C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, lui, eux, vous et elles

Textes, posts et vidéos glanés sur les « rézozozios » avec des interventions de Bruno Ruiz, Sophie Tlk, Sébastien Fontenelle (Blast), Clémence Guetté, Julien Truddaïu, Cornélie Statius Muller, Paul Elek, Rima Hassan, Fabrice Riceputi, Olivier Tonneau, Contre-Attaque, Antoine Hermes, Rudy Demotte, la PaduTeam et Cass Andre (photo Chris Coudrec, peinture murale à Barcelone).

À PROPOS DE VÉRITÉ par Bruno Ruiz (sur FB)

Ce qui est devenu irrespirable sur les réseaux, ce sont les dégâts provoqués par les contre-vérités, les infox, qui, même quand elles sont dénoncées, continuent de circuler et de devenir vérité. Preuve en est cette phrase déformée du nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui déclare en parlant de sa ville qu’elle est « la ville des Rois et du peuple vivant. » et qui devient, relayée par des journalistes peu scrupuleux de vérification :« La ville des Noirs et du peuple vivant ». Ainsi s’installe ce mensonge dans les têtes, s’insinue durablement et finit par devenir vrai. C’est comme cela que s’installe tranquillement un communautarisme noir qui n’existe pas moins qu’un autre.
Il en est de même avec l’antisémitisme prétendu de Mélenchon. J’ai cherché sur le net, avec l’IA, la preuve tangible d’un propos antisémite qu’il aurait tenu. En dehors de quelques mots pris en dehors de leur contexte, je n’en ai trouvé aucun. L’antisémitisme de Mélenchon (et par extension évidemment de tous ceux qui votent LFI) est désormais avéré, jamais remis en cause. C’est devenu un fait. Pire que cela : Raphaël Enthoven et son avocat ont inventé un concept imparable, au cas où on demanderait quelques preuves tangibles : « L’antisémitisme d’atmosphère ». Cela pourrait faire rire si cela n’était pas aussi grave. La vérité n’a plus besoin d’exister. Il suffit simplement de sentir qu’elle est vraie.
Qu’on me comprenne bien : je ne suis pas ici en train de défendre LFI et Jean-Luc Mélenchon. Ce n’est pas le sujet. Je dis simplement que ces exemples montrent comment on manipule l’information ; que c’est comme cela que s’installe jour après jour une idéologique nauséabonde fondée sur l’allusion plutôt que sur les faits, et où le mensonge devient une banale vérité.
Avant de lire entre les lignes, il faut commencer par lire attentivement ce qui est réellement écrit, dit. Mais cela prend du temps. Et c’est le contraire de ce à quoi nous invite le flux continu et abrutissant des informations que l’on a pas le temps de vérifier.
Nous entrons dans des temps très obscurs.. Et j’ai bien peur que la pensée unique qui circule sur les grandes voies médiatiques ne soit pas qu’un « totalitarisme d’atmosphère ».
Et je dois dire que cela me fout vraiment la trouille.

La chronique de Sébastien Fontenelle / Blast (abonnez-vous !)

L’EUROPE AU POINT DE (NON) RETOUR par Julien Traddaïu (sur FB)

Adoption du règlement « retour », l’arithmétique du désastre…
En adoptant aujourd’hui (389 voix contre 206) sa version du nouveau règlement dit « Retour », une majorité d’eurodéputés permet la mise en place de « hubs de retour », des centres situés en dehors de l’UE où pourront être envoyées (et potentiellement détenues) les personnes déboutées de l’asile.
C’est l’officialisation d’une stratégie d’externalisation massive des expulsions, loin des tribunaux et des regards.

Concrètement ? Ce texte permettra aux États membres d’ouvrir des centres dans des pays tiers pour y transférer les personnes à expulser, avec la possibilité de les y enfermer pendant de longues périodes. Il prévoit aussi un arsenal de sanctions renforcées pour celles et ceux qui refusent de quitter le territoire : confiscation de documents, détention, interdictions d’entrée prolongées, reconnaissance mutuelle des décisions d’expulsion entre États membres.
Ceci alors même que l’exemple italien en Albanie ou le projet britannique au Rwanda ont montré à quel point ces dispositifs sont juridiquement contestés, politiquement dégueulasse et humainement destructeurs.

Pour les personnes concernées, cela voudra dire – plus de détention, plus d’arbitraire, plus de violences invisibles. La banalisation de centres d’enfermement offshore où des personnes vulnérables, y compris des enfants, pourront être privées de liberté loin de toute garantie effective de leurs droits. Les ONG et associations de terrain parlent déjà de « recul historique des droits des réfugiés » et alertent sur la multiplication des détentions de personnes vulnérables. Cette logique n’est évidemment pas de protéger, mais de dissuader, d’écarter, de rendre les vies indésirables encore plus précaires et plus invisibles.
Ce vote est le produit d’une alliance assumée entre la droite traditionnelle et l’extrême droite au Parlement européen. Une majorité assumée entre le PPE (droite traditionnelle) et les trois groupes d’extrême droite : les Conservateurs et Réformistes (ECR-Fratelli d’Italia, PIS polonais), les Patriotes pour l’Europe (RN, Fidesz, Ligue italienne) et l’Europe des Nations Souveraines (AfD).

