrême droite participent à la sécurité de ses conférences.
16. 2018, Attaques contre Catherine Moureaux. Commente sa victoire électorale à Molenbeek en visant notamment la présence d’hommes issus de l’immigration sur une photographie.
17. 2019,. Un intermédiaire N-VA impliqué dans la sélection de bénéficiaires de visas humanitaires est condamné pour corruption et trafic d’êtres humains. La responsabilité politique du cabinet Francken est mise en cause.
18. 2021, Avertissements ignorés dans le Visagate. Des enquêtes journalistiques révèlent que son cabinet avait reçu des alertes concernant l’intermédiaire avant l’éclatement du scandale.
19. 2021, Violation du secret parlementaire. Diffuse une information confidentielle relative à une opération militaire. Sanctionné par une exclusion temporaire et une réduction de son indemnité.
20. 2021, Publication visant une famille afghane. Associe le foulard porté par les filles d’une famille à l’islam radical. Unia reçoit 954 signalements.
21. 2023, Vidéo d’une soirée alcoolisée. Des images le montrent urinant dans un bac à fleurs sur la voie publique.
22. 2025, Refus de dire « Vive la Belgique ». Ministre fédéral de la Défense, refuse de prononcer cette formule lors de la fête nationale et répond « Vive la Défense ».
23. 2026, Soutient des frappes controversées contre l’Iran. Défend leur objectif politique tout en reconnaissant les problèmes qu’elles posent au regard du droit international.
24. 2026, Fausse vidéo de drone. Reconnaît avoir transmis anonymement à la presse une vidéo présentée comme montrant un drone russe présumé. L’appareil était un hélicoptère de police.
25. 2026, Marchés publics militaires controversés. Des achats anti-drones de 50 millions d’euros suscitent des questions sur les prix, les procédures et les conflits d’intérêts allégués.
26. 2026, il vomit des propos racistes sur les antennes de la RTBF.
FRANCKEN À LA RTBF : UNE PLAINTE DÉPOSÉE par Julien Truddaïu (sur FB)
Théo Francken sur Matin Première : plainte au CDJ.
En complément de la saisine de la médiation de la RTBF, je vais saisir le Conseil de déontologie journalistique au sujet de l’entretien de ce 20 octobre (il n’est pas nécessaire de multiplier les plaintes)
Elle porte sur le traitement journalistique des propos de Francken car lorsqu’un ministre associe « migration de masse », identité des casseurs et « culture de violence », demander une justification puis passer à autre chose ne suffit pas.
Le journaliste pouvait constater que le rapprochement constituait un amalgame stigmatisant et raciste. Recadrer cette généralisation est un devoir déontologique pour ne laisser aucune place au doute.
La plainte s’appuiera donc principalement sur l’article 28 du code de déontologie journalistique, relatif aux généralisations et aux stigmatisations, l’article 4, qui impose la prudence dans la diffusion de l’information, et le préambule du même code qui consacre la responsabilité sociale des médias.
Elle interrogera également le choix du format de l’entretien. Les prises de position antérieures de Francken rendaient ce discours prévisible. Pourquoi choisir le direct ? Comment préparer une réponse ferme à ces amalgames qui avaient de très forte chance d’être répétés ?
La responsabilité de ces propos nauséabonds appartient à Francken.
Celle de leur traitement à l’antenne appartient à la rédaction. C’est cette seconde responsabilité que je demanderai au CDJ d’examiner également.
Le service public doit permettre de comprendre les discours politiques, pas contribuer à banaliser les amalgames et le racisme.
« Moins attendue », la sortie de Theo Francken ? Vraiment ?
Pour un homme qui participait au nonantième anniversaire de Bob Maes, ancien collaborateur nazi et fondateur de la milice d’extrême droite VMO, puis dénonçait la « chasse aux sorcières » contre ce dernier, la porosité avec l’extrême droite n’a pourtant rien d’une découverte.
Pour celui qui s’interrogeait déjà sur la « valeur ajoutée » des diasporas marocaine et congolaise, les propos qui hiérarchisent et stigmatisent les populations ne sont pas davantage une nouveauté. Le Soir lui-même les rapportait en 2014.
L’édito du jour a bien raison de dénoncer les amalgames. Mais pourquoi continuer à présenter comme un dérapage surprenant ce qui s’inscrit dans une telle continuité ?
