27 octobre 2026
C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, lui et elles
LE LAIT DES VAGUES par Bruno Ruiz
On se léchait comme des jeunes fauves. Il y avait dans l’air quelque chose de tendre et de lumineux. Je revois tes pieds dans le lait des vagues. Tout cela est si loin. Tes yeux si proches. Tu vois, je me réveille encore pour convoquer ta voix et tes longues jambes. Le reflet d’un temps qui n’appartient plus qu’à moi. Le parfum d’une image. Pourquoi écrire cela désormais ? Un jour, un diamant tombe. On meurt emportant tout cela dans les flammes. Mais le sable a toujours cette odeur mêlée qui fut la nôtre. Un film Super 8 qui tremble au milieu de la nuit.
CLÉMENCE GUETTÉ À LECORNU, LA QUEEN.
https://x.com/Shelby5465oid/status/2115416005212090609?a=hu3jJfwB7TuEADfE-Bo&s=20
BRÉSIL, SERBIE par Abbas Fahdel
Ce dimanche, deux événements politiques sont venus déjouer les pronostics.
Au Brésil, Lula, figure de la gauche sociale, a remporté l’élection présidentielle face à Flávio Bolsonaro, représentant de l’extrême droite et fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Après être arrivé derrière son adversaire au premier tour, Lula a inversé la tendance et obtenu un quatrième mandat non consécutif. Cette victoire rappelle qu’une élection n’est jamais jouée d’avance, même lorsque l’extrême droite semble en position de force.
En Serbie, le mouvement porté par les étudiants a remporté les élections législatives anticipées. Après près de deux ans de manifestations, la mobilisation étudiante s’est transformée en force électorale. La liste soutenue par les étudiants s’achemine vers une majorité parlementaire.
Ces deux événements rappellent que les rapports de force ne sont jamais figés. La mobilisation sociale, l’engagement citoyen et la capacité à unir des forces diverses peuvent bouleverser un paysage politique que l’on croyait immuable.
Une leçon pour la France, où les commentaires médiatiques et les sondages tendent à présenter une victoire du Rassemblement national à la prochaine élection présidentielle comme une fatalité.
Les sondages ne sont pas des verdicts. Rien n’est écrit d’avance : la résignation n’est pas une fatalité.
POUR QUI ROULENT LES CHAINES D’INFOS ? par Manuel Bompard
L’outil Viginews est un outil indépendant qui analyse le flux des 4 chaines d’information en continu (BFM, News, LCI, France Info).
Il recense l’ensemble des mentions des différents candidats à l’élection présidentielle et classe par IA ces mentions en 3 catégories (positive, négative, neutre).
Le résultat est accablant : entre le 1er mars et le 1er octobre 2026, Jean-Luc Mélenchon a été cité 32 220 fois à l’antenne. Dans 56% des cas de manière neutre. Dans 32% des cas pour en dire du mal. Dans 11% des cas pour en dire du bien.
A titre de comparaison, Marine Le Pen a été citée 42 945 fois dans la même période, couvrant le moment de sa condamnation pour détournement de fonds publics et de la révélation des propos antisémites de Jordan Bardella. Pourtant, dans 69% des cas, elle est citée de manière neutre. Dans 20% des cas de manière négative et dans 11% des cas de manière positive.
Et ne parlons pas de Monsieur Philippe, de Monsieur Glucksmann ou de Monsieur Retailleau !
Cela en dit long sur l’absence totale d’égalité de traitement médiatique entre les différents candidats à l’élection présidentielle. Cela devrait être considéré comme un véritable scandale et l’ARCOM devrait agir sur le champ.
Mais elle ne fera rien, comme d’habitude. C’est pourquoi seule la mobilisation du plus grand nombre sur le terrain, dans ses réseaux personnels ou dans la bataille numérique pourra contourner les choix de l’officialité médiatique.
MES RACINES MON HISTOIRE par Mousse Ouriaghli
Nous sommes faits de plusieurs terres, de plusieurs langues et d’une seule histoire : la nôtre.
Ces derniers temps, j’ai eu envie de revenir un peu sur mes origines.
Pas pour revendiquer une identité contre une autre, ni pour refaire l’histoire, simplement pour comprendre d’où je viens.
J’ai la chance d’avoir encore ma mère, qui a 86 ans et une belle part de mémoire à transmettre. Elle est née du côté de Zaouit, près de Tamassint, dans le Rif, du côté d’Al Hoceïma.
Mon père venait lui aussi de cette région, mais il nous a quittés depuis longtemps.
C’est donc auprès de ma mère que je cherche quelques réponses.
Je suis né à Bruxelles, dans le quartier des Marolles. Mon nom est Ouriaghli et ma famille se rattache à la branche des Aït El Kadi, au sein de la grande confédération rifaine des Aït Ouriaghel.
Une figure historique célèbre du Rif, Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi, connu sous le nom d’Abd el-Krim, appartenait lui aussi aux Aït Ouriaghel, plus précisément à la fraction des Aït Khattab.