Les eurodéputés de droite, du centre et de l’extrême droite ont applaudi ce texte dans l’hémicycle, comme une victoire politique. En travaillant main dans la main avec les groupes d’extrême droite, la droite dite « modérée » a fait sauter le peu de ce qui restait du cordon sanitaire. Cette droite et ce centre ont donc intégré et digéré les obsessions et les mots d’ordre de l’extrême droite, au point que ce sont désormais ces forces-là qui imposent l’agenda, même lorsqu’elles ne président ni la Commission ni le Parlement.
une alliance de la honte avec la participation belge du CD&V, Les Engagés, MR, Open VLD, N VA, Vlaams Belang.
Cet épisode catastrophique en terme de respect des droits humains confirme ce que produit cette droite qui choisit l’accompagnement plutôt que la résistance : elle offre ses voix, sa respectabilité et ses réseaux institutionnels pour transformer les fantasmes de l’extrême droite en textes de loi.

DEVINETTE par Fabrice Riceputi (sur X – Twitter)

Je passe des mois à diffamer un mouvement politique en le traitant d’antisémite, d’islamiste, de violent, d’antirépublicain. Mais je m’allie avec lui parce que je suis en mauvaise posture. Puis, quand je perds les élections, je lui attribue la défaite. Qui suis-je ?

PLUS C’EST GROS… par Paul Elek (sur X- Twitter)

François Ruffin et Marine Tondelier écument les plateaux pour taper sur Hollande et Mélenchon en leur reprochant de se taper dessus contrairement à eux, bien entendu, qui n’agissent que pour les beaux yeux de la gauche et pas une place dans leur primaire. Plus c’est gros…

LES FAUX-CULS par Olivier Tonneau (sur FB)

Comme ça, au fil d’une soirée TV électorale d’une abyssale débilité, je me fais des réflexions sans intérêt, par exemple: que la palme de la tronche de faux-cul revient sans doute à François-Xavier Bellamy, vrai têtard de bénitier, faux candide et tendre facho.
Alors que Retailleau c’est un vrai cul. Il ne fait jamais aussi peur que quand il sourit pour se donner l’air gentil. Je pense qu’il fait fuir ses petits-enfants quand il leur donne un cadeau (de toute façon c’était encore un chapelet).
Mais puisque je suis dans le registre faux-cul, j’hésite un peu sur les cas Autain, Ruffin et Tondelier (attention, je les mets pas dans le même sac que Bellamy et Retailleau, c’est un autre sac, avec des trous pour respirer parce qu’il faut pas pousser quand même).
C’est une sacrée acrobatie d’attaquer les camarades en les accusant de s’entr’attaquer, ce qui fait que leurs propres attaques ne doivent pas apparaître comme des attaques, ce qui conduit à des formules alambiquées du genre:
“J’en peux plus que Faure accuse Mélenchon de façon exagérée alors que moi, je ne suis pas non plus d’accord mais pas au point de me fâcher, et Mélenchon lui-même est insupportable d’accuser Faure de l’attaquer, je le dis en toute amitié votez pour moi”.
Tant de haine sucrée, ça fait des faux-culs ou juste des papates de velours ? Question idiote pour fin de soirée télé, ça fait longtemps que j’avais pas regardé la télé, je sens mes p’tits neurones qui vibrionnent étrangement. D’autres illuminations de la même intensité suivront (peut-être).

DES RÉSULTATS CONTRASTÉS par Antoine Hermès (sur FB)

