Descente de police au « Monty » : HAUT-LES-MAINS, LES MARIONNETTES !

Pour la journée culturelle d’action « Still Standing » du 13 mars, le Tof Théâtre et l’équipe de « Monty », à Genappe, avaient, dans les mêmes conditions sanitaires que les commerces, ouvert une symbolique « Boutique des Liens Essentiels ».

Une police qui verbalise une action et la laisse se poursuivre, c’est comme un cambriolage qui continue après l’intervention des forces de l’ordre !

Surréalisme à la belge ou inadaptation totale des règles anti-covid et flou (anti) artistique du pouvoir fédéral ?

Ce (très) chouette lieu culturel dépend aujourd’hui de la bonne volonté et du sens de l’humour de la justice et de la police… ce qui n’est pas gagné ! Avec une magnifique vidéo en fin d’article.

 

Ce samedi 13 mars, pour répondre à l’appel de Still Standing for Culture, le Tof Théâtre transformait son lieu de spectacle en « magasin » où les clients/spectateurs étaient invités à faire des emplettes de gestes artistiques de première nécessité, dans le plus strict respect du protocole appliqué dans les commerces. Dans ce « Monty’ Bazar », une vingtaine d’artistes animaient des comptoirs de Liens Essentiels.
Il n’a pas fallu attendre quinze minutes pour que la police s’invite à la fête et interrompe les activités.
Après avoir été évacués du lieu, « clients » et « vendeurs » ont attendu patiemment que la police relève l’identité du directeur du Tof Théâtre et procède à la visite des lieux pour constater que toutes les mesures sanitaires en vigueur dans les commerces étaient en effet respectées. La police indiquait à l’organisateur qu’il serait verbalisé pour avoir accueilli du public à l’intérieur du théâtre, puis elle s’est retirée, laissant le « Monty Bazar » reprendre tranquillement ses activités.

Et nous voici confrontés à quelques aberrations (de plus) :

  • Une manifestation interdite MAIS tolérée à la fois, puisque les clients/spectateurs ont pu reprendre leurs emplettes après la verbalisation de l’organisateur seul (l’identité d’aucun autre participant n’ayant été relevée).
  • Il est interdit d’accueillir du public au magasin éphémère du Monty Bazar, alors que les gens se bousculent dans tous les commerces du royaume où les règles sanitaires sont parfois peu respectées. Sur quelles données scientifiques se base-t-on pour estimer qu’un artiste est plus contaminant qu’un vendeur de chaussettes ?
  • Si le Tof Théâtre a organisé cette manifestation – cet acte de résistance poétique associant artistes et spectateurs – c’est bien pour mettre en évidence l’incohérence du black-out complet qu’on impose, entre autres, au secteur des arts de la scène. Car s’il est permis d’ accueillir des milliers de clients dans une galerie commerciale, pourquoi refuser aux citoyens l’accès aux arts vivants dans des lieux adaptés, ventilés et respectueux des distances et des gestes barrière ?
  • Renseignements pris ce lundi matin auprès du bourgmestre et de l’officier verbalisant, le directeur du TOF Théâtre sera convoqué prochainement pour audition et l’affaire sera ensuite transmise au Parquet qui décidera s’il y a lieu de donner suite : amende, poursuites pénales voire emprisonnement, dit la loi. 
Doit-on considérer cet incident comme une tentative d’intimidation ? Comme un « rappel à la loi » un peu infantilisant, tel celui dont a écopé Quentin Dujardin suite à son concert interrompu à Crupet ? Ou doit-on y voir le symptôme de l’inadaptation de l’arsenal des « règles covid » que nous impose un exécutif doté de pouvoirs spéciaux l’autorisant à ne pas entendre les besoins réels de la population et à éluder le débat démocratique ?

Car l’interdiction complète de toutes les activités d’arts vivants prive les citoyens de ressources précieuses. Les nourritures de l’âme et de l’esprit sont aussi essentielles que celles du corps et nous mesurons dès à présent combien elles nous font défaut avec la vague de détresse psychique, de décrochages scolaires et sociaux à laquelle nous sommes déjà confrontés.

  • La réouverture du secteur culturel au public fait partie de la solution !

En attendant que le message parvienne enfin aux oreilles des autorités fédérales, nous guettons à présent la convocation d’Alain Moreau au commissariat de Genappe et la réaction du Parquet.
Le TOF Théâtre, ses administrateurs, travailleurs et artistes associés restent mobilisés.

« Durant la pandémie, les Liens Essentiels restent indispensables ! »

 

Le TOF Théâtre

Contact : Alain Moreau Téléphone : 0477 313 946 Mail : alain@toftheatre.be

 

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