À VOUS LA PAROLE par toi, vous, eux et elles

(Toutes les illustrations sont de Jean-Claude Salémi)

TAXER LE JAZZ, DISCRIMINER LE VIVANT par Marc-Philippe Legein (sur FB)

Quand l’État classe la musique : une TVA qui discrimine le vivant
Le projet du gouvernement belge de relever la TVA à 12 % sur une partie des activités culturelles, notamment musicales, tout en maintenant un taux réduit de 6 % pour la musique classique, contemporaine ou l’opéra, pose un problème majeur.
Non pas seulement budgétaire, mais culturel, symbolique et politique.
Car ce choix fiscal introduit une hiérarchie implicite entre les musiques. Certaines seraient dignes de protection, d’autres non. Certaines relèveraient de la culture « sérieuse », patrimoniale, légitime ; d’autres — comme le jazz — seraient assimilées à un divertissement accessoire, taxable sans scrupule.
Cette distinction n’a aucune base rationnelle.
Une frontière musicale artificielle : Qu’est-ce que le jazz, aujourd’hui ? Une musique écrite et improvisée. Une musique savante et populaire. Une musique de création contemporaine, enseignée dans les conservatoires, jouée dans les salles de concert, inscrite dans l’histoire musicale du XXᵉ siècle. Où commence et où s’arrête la musique « classique » ? À la partition ? À l’absence d’improvisation ? À l’âge du compositeur ? À la tenue vestimentaire sur scène ? Ces frontières sont floues, mouvantes, historiquement poreuses. Elles l’ont toujours été. Le jazz a nourri la musique dite savante ; la musique classique moderne s’est nourrie du jazz. Les séparer fiscalement relève d’une simplification grossière, indigne d’une politique culturelle éclairée.

Une discrimination idéologique déguisée

En réalité, cette mesure ne repose pas sur des critères objectifs, mais sur une vision normative de la culture : celle qui sacralise le patrimoine et se méfie du vivant ; celle qui protège ce qui est déjà institutionnalisé et pénalise ce qui continue d’évoluer.
Ce n’est pas le jazz en tant que genre qui est visé, mais ce qu’il représente : la création contemporaine, le métissage, le risque artistique, l’improvisation, la liberté. Taxer davantage ces formes, c’est envoyer un message clair :la culture vivante coûte trop cher, la culture consacrée mérite l’effort. Une mesure socialement et économiquement injuste. Le jazz — comme beaucoup de musiques actuelles — repose sur une économie fragile : petites salles, festivals indépendants, centres culturels, artistes intermittents, publics fidèles mais limités.
Passer de 6 % à 12 % de TVA, ce n’est pas une abstraction comptable.
Ce sont :
• des billets plus chers,
• des cachets comprimés,
• des programmations plus frileuses,
• des risques artistiques abandonnés.
Autrement dit, un appauvrissement du paysage culturel, au détriment des artistes et du public. Un État qui ne devrait pas juger l’art. L’État a le devoir de soutenir la culture.
Il n’a pas celui de classer les musiques selon une hiérarchie implicite de valeur.
Dès lors qu’une activité relève de la création artistique, qu’elle est accessible au public, qu’elle participe à la vie culturelle, elle doit être traitée de manière équitable.
Le contraire ouvre la porte à l’arbitraire, à l’exclusion, et à une vision passéiste de la culture.
Taxer le jazz, c’est taxer le présent. Le jazz n’est ni marginal ni anecdotique.
Il est l’une des grandes aventures musicales modernes, au cœur de notre histoire culturelle commune. Le taxer davantage que l’opéra ou la musique classique n’a aucun sens économique, aucun fondement artistique, aucune justification démocratique.
C’est taxer le vivant, le contemporain, l’expérimental. C’est affaiblir celles et ceux qui font la culture aujourd’hui, ici et maintenant. Une politique culturelle digne de ce nom ne choisit pas quelles musiques méritent d’être soutenues. Elle crée les conditions pour que toutes puissent exister.