Municipales : Non, LFI n’est pas le boulet de la gauche. Non, le RN n’a pas gagné “partout”. Derrière les récits trompeurs, c’est un puzzle politique. Les vérités répétées en boucle s’écroulent dès qu’on regarde les résultats.
■ RN
Petites victoires du RN dans des villes petites et moyennes, comme Castres, Carcassonne, Montargis, La Flèche, Amilly… Il prend Orange à la Ligue du Sud (extrême droite). Il n’y a pas de vague RN. Malgré un 1er tour très favorable, la défaite est cuisante à Toulon, comme à Marseille, Nîmes, Metz…
■ UDR
L’UDR prend une grande ville symbolique et facile, allié du RN (pour le moment, à voir la reconfiguration en 2027). Face à un Estrosi à l’arrivisme édifiant, rejeté par la population, par son camp et sans barrage républicain, son chef Ciotti s’empare de Nice. Victoire aussi à Montauban.
■ LFI
LFI commence à avoir un ancrage local. Elle entre dans des centaines de conseils municipaux. Elle gagne de nombreuses villes : Saint-Denis, Roubaix, Vénissieux, Sarcelles (allié sans étiquette), Vaulx-en-Velin, La Courneuve, Creil, Saint-Fons, Le Tampon (avec PLR), Mantes-la-Jolie (fusion avec Gaye), Blanc-Mesnil…
■ PS
Le PS reste un acteur municipal important, mais dépendant plus que jamais de l’Union. Il conserve des mairies : Marseille (retrait FI), Paris, Montpellier, Lille, Blois, Rouen et sauve de justesse Nantes grâce à LFI… Il conquiert Saint-Étienne, Pau, et avec LFI Agen, Aubervilliers… Revers à Clermont-Ferrand, Brest, Tulle, Martres-Tolosane (fief de Delga), Louviers (fief de Brun)… LFI s’installe dans ses bastions et conquiert les villes aux PS les plus anti-FI : Vaulx-en-Velin, Bagnolet, Saint-Denis, Creil…
■ PCF
Le PCF oscille entre affaiblissement et stabilisation. Il garde Échirolles, Vitry-sur-Seine, Malakoff… Des maires insoumis remplacent les maires PCF à La Courneuve, Vénissieux… Grâce à une droite divisée, il prend la ville de Nîmes et Aubagne (fusion avec un DVD), ainsi que quelques petits bastions du PS, tel Héricourt.
■ Les Écologistes
Les Écolos sortent affaiblis par rapport à 2020, dans la continuité des dernières européennes. Beaucoup de défaites : Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Colombes, Annecy, Poitiers, Bègles… LFI lui permet de conserver Lyon, Tours, Grenoble et de conquérir Bagnolet, Sarcelles (allié sans étiquette)… L’Union lui donne Villepinte.
■ Place publique
Les résultats de Place publique sont catastrophiques. Glucksmann a “purgé” ses propres candidats trop unitaires, qui ont souvent soutenu des listes gagnantes, comme à Lyon, Grenoble, tout en acceptant des alliances à droite (Mantes-la-Jolie). La stratégie anti-LFI est même un échec avec la perte considérable de Saint-Brieuc.
■ LR
LR est une force importante dans les moyennes et petites villes, moins dans les grandes villes. Le parti a même des conquêtes : Besançon, Brest, Clermont-Ferrand, Colombes, Cherbourg, Istres, Tulle, Corbeil-Essonnes, Le Creusot, Lons-le-Saunier… Le RN lui prend plusieurs villes moyennes, notamment au Sud.
■ Renaissance
Renaissance est en décrépitude. Terre historique de droite, la victoire à Bordeaux sauve l’honneur de la macronie. Par survie, Renaissance se greffe à différentes coalitions aléatoires de droite à travers la France. Quelques victoires tout de même : Nevers, Bayonne, Tarbes, Rodez, Annecy…
■ Horizons
Horizons tire son épingle du jeu. La réélection de son chef Édouard Philippe est très large au Havre, ainsi que Béchu à Angers. Avec Reims, Angoulême, Arles, Périgueux, Annemasse, Châtellerault, Saint-Brieuc, Nogent-sur-Marne… Lâchés par leurs partis (partiellement), la PS Trautmann et Jakubowicz prennent Strasbourg.
■ Modem
C’est une atomisation du Modem, partenaire de Macron depuis 2017. Son chef et ancien Premier ministre Bayrou est défait à Pau, son fief historique. Il y a des défaites nombreuses : Agen, Mont-de-Marsan…
Au cœur de ces élections municipales, dans les près de 35 000 communes, LFI, PS, Écolos, PCF et NPA se sont alliés les uns avec les autres ou les uns contre les autres. C’est la même chose dans toute la classe politique.
Il faut faire attention aux commentaires généraux faciles des résultats, car ce sont des résultats très locaux et fluctuant au gré des contextes.

Antoine Trupiano Remille

DIX JOURS DE « FAKE NEWS » À SAINT-DENIS par Clémence Guetté (sur FB)

Bally Bagayoko est maire depuis dix jours.
Depuis, l’acharnement est inédit contre un maire nouvellement élu et les habitants qu’il représente. Chaque jour, un nouveau mensonge :
– Il n’a pas dit “la ville des noirs”
– Les dealers n’ont pas fait campagne pour lui
– Les habitants n’ont pas maltraité le maire sortant
– Il ne compte pas démanteler sa police municipale
– Il n’a pas menacé des agents en désaccord avec son projet
A chaque fois, on observe la même boucle diffamatoire s’activer :
1. Une fake news est inventée par l’extrême droite.
2. Les médias la reprennent complaisamment.
3. Des Macronistes jusqu’au PS, ils se précipitent pour “condamner”.
Les ficelles sont un peu grosses. Sachez qu’il ne se laissera pas intimider. Et que oui, nous aspirons à tout changer.

