21 octobre 2026
LA LACRYMOCRATIE par Claude Semal

Un petit dessus chic et branché à 650 euros (montage)
Comme ils sont prévisibles !
À la fin de la semaine passée, à la veille des grandes manifs du 17 octobre, je concluais mon éditorial dans l’Asympto par ces mots :
« C’est une formidable mobilisation – c’est même le scénario rêvé d’une « révolution citoyenne » annoncée. Et en même temps, je crains le pire – car le gouvernement Macron/Lecornu sera certainement tenté de jouer la carte de la provocation, pour se présenter ensuite comme « le parti de l’ordre » face au « chaos ». Quitte à décréter l’état d’urgence et à suspendre les libertés publiques en pleine campagne électorale. Avec Macron, on doit toujours s’attendre au pire » (1)
Tu l’as dit, Casimir.
Complètement dépassées par les événements, les mal nommées « forces de l’ordre », qui furent plutôt ce week-end les « forces du désordre », n’ont généré un peu partout que des provocations inutiles et des violences incontrôlées, là où elles eussent dû garantir le droit de manifestation, la protection des biens et la paix civile.
« Bismillah, c’est les ténèbres » (2).
La Lacrymocratie, c’est un gouvernement en mode panique, qui n’exerce plus son pouvoir illégitime et minoritaire que derrière un barrage de grenades lacrymogènes et explosives.
La Lacrymocratie, c’est un écran de fumées toxiques, un enfumage médiatique permanent, où l’oligarchie aux affaires accuse l’opposition d’avoir fomenter tous les crimes et toutes les erreurs qui sont de son unique responsabilité.
La Lacrymocratie, c’est Nunez, le ministre de l’Intérieur, qui ment comme il transpire.
La lacrymocratie, c’est la démocratie qui rougit les yeux, arrache les mains et emprisonne les enfants (8000 gardes à vue à la veille du 17 octobre, dont 85% de mineurs).

« Le Soir »
La Lacrymocratie, c’est douze robocops sous amphétamines qui s’acharnent à coups de matraques sur un adolescent à terre ou un medicstreet.
La Lacrymocratie, ce sont ces ambianceurs de manifs, ces vrais policiers déguisés en faux black-block, et qui foutent le feu aux poubelles ou balancent des pavés sur les camionnettes de pompiers.
La Lacrymocratie, c’est un président élu « pour faire barrage à l’extrême-droite », et qui peu à peu finit par appliquer son programme et préparer son accession au pouvoir.
Au point qu’on puisse légitimement se demander si la dissolution de 2024, au moment où le Rassemblement National était au plus haut dans les sondages, ne visait pas déjà à lui filer directement les clés du pouvoir.
La Lacrymocratie, c’est le bras armé de ce que l’historien Emmanuel Todd a déjà pu baptiser le « macrolepénisme ».
La lacrymocratie, c’est cette bourgeoisie parasitaire qui toujours préfèrera Hitler à Blum.
La lacrymocratie, c’est le bruit des bottes dans un escarpin Vuitton, Hermès ou Chanel.
La Lacrymocratie, c’est un régime exécré qui n’engendre plus que des larmes de rage ou de désespoir – et que sa chute seule pourrait transformer en larmes de joie.
Claude Semal le 20 octobre 2026
(1) voir La France dans la rue LIBRES, JAUNES ET JEUNES par Claude Semal
(2) Avant les manifs lycéennes, de « faux profils » policiers ont tenter de s’introduire dans les boucles de mobilisation lycéennes pour en connaître le calendrier, en utilisant un soi-disant langage « jeune ». Dont l’iconique : « Bismillah c’est les ténèbres, c’est quand le blocus wallah mon frangin ? On va tous (sic) casser ». C’est beau comme du Verlaine.


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