Le problème n’est pas seulement que Francken « laisse la porte ouverte » à l’extrême droite. Le problème, c’est que ça fait bien longtemps qu’il a franchi le seuil et fait tomber la cloison : désigner l’immigration comme explication de la violence, entretenir le soupçon sur des populations entières, des amalgames que le directeur d’Unia, qualifie lui-même de « xénophobes ». Au Parlement européen, la NVA a choisi de rester dans le même groupe que Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni. Une alliance politique renouvelée, un compagnonnage nauséabond assumé.
On peut tenter de combattre les idées d’extrême droite dans un éditorial tout en contribuant à leur banalisation. A force de présenter Francken comme un démocrate qui dérape, on entretient la fiction d’une frontière que son propre parti contribue à effacer depuis des lustres. La N-VA n’est pas un rempart contre cette internationale fasciste : elle est l’une de ses composante forte et cheville ouvrière de sa normalisation.
ANTOINE LÉAUMENT ET SA PROPOSITION DE LOI SUR LES « RADIATIONS » D’ÉLECTEURS
EN DIRECT DU « CARRÉ » AVEC GUILLAUME MEURICE par David Leloup (sur FB)
Vous avez été nombreuses et nombreux à m’avoir aperçu “virevolter” dans le Carré de Liège avec un policier cagoulé un peu tendu samedi soir. Sur BLAST, je raconte aujourd’hui les coulisses de l’interpellation de l’humoriste français Guillaume Meurice à laquelle je me suis retrouvé mêlé, malgré moi, dans un maelstrom de débordements et de violences policières, malheureusement ordinaires.
INTERPELLATION ET CONTRÔLE D’IDENTITÉ
Vers 2h du matin, je me trouvais avec des amis en face du café Warzone, rue de la Casquette, lorsque j’ai vu onze policiers s’approcher de la terrasse de l’établissement, l’encercler et rester en position pour surveiller les clients.
Présent depuis une bonne dizaine de minutes, je n’avais personnellement constaté aucun trouble : les personnes attablées à la terrasse discutaient et consommaient tranquillement.
Je me suis donc approché d’un policier, en me présentant comme journaliste, pour lui demander les raisons de ce déploiement. Je lui ai expliqué que je n’avais constaté aucun incident et que cette présence policière massive et statique pouvait éventuellement être perçue comme une forme de provocation par certaines personnes en terrasse.
Je n’ai obtenu aucune réponse à ma question. En revanche, j’ai été empoigné par ce policier et plaqué contre la vitrine du night-shop situé en face du Warzone. Il m’a été demandé d’écarter les bras et les jambes, avant de subir une fouille et un contrôle d’identité. J’ai également essuyé plusieurs propos insultants en ma qualité de journaliste.
C’est à ce moment-là que Guillaume Meurice, interloqué par la rudesse du traitement qui m’était réservé, a quitté la terrasse du Warzone pour s’approcher de la zone de contrôle et entamer un dialogue avec les policiers, ce qui lui vaudra de se faire interpeller et escorter à son tour.
SECONDE INTERVENTION PHYSIQUE
Relâché, j’ai suivi Guillaume escorté par plusieurs pandores en vue de documenter, dans le cadre de mon travail journalistique, la suite de cette intervention.
Alors que je marchais calmement derrière les policiers qui encadraient l’humoriste, un policier cagoulé m’a soudainement saisi par le dos et fait brutalement pivoter, m’éjectant vers l’arrière. On le voit assez clairement sur la vidéo devenue virale postée dimanche sur les réseaux sociaux.
Je précise que je n’adoptais aucun comportement agressif ou menaçant et que je ne faisais, à ma connaissance, rien qui puisse entraver le travail des policiers. Je considère avoir subi à cet instant un acte de violence physique injustifié, même si je n’ai pas reçu de coups.
INTERVENTION VIOLENTE CONTRE UNE JEUNE FEMME
Enfin, j’ai personnellement été témoin d’une troisième scène, particulièrement interpellante. Une jeune femme demandait simplement aux policiers où se trouvait son compagnon, qui venait d’être interpellé et embarqué de manière musclée quelques minutes plus tôt devant le Warzone.
Un policier cagoulé l’a alors repoussée à deux reprises avec une extrême violence. Cette jeune femme a ensuite été emmenée à l’hôtel de police de la rue Natalis, où elle a passé la nuit et a été auditionnée. Il lui aurait été reproché d’avoir tenté de frapper le policier, voire de lui avoir porté un coup de poing en direction du visage, ce qui aurait justifié la réaction de celui-ci.
