C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, lui, vous, eux et elles

L’ETAT DES CHOSES ET DES GENS 1. par Guy Rombaux
La paralysie par l’analyse (ou overanalysis paralysis en anglais).
C’est une situation où la peur d’un problème ou d’une catastrophe imminente pousse à accumuler des études, des rapports et des données, au lieu de prendre les décisions concrètes nécessaires pour le résoudre. L’intellectualisation remplace l’action.
Ou encore :
Comment “regarder le train foncer sur soi en mesurant sa vitesse” …tout en “discutant du sexe des anges“.
L’ETAT DES CHOSES ET DES GENS 2.
L’Asymétrie Belliciste Prédatrice.
C’est une situation où la peur orchestrée d’un conflit armé sert de prétexte pour fermer des écoles, asphyxier la culture et démanteler les services publics, afin de subventionner massivement des industries de défense privées. L’endoctrinement à la guerre remplace l’élévation des esprits par le savoir.
Ou encore :
Comment appliquer le proverbe détourné « À force de tout sacrifier aux armes, on n’a plus rien à défendre » en oubliant la célèbre question de Churchill : « Mais alors, pourquoi nous battons-nous ? » tout en confirmant la formule de Sartre : « Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent » — et ici, ce sont leