14 juin 2026
NOS PENSIONS EN DANGER par Stéphane Arcas
Une belle ARNAQUE et tour de passe‑passe grossier que le secteur ne doit pas accepter! Le Système de PONZI comme modèle politique! Jan Jambon bafoue la promesse donnée par tant de gouvernements successifs. Alors que la majorité gouvernementale nous avait reconnu·e·s une spécificité en tant que travailleur·se·s «atypiques » en acceptant d’assimiler les périodes de travail intermittentes aux périodes de carrière pour le calcul des pensions, l’annonce visant à ne plus valoriser, pour les travailleur·se·s des arts, les périodes antérieures au 1er mars 2014 constitue une trahison cynique et injuste.
Les artistes et technicien·ne·s vivent et œuvrent au cœur d’une intermittence professionnelle structurelle : contrats courts, périodes créatives non rémunérées, un « statut » d’indemnité spécifique (l’allocation de travail des arts) distincte du chômage. Depuis des décennies, le droit a pris en compte cette « instabilité naturelle » : par des réformes ultérieures, la neutralisation de la dégressivité et la reconnaissance des périodes atypiques ont garanti la prise en compte de ces carrières. Supprimer rétroactivement l’effet des cotisations et des périodes reconnues, c’est spolier des droits acquis et retirer des années de pension à celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie dans ces conditions particulières. Comment un·e travailleur·se déjà·pensionné·e pourrait·il/elle, comme Monsieur Jambon, à son tour changer d’avis et ne pas se voir ruiner par cette décision intempestive ? Ce n’est pas ce qui lui avait été promis par l’État belge. Tout·e artiste ou technicien·ne de plus de 40 ans se voit privé·e aujourd’hui de sa maigre pension sans avoir réellement de possibilité de rebondir.
C’est aussi une manœuvre tente de diviser, d’opposer jeunes et aîné·e·s du secteur artistique et de créer une fracture injuste au sein d’un milieu déjà précaire. mais c’est peine perdue: rien ne garantit que, si l’on revient une fois sur la parole donnée, on ne le refera pas à l’avenir. Juridiquement et moralement, la mesure viole l’égalité et le principe de non‑discrimination consacrés par la Constitution et rompt un pacte social tacite entre la société et le monde artistique, noué depuis les années 1970 : la société bénéficiait d’une offre culturelle sans en payer entièrement le prix, en échange d’un allégement partiel de la précarité des créateur·rice·s. Le deal basé sur la solidarité était que chaque génération côtise pour la suivante jusqu’au moment de sa pension.
Nier les cotisations antérieures à 2014, c’est démanteler un engagement collectif et appliquer, en pratique, un SYSTEME DE PONZI SOCIAL— promettre une sécurité fondée sur des règles stables puis retirer la base de ces promesses pour réaliser des économies à court terme, au détriment des plus vulnérables. (wikipédia: Un système de Ponzi, chaîne de Ponzi, fraude de Ponzi ou pyramide de Ponzi est un montga financier frauduleux de type “cavalerie”, c’est-à-dire qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Si l’escroquerie n’est pas découverte auparavant, la fraude apparaît au grand jour au moment où le système s’écroule, c’est-à-dire quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients)
Refuser cette proposition et préserver la valorisation intégrale des périodes d’activité artistique antérieures à 2014 n’est pas un luxe : c’est une exigence de justice sociale, de cohérence juridique et de respect du contrat moral entre la société et ses créateur·rice·s. Le Parlement doit rejeter toute mesure qui pénaliserait durablement les travailleur·se·s des arts et menacerait l’équilibre du tissu culturel et social.


Philippe Malarme
Posted at 13:17h, 21 juinJe ne connais rien au calcul des pensions dans le secteur artistique. Mais parler de pyramide de Ponzi est une contre-vérité. Car, depuis des lustres, toutes les pensions sont financées par l’Etat via un système de redistribution et non plus par un système de capitalisation. Donc, les actifs paient les pensions des retraités. Et cela est vrai pour tous les pensionnés, de tous les secteurs d’activité.