Or, les images filmées par plusieurs témoins de la scène, dont moi-même, montées par Alice Lacroix et publiées ce jour par Blast, ne montrent aucun geste de cette nature. Elles montrent en revanche une poussée particulièrement violente de la part du policier doublée d’une agression physique totalement inappropriée.
DES MESURES POUR UNE DÉSESCALADE
Au vu de ces faits, dont certains ont été filmés, je demande au bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, et au procureur du Roi, Damien Leboutte, de prendre leurs responsabilités. Je souhaite que les interventions du policier cagoulé qui a violemment repoussé cette jeune femme et qui m’a malmené fassent l’objet d’une enquête approfondie, notamment à partir des enregistrements vidéo disponibles. Si le caractère injustifié et disproportionné de ces violences est confirmé, je demande que des sanctions disciplinaires soient prises à l’encontre de cet agent et que d’éventuelles poursuites pénales soient envisagées. Il me paraît essentiel que de tels comportements ne restent pas sans conséquences.
Je demande par ailleurs au bourgmestre de Liège, en concertation avec le chef de corps de la police locale, de faire transmettre des consignes claires aux équipes intervenant dans ce quartier, afin de privilégier la désescalade, le dialogue et le respect strict des principes de nécessité et de proportionnalité dans l’usage de la force. J’invite également le procureur du Roi à veiller, dans le cadre de ses compétences, à ce que les éventuels comportements pénalement répréhensibles soient effectivement investigués. La sécurité du Carré doit pouvoir être assurée sans que les citoyens aient à craindre des interventions policières arbitraires ou excessivement violentes.
Sur BLAST : https://www.blast-info.fr/articles/2026/video-exclusive-les-coulisses-de-l-interpellation-de-l-humoriste-guillaume-meurice-en-belgique-0u4v0MCnQFKzjlW62odijg
LA FAUTE À VOLTAIRE par Manon Aubry (sur X Twitter)
🇧🇪 : « C’est de la faute à Mélenchon » 🇮🇹 : « È colpa di Mélenchon » 🇦🇱 : « Është faji i Mélenchonit » 🇷🇸 : « Za sve je kriv Mélenchon » 🇵🇹 : « A culpa é do Mélenchon » 🇨🇱 : « Es culpa de Mélenchon » 🇮🇳 : « यह मेलेंशों की गलती है » 🇩🇪 : « Mélenchon ist schuld » 🇦🇷 : « La culpa es de Mélenchon » 🇪🇸 : « La culpa es de Mélenchon » 🇦🇹 : « Mélenchon ist schuld » 🇬🇷 : « Φταίει ο Μελανσόν »
Partout en Europe et dans le monde, les jeunes et les travailleurs se soulèvent contre la vie chère, pour le droit au logement et à l’éducation. Et ce serait partout la “faute de Mélenchon” ? Le problème de la vie chère et l’abandon des services publics est mondial. C’est le système capitaliste qu’il faut changer !
UNE ÉCOLOGISTE TIRE LE BILAN DE LA RÉUNION AVEC LECORNU. EFFRAYANT.
MACRON EST PATHÉTIQUE par Gilbert Laffaille (sur FB)
Après un mois de manifestations où il n’a jamais été question d’écouter les lycéens et où la consigne était de faire peur et de réprimer durement, Macron – entre un concert de Céline Dion et un voyage dans le Golfe – se montre à la TV pour dire que la violence c’est mal, que les méchants seront punis et qu’il faut se mettre autour d’une table. Aucune annonce, aucune mesure d’apaisement.
Tout le monde sait pourtant que lors des grands rassemblements il y a toujours des casseurs et des pilleurs cherchant à profiter de l’occasion. Attendre un mois, espérer le pourrissement, laisser faire pour salir le mouvement et qu’on ne parle plus des revendications lycéennes, n’est pas faire preuve de responsabilité ni de sens politique.
Les commentateurs non plus ne brillent pas par leur compréhension des événements, à moins qu’ils ne fassent qu’obéir aux ordres ou soient aveuglés par leurs croyances partisanes. Les violences urbaines ont lieu dans les villes où l’extrême pauvreté côtoie l’extrême richesse, où l’on a laissé se développer des ghettos et des zones de non-droit : les USA, l’Afrique du Sud, l’Amérique du Sud. Il existe aussi des ghettos en France et dix ans de macronisme n’auront rien arrangé. Ceux qui croient qu’un des candidats à l’élection présidentielle serait capable de résoudre la question des banlieues sont naïfs. Personne ne s’est jamais attelé sérieusement à ce chantier depuis cinquante ans.