L’IMPOSTURE GLUCKSMANN OU LE COMIQUE INVOLONTAIRE par Contre attaque

Les blagues s’écrivent toutes seules. Après avoir mené toute la campagne municipale – mais aussi les précédentes – sur les plateaux télé à vomir la France Insoumise, Raphaël Gluckmann a mis son réveil très tôt lundi 23 mars.
En ce lendemain d’élections municipales, il a enfilé sa petite cravate, son costard, avant de se rendre en taxi chez Radio France, où il était invité à commenter les résultats du scrutin. Sur la base de quelle légitimité ?
On se demande. Toujours est-il qu’il a de nouveau prononcé un discours aussi violent que comique. En agitant ses bras, Raphaäl Glucksmann criait : «LFI n’est pas de gauche. Ce n’est pas notre famille, ce n’est pas notre histoire, ce n’est pas nos traditions !» puis «Nous sommes la gauche, nous sommes la gauche qui peut gagner !»
De quelle «famille» et de quelle «histoire» parle Raphaël Glucksmann ? L’éditorialiste Benjamin Duhamel ne lui demandera pas.

Raphaël Glucksmann a d’abord animé un micro-parti de droite appelé «Alternative libérale», avant de rejoindre les rangs de Nicolas Sarkozy. Aux côtés de son papa André, ancien philosophe de gauche devenu néo-conservateur, Raphaël a assisté aux meetings de Sarkozy en campagne en 2007, puis il a offert ses conseils au président de droite extrême.
À cette époque, il est aussi conseiller officiel du président autoritaire de la Géorgie, Mikheïl Saakachvili, qui mène une politique néolibérale et pro-occidentale, et sabre les droits des travailleurs.
Glucksmann se justifie aujourd’hui en disant qu’il le considérait comme « avant tout un ami », et qu’il a fait l’intermédiaire entre le pouvoir géorgien et le gouvernement français.
Au pouvoir, Saakachvili s’en prend aux médias, réprime les manifestations, des cas de torture sont révélés dans les prisons, et il finira poursuivi, détesté, et devra quitter la Géorgie.

Glucksmann est aussi animateur d’une revue conservatrice et belliciste nommée « Le Meilleur des mondes », qui diffuse en France une propagande pro-USA et soutient notamment la présidence de George Bush et la guerre en Irak, reprenant les théories sur le choc des civilisations. Il est donc, dès sa jeunesse, un agent d’influence de l’impérialisme étasunien dans le débat public français.
En 2017, assez logiquement, Glucksmann se dit « fier » de l’élection de Macron.
Depuis 2024, tout aussi logiquement, il est soutenu par les réseaux néoconservateurs et macronistes : Alain Minc, Manuel Valls, Xavier Niel, Daniel Cohn-Bendit ou François Hollande. Sa «famille» et son «histoire» ce sont ces cercles-là : milliardaires, néolibéraux, impérialistes.

Son parti Place Publique est sur la même ligne : c’est un appareil à recycler des macronistes en fin de carrière. On y trouve Aurélien Rousseau, ex-ministre macroniste, Sacha Houllié, ancien député macroniste et cofondateur des «Jeunes avec Macron», Marguerite Cazeneuve, ancienne conseillère dans les cabinet d’Édouard Philippe et de Jean Castex, qui a élaboré la réforme des retraites.
Quand Gluckmann se prétend de gauche, même les Macronistes rigolent.
En juin 2024, l’élu centriste Bernard Guetta demandait : « Pourquoi Raphaël Glucksmann n’est pas avec nous ? Au Parlement européen, 9 fois sur 10, il vote les mêmes textes que nous ». Sur un échiquier politique normal, ce pitre de Glucksmann et ses copains seraient considérés comme appartenant à la droite radicale, libérale, autoritaire et militariste. Et c’est cet individu qui décerne des brevets de gauche !

Le 23 mars, France Inter n’a pas non plus demandé sur quelle base Raphaël Glucksmann peut se proclamer comme étant « la gauche qui peut gagner ». Car les chiffres ne mentent pas : sur l’ensemble des élus de gauche aux municipales au premier tour, Place publique ne représente que 0,3% de ceux-ci. C’est le constat sans appel du journal Politis.
Place Publique n’a même pas eu la force de présenter ses propres listes, et n’a aligné que 570 candidats aux municipales dans toute la France. Cela veut dire que ce parti a si peu d’adhérents qu’il n’est pas capable de composer des listes. 62 conseillers municipaux Place Publique entrent donc dans les mairies, sur 35.000 communes en France. Et sans le soutien du PS, ce serait probablement proche de zéro.

