21 avril 2026
UN GOUVERNEMENT DE SALAUDS ! par Bernadette Schaeck
Exclure des dizaines de milliers de chômeurs de leur droit aux allocations.
Et au même moment, durcir les conditions d’octroi du RI (Revenu d’intégration) en obligeant les CPAS à tenir compte des revenus des débiteurs alimentaires cohabitants (grands-parents, petits-enfants, beaux-parents, gendres et belles filles), en plus de ceux dont les CPAS pouvaient tenir compte (parents et enfants majeurs) : ce n’est pas un hasard.
C’est voulu. C’est délibéré. Pour que le plus grand nombre possible de chômeurs exclus des allocations le soient aussi du revenu d’intégration.
Par la même occasion, de nombreux CPAS durcissent aussi leur politique : ceux qui ne tenaient pas compte des revenus des parents ou enfants cohabitants, ou n’en tenaient compte que partiellement, le font désormais. Sans invoquer des “raisons d’équité” qui leur permettent de ne pas le faire. Les conséquences sont terribles. Un accroissement énorme de la pauvreté, de la précarité. L’Arizona : un gouvernement de salauds.
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« Vite fait, bien fait » ! Elle ne s’est pas présentée à un rendez-vous.
Le CPAS a pris une décision de refus du Revenu d’Insertion parce qu’il n’a pas pu réaliser l’enquête sociale. Voilà comment une chômeuse en fin de droit est exclue pour une deuxième fois. Deuxième fois plus grave encore, puisque c’est une condamnation à être sans aucun revenu. Ce CPAS ne s’est même pas inquiété du motif possible de l’absence. En l’occurrence, non réception de la convocation. Et quand bien même. Une seule absence à un rendez-vous “mérite-t-il” pareille condamnation ?
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Vite fait bien fait aussi, dans un autre CPAS. Deux personnes radiées du RI pour « absence au rendez-vous » fixé pour la signature du PIIS (Projet individualisé d’intégration sociale). Idem. Sans se préoccuper du motif de l’absence. Sans accorder une “deuxième chance”.
En l’absence d’envois recommandés, les convocations par courrier simple, SMS, messages vocaux ou mêmes mails sur les smartphones, sont souvent peu fiables. Quant à la clef, c’est votre survie et celle de vos enfants qui sont en jeu, c’est tout de même assez problématique. Allez, il y a du taf pour la journée… Et du taf pour les mois à venir pour organiser la défense plus que jamais indispensable des usagers des CPAS.
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J’espère que tous ceux qui crachent sur les “assistés” ne se trouveront pas eux-mêmes un jour dans la situation. J’espère sincèrement qu’ils ne seront pas un jour confrontés aux difficultés rencontrées par les “assistés” qu’ils jugent et méprisent.
Je ne souhaite à personne de le vivre, même aux quelques-uns que j’ai encore bloqués aujourd’hui. Je ne souhaite à personne de le vivre, même à ceux qui ont voté MR, Les Engagés, ou, au Nord du pays pour d’autres partis encore (NVA, Vooruit…).
Mais comme je l’ai déjà dit ici, parfois j’essaie de discuter, toutefois si je vois assez vite que c’est “mort”, je supprime le commentaire et/ou je bloque.
Je n’ai pas le temps, ni l’énergie pour cela. Il m’en faut pour autre chose. Et je ne veux pas de commentaires haineux sur mon compte Facebook. Bien sûr, il faut continuer à discuter, à argumenter, à contre argumenter, à essayer de convaincre. Mais ce n’est pas – à mon avis – sur Facebook que ça se fera.
Pas sur le mien, en tout cas.
Mais à l’école, dans les mouvements de jeunesse, dans les associations, dans les organismes d’éducation permanente, dans les syndicats, dans les services sociaux, dans les associations de quartier, dans les associations de seniors … , dans tous les milieux où ça peut et doit se faire. Il y a du boulot ;-). Bonne soirée.
Bernadette Schaeck, de l’Association de Défense des Allocataires Sociaux
contact : info@adasasbl.be
NDLR : j’ai illustré cet article par une guillotine. Ce ne sont évidemment pas les crapules gouvernementales qui sont socialement ici symboliquement guillotinées, mais les dizaines de milliers de chômeurs et d’usagers des CPAS qui souffrent de leur politique. Au sujet de la propagande anti-chômeur, lire aussi l’article de Stéphane Vanden Eeede dans la rubrique « C’est (vraiment) vous qui le dites ». (C.S.)


Albert Bernath
Posted at 11:03h, 25 avrilD’accord avec vous sur le fond notamment pour les conséquences d’un rendez-vous vous manqué. Quand à tenir compte des revenus de toutes les personnes qui vivent sous le même toit, cela a toujours existé mais peu ou pas appliqué suivent les CPAS. N’est-ce pas normal pour des mesures d’équité.
Il faudrait pour autant une fois pour toute abolir les notions de chef de ménage et de cohabitation en individualisant simplement l’allocation. Permettre à plusieurs personnes ayant le même revenu de remplacement ou de l’aide sociale de vivre ensemble pour favoriser les cohabitations. Luttant ainsi contre la pénurie de logements et encourageant les initiatives d’entraide mutuelle et collaborative. Trop de Cactus dans l’Arizona ! Western social …