RÉGRESSION DE LA DÉMOCRATIE par José Fontaine (sur FB)

Beaucoup de choses, que le gouvernement veut en réalité détruire, ont fait durant des décennies l’objet d’un large consensus : le statut des fonctionnaires, la nomination des enseignants, les différents aspects de la Sécurité sociale dont le chômage sans limite dans le temps et les retraites, l’indexation des salaires etc. La prise de conscience écologique. Ce consensus n’a jamais été le fait d’un parti, ni même d’une coalition de partis. Cela a été le mouvement de toute une société et de maintes autres sociétés européennes. Piketty l’a montré : de 10% du revenu national socialisé (surtout santé et enseignement) en 1900 on est passé à 50-60 % et cela explique d’ailleurs que toutes ces sociétés ont largement progressé dans tous les domaines. Tout cela n’a pas été obtenu sans luttes. Ce qui se passe aujourd’hui c’est un mouvement de régression de la démocratie dans sa dimension économique (services publics), sociale (sécurité sociale) et politique. Le gvt fédéral actuel veut supprimer ces droits et avancées dans maints domaines avec les encouragements de l’Union européenne. L’un et l’autre veulent détruire, nous détruire, détruire la solidarité, la liberté. Avec l’UE, jouent en faveur de cela un consensus flamand très à droite et des gens qui renient la Wallonie. Syndicats chrétiens, socialistes et libéraux luttent de concert et c’est très fort. Il faut faire tomber le gouvernement.

FROID DANS LE DOS par Dom Moreau (sur FB)

Lorsque j’ai regardé la vidéo qui montre l’exécution d’Alex Pretti, l’effroi total qui m’a saisie s’est traduit par plusieurs symptômes physiques assez incontrôlables : tremblements, frissons intenses, battements de cœur accélérés, jambes “en coton”, yeux embués puis pleurs à chaudes larmes. L’horreur que nous inspire l’inhumanité se dit d’abord par notre corps, j’en suis persuadée. Voir cet infirmier violemment molesté, puis abattu dans le dos par 11 tirs à bout portant, assister en images mouvantes à cette scène impensable, inimaginable, injuste, dégueulasse, absolument cruelle, immonde, ça laisse sans voix, sans mots, ils deviennent interdits, inutiles, vides. Quand tout sens est bafoué, la parole est coite, mais le corps – lui – parle (d’ailleurs, la gorge se noue – comme celle de George Floyd, habitant lui aussi de Minneapolis, étouffé à mort à quelques centaines de mètres des lieux des récents assassinats de Renée Good et d’Alex Pretti).
Ces symptômes physiques qui disent la peur, le dégoût, l’obscène, l’effroi, en principe nous les ressentons peu ou pas lorsque des scènes de violence similaire sont scénarisées par des films ou des séries TV. Notre cerveau – semble-t-il – sait faire la différence entre réel et fictionnel. Mais je m’interroge. Ces brutes de ICE qui tirent sur celleux qui les dérangent dans leur action ont bien aussi un cerveau, un corps, et sont également dotés de parole. Sans doute ont-ils aussi une famille, des parents, des enfants. D’où leur vient cette apparente “jouissance” d’exercer un pouvoir qui a perdu toute humanité ? Qu’est-il arrivé à leur corps ? Et, parce qu’ils sont applaudis, soutenus par une frange populiste américaine, d’où vient cette perversité à l’échelle collective ? (PS. J’ai lu Hannah Arendt, et Freud aussi. Mais.)

EFFONDRÉS par la famille d’Alex Pretti (via le compte Twitter X de Brian Stelter, analyste média en chef / CNN, auteur et producteur / TheMorningShow)

“Nous sommes effondrés, mais aussi extrêmement en colère. Alex était une personne au grand cœur qui aimait profondément sa famille et ses amis, ainsi que les vétérans américains dont il s’occupait en tant qu’infirmier en soins intensifs à l’hôpital VA de Minneapolis. Alex voulait changer le monde. Malheureusement, il ne sera plus là pour voir le résultat de ses actions. Je n’utilise pas le terme “héros” à la légère. Cependant, sa dernière pensée et son dernier geste ont été de protéger une femme. Les mensonges écœurants proférés par l’administration à propos de notre fils sont répréhensibles et répugnants. Alex ne tient clairement pas d’arme à feu lorsqu’il est attaqué par les gangsters meurtriers et lâches de l’ICE de Trump. Il tient son téléphone dans sa main droite et sa main gauche vide est levée au-dessus de sa tête alors qu’il tente de protéger la femme que l’ICE vient de pousser à terre tout en étant aspergé de gaz poivré. Merci de faire connaître la vérité sur notre fils. Il était un homme bon. Merci.”