Plus drôle encore, la « gauche qui peut gagner » de Glucksmann vient de perdre la seule mairie d’une ville de plus de 10.000 habitants qu’elle dirigeait : Saint-Brieuc. Et pas pour n’importe quelle raison : la mairie passe à droite parce que Place Publique a refusé de s’allier avec LFI !
Au second tour, le candidat Glucksmannien affrontait un candidat de droite, et réalisait 40% des voix contre 44% pour le gagnant. LFI, qui s’était maintenue faute d’accord, faisait 8%. Si le maire Place Publique avait accepté l’accord proposé par LFI, il aurait largement remporté l’élection. Il s’est donc suicidé politiquement. Par dogmatisme. Parce qu’il préfère voir gagner la droite que de laisser la moindre place à la gauche.
C’est un bon résumé de ce que sont Glucksmann et son parti : une minuscule machine bénéficiant d’une médiatisation XXL, pour préparer le terrain au fascisme. Le seul vrai mystère dans tout cela, c’est comment un clown de droite agaçant, sans talent ni soutien populaire, sans militant ni ancrage, ne représentant rien nulle part et pour personne, peut bénéficier de tous les plateaux télé et radio pour distribuer les bons points depuis plusieurs années maintenant ?

ON EN EST LÀ EN FRANCE … ! par Cornélie Statius Muller (sur FB)

J’aime l’échange quand il est possible car il n’y a que comme ça que la réflexion s’enrichit. Je ne crois pas que Mélenchon joue à un jeu dangereux, il est un show man en meeting et improvise, il joue sur les noms de tous ses opposants pour les ridiculiser et il dit aussi Trümp, mais là personne ne s’en offense.. Pour lui c’est pareil, sauf que quand il s’agit d’une personnalité juive, bim, c’est monté en épingle pour discréditer en traitant d’antisémitisme, ce qui coupe tout débats d’idées et de fond.

LFI propose une gauche exempt de compromis avec le capitalisme destructeur dans lequel le monde est enlisé, c’est un programme politique écologiste et social exigeant pour sortir de l’impasse mortifère du tout argent. Évidemment ce programme, très cohérent et validé par de nombreux économistes indépendants dont Esther Duflo, n’est pas ce que les sphères financières veulent voir arriver à la gouvernance du pays! Et tous les moyens seront bons pour détruire ce mouvement politique. C’est très simple en réalité.
Cette histoire de rendre « antisémite » une prononciation de nom est parfaitement ridicule, y compris de traiter d’antisémites tous ceux qui critiquent Netanhayou. L’Union Juive pour la Paix est totalement sur la ligne LFI et pourtant on ne les voit pas être invités dans les médias car eux on ne peut les traiter d’antisémites… Les ficelles de la propagande sont énormes mais fonctionnent bien…

La finance préfère de tout temps le fascisme au front populaire, ce choix a déjà été fait précédemment. Et même Macron l’a fait. Il a dissout l’assemblée nationale en 2024 pile au moment où la NUPES battait de l’aile aux européennes et que le RN triomphait. Son but était clair : mettre le RN à Matignon, peu importe que Bardella soit un ignare. Le RN rassure les marchés et il n’y a que ça qui compte.. Pas de bol pour Macron, en 24 h surgit le NFP.. Macron a passé des coups de fils à ses candidats pour qu’ils ne se désistent pas en cas de troisième position et faisant ainsi gagner des sièges au RN. Malgré le report de voix très faible des Macronistes (moins de 35%) et très élevé des électeurs LFI (72%) le NFP arrive en tête, et Macron met deux mois à nommer un premier ministre issue du camp inverse…

On en est là en France. Prêt à tordre la république pour éviter la gauche.. Ils veulent simplement continuer à piller l’état pour enrichir le secteur privé. 1300 milliards de dette supplémentaire en dix ans!!! C’est passé où ?!
Pas dans l’hôpital… ni l’école qui va perdre 4000 enseignants dans le nouveau budget Lecornu.. Mélenchon n’a pas dit c’est eux (le RN) contre nous (LFI), il a dit il y a plus de dix ans déjà, au bout du compte ça se jouera entre eux (l’extrême-droite) et nous (la gauche radicale), et c’est ce qui va se passer. On voit le glissement actuel vers l’extrême-droite, les discours racistes partout, c’est effarant. Il n’y a qu’une gauche radicale qui peut contrecarrer ça et nous avons le monde de la finance en face, ils ont les chaînes de télévision y compris le service public avec des sérieuses dérives contre nous… Voyons le tôlée médiatique quand Mélenchon appelle une conférence des presses indépendantes ! Et oui, ça leur échappe..
Bref.. Nous sommes sur un chemin de crête et dangereux mais le danger c’est certainement pas LFI ni Mélenchon !

