“Visite à l’improviste” (CPAS et “insertion”) par Bernadette Schaeck

64 ans, et toujours l’enquiquiner…
Elle a 64 ans. La prolongation de son RI (Revenu d’Insertion) doit être faire au 1er octobre.
L’AS (l’Assistante Sociale) – une nouvelle, encore ! – lui dit qu’elle fera une visite à domicile à l’improviste. Elle habite pourtant là depuis 20 ans.
Le CPAS connait parfaitement son logement.
Chaque année, elle a été contrôlée à l’improviste.
Mais sait-on jamais ce qui peut leur passer par la tête, à ces pauvres ?
Celle-là a peut-être un amant caché chez qui elle vit e temps en temps, sa maison n’étant pas d’un grand luxe ?
Ou a-t-elle un amant caché qui vit parfois chez elle pour profiter de deux grasses allocations : un “RI” et une “GRAPA” ?
Elle prépare, me dit-elle, une série de petits mots à punaiser sur sa porte. Exemples :
« J’ai une gastro. Je risque d’être indisponible à certains moments. Veuillez patienter le temps qu’il faudra. »
« Si je ne réponds pas, c’est que je ne suis pas là ».
« J’arrive, je cours, je vole. Attendez-moi. »
« Veuillez m’excuser, je suis partie me présenter pour un emploi ».
Ah ! très bien, le dernier !
Parce que l’AS – une nouvelle, n’ayant sans doute pas regardé sa date de naissance – lui a demandé si elle était prête à l’emploi. Si pas, elle doit fournir un certificat médical.
Mais elle ne le fera pas.
Quand l’AS passera à l’improviste – si toutefois elle n’est pas absente – elle lui demandera avec insistance de l’aider à trouver un emploi.
Parce que vivre avec le RI, c’est vraiment très difficile…

Bernadette Schaeck (témoignage sur sa page Facebook) (1)

http://www.adasasbl.be

LES CPAS ENTRE “WIN FOR LIFE”, KAFKA ET LA RUE

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