Les lycéens ont donc été traités avec désinvolture et mépris. Peut-être avec cynisme.
On ne pouvait en attendre beaucoup plus de celui qui a dit : “Je n’ai jamais été un adolescent. Je n’aime pas les adolescents. Je ne les comprends pas.” Il n’a d’ailleurs jamais écouté personne, ignorant les corps intermédiaires, le parlement, la presse, ses ministres, et prenant seul des décisions catastrophiques.
On aura rarement vu un président aussi peu soucieux du bien commun, des services publics, de la satisfaction des besoins élémentaires de la population : travail, logement, santé, éducation.
Il aura au contraire favorisé ses amis privilégiés, refusé de taxer les ultra-riches, ouvert les vannes aux produits toxiques dans l’agriculture, méprisé l’écologie, laissé démunies l’Assistance Publique et l’Éducation Nationale, laissé filer le prix des carburants et préféré les véhicules de maintien de l’ordre aux Canadairs. Ce faisant, il aura manqué de moyens pour combattre les incendies l’été dernier et eu quand même le chaos dans la rue à l’automne.
On aura rarement vu un président dans un tel déni des problèmes qu’il a créés. Trump est grotesque mais Macron est pathétique. Il paraît qu’il voulait laisser une trace dans l’histoire de France. Il en laissera une. Mais pas celle qu’il pensait.
QUELLE HONTE ! par Agnes Bihl (sur FB)
Le Président qui déclare ce soir “être intraitable à l’égard de tous les casseurs” est précisément celui qui casse les services publics. Le Président qui déclare que “ceux qui ont pillé doivent rembourser” a le taux le plus élevé au sein de son gouvernement de procès pour corruption, abus de biens sociaux et / ou conflits d’intérêt de toute l’Histoire de la 5ème République.
Le Président qui affirme comprendre qu’on se rebelle contre le prix du carburant est bizarrement le Président qui a permis à Total de comptabiliser cette année 11 milliards de bénéfices en France.
Le Président qui s’exprime ce soir au nom de la France d’Outremer, n’a rien mis en œuvre depuis 10 ans pour que la Guadeloupe de manque pas d’eau courante.
Le Président qui adresse le soutien de la Nation aux Blessés des Forces de l’Ordre, n’a pas eu un mot pour les Enfants mutilés ces derniers jours.
Le Président qui envoie depuis 1 semaine les CRS lancer leurs canons à eau sur des lycéen·nes, n’a pas su pourvoir nos Pompiers de Canadairs cet été lors des incendies qui ont ravagé la France.
Le Président qui faisait du jet-ski cet été pendant les incendies, n’a pas hésité à réprimer hier à grands coups de canons à eau, les manifestant(e)s…et il se trouve que les Pompiers, justement, étaient en première ligne de leurs tirs…
Ironie, quand tu nous tiens…? Ou fascisme à l’état pur…? Je pourrai continuer longtemps, mais depuis hier étonnamment, j’ai les yeux qui piquent et pleurent…Colère ou gaz lacrymo …???

Photo d’archive.
DES ÉLUS BOUSCULÉS par Bally Bagayoko (sur FB)
Ce dimanche 18 octobre, en fin de journée, alors que des heurts se déroulaient à Saint-Denis, plusieurs élus municipaux se sont rendus sur place pour contribuer à l’apaisement et veiller à la sécurité des habitants.
La Ville de Saint-Denis – Pierrefitte condamne avec la plus grande fermeté le comportement inacceptable de membres de la Police nationale à leur égard. Plusieurs élus ont été bousculés et l’un d’entre eux, Landry Ngang, a été aspergé de gaz lacrymogène, alors même qu’ils avaient décliné leur identité.
La municipalité apporte son plein soutien à ces élus, mobilisés au contact des habitants pour favoriser le dialogue et le retour au calme. Rien ne saurait justifier qu’ils soient pris à partie dans l’exercice de leur mandat.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de mobilisation de groupes de jeunes, dont certains extérieurs à la commune, répondant à des appels diffusés sur les réseaux sociaux à s’en prendre aux commerces des centres-villes de Seine-Saint-Denis. La Ville condamne ces dégradations : elles frappent d’abord les habitants, les commerçants et la vie de nos quartiers. Ce n’est pas la réponse aux colères de la jeunesse. La Ville appelle les jeunes à ne pas se laisser entraîner par ces appels, qui les exposent et ne servent aucune cause.