« AU SMIC » ? RUFFIN, LE SYNDROME DU « SAUVEUR » BOURGEOIS par Rima Hassan (sur X – Twitter)

« Si je suis président, je serai un président au Smic ». C’est d’une indécence de convoquer en permanence, de façon démagogique, cette imaginaire de vie avec le SMIC. Dans les faits, Ruffin est un bourgeois. Ruffin touche des droits d’auteur conséquents sur les livres qu’il a eu le privilège de pouvoir écrire (oui c’est un privilège de pouvoir écrire et d’en vivre), exemple l’année 2020 plus de 100 000 euros. Ruffin détient 75% des part d’une SARL valorisée à plus de 370 000 euros. Ruffin a touché plusieurs dizaines de milliers d’euros au titre de la production cinématographique. Ruffin est fils d’un directeur des services agronomiques chez Bonduelle et d’une mère issue d’une famille de commerçants et a été scolarisé dans le privé. Le Smic pour lui c’est un complément à tous ses privilèges déjà acquis, sociaux économiques et familiaux. Pour les gens, le Smic, c’est tout ce qu’ils ont.

Moi, contrairement à toi, j’ai été témoin d’une vie au Smic chez moi, c’est 300 à 400 euros de découvert par mois tous les mois, c’est des rdv ponctuels avec des assistantes sociales pour pouvoir se payer un frigo ou une machine à laver ou une facture trop élevée, c’est parfois des coupures d’électricité chez soi parce qu’on a plus de quoi payer, c’est répartir sa liste de courses sur différents magasins en fonction des prix des produits, c’est repérer la station d’essence la moins chère de la ville, c’est aller au resto du cœur avec ses enfants en préservant ce qu’il nous reste de dignité. Il n’a jamais vécu ni même ressenti ça de sa vie et je suis outrée de l’instrumentalisation qui est faite de cette réalité d’une vie au smic.
J’ai pas fini avec lui. Il peut tenir ce discours parce qu’il vit dans un milieu privilégié.
Il n’a pas de membre de sa famille dans le besoin, un entourage à soutenir, des gens à aider pour qu’ils sortent de la galère. Il a le syndrome du sauveur bourgeois.

Le Youtubeur Cass Andre sur la « Primaire de la Gauche » :

La Paduteam (marxiste) sur les élections municipales en France :

LE DÉSASTRE MORAL DE PALANTIR par Rudy Demotte (sur FB)

Salomé Saqué, auteure de « Résister », disait lors d’une récente conférence, qu’il fallait condamner la fausse neutralité journalistique. En voici l’occasion.
Mon sang n’a fait qu’un tour en lisant l’article du journal l’Écho ce jeudi 19 mars “Palantir, l’entreprise tech américaine controversée, s’implante en Belgique”. Il passe à côté l’essentiel. Ce billet semble faire le tour de la question. Pourtant, il ne prend aucun recul. Et de ce fait, il accomplit quelque chose d’involontairement dangereux : il présente l’établissement d’un siège administratif de Palantir à Bruxelles, capitale de l’Union européenne, comme une information économique, simplement controversée, somme toute banale.

BRUXELLES ET LE CHEVAL DE TROIE
En réalité, de quoi parlons-nous ? L’installation de Palantir ne constitue pas une simple opération économique, ni une information purement technique et neutre.
Cela se passe dans un espace où se croisent les institutions européennes, les structures de l’OTAN et l’ensemble des dispositifs qui organisent la sécurité du continent
Au surplus, Palantir ne se réduit pas à une entreprise de technologie. Elle s’est développée dans un environnement marqué par les besoins du renseignement américain. Son but? Rendre exploitables des volumes de données que les structures classiques ne parviennent plus à maîtriser. Palantir ne vend pas seulement des outils ; elle propose une manière d’organiser l’information, donc, en creux, une manière de structurer la décision. Une manière de penser le monde.

Et voici que Palantir n’est plus un prestataire qui opère à distance. C’est désormais un acteur installé, ici, chez nous, disposant d’une présence juridique permanente au cœur même de l’espace stratégique européen. Un vrai cheval de Troie.
Cela nous ramène à un épisode situé il y a quelques mois. La visite du ministre belge de la Défense Theo Francken et du chef d’état-major Frederik Vansina au siège US de Palantir. À l’époque, cette visite est saluée publiquement par l’entreprise comme un marqueur de partenariat. On observe donc que cet enracinement ne relève pas de la simple logistique commerciale. Il s’inscrit dans une stratégie. Politique. Délibérée.

Alors, que découvrons nous quant à la pensée profonde de ses dirigeants ?
Son PDG, Alex Karp, a exprimé sans détour sa vision. Lors d’un appel aux investisseurs en février 2025, il dit : “Palantir est là pour bouleverser l’ordre établi et hisser les institutions avec lesquelles nous travaillons au plus haut niveau mondial – et, lorsque cela s’impose, pour effrayer les ennemis et, à l’occasion, les éliminer. »
Cette déclaration n’appelle pas de commentaire outrancier. Elle le pourrait. Mais même si l’on évite l’outrance elle appelle à tout le moins, une lecture attentive.
Elle indique que ces outils s’inscrivent dans des chaînes de décision où la violence peut intervenir, non comme un accident, mais comme une possibilité intégrée.