Nous partageons donc une référence historique et une appartenance rifaine, sans que cela signifie que nos familles aient un lien de parenté direct.
Je préfère être précis plutôt que de m’inventer des cousins célèbres !
Et puis il y a les langues.
Là aussi, mon histoire est un petit mélange.
Le français est la langue dans laquelle j’ai grandi, celle dans laquelle je pense et je m’exprime le plus naturellement.
Le darija, le dialecte marocain, fait partie de mon héritage familial.
Je le comprends et le parle approximativement.
Quant au rifain, ou tarifit, je le comprends un peu, mais je le parle à peine.
Alors oui, je suis de cette origine amazighe, même si je ne maîtrise pas la langue de mes ancêtres. On ne choisit pas toujours les langues que l’on reçoit, et on ne reçoit pas toujours tout ce que l’on aurait aimé transmettre.
Mais au fond, qu’est-ce que cela signifie, être Amazigh ?
Bien avant l’arrivée de l’islam en Afrique du Nord, les populations amazighes avaient déjà leurs langues, leurs coutumes, leurs croyances et leurs histoires. Certaines pratiquaient des cultes anciens, d’autres étaient juives ou chrétiennes. Il n’existait pas une religion amazighe unique.
L’islam s’est ensuite installé progressivement, sans faire disparaître partout les langues et les identités amazighes.
Il faut aussi distinguer les choses : être Marocain, être Amazigh, parler arabe ou être musulman ne désigne pas exactement la même réalité. On peut être tout cela à la fois, ou porter plusieurs de ces héritages.
Je ne cherche pas à opposer les Arabes aux Amazighs. Ce serait absurde. Les histoires se sont croisées, les langues se sont mêlées, les familles aussi.
Je suis né ici, à Bruxelles.
Mes parents venaient du Maroc, mes racines sont rifaines et ma langue de cœur et d’expression est le français.
Avec, bien sûr, cette petite touche bruxelloise : le bon belge !
Finalement, nous sommes tous un peu tricotés. Il y a les fils que nous recevons, ceux que nous perdons, ceux que nous retrouvons et ceux que nous choisissons de garder.
Et parfois, il suffit de poser quelques questions à sa mère pour avoir envie de remonter tout le fil de l’histoire.
Sans nostalgie excessive, sans folklore et sans frontières dans la tête. Juste pour mieux comprendre ce qui nous a construits.
Et vous ? Quelles sont vos racines ? Quelles langues, quelles histoires, quels chemins ont tissé la personne que vous êtes aujourd’hui ?
LES CAUSES ET LES EFFETS par Axel Gnocchi (sur X Twitter)
“Je n’étais pas dans les manifestations (…) parce qu’en fait il y a une campagne de harcèlement de LFI contre moi” Raphaël Glucksmann, le candidat PS-Place publique à l’élection présidentielle est l’invité de « BonjourLaMatinale » de TF1
ou bien c’est peut-être parce que Glucksmann est
– ex-Alternative Libérale,
– ex-sarkozyste,
– ex-conseiller d’un président ultra-libéral qui a détruit son code du travail,
– qu’il a dit être allé à gauche “par dépit”,
– qu’il a refusé le Nouveau Front Populaire,
– qu’on ne l’a jamais vu en manif « retraite » entre 2019 et 2023,
– qu’il a dit qu’il allait “plier LFI” et qu’il “pissait” sur Mélenchon
– qu’il a dans son équipe le fondateur des Jeunes avec Macron
– qu’il a dans son équipe l’ancien dircab de Borne et ministre macroniste
– que celle qui écrit son programme a écrit celui de Macron et la réforme Philippe
– que son coordinateur de campagne était conseiller LREM et dircab d’Oudea-Castera
– qu’il a autant de programme que de charisme ?
ELUCID / LA FIN DE L’EPOQUE CONTEMPORAINE/ LA JOURNÉE DU 17/10, REPORTAGE DE TERRAIN
TON MÉPRIS DE ROITELET ILLÉGITIME par Henri-Alexandre Lotthé (sur FB)
Petit connard de l’Élysée, tu as été élu deux fois par des gens qui se bouchaient le nez pour éviter l’autre, et tu viens nous expliquer qui est légitime ! Toi qui as perdu ta majorité, imposé la retraite à 64 ans au 49.3 contre le pays, dissous l’Assemblée comme un gamin capricieux et piétiné les urnes en refusant Matignon aux vainqueurs. Et maintenant, du haut de ton arrogance de roitelet, tu prétends distribuer les brevets de légitimité au peuple lui-même. Mais pour qui tu te prends, bordel ?
La liberté de manifester n’est pas une faveur que tu accordes à tes sujets.
L’article 11 de la Déclaration de 1789 n’est pas ton jouet : il protège les citoyens contre les petits tyrans qui confondent pouvoir et propriété privée. On déclare une manifestation, on ne quémande pas la permission à ta Majesté.