CRÉTINS ET INDIGNES par Anne Löwenthal (sur FB)

Aujourd’hui, le mot d’ordre du MR est de pleurer sur le sort de la cohésion sociale et, plus largement, de l’associatif et de mettre ça sur le dos du méchant PS-qui-fait-rien-qu’à-saboter-les-négociations et, plus largement, sur “la gauche”-qui-fait-rien-que-la-fête-avec-nos-sous.
La politique, ce n’est pas très compliqué. Vous vous en prenez aux pauvres – vous en créez même de nouveaux – et aux secteurs qui leur viennent en aide et les mobilisent, vous en menacez même de fermeture et une fois que c’est bien la mouise, que des gens sont licenciés et des projets abandonnés, vous instrumentalisez le fruit de votre travail de sape : vous vous emparez de vos victimes et les brandissez, la lippe tremblante et la larme à l’œil, pour faire des slogans accusateurs des autres-vraiment-très-très-méchants sur les réseaux sociaux.

X X X X X X X

On était nombreuses à avoir pensé que la politique d’exclusions du chômage qui s’annonçait allait causer des catastrophes. Que des emplois ne seraient pas créés, en tout cas certainement pas dans les temps et certainement pas en suffisance.
Que des cas particuliers (mais très nombreux) comme les ALE, les aidants proches, les travailleureuses à temps partiel… n’étaient pas envisagés. Que les CPAS ne seraient indemnisés ni dans les temps, ni suffisamment… On le pensait et on l’a dit. En tout cas moi, je l’ai dit et je sais que je ne suis pas la seule. Quand ce n’était encore qu’au programme électoral.
Et pourtant, nos dirigeants, ceux-là même qui mènent cette abominable politique ont foncé avant de découvrir qu’en effet, il y a trop de choses auxquelles ils n’ont pas pensé.
Donc, soit ils sont vraiment trop crétins pour admettre des évidences, soit ils nous ont entendues et s’en sont totalement foutus. Dans les deux cas, c’est gravissime et totalement indigne de dirigeants politiques.
(Après, vous me direz, qui on est pour dire des évidences ? Jean-Luc Crucke l’a dit hier dans le poste, on n’est personne, même pas on est au parlement)

LA TVA DE SCHRÖDINGER ET LA PHYSIQUE QUANTIQUE par Patrick Dupriez (sur FB)

Le gouvernement fédéral invente la TVA de Schrödinger. Ils se prétendaient ingénieurs, raillant les poètes. On les découvre physiciens quantique, inspirant les humoristes… Et on leur reconnaitra la capacité de créer de l’emploi chez les avocats et les juristes.
La TVA qui, à la fois, augmente et n’augmente pas, voire qui augmente de façon à pouvoir dire quelle n’augmente pas : le scénario halluciné jailli du 16 rue de la Loi est risible mais il est surtout illisible et incompréhensible pour la plupart des gens (comme la physique quantique, tiens).
Des lois incompréhensibles, ce n’est jamais bon pour la démocratie. Des lois insensées, c’est carrément mauvais pour la démocratie.
Car notons ici que la différence de taux de TVA peut avoir du sens pour favoriser certains produits et services positifs pour la société (0% pour les aliments frais / 21% pour les aliments ultra transformés ou les soda ; 6% pour le billet de train / 21% pour les billets d’avion…). Rien de tel ici puisque la multiplication des critères différenciant les taux aboutit à favoriser la malbouffe et privilégier la culture élitiste.
Une loi qui dissimule mystifie la démocratie car, au final, cette obfuscation politique, cet embrouillamini fiscal, a un but : éviter de prélever un impôt sur les revenus plus juste, plus équitable, plus simple. Désolé pour les physiciens quantique de les avoir assimilés à cette pantalonnade politique.