QUAND L’AMORALITÉ SE MOQUE DE LA MORALITÉ
Face à ce contexte préoccupant, on peut se demander pourquoi un débat politique ne se fait pas autour de l’usage potentiellement liberticide de ces technologies.
La formule du ministre belge a au moins le mérite de clarifier les choses. Elle transforme la morale en accessoire, en napperon que l’on retire de la table dès qu’il gêne le service. Les principes ne sont plus un socle, mais un décor que l’on enlève quand il ralentit l’action.
Dans cette logique, réfléchir devient une perte de temps, douter une faiblesse, et poser des limites presque une faute. On ne discute plus de ce que l’on fait, ni de ses conséquences. On va plus vite. Toujours plus vite. Même quand on ne maîtrise plus vraiment la direction.
Ce glissement ne tient pas à une personnalité. Il révèle une transformation plus diffuse, que l’on retrouve, sous des formes différentes, dans d’autres espaces.
Lorsque Peter Thiel, cofondateur de Palantir, affirme ne plus croire à la compatibilité entre liberté et démocratie, il ne parle pas de l’Europe. Il exprime toutefois une tension qui commence à traverser nos propres débats : celle qui oppose la délibération à la vitesse, la limite à la performance, la responsabilité à l’efficacité. Ce qui se dessine ici n’est pas une rupture franche. C’est un déplacement silencieux, presque imperceptible, dans la manière dont nous hiérarchisons ce qui compte.

LA DÉPOSSESSION TECHNOLOGIQUE
L’attrait de ces technologies tient à une promesse simple : rendre le monde lisible, relier ce qui ne l’était pas, anticiper ce qui échappait jusqu’ici. Dans un environnement marqué par l’incertitude, cette promesse a une force considérable. Mais elle n’est pas sans contrepartie.
Les critiques les plus solides adressées à Palantir portent sur la concentration des données et sur les effets que produit cette concentration.
Des inquiétudes ont été exprimées, notamment aux États-Unis, quant à la constitution de bases de données d’une ampleur inédite, capables de croiser des informations issues de multiples sources publiques.
La question n’est pas seulement celle du volume. Elle tient à la capacité d’un tel système à produire des corrélations, à suggérer des liens, à orienter des décisions avant même qu’elles ne soient explicitement formulées.
Dans ce cadre, l’État ne se contente plus de gérer des informations. Il délègue, au moins en partie, la manière dont ces informations prennent sens.
La frontière entre administration et pouvoir devient alors plus difficile à tracer.

DES USAGES INACCEPTABLES
Le débat se durcit encore lorsqu’on examine les usages concrets de ces outils. Amnesty International a évoqué un « risque élevé » de violations des droits humains dans le cadre de certaines applications, notamment liées aux politiques migratoires américaines.
Cette alerte ne repose pas sur une spéculation abstraite. Elle s’appuie sur des pratiques observées, où la capacité de traitement des données vient renforcer des dispositifs de contrôle déjà existants. Là encore, le problème ne réside pas uniquement dans l’outil. Il tient à la manière dont il amplifie des politiques et à la difficulté de maintenir, dans ce contexte, des garde-fous effectifs.
Ce que la technologie rend possible, elle tend aussi à le rendre acceptable.

LE DROIT AMÉRICAIN COMME ASPIRATEUR DE NOS DONNÉES
Il existe une dimension que le débat sur Palantir tend à esquiver, sans doute parce qu’elle est à la fois technique et vertigineuse. Palantir est une entreprise américaine.
À ce titre, elle est soumise au CLOUD Act – le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act – adopté en 2018. Cette loi fédérale autorise les autorités américaines à contraindre les entreprises relevant du droit américain à livrer des données stockées à l’étranger, y compris dans des centres de données situés sur le sol européen, et ce indépendamment de la nationalité des personnes concernées. Le principe en est aussi simple que ses implications sont profondes : la localisation n’a plus d’importance. La juridiction suit la propriété. Peu importe que les serveurs soient à Bruxelles, à Paris ou à Francfort -si le prestataire relève du droit américain, les autorités américaines peuvent légalement y accéder.
Ce qui distingue ce mécanisme des formes classiques de coopération judiciaire internationale, c’est précisément l’absence de réciprocité et de contrôle extérieur. La procédure est directe, sans notification préalable aux utilisateurs visés, sans validation par une juridiction européenne, sans recours effectif pour les personnes concernées. L’entraide judiciaire traditionnelle supposait un dialogue entre États souverains.

