10 septembre 2026
L’ALIGNEMENT DES PLANÈTES (pourquoi je soutiens la candidature de Jean-Luc Mélenchon)
« À la fin, ça se terminera entre eux et nous » – Jean-Luc Mélenchon, en janvier 2012.
Voilà, nous sommes en 2026, et nous y sommes.
Quoi qu’il arrive, les huit mois qui viennent – jusqu’à la prochaine élection présidentielle hexagonale – seront d’une importance capitale pour l’avenir de la France. Pour le meilleur ou pour le pire. Et, partant, pour la Belgique et pour le reste de l’Europe également – car lorsqu’on éternue à Paris, on se mouche à Bruxelles et l’on pète à Berlin. Atchoum !
Pour la première fois, en effet, l’extrême-droite est en situation de remporter cette élection cardinale en France – et de pouvoir ainsi appliquer dans la foulée sa politique d’exclusion et d’apartheid. En ouvrant la chasse aux étrangers sans toucher à un cheveu à la toute-puissance du capital financier. Et en renouant ainsi possiblement avec le vichysme et les heures les plus sombres de son histoire.
Pendant ce temps, le Macronisme agonise en tournant en rond en jet-ski.
Tout le bloc central s’est effondré sous le poids de son désastreux bilan – explosion de la pauvreté, délitement de tous les services publics et mille milliards de dettes supplémentaires – et il est aujourd’hui morcelé en deux ou trois écuries concurrentes.
Ce qui reste de la social-démocratie, qui s’est honteusement compromise par la non-censure des gouvernements Bayrou et Lecornu, court par ailleurs toujours après son hypothétique candidat·e comme un coq sans tête et sans pattes (ils et elles sont plus d’une douzaine à se disputer le poste, avec ou sans « primaires »). J’y reviendrai plus loin.
C’est donc probablement Jean-Luc Mélenchon (22% en 2024) qui se qualifiera cette fois au second tour face à Marine Le Pen et au Rassemblement National (23% en 2024).
Les plus récents sondages évaluent désormais le candidat de la France Insoumise à 18%, alors qu’ils l’ont TOUJOURS sous-estimé de 5 ou 6 points par le passé. L’incroyable dynamique de la campagne insoumise témoigne de cette montée en puissance : plus de 250.000 nouveaux soutiens depuis la déclaration de candidature de JLM, 14 millions de tracts distribués, 850.000 affiches collées et trois meetings qui ont rassemblé entre 10.000 et 24.000 personnes. À mes yeux, c’est donc dès à présent qu’il faut préparer ce duel à mort face à l’extrême-droite.
Mais mon soutien à JLM n’est pas seulement guidé par la nécessité de faire électoralement barrage aux fachos. Jean-Luc Mélenchon incarne aussi un programme (« L’Avenir en Commun ») qui a été coécrit par la société civile – après avoir rencontré des centaines d’associations, de syndicats et de spécialistes des questions économiques, écologiques, sociales et internationales.
Un travail titanesque et régulièrement réactualisé, une synthèse chiffrée et financée, qui exprime bien la « radicalité concrète » que revendiquent les Insoumis : des centaines de revendications précises qui, misent bout à bout, forment un véritable programme de gouvernement. Et qui préparent ainsi, sinon une « sortie du capitalisme », du moins une sortie du productivisme, des énergies carbonées et de la mainmise du capital financier sur toute la vie publique.
En améliorant considérablement la vie des classes populaires par une hausse des salaires et des allocations, le renforcement des services publics, de l’enseignements et des hôpitaux, et la conquête de nouveaux droits civiques. Avec des mesures symboliques fortes comme les cantine bios et gratuites pour les enfants des écoles, ou, sur le plan plus institutionnel, la refondation d’une 6ème République. Le tout financé par une taxation du capital spéculatif et des grosses fortunes.
Pour rappel, 13.000 millionnaires français ne payent actuellement aucun impôt ; les 500 Français les plus riches gagnent autant que les 30 millions de Français les plus pauvres ; et le patrimoine des plus riches a été multiplié par trois sous les deux quinquennats de Macron.
Il est temps que tous ces gens-là participent à l’effort commun à la mesure de leurs (considérables) moyens– autrement qu’en rachetant tous les médias pour y placer des escouades d’éditorialistes d’extrême-droite.