Ses élu·es restent pleinement mobilisé·es, avec une conviction : l’apaisement doit demeurer la priorité de chacun.
Enfin, la Ville demande aux autorités préfectorales des explications précises sur ces agissements et rappelle que les élus doivent pouvoir contribuer à la désescalade sans être exposés à des comportements hostiles ou disproportionnés.
DANS LE TEXTE par Anne Löwenthal
Ce week-end, le président vénéré du MR et grand patron ff des Engagés et, dans sa tête, de l’univers intersidéral du foot, de la F1 et de tout le reste, a réuni tous les neurones à sa disposition (ne vous emballez pas, lisez la suite) pour traiter les manifestants les plus énervés de, je cite, “crétins d’extrême gauche”, rappelant au passage que lesdits crétins contestaient, je recite, “le libéralisme et le capitalisme”, qui pourtant, je rerecite, “leur permettent d’avoir le plus haut niveau de confort de la planète, même quand ils ne bossent pas”.
Si vous vous demandez comment encourager la révolte en cours, faites comme Georges-Louis ! Insultez les gens qui l’expriment, collez-leur des étiquettes qui-font-peur (bouh ! l’extrême gauuuuche) et terminez par quelques belles couillonnades totalement dénuées de la moindre culture politique et, bien entendu, de la moindre connaissance des réalités des gens !
Ou alors, comme moi, faites-leur lire du Georges-Louis dans le texte !
LE SECOND DEGRÉ par Jean-Claude Englebert-Cahen (sur FB)
Et bien les ami·es, je l’ai échappé belle ! Sans vouloir dévoiler de secret, la semaine dernière, je me suis fait prendre en délit de ne pas saisir le second degré lors d’un échange. Et ça m’a été très utile ce matin lorsque j’écoutais “le débat” sur Matin Première, parce que dans un premier temps, j’ai cru qu’il s’agissait d’un journalisme de caserne visant à rassurer le petit bourgeois par rapport aux manifestations du week-end en France. Et puis j’ai compris. J’ai compris que Joan Condijts et François Gemenne avaient été engagés comme humoristes pour nous faire une sorte de reprise des deux vieux du Muppet Show. Alors, Joan, rien à dire par rapport à ta performance. Impeccable.
Si je peux me permettre, fais tout de même attention de ne pas trop en rajouter. Invoquer Russie, Iran et Frères Musulmans comme orchestrateurs du chaos, c’était super, mais tu n’es tout de même pas à l’abri d’une analyse d’urine à la sortie du studio. (Au fait, c’était quoi ton truc ? De l’acide ou des champignons ? Si tu peux me filer la recette, ça a l’air de bien décoller la pulpe du fond du bocal !
Quant à toi, François, il y a du bon et du moins bon. Répéter en boucle “Mélenchon” et “LFI” chaque fois qu’il y a un problème, c’est super original, personne n’y a jamais pensé (ou presque) mais je me demande si ça ne risque pas de lasser, à force. Par contre ta tirade sur ces “petits bourgeois bien installés qui vivent aux crochets de l’État”, c’était super. Quand je pense à tous ces jaloux et ces grincheux qui radotent que tu serais devenu un toutologue, je me dis que tu leur as donné une super leçon : les petits bourgeois bien installés qui vivent aux crochets de l’État, on voit que tu maitrises le sujet à fond, comme si tu le connaissais de l’intérieur…
RESPONSABLE DE TOUT ? par Maxime Da Silva (sur FB)
Pourquoi tiennent-ils Mélenchon responsable de tout ? Mélenchon au + haut dans les sondages, passant la barre de 20% pour la 1ère fois. Mélenchon qualifié au second tour dans toutes les hypothèses, même quand le centre présente qu’un candidat. Mélenchon soutenu par des communistes, des écologistes, de nombreux syndicalistes et largement par la jeunesse de ce pays. Mélenchon et ses député·es applaudis dans les manifs, reconnus pour leur travail de sécurisation des jeunes avec leurs brassards blancs. Mélenchon réunit 26.000 personnes à Saint-Denis, + de 10.000 personnes à Clermont. Mélenchon connait une ascension fulgurante dans les enquêtes de popularité et malgré la diabolisation permanente depuis plusieurs années. Bref, Mélenchon est en dynamique et on vous voit venir les anti-LFI de tous bords. Mélenchon peut gagner. Et ça vous horripile. Donc vous tentez de lui mettre sur le dos… les casses et pillages ! Alors qu’il n’a cessé d’appeler à la mobilisation non-violente. Et puis quoi encore ? Bientôt Mélenchon sera tenu responsable de la canicule ? Et pourquoi pas des affaires judiciaires des macronistes et du RN tant qu’on y est ? Lâchez la grappe à LFI et faites campagne sur le terrain des idées, ça vous changera.