L’EXCELLENT ÉMISSION DE CRITIQUE DES MÉDIAS DE MOURAD GUICHARD SUR MEDIA-TV (abonnez-vous !) : « L’œil de Moumou »

JE N’Y CROIS PAS UNE SECONDE par Johnny Metteko

Ce matin à la RTBF : Répression en Iran : « 30.000 morts, 330.000 blessés ». En quelques semaines les gardiens de la révolution auraient massacré plus de civils que pendant un an de guerre totale d’Israël à Gaza. Je n’y crois pas une seconde, l’empire veut juste nous vendre une nouvelle guerre qui fera des millions de morts et de déplacés, et son lot de vagues d’attentats et de réfugiés chez nous… Même causes, mêmes effets, ne venez pas vous plaindre après. Ça n’est pas comme ça qu’on sauve une population, voyez le résultat de toutes nos guerres aux Moyen-Orient.

DES VERTS PARISIENS RALLIENT LA CAMPAGNE INSOUMISE par Antoine Trupiano Remille (sur FB)

Figure des Écolos parisiens, Jérôme Gleizes claque la porte pour LFI. Un énième départ, après la présidente du Conseil fédéral, Julia Mignacca. Vice président du groupe “Écologiste de Paris” et ancien membre du bureau exécutif national, il incarne le malaise interne.
La stratégie politique générale de Tondelier créé des débats, comme sa présence à un dîner proche de l’extrême droite de Sterin et Bolloré. Même la présidente du groupe écolo à l’Assemblée, Cyrielle Chatelain, ne le cache plus : « Je suis en désaccord avec le fait qu’elle s’y soit rendue ». Un cadre régional, soutien de la direction, s’alarme : « On va passer collectivement pour des stals, et ces suspensions… ne s’appuient sur rien ».
La direction des Écolos tente d’éteindre l’incendie de sa crise interne, en postulant que ce ne seraient que des « sous-marins » insoumis. Or, Gleizes est un exemple édifiant de l’imposture de ce discours. Il est adhérent écolo depuis des décennies et a façonné l’histoire de ce parti, en siégeant à son bureau exécutif national pendant des années.
Il est aussi une figure de premier plan de la politique parisienne, ainsi que vice-président du groupe écolo au Conseil de Paris et vice-président de la 1ère commission (Finances – Ressources humaines – Commerce – Emploi – Développement économique – Tourisme).
À Jérôme Gleizes s’ajoute le départ de l’élu écolo Émile Meunier, actuel président de la 5ème commission au Conseil de Paris (Urbanisme – Logement – Grand Paris – Politique de la Ville). De plus, il y a le départ de nombreuses autres personnes élues, militantes. C’est ainsi une réaction aux fortes contradictions dans tant de communes d’une alliance majoritaire avec le PS. La stratégie électorale des Écolos conduit à une remise en cause par ses propres figures, ses propres élus, ses propres militants. Pour la simple signature d’une tribune critique, la direction fébrile des Écolos y répond par des centaines de menaces de suspension. Ce que certains considèrent comme des « purges ».
Au sein même des soutiens de la direction Tondelier, ces méthodes, choix et « purges » créent des tensions. La présence de Tondelier à un dîner en lien avec l’extrême droite catholique n’en finit déjà plus d’engendrer des oppositions, comme celle de Cyrielle Chatelain. Un membre du conseil disciplinaire alerte aussi sur les délais intenables pour gérer les suspensions et s’agace : « Vraiment, on ne peut pas mieux utiliser notre temps militant ? ». Ces pressions et cette « stratégie électorale illisible » des Écolos amènent finalement à des départs vers les listes LFI. Après avoir eu une discussion programmatique, priorité partagée entre ces écolos et LFI, certains de ces déçus représentent désormais 20 % de la liste centrale insoumise à Paris, et dans d’autres villes aussi Les Écolos subissent les mêmes départs.