Bref, il s’agit d’opérer une véritable « révolution citoyenne » qui mettrait en œuvre la 6ème république, la bifurcation écologique vers les nouvelles formes d’énergies, l’agriculture paysanne, les soins aux personnes, l’isolation massive de l’habitat et la redistribution des richesses.
Avec parallèlement, sur le plan mondial, une défense intransigeante du droit international et de la paix – quand pratiquement tous les autres préparent déjà une guerre à venir contre la Russie et la Chine. Voilà brièvement les enjeux fondamentaux de cette campagne.
On en conviendra : ce n’est pas rien. Ni le danger d’une prise de pouvoir par l’extrême-droite raciste, ni la possibilité de sortir de la crise sociale, financière et climatique par une véritable révolution citoyenne. « Je ne vous promets pas le paradis », a dit JLM dans un récent discours, « mais je vous promets de sortir de l’enfer ».

Le Pen, toujours surévaluée. Mélenchon, toujours sous-évalué. Trois fois de suite ! Ce ne sont plus des sondages, mais une manipulation permanente des esprits.
Face à cette montée en puissance de la France Insoumise, que nul désormais ne nie, les médias mainstream ont distillé une petite musique que vous avez probablement ici et là entendue : Jean-Luc Mélenchon serait un « bon » candidat de premier tour, mais un « mauvais » candidat de second tour – la « radicalité » de la France Insoumise faisant fuir des urnes les électeurs « modérés » ou « centristes ».
De curieux « sondages » ont même affirmé avant l’été que JLM sera battu au second tour… par 25% contre 75% à Le Pen ! Ce qui n’avait absolument aucun sens.
Deux mois plus tard, ces mêmes « sondages » pourris l’annoncent désormais à 40% contre 60%. C’est moins délirant, mais c’est tout aussi bidon.
Et s’il a déjà pu « rattraper » 15 points en deux mois, pourquoi cette « remontada » sondagière s’arrêterait-elle ici ?
Pour rappel, aux élections législatives de 2024, 27 sondages sur 27 avaient annoncé un raz de marée lepéniste, et la gauche a néanmoins terminé le scrutin en tête. Dans cette situation plus concrète et plus crédible que tous ces prétendus « sondages » au doigt mouillé, des dizaines de député·es LFI ont ainsi été élus grâce à la mobilisation des quartiers populaires, bien sûr, mais aussi grâce à un report de voix non négligeable du centre-gauche, du centre et même de la droite anti-raciste.
Car même un électeur de droite peut préférer la retraite à 60 ans et des hôpitaux qui fonctionnent à un Bardella champagnisé, crétin et raciste qui joue au prince « qu’on sort » au bras d’une princesse des Deux Siciles.
En attentant, ça tangue sérieusement dans la Maison Le Pen.
En écartant Jordan Bardella et ses proches conseillers au bénéfice de sa nièce Marion Maréchal, Marine Le Pen vient d’ouvrir une crise politique majeure à la tête du Rassemblement National.
Bardella découvre peut-être à cette occasion ce que nous savions tous depuis longtemps : s’il a été choisi au poste de « président », ce n’était pas parce qu’il avait les capacités de « remplacer » Marine Le Pen à tête du mouvement – mais précisément, parce qu’il en était intellectuellement incapable. Histoire de ne pas faire d’ombre à la patronne.
Car dans ce parti « familial » où les hautes fonctions sont visiblement héréditaires, on préférera toujours « le droit du sang » au « droit du sol ».
Le père, la fille, la nièce – et le Saint-Esprit.
Marine Le Pen, qui entame ainsi cette dernière ligne droite présidentielle avec un bracelet électronique virtuel à la cheville, après sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics, voit ainsi toute sa stratégie de campagne hautement fragilisée.
Je ne crois donc pas une seule seconde les sondages gonflés à l’hélium qui lui promettent plus de trente % au premier tour.
Résumons. Le danger extrême de l’extrême-droite. La force indépassable du programme « l’Avenir en Commun ». Et la troisième raison de mon soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, c’est, il faut bien le dire, l’extrême faiblesse de la « concurrence ».
À commencer par la « concurrence » à gauche.
A tout seigneur, tout honneur. Le Parti Socialiste français est toujours aussi paralysé et coincé entre son aile néo-libérale « macron-compatible » – et celleux, de moins en moins nombreux, qui continuent à se revendiquer d’une certaine « gauche historique ».
Le PS ne s’est jamais vraiment remis, ni de la « présidence Hollande », ni des 1,7% d’Anne Hidalgo à la présidentielle, ni de l’enterrement de la NUPES, ni de son flirt poussé avec le Macronisme.
