PLUS JAMAIS JE N’ACCEPTERAI CE QUE J’AI PU ACCEPTER par Anne-Catherine Lacroix

Il y a 3 ans jour pour jour,
L’école de Lucie avait déjà fermé depuis quelques jours,
Thomas avait déjà bien pigé qu’il ne pourrait pas faire de concerts pendant des mois et que l’académie fermée, on partait pour des mois compliqués.
On n’enseigne pas la musique à distance et on ne peut accepter de ne pas faire son métier sans que cela ait un quelconque impact sur soi et son entourage.
C’était l’anniversaire de ma mère aussi mais c’était aussi, pas de bol, la veille de traitements médicaux compliqués pour elle et qui allaient impacter notre quotidien,
Et puis c’était aussi le jour où le CA de l’atelier des droits sociaux avait décidé de fermer l’assoc pour une durée indéterminée.
C’était ce jour où j’ai reçu un mail de leur part me demandant, à moi et mon collègue, en tant que « binôme-lien » entre travailleurs et CA, de vider le frigo de la cuisine de l’assoc, prendre les mails et téléphones persos de tous, envoyer des tas d’infos, sortir les poubelles, mettre un mot sur la porte de l’assoc, fermer tout et rentrer chez moi avec un « courage » de leur part en objet d’un mail.
Le début d’un travail à distance impossible à faire pour moi, mes collègues, notre secteur et nos moyens numériques alors que la boite mail implosait déjà avec la fermeture de tas de secteurs et l’explosion du chômage temporaire.
Le début d’une bagarre avec notre ancien CA pour rouvrir en mai 2020 comme on aura finalement réussi à le faire.
Non sans mal et des mois de tensions qui allaient s’en suivre jusqu’à leur démission.
Le début aussi d’une charge à 200% qui ne s’est finalement pas arrêtée ce jour.
Aujourd’hui, j’ai appelé ma mère pour son anniversaire.
Mais toute la journée, j’ai cogité avec un sentiment étrange, que je ne parvenais pas à piger.
Et puis le franc est tombé et tout m’est revenu dans la tête.
D’un coup.
Cette date.
Ces trois années de dingue, vertigineuses à de nombreux points de vue.
C’est certain. Pour ma famille, pour moi, plus jamais je n’accepterai ce que j’ai pu accepter ce 18 mars 2020 et les mois qui allaient suivre.
Je ne sais même pas comment j’ai pu accepter cela à cette époque.
Au moins, ce jour m’aura permis de planter une dernière fois cet engagement dans ma tête.
Des bises

Anne-Catherine Lacroix (sur sa page Facebook)

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