Le CLOUD Act substitue à ce dialogue une obligation unilatérale. Ce qui aggrave encore la situation, c’est la nature du conflit juridique que cela crée. Les entreprises concernées se trouvent face à un dilemme sans issue propre : se conformer à une injonction américaine, c’est risquer de violer le RGPD ; refuser, c’est s’exposer à des sanctions aux États-Unis. Il n’existe pas de sortie nette de cette tension. Il n’existe que des arbitrages, opérés le plus souvent en dehors de tout regard public. Appliquée à Palantir, cette mécanique prend une dimension particulière. L’entreprise ne traite pas des données commerciales ordinaires. Elle traite des informations de renseignement, des données de sécurité, des éléments qui touchent aux structures mêmes de l’État. Confier à un prestataire américain la gestion de telles informations, c’est accepter, structurellement, que l’exécutif américain puisse en théorie y accéder -non par une défaillance du système, mais par son fonctionnement normal.
C’est là que la notion de souveraineté cesse d’être rhétorique pour devenir une question concrète, mesurable, inscrite dans du droit positif.

PAUVRE FRANCE
Le cas français prolonge, sous une autre forme, ce que l’on observe à Bruxelles.
La Direction générale de la sécurité intérieure utilise des solutions de Palantir depuis 2016. La décision initiale s’inscrivait dans un contexte d’urgence, marqué par des menaces immédiates. Elle pouvait se comprendre. Mais ce qui devait constituer une réponse circonstancielle s’est inscrit dans la durée, au point de devenir un élément du fonctionnement ordinaire.

Ce phénomène n’a rien d’exceptionnel. Il correspond à une dynamique bien connue, par laquelle un outil adopté pour répondre à une contrainte immédiate finit par structurer les pratiques qu’il devait seulement accompagner. Mais il prend ici une signification particulière, dès lors qu’il touche à des fonctions centrales de l’État.
Bernard Benhamou a mis en lumière à ce sujet ce qu’il nomme un « risque de dépendance politique lié à notre dépendance technologique ». Cette formule, mesurée, dit l’essentiel : ce n’est pas simplement une question de contrats ou d’outils, mais une question de qui, in fine, tient les clés de la décision publique. Et lorsque la loi du prestataire permet à un exécutif étranger d’accéder aux données qu’il gère, cette dépendance n’est plus seulement opérationnelle. Elle est juridique. Elle est inscrite dans la loi de l’autre.
À mesure que ces outils s’installent, la question de la souveraineté change de nature. Elle ne disparaît pas, mais elle se déplace, s’inscrit dans des choix techniques, des standards, des mises à jour qui échappent en partie au contrôle direct des institutions qui les utilisent.

UNE DÉPENDANCE QUI NE SE DIT PAS
Ce qui relie Bruxelles et Paris n’est pas une décision isolée, mais une trajectoire. Et une faiblesse. Une trajectoire dans laquelle l’Europe, tout en affirmant sa volonté de souveraineté numérique, accepte de confier des fonctions critiques à des acteurs extérieurs, en espérant que l’efficacité immédiate compensera les fragilités à long terme. Une trajectoire dans laquelle le débat démocratique peine à se saisir de questions devenues trop techniques pour être discutées sereinement, mais trop importantes pour être laissées sans examen.
Ce qui frappe, dans cette évolution, ce n’est pas tant la nature des choix que la manière dont ils s’installent sans véritable friction. Comme si leur logique s’imposait d’elle-même.

CE QUE NOUS ACCEPTONS SANS ESPRIT CRITIQUE
Au fond, la question n’est pas de savoir si Palantir est utile, ni même si elle est nécessaire dans certains contextes. Elle consiste à comprendre ce que nous acceptons, peu à peu, en intégrant ces outils dans nos structures. Nous acceptons que la décision se déplace vers des systèmes que peu de personnes maîtrisent réellement. Nous acceptons que la concentration des données devienne une condition de l’efficacité. Nous acceptons que la discussion morale soit reléguée au second plan dès lors qu’elle ralentit l’action. Nous acceptons, peut-être sans l’avoir pleinement mesuré, qu’un exécutif étranger puisse légalement frapper à la porte de nos données souveraines – et que cette possibilité soit inscrite, non dans une menace, mais dans un contrat. Ce sont ces acceptations, plus que les technologies elles-mêmes, qui méritent d’être interrogées. Car elles dessinent une transformation progressive, dans laquelle le pouvoir ne s’exerce plus tout à fait au même endroit, ni selon les mêmes règles.

UNE LIGNE QUI DÉPEND ENCORE DE NOUS
Rien de tout cela n’est irréversible. Mais rien ne s’inverse spontanément.
Il reste, malgré tout, une possibilité. Elle ne tient ni à une innovation ni à une décision technique. Elle tient à une exigence plus ancienne, plus fragile, et peut-être plus difficile à maintenir : celle de ne pas confondre ce qui est possible techniquement avec ce qui est acceptable sur le plan éthique, et de se souvenir, au moment même où tout s’accélère, que la lucidité n’est pas un luxe, mais la dernière forme de souveraineté.

Rudy

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