De loin, cela ressemble à un nid de vipères, avec autant de têtes que de crochets à venin.
Que le PS soit aujourd’hui réduit à se chercher un candidat en dehors de ses propres rangs, en la personne de Raphael Glucksmann, est un assez bon indicateur de cette paralysie structurelle.
Et que la candidature de François Hollande puisse aujourd’hui y apparaître comme un possible « recours » (?) en est un autre. La première mesure phare mise en avant par François Hollande (financer la Sécurité Sociale par une augmentation de 4% de la TVA) est d’ailleurs typiquement une mesure de droite.
Cerise sur le gâteau, Hollande refuse de participer à la « primaire » du PS et de Place Publique (le micro parti de Glucksmann) qui est sensée désigner leur candidat commun.
En maître d’œuvre de cette incohérence, Olivier Faure me semble lui aussi avoir perdu tout crédit. À force de retourner sa veste, il doit pouvoir la boutonner dans le dos. Et je vous passe les candidatures folkloriques de Jérôme Guedj et de Karim Bouamrane, dont le seul programme semble être de se proclamer « anti LFI ».
La seule, dans la mouvance sociale-démocrate, qui surnage aujourd’hui dans ce panier à crabes, c’est la candidature de Ségolène Royal – qui continue au moins à s’exprimer avec un logiciel « de gauche » (bien qu’elle ait paradoxalement incarné autrefois l’aile « droite » du parti). Je lui souhaite bon courage à cette primaire des crustacés, car contrairement à ses concurrents, elle élargira l’assiette électorale de la gauche – quand tous les autres la rabougrissent.
Le PCF de Fabien Roussel et les Verts de Marine Tondelier ont des destins tragiquement parallèles. Pour avoir arrimé leurs partis au PS pour les municipales et les sénatoriales, et pour leur avoir ensuite imposé leur propre candidature à la présidentielle, ils ont l’une et l’autre conduit leurs troupes au bord de l’implosion. Avec les 2 ou 4 % que leur promettent les sondages, ils ne peuvent en aucune façon faire gagner la gauche, mais ils peuvent désormais la faire perdre.
Or face au fascisme, l’heure n’est plus aux « candidatures de témoignage » – mais à la construction d’un rapport de forces et à l’élaboration d’une stratégie de combat victorieuse.
En faisant l’impasse sur la proposition d’alliance de LFI, reformulée à plusieurs reprises par Manuel Bombard, ces deux partis fragilisent en outre leurs propres groupes parlementaires.
Le « deal » proposé par les insoumis était en effet assez clair : un regroupement programmatique autour de la candidature de Mélenchon à la présidentielle, « en échange » d’un accord politique et d’une répartition des circonscriptions aux législatives.
Les élus sortants communistes et écologistes l’ont bien compris – qui sont nombreux à privilégier cette alliance avec LFI. À défaut d’un tel accord, je suis d’ailleurs persuadé qu’un certain nombre de député·es et de cadres ne soutiendront pas la campagne de « leur » candidat. Je ne vois ainsi pas Sandrine Rousseau « faire campagne » pour Marine Tondelier, ni certains députés communistes faire campagne pour Fabien Roussel. On verra bien.
Ce processus d’implosion est déjà bien engagé chez les Verts, où une scission des « Verts Populaires » soutient la candidature de Mélenchon pendant que, de l’autre côté, Yannick Jadot soutient la candidature … de Raphael Glucksmann !
Bien que plus « corseté » par le « centralisme démocratique » cher à ce parti, c’est aussi le cas au PCF, où le « patron » des députés communistes, Stéphane Peu, s’était déclaré favorable au soutien d’une candidature Mélenchon, tandis que l’ancien député PCF et ex maire de Dieppe, Sébastien Jumel, soutient pour sa part la candidature de François Ruffin.
À 70% des votes exprimés (mais seulement 45% des « membres » encartés), les communistes viennent pourtant d’adouber une nouvelle fois Fabien Roussel comme « candidat ». Je doute que cela soit suffisant pour lui éviter de passer sous le grill du BBQ et la barre des 2%. L’objectif est-il de faire plus de voix qu’Anne Hidalgo ?
Mais revenons à Raphael Glucksmann. Pour moi, c’est le plus toxique des candidats « de gauche » actuellement en lice. D’abord, parce qu’il avance sous un « faux drapeau ».
