KAFKA AU CPAS par Bernadette Schaeck

Comment le CPAS d’Anderlecht « règle » des retards de prolongation du RI au détriment de ses usagers.
La preuve par Olivier (prénom d’emprunt). Il n’est pas le seul, loin de là !
Olivier a perçu le RI (NDLR : « Revenu d’Insertion », l’allocation des CPAS) pour la dernière fois fin octobre 2025. La prolongation devait être faite au 01/11/2025. Une visite à domicile a été effectuée le 18/09/2025 à l’improviste. Un avis de passage a été déposé dans sa boite aux lettres. Olivier y a réagi le jour-même en signalant qu’il n’avait pas été averti de cette visite. Il a la preuve qu’il s’est présenté au CPAS le 18/09.
Il n’a jamais été recontacté par l’AS (Assistant Social).
Une deuxième visite à domicile AURAIT été effectuée le 23/10, toujours à l’improviste. AURAIT : je mets ceci au conditionnel, parce que Olivier n’a pas été informé de cette visite du 23/10. Et aucun avis de passage n’a été déposé dans sa boite aux lettres.
Il n’a eu connaissance de cette 2ème visite que dans la notification de la décision de retrait du RI au 01/11/2025 qui a été prise par le CSSS (Comité spécial du service social) le 22/04/2026 ! 6 mois plus tard, donc. Cette décision ne lui a pas été notifiée par recommandé (nous demandons au CPAS la preuve de l’envoi recommandé) et dont il n’a pris connaissance que le 12/06 en en obtenant un duplicata par mail. Entre la 1ère et la 2ème visite à domicile, en septembre et octobre 2025, il y a eu changement d’AS. La décision de retrait du RI est motivée par l’absence aux deux visites à domicile. La personne de contact est un autre AS encore que les deux qui avaient été désignés en septembre et octobre 2025.
Ce 3ème AS n’a JAMAIS rencontré Olivier. Entre septembre 2025 et juin 2026, Olivier a envoyé de nombreux mails pour essayer que son dossier soit enfin traité. À l’accueil, où il s’est rendu de nombreuses fois, on lui a dit d’introduire une nouvelle demande. Il l’a fait le 22/04/2026. Il semble que deux mois plus tard, il va bientôt percevoir le RI, mais à partir du 22/04/2026 seulement, pas rétroactivement au 01/11/2025.
Quand on lui a dit d’introduire une nouvelle demande, le CSSS (Comité spécial du service social) n’avait pourtant pas encore pris de décision de retrait, puisqu’elle a été prise le 27/04. Olivier a dû emprunter à de nombreuses connaissances différentes un montant de quelques milliers d’euros. Pour survivre pendant 8 mois. Pour payer une partie des loyers et des charges. Il a eu la « chance », avec beaucoup de guillemets, de pouvoir obtenir ces avances, alors que beaucoup d’autres personnes dans la même situation n’ont pas de « réseau » de solidarité du tout. Mais évidemment cette solidarité s’épuise. Et elle entraîne de grosses difficultés relationnelles avec les amis et connaissances alors que le remboursement des aides avancées ne peut pas se faire. Olivier a reçu une mise en demeure de son propriétaire qui l’informe qu’une procédure est entamée devant la justice de paix.
Voilà le genre de choses dont doivent s’occuper des services sociaux – qui auraient bien d’autres choses à faire ! – et notre association (de militants bénévoles) qui est très souvent sollicitée par ces mêmes services sociaux. Ce qui fut le cas dans cette situation.
La situation d’Olivier est un cas parmi tant d’autres. La « solution » proposée par le CPAS aux dossiers égarés depuis des mois est désormais de demander aux personnes de réintroduire une nouvelle demande, en perdant les droits pour tous les mois au cours desquels le CPAS n’a pas traité le dossier. Et d’introduire un recours au Tribunal du travail pour le reste.
Le CPAS d’Anderlecht est dirigé par une coalition PS/Vooruit avec des élus sur la liste unitaire MR/Anders/Engagés/CD&V qui s’est présentée aux élections de 2024. Dans l’opposition, au Conseil de l’Action Sociale, se trouvent des mandataires Ecolo/Groen, PTB/PVDA, et Team Fouad Ahidar. Les partis politiques doivent prendre la mesure de la catastrophe sociale vécue par les usagers du CPAS d’Anderlecht et prendre des mesures d’urgence pour que les droits de la population anderlechtoise soient enfin respectés.

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Licenciements au CPAS de Molenbeek
20 travailleurs et travailleuses ont déjà été licencié.e.s la semaine dernière et de façon brutale. “Remerciés” et priés de quitter leur travail sur le champ, avec un préavis qui commence le 1er juillet (si mes informations sont bonnes).
Dans une commune et un CPAS dirigés par une coalition PS/PTB !
Des travailleurs nous contactent en nous disant que c’est une question de temps avant que ce CPAS bascule dans le chaos absolu. Que les usagers vont bientôt se tourner vers nous parce que leurs droits ne seront plus respectés, faute de personnel pour traiter les dossiers.
Faute de moyens financiers aussi, bientôt, pour assurer le paiement des RI et aides sociales ?
Aux mandataires, militants et dirigeants du PTB : TINA ? Il n’y a pas d’alternative ?
C’est beaucoup trop court de dire que c’est la faute du MR qui dirigeait la commune en coalition avec le PS lors de la précédente législature. Personnellement, j’étais convaincue qu’il n’était pas “plus facile” de participer au pouvoir au niveau communal qu’à d’autres niveaux (régional, fédéral).
Et pas convaincue du tout non plus que participer au niveau communal est plus démocratique, plus proche des citoyens, comme on le dit souvent. Soit. Il faut rapidement organiser un débat public sur ce qui vient de se passer, et qui ne sera sans doute qu’un début ! Voter 20 licenciements (40 avec ceux qui sont prévus à la commune) et la diminution de moitié de la prime de fin d’année du personnel, est une mesure d’austérité qu’il faut rejeter à tout prix. Il n’y a aucune “excuse” à cela. Sous peine de décourager désormais tout espoir qu’autre chose est possible, il faut oser ouvrir le débat !

Bernadette Schaeck, de l’Association de Défense des Allocataires Sociaux

Contact : info@adasasbl.be

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