C’EST COMPLIQUÉ, LES PAPIERS ! par Bernadette Schaeck

Pauvre C. , que je poursuis pied à pied depuis deux jours, pour obtenir toutes les informations dont j’ai besoin pour espérer la défendre efficacement contre une décision du CPAS. À chaque fois que je crois avoir les bonnes infos, je lui envoie un projet de courrier à envoyer au CPAS. À chaque fois, elle me redonne, je pourrais dire « au compte-gouttes », une nouvelle information qui modifie ce qu’il faut faire et dire pour défendre ses droits.
Je me rends compte à quel point c’est compliqué de s’y retrouver dans tout ce dédale, entre la mutuelle qui la vire, le CPAS qui lui accorde “à sa manière” le Revenu d’Insertion (RI) « en avance » sur les allocations de chômage, et le service chômage et l’ONEM qui examinent son droit aux allocations de chômage.
Pauvre C, face à ces 3 institutions qui, à tour de rôle, prennent leur temps (… et plus que les délais imposés par les lois !) pour « décider », qui commettent des erreurs, ou qui, sans commettre d’erreurs, sont tout sauf limpides dans leurs décisions et communications.
Pauvre C qui doit se rendre compte que je souffle (un peu !). Je m’en excuse auprès d’elle, mais je sais qu’elle me comprend et me pardonne : elle m’a donné « congé » pour le week-end.
Que je prendrai peut-être, ou sans doute pas, mais merci à elle de m’en donner la permission !
Je crois que je vais adopter la maxime « Je souffle, donc je suis ». Afin d’éviter toute culpabilisation.
Plus sérieusement, ce qui fait la différence, c’est de ne pas considérer cette façon de délivrer les informations “au compte-gouttes” comme une rétention d’informations (on non-collaboration, comme le disent très fréquemment les CPAS) – mais comme de très évidentes difficultés de s’y retrouver “dans tous les papiers”.

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Ukrainien ou pas. Noir ou blanc. Étranger d’origine ou “belge de souche”. Etc, etc…
Les divisions ne serviront jamais le respect et encore moins l’amélioration de nos droits.
L’une pense que c’est parce qu’elle est ukrainienne que ce CPAS ne lui délivre pas d’accusé de réception de sa demande (en toute illégalité !). L’autre pense que, si elle était ukrainienne, elle percevrait plus facilement le Revenu d’Insertion (RI). Bien sûr, certains CPAS agissent un peu comme cela.
Mais vérification faite, le CPAS qui ne délivre pas d’accusé de réception aux ukrainiens, ne le délivre pas non plus aux autres…
Il n’accepte que six demandes par jour, et ne s’en cache même pas : il le publie sur son site !
L’information en a été donnée aux ukrainiens et aux non-ukrainiens. Que nous défendrons de la même manière… Ceci dit, je reçois vraiment très très peu de considérations racistes.
Sans doute les personnes savent un peu que ça ne me plairait pas ?
Ou mieux encore, et ça me plait d’être optimiste, parce que comme nous les aidons et les soutenons toustes. Et que ça ne les incite pas à jalouser les autres ?

Bernadette Schaeck, de l’Association de Défense des Allocataires Sociaux
contact : www.adasasbl.be

1 Commentaire
  • didier somzé
    Publié à 19:17h, 12 février

    Ce que tu fais, Bernadette, est tellement lié à des valeurs fondamentales que je ne peux que dire, tout simplement : “Respect. De tout coeur, respect”.

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