Le Conseil d’État vient de te rappeler que tes rodomontades n’ont, à elles seules, aucun effet sur cette liberté. Alors ravale ta morgue, tes leçons de démocratie et ton mépris du peuple. Après avoir piétiné la volonté populaire, tu oses encore parler de légitimité ? Tu n’es pas propriétaire de la République, pauvre type. Et ton mépris ne rendra jamais illégitimes ceux qui te contestent. Va chier.
ISRAËL MÉRITE MIEUX QUE NETANYAHU par Rudy Demotte (sur FB)
Aujourd’hui, les Israéliens votent. Et je veux le dire sans détour : j’espère que ce scrutin mettra fin au pouvoir de Netanyahu et de cette coalition où l’extrême droite, celle de Ben-Gvir, pèse d’un poids aussi lourd que désastreux.
Gaza n’est plus qu’un champ de ruines. Des dizaines de milliers de morts. Des familles entières rayées de l’état civil. En Cisjordanie, des colons poursuivent leur entreprise de dépossession avec la tranquillité de ceux qui se savent impunis. Il y a dix jours, à Taybeh, des hommes masqués armés de bâtons s’en prenaient à des paysans palestiniens venus récolter leurs olives, puis aux diplomates belges, français et polonais qui les accompagnaient. Combien faudra-t-il encore de ces scènes pour qu’on cesse de parler de « débordements » ?
J’ai vu récemment « Notre salut ». Le film montre comment, sous Vichy, la persécution des Juifs s’est installée dans la vie ordinaire : un geste, puis un autre, une signature, un silence, une compromission qui rend la suivante plus facile. Je ne confonds ni les époques, ni les régimes, ni les crimes. Mais je suis sorti de la salle avec une question qui ne me lâche plus : comment une société finit-elle par trouver supportable ce qu’elle aurait jadis jugé impensable ? Et il y a là une douleur particulière. La mémoire de la persécution des Juifs devrait nous rendre plus vigilants que quiconque devant toute déshumanisation. Elle ne prémunit pourtant pas contre de nouvelles injustices, fussent-elles commises par un gouvernement qui prétend agir au nom de leur sécurité.
Le 7 octobre fut une abomination. Je ne l’oublie pas. Je ne le relativise pas. Je ne le pardonne pas. Mais l’histoire de cette terre ne commence pas ce jour-là. Elle est faite d’un long engrenage de violences, de domination et de ressentiments, où chaque atrocité nourrit la suivante sans jamais la justifier. C’est précisément pour cela que je ne pardonne pas davantage ce que l’extrême droite israélienne fait subir aux Palestiniens. Aucun crime n’en excuse un autre.
Cela n’exonère personne. Certainement pas Netanyahu, qui a fait entrer cette extrême droite au gouvernement pour se maintenir au pouvoir, tout en se défendant devant ses juges pour corruption.
Je refuse de confondre Israël avec son gouvernement. Je pense à ces Israéliens qui, semaine après semaine, manifestent, résistent et se tiennent aux côtés des Palestiniens face aux violences des colons. Ils refusent que la sécurité de leur pays se bâtisse sur la négation des droits d’un autre peuple. Ils ont toute mon admiration.
Je condamne avec la même fermeté toute forme d’antisémitisme, ici comme ailleurs. Rien ne justifie que les Juifs soient tenus pour responsables des actes du gouvernement israélien. Confondre un peuple, une culture, une religion et la politique d’un État est une faute morale autant qu’intellectuelle. Dénoncer l’injustice faite aux Palestiniens et combattre l’antisémitisme relèvent d’une seule et même exigence de dignité humaine.
Dimanche, Lula a été réélu au Brésil. Le même jour, en Serbie, la liste née du mouvement étudiant a battu Vučić. La vague réactionnaire n’est pas une fatalité. J’aimerais tant qu’Israël en apporte ce soir la troisième preuve.
Et peut-être, ensuite, les midterms US emprunteront-ils la même voie.
De loin, je ne prétends dicter aucun vote. Mais je refuse cette prudence qui, à force de ménager les responsables, finit par banaliser leurs actes. Se taire, c’est aussi choisir.
Netanyahu et ses alliés ont assez compromis l’avenir d’Israël. Ils ont assez piétiné les droits des Palestiniens. Il est temps que cela cesse. Israël mérite mieux. Les Palestiniens aussi.
Rudy
ENTRETIEN LENGLET / MÉLENCHON SUR TF1 : LONG ET PASSIONNANT (UN MILLION DE VUES SUR LES “RÉZOZOZIOS » EN QUELQUES JOURS – C’EST 15 FOIS L’AUDIENCE HABITUELLE DE L’ÉMISSION)
“ARRÊT SUR IMAGES” ET LE TRAITEMENT MÉDIATIQUE DES MOBILISATIONS SUR LES CHAÎNES « D’INFAUX » (INVITÉ MANUEL BOMPARD)


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