Cet ancien membre de l’Alliance Libérale n’est pas plus « de gauche » que je ne suis « de droite ». Comme Attal, il confond en outre « politique » et « communication ».
Alors qu’il est franchement pronucléaire, il a par exemple osé placer sa campagne sous le signe de la « révolution écologique » – usurpant au passage le nom du mouvement d’Aymeric Caron (REV : Révolution Écologique pour le Vivant).
En refusant « par principe » toute alliance avec La France Insoumise, il condamne en outre inévitablement le PS à gouverner avec la droite (et il s’y condamne lui-même). Mais a-t-il jamais eu un autre objectif ? Ce faisant, il peut disputer à Attal le sobriquet de « Macron bis ».

Mais ce n’est pas tout. En 2024, Glucksmann m’avait glacé le sang en préconisant, avec son charisme d’huître murmurante, de « mettre la France en économie de guerre » (ce sont ses propres termes) pour « aider l’Ukraine » et préparer un conflit armé avec la Russie (1). Entendez : réorienter toute la production pour fabriquer des armes et des munitions !
De ma vie, jamais je ne voterai pour un tel va-t-en-guerre. Et aucun électeur de gauche ne devrait commettre cette erreur.
Raphaël Glucksmann traine enfin derrière lui un passé trouble en Europe Centrale, où il fut de 2009 à 2014, successivement « conseillé spécial » de l’autocrate pro-occidental Mikheil Saakachvili en Géorgie, puis époux de la vice-ministre de l’Intérieur, et enfin « conseiller en révolution » en Ukraine. Je ne sais s’il fut rétribué à ce titre, mais cela lui donne le profil parfait d’un agent opérationnel des nord-américains ou d’une autre puissance occidentale. Et s’il l’a fait « bénévolement », est-ce vraiment plus rassurant ?
Raphaël Glucksmann vient d’opposer son véto à la participation de François Ruffin à la « petite primaire » à 15 euros du PS et de Place Publique. « Courageux mais pas téméraire », comme dit ironiquement le dicton, il n’avait en effet accepté de participer à cette « petite primaire » qu’en se croyant assuré de la gagner. Pas question donc que François Ruffin vienne lui brouter les mollets.
Pour le député de Picardie, qui se rêvait autrefois en « successeur de Jean-Luc Mélenchon », c’est le « Nième » revers de rang. Il s’imaginait vainqueur de toutes les primaires, grâce à son bégayant bagout – mais il peine visiblement aujourd’hui à trouver sa place dans la campagne.
Après une première mobilisation plutôt réussie au printemps dernier (près de 1500 personnes à Lyon), quoique trop infantilisante à mon goût (un soi-disant « entretien d’embauche » présidentiel et scénarisé, avec des figurants ânonnant leur texte), Ruffin s’est égaré cet été sur les routes départementales de France pour animer une « campagne en autostop » qui n’a pas vraiment passionné les foules (6100 vues sur Youtube, par exemple, pour l’épisode n° 5). Sans vouloir retourner le couteau dans la plaie, le dernier clash Mélenchon / MEDEF sur l’augmentation des salaires a totalisé de son côté 20 millions de vues sur les « rézozozios ». Jouent-ils encore vraiment dans la même catégorie ?
Avant ce dernier couac, il y avait eu l’explosion en plein vol de la « grande primaire » Ruffin / Tondelier / PS – suite au refus des militants socialistes d’y participer.
Puis l’accident industriel de la BD « Picardie Splendor » où Ruffin fut accusé, à juste titre, de colporter une iconographie raciste. Et puis toujours ces foutus sondage qui ne décollent pas de la moquette (Cluster 17 l’évalue à 4%, Elabe à 6%).
Comme on dit au football : « Quand ça ne veut pas rentrer, ça ne rentre pas ». Dernière séquence en date : un débat avec Dominique de Villepin ou ils ont prétendu « constater des convergences », et envisagé de créer ensemble la « Ligue des Dérailleurs ». Pour « faire dérailler » le train de le Pen vers l’Élysée. Oui, bof. Je n’y crois pas une seule seconde.
On le sait, que tu dérailles, François. Mais je ne suis pas sûr que cela intéresse vraiment Nicolas (clarckiste, 58 ans). Et encore moins Nicole (auxiliaire de vie, 47 ans).
