NOUS SOMMES LE 4 AOÛT

Nous sommes le 4 août 2022.

C’est la saint Jean-Marie Vianney, dit le Curé d’Ars, décédé le 4 août 1859. C’est lui qui a prononcé cette mise en garde : « Il y en a qui ont l’habitude de toujours mal parler des prêtres, qui ont pour eux du mépris. Faites attention, mes enfants. Comme ils sont les représentants de Dieu, tout ce que vous dites retombe sur Dieu lui-même. »
Depuis que je sais cela, je suis prudent, mais comme disait Blier dans les « Tontons flingueurs » : « J’critique pas…J’évoque ! ».

Le 4 août 1914

Il y a 108 ans, à l’aube du 4 août 1914, deux divisions allemandes de 60.000 hommes franchissent la frontière à Gemmenich et pénètrent en Belgique. C’est le début d’une grande boucherie comme l’Europe en a le secret. On en reparlera une autre fois, ce n’est encore que l’apéro.

Dom Pérignon

Le 4 août 1693

À propos d’apéro, une légende insistante affirme que c’est le 4 août 1693 qu’un bénédictin français du nom de Dom Pérignon aurait inventé le champagne. L’histoire est plaisante, mais c’est loin d’être vrai. Dom Pérignon n’était ni vigneron ni alchimiste. Au monastère d’Hautvillers, village de Champagne, proche d’Épernay, c’est lui qui assurait le contrôle des vignes et des pressoirs de l’abbaye.
Les vignobles existent en Champagne depuis l’époque romaine. Le nom vient du latin campania, qui fait référence à la ressemblance physique de la province avec la Campanie, au sud de Rome. Lorsque Dom Pérignon est arrivé à l’abbaye en 1668 pour y exercer la fonction de maître de chai, la Champagne était déjà une grande région viticole, rivale acharnée de sa voisine du sud, la Bourgogne.
Sous Louis XIV, dans le cadre de cette rivalité qu’on a appelé le « querelle des vins », le premier-médecin du roi, un certain Fagon, avait réussi à écarter le vin de champagne au profit du vin de Bourgogne. Cela n’a pas empêché que sous la direction de Dom Pérignon, l’abbaye a plus que doublé la taille de ses vignobles.
Le vin mousseux existait avant son arrivée, même s’il serait méconnaissable aujourd’hui en tant que champagne. S’il est douteux qu’il ait inventé seul la méthode champenoise, Ce bon moine a cependant apporté une énorme contribution en développant la technique qui a permis de produire un vin blanc correct à partir de raisins rouges. Chose que les viticulteurs essayaient de faire depuis des années. Et son trait de génie fut d’assortir, avant de les pressurer, des raisins de diverses origines. Ce fut, à coup sûr, une étape majeure vers le développement du champagne moderne.
« Venez vite, je bois les étoiles ! » se serait écrié le saint homme en ce 4 août 1693. Mais même cette célèbre citation semble apocryphe. Cette brillante déclaration figure sur une publicité pour le champagne datant des années 1880. Il est toutefois difficile de remonter plus loin, et certainement pas jusqu’au 17e siècle.
Dom Pérignon aura, en tout cas, passé beaucoup de temps à essayer d’éliminer les bulles de son vin dont le caractère effervescent tracassait les viticulteurs de l’époque. À cause des bouteilles qui explosaient ou des bouchons qui sautaient sous la pression de la refermentation, on l’appelait « vin du diable ». Dom Pérignon lutta longtemps contre cette prise de mousse. Des générations d’amateurs de bulles lui seront sans doute reconnaissants d’avoir échoué. Il finit heureusement par s’apercevoir qu’il suffisait, après tout, de fabriquer des bouteilles plus épaisses et de mieux attacher les bouchons.

Tout autre chose…

Il semblerait que le 4 août soit le bon jour pour célébrer l’anniversaire de Louis Armstrong, trompettiste virtuose et chanteur à la voix si particulière. Toutefois, rien n’est sûr. Il est assez difficile de se souvenir du jour de sa propre naissance si personne ne nous en a informé. Or, la date « officielle », si l’on peut dire, aurait été fixée par Louis Armstrong lui-même à l’occasion d’un recensement : le 4 juillet 1900. Une date facile à retenir pour un gamin quasi analphabète né dans un milieu défavorisé de la Nouvelle Orléans : le jour de la fête nationale, la dernière année d’un siècle.
Depuis, on a retrouvé dans les registres de l’église du Cœur Sacré de Jésus, à La Nouvelle-Orléans, un document situant au 4 août 1901 la date de naissance d’un Louis Armstrong « niger illegitimus ». Ça commençait fort ! Placé dans une maison de correction à l’âge de 13 ans, il aurait pu plonger dans la délinquance mais la rencontre avec un professeur de musique va changer sa vie. Il se met à jouer dans des orchestres, des fanfares, dans les clubs mais ne sachant pas encore lire les partitions, il compense en se servant de l’improvisation. Armstrong est alors surnommé Satchmo (pour « satchel mouth », littéralement « bouche de sacoche ») en raison de la taille de sa bouche.
En 1922, il quitte la Nouvelle-Orléans pour Chicago et connaît rapidement le succès. Il enregistre ses premiers disques sous son nom à la tête de son orchestre, le Hot Five. Le succès continue à New York où il se produit avec Fats Waller pour la revue « Hot Chocolate ». Il enchaîne les concerts aux États-Unis et en Europe à la tête d’un grand orchestre. Devenu une véritable star, Louis Armstrong tourne dans de nombreux films et se produit dans de nombreux pays sous l’égide du département d’État américain comme ambassadeur culturel. Il collabore avec Ella Fitzgerald sur trois albums. En raison de son âge, il se produit de plus en plus en tant que chanteur. C’est à cette époque qu’il enregistre ses chansons les plus fameuses « Hello Dolly » en 1964 et « What a wonderful world » en 1967.
Allez, bonne journée, et n’oubliez pas le dicton inventé par le regretté Charb : « À la saint Jean-Marie Vianney, on fait le niais. »
On s’écoute Louis Armstrong : « What a wonderful world »

André Clette

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