Antoine Trupiano Remille

VOUS SAVIEZ ET VOUS SAVEZ par Abbas Fahdel

À vous,
racistes certifiés,
islamophobes compulsifs,
fascistes low-cost,
qui soutenez Trump, Netanyahou & Cie comme on soutient une équipe de foot en faillite morale.
Vous avez ce talent rare :
réussir à parler de “civilisation” tout en piétinant l’humanité.
Vous invoquez la “sécurité” comme un gri-gri magique,
et, bizarrement, ce sont toujours les mêmes corps qui doivent disparaître
pour que vous vous sentiez en sécurité.
Vous adorez la liberté —
à condition qu’elle parle votre langue,
prie votre dieu,
mange comme vous,
s’habille comme vous,
et surtout ferme sa gueule quand vous bombardez son pays.
Vous dites :
“Je ne suis pas raciste, mais…”
Et derrière ce “mais”,
il y a toujours un mur, une prison ou un cimetière.
Vous vous croyez malins.
Vous êtes prévisibles.
Vous êtes les seuls êtres humains capables de regarder un char rouler sur des civils et de dire :
— oui mais ils n’avaient qu’à pas être là…
Trump est votre idole parce qu’il prouve que l’ignorance peut gouverner.
Avec lui, plus besoin de lire, de réfléchir, de douter.
Il a transformé l’ignorance en posture virile
et le mensonge en performance scénique.
Un génie pour ceux qui confondent le volume sonore avec la vérité.
Netanyahou, lui, vous rassure parce qu’il prouve qu’on peut :
– mentir sans rougir,
– écraser un peuple entier,
– violer le droit international,
et continuer à être reçu comme un chef d’État respectable.
Le rêve humide de tout autoritaire :
le crime, mais en costume sobre.
Vous adorez parler de “civilisation”.
C’est fascinant, venant de gens dont la pensée politique tient sur un autocollant :
mur – bombe – prison – silence.
Votre obsession pour l’islam mérite une thèse de psy.
Une religion vous terrorise plus que :
– les multinationales prédatrices,
– les guerres impériales,
– l’effondrement climatique,
– ou vos propres élites corrompues.
Un foulard vous fait perdre la raison.
Un enfant arabe vous inquiète.
Mais un génocide retransmis en direct ?
Silence. Attente. “Nuance”.
Vous dites :
“On ne peut plus rien dire.”
C’est fascinant, venant de gens qui parlent tout le temps,
sur toutes les chaînes, tous les réseaux,
sans jamais écouter, sans jamais douter, sans jamais apprendre.
Vous prétendez défendre la liberté d’expression,
sauf quand elle critique vos bombes, vos murs
ou vos alliés meurtriers.
Vous ne défendez pas l’Occident.
Vous défendez votre peur.
Peur de l’autre,
peur du monde,
peur de perdre des privilèges que vous confondez avec des droits naturels.
Vous défendez un fantasme :
un monde figé, hiérarchisé,
où les dominés acceptent leur sort
et remercient poliment quand on les écrase “pour leur bien”.
Et c’est peut-être ça le plus comique dans tout ça :
vous vous rêvez forts, virils, conquérants,
alors que vous êtes terrorisés par un voile, un accent, un prénom,
ou par un enfant qui traverse une frontière.
Votre courage est toujours à distance.
À distance des bombes.
À distance des ruines.
À distance des corps.
Vous êtes héroïques depuis votre canapé,
intrépides derrière un écran,
impitoyables quand ça ne vous coûte rien.
L’Histoire vous a déjà vus.
Toujours les mêmes phrases.
Toujours les mêmes justifications.
Toujours les mêmes mines surprises après coup :
“On ne savait pas.”
“C’était plus complexe.”
“On exagérait peut-être.”
Non.
Vous saviez.
Vous savez.
Et vous soutenez quand même.
Ce n’est pas une erreur.
Ce n’est pas une confusion.
C’est un choix.
Et le plus drôle — si l’on peut dire —
c’est que vous vous imaginez du côté des forts,
alors que vous êtes simplement du côté de ceux qui auront honte plus tard,
s’ils en sont encore capables.

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