CLÉMENCE GUETTÉ
Émission de Mediapart sur le mouvement lycéen (antérieure à la manif du 17, mais pose bien le cadre) notamment le sociologue Pierre Douillard-Lefevre. « on est dans une logique de terreur ». 7000 gardes à vue d’enfants, du jamais vu en république
CharlElie Couture raconte sa manif à Paris, le 17 octobre (sur FB)
Débordé par le bordel, ou bien s’agit-il de la stratégie du chaos ? Je ne sais pas. J’y suis allé en début d’après-midi avec l’une de mes filles, sans masque, ni cagoule, sans casque, ni foulard. J’y suis allé pour voir, curieux comme un badaud, pour me faire une idée sur ladite démobilisation générale annoncée dans les médias, quand le président dans le déni total des faits n’avait rien trouvé de mieux que d’aller voir Céline Dion pour se changer le idées, à la veille de cette journée nationale… Sauf que du monde il y en avait partout. Dès la gare de l’Est, des rubans de police nous interdisaient l’accès. On a décidé de contourner, mais finalement je n’ai jamais pu rejoindre la place de la République. Bloqué rue du Faubourg du Temple par un cordon de CRS. Derrière eux des tirs, des explosions toutes les trente secondes, et aussi un feu. Rue Yves Toudic une grosse fumée noire polluait le ciel. Les pompiers ? je ne sais pas il y avait bien une ambulance stationnée mais pas de pompiers qui devaient être occupés ailleurs. On laissait brûler ce feu sans rien faire.
Les gardes mobiles immobiles, plantés là, devant nous, harnachés et raides comme des Playmobil, le visage fermé sous leurs visière baissée, le sourcil froncé et l’air grave, mutiques à quelques centimètres d’une foule qui conspuait tantôt le gouvernement, tantôt Macron lui-même, tantôt la force publique et l’ordre qu’ils incarnaient. Ils ne bronchaient pas.
J’ai reculé, changé d’endroit. On avait du mal à bouger tellement il y avait de monde, toutes sortes de gens. Il y avait globalement une ambiance plutôt bon enfant, mais une France en colère, sans issue, une masse dans la nasse. Certains prenaient des photos avec leur téléphone, d’autres discutaient entre eux assis à la terrasse de cafés, une bière à la main en regardant défiler devant eux des jeunes, des vieux, des sportswears, des bobos ébahis, des infirmiers en blouse, deux drag-queens, un autre déguisé en cheval ou deux autres en Super Mario. Les uns tenaient des cartons, des bouts de carton, parfois juste une feuille de papier, n’importe quoi sur lesquels ils avaient écrit vite fait quelque chose, un slogan, un jeu de mot, ou un avis sur ce qui se passe actuellement, rien de vraiment organisé, et puis aussi des cagoulés noirs, filles et garçons qui se la pétaient gonflés à l’adrénaline, venus là pour s’amuser à défier la société …
Je ne disais rien, ne faisait rien, pourtant je ne me suis senti en tension qu’à l’approche du cordon de CRS. Et puis alors qu’on repartait tranquille, sans qu’on comprenne pourquoi, il y a eu une charge de la police dans notre dos, et on s’est fait pepperiser. Les yeux qui piquent, les poumons qui brûlent, la gorge en feu… On rejoignait une fanfare sur le canal Saint Martin quand un cortège d’une dizaine de voitures de police nous a foncé dessus littéralement à cent à l’heure. On s’est écartés en panique. Whaa, vraiment flippant cette vitesse. Il était 16 heures quand on a décidé de rentrer, ça continuait de pétarader un peu partout. Arrivé chez moi j’ai allumé les chaînes en continu, mais j’ai vite éteint tellement ça ne relatait pas l’ambiance de ce que j’avais vécu.


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