Il y aura par ailleurs probablement une ou deux candidatures « révolutionnaires » (LO, Révolution Permanente). Je n’ai pas grand-chose à en dire, tant elles me semblent se situer dans un autre espace-temps. Et totalement en dehors de l’enjeu concret de cette campagne-ci. À noter que le NPA de Besancenot et Poutou, comme le POI (trotskyste), inscrivent par contre leur mobilisation politique en soutien de la campagne de Mélenchon.
Du côté de la droite, Gabriel Attal et Edouard Philippe, deux des anciens « premiers ministres » de Macron, se partagent à belles dents la dépouille putride du Macronisme.
Leur principale qualité est de se faire concurrence – et donc de s’annihiler mutuellement.
Car tant qu’ils se présenteront séparément aux suffrages des électeurs, Mélenchon est pratiquement assuré d’accéder au second tour. Bien sûr, ce n’est pas « raisonnable ».
Mais depuis quand la raison l’emporte-t-elle sur l’ambition ?
Philippe, l’homme qui rêve de vous faire travailler jusqu’à 75 ans pour pouvoir toucher votre retraite par capitalisation, l’éborgneur en chef des Gilets Jaunes, est le plus intelligent, le plus coriace, le plus sportif et le plus réac des deux. C’est aussi le mieux placé dans les sondages. Dans les débats, ce sera toujours un adversaire adroit et « punchy » (il pratique la boxe).
Attal ne semble pas vraiment « faire de la politique », mais de la « communication ».
Pour « adultifier » son visage poupin, il s’est fait teindre les cheveux en gris, et pour se viriliser, il pose souvent un verre de bière à la main – même à sept heures du matin. D’après les ragots, dans la vraie vie, il carbure pourtant plutôt à la blanche (« Santé ! »).
Pour lancer sa campagne, il vient d’annoncer des micros réunions dans « 1000 bistrots » (une référence subliminale à ses mille milliards de dette ? Mystère). Il n’en fera probablement que 80, mais comme pour le reste, tout est dans l’effet d’annonce.
Il me donne par ailleurs souvent une sidérale impression de vide – avec un regard à la Zorglub.
Bruno Retailleau (taïaut-taïaut) me fait irrésistiblement penser à un feuilleton télé bavarois sur la seconde guerre mondiale (vous savez, le commandant du camp en uniforme avec la croix de fer et ses petites lunettes en acier). Je m’attends toujours à l’entendre parler allemand. Il joue en permanence avec lui-même au concours du slogan le plus réac : « Français de papier ! », « À bas le voile ! », « décivilisation ! ». Contaminé par le virus Ciotti, il finira probablement dans les jupes du RN.
Restent dans ce paysage déjà bien encombré quelques possibles « outsiders » – que je vois toutefois difficilement rattraper 20 points de retard en six mois. D’autant que les médias des milliardaires ont déjà pointé leurs propres préférences.
Ce serait une énorme surprise si Ségolène Royal gagnait la « petite primaire » du PS et de Place Publique. Mais si c’était le cas, il faudra compter sur elle. Je ne suis toutefois pas sûr que, dans ce cas, Raphael Gluksmann accepte ce verdict, tant il semble considérer sa victoire pour acquise.
Dominique de Villepin a un profil atypique qui pourrait transcender certaines barrières idéologiques – mais il est bien seul. À la limite, je le verrais bien comme possible Ministre des Affaires Étrangères d’un gouvernement Mélenchon élargi – mais c’est évidemment pure politique-fiction. Par contre, je ne vois pas très bien ce qu’il ferait avec Ruffin – à part jouer au football sur un terrain de tennis.
Le banquier d’affaires et financier de Radio Nova, Matthieu Pigasse, que l’on a vu disserter cet été avec Manuel Bompart aux Amfi 26, pourrait être tenté de se lancer dans « la petite primaire » socialiste. Il a le pognon et le charisme pour ça, mais je ne le vois pas gagner une quadrangulaire avec Faure, Gluksmann et Royal. Il est possible par contre qu’il mette sa force de frappe au service d’un autre candidat – quand la situation se sera un peu décantée.
J’achève ici ce (long) tour d’horizon des candidat·es à la prochaine élection présidentielle en France. J’en ai zappé quelques-uns, qui ne devraient pas s’en plaindre.
J’espère avoir ainsi éclairé mon choix de soutenir la campagne de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise.
Cela ne devrait pas, je crois, bouleverser le contenu de l’Asymptomatique.
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Je sens que cette année, nous allons avoir du pain sur la planche ;-).
Claude Semal, le 10 septembre 2026
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