LE CAMP TRUMP EN DÉROUTE par Abbas Fahdel

C’est une sévère défaite pour Donald Trump, à mi-parcours de son second mandat. Lors des élections de mi-mandat (midterms), organisées le mardi 3 novembre, les démocrates ont réalisé une percée spectaculaire en remportant la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat. Une victoire qui constitue un véritable désaveu de la politique menée par le président républicain et de l’ensemble de son administration.
Ce scrutin, qui faisait figure de référendum sur la présidence Trump, traduit un mécontentement grandissant d’une partie de l’électorat américain, confronté notamment à la hausse du coût de la vie, aux conséquences de la politique économique de l’administration et à son engagement dans la guerre contre l’Iran. Le recul des républicains dans plusieurs États traditionnellement acquis à leur parti témoigne de l’ampleur du désaveu.

Abdul El-Sayed 

Plusieurs résultats revêtent également une portée historique. La Géorgie a élu Keisha Lance Bottoms, qui devient la première femme noire à accéder au poste de gouverneure aux États-Unis. Le New Hampshire a élu le démocrate Chris Pappas, qui deviendra le premier homme ouvertement homosexuel à siéger au Sénat américain.
Au Texas, Gina Hinojosa a remporté l’élection au poste de gouverneure. Elle devient ainsi la première femme latino-américaine à diriger cet État et met fin à plus de trente ans de domination républicaine à la tête du gouvernement texan. Une victoire particulièrement symbolique dans un État longtemps considéré comme un bastion républicain.
Au Michigan, le démocrate progressiste Abdul El-Sayed a triomphé face au républicain Mike Rogers dans la course au Sénat. Son succès marque une autre première historique : il devient le premier musulman à siéger au Sénat américain.
Autre conséquence majeure de cette victoire : Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, est désormais en position d’accéder à la présidence de cette institution et de devenir ainsi le premier Afro-Américain à occuper cette fonction.

Pour Donald Trump, le revers est considérable. La perte des deux chambres du Congrès va compliquer considérablement la seconde moitié de son mandat. Privé de sa majorité parlementaire, il devra désormais composer avec une opposition en mesure de bloquer une partie de ses initiatives, de freiner ses projets législatifs et de renforcer le contrôle parlementaire sur son administration.
Cette victoire démocrate ne signifie évidemment pas la fin du trumpisme, ni un retournement définitif du paysage politique américain. Mais elle démontre que la domination politique de Trump n’est pas irréversible et que sa stratégie de confrontation permanente, son autoritarisme et sa politique intérieure et internationale rencontrent des limites dans les urnes.
Un signal politique majeur, aux États-Unis comme au-delà de leurs frontières.

Abbas Fahdel (sur sa page FB)

Illustration : un tableau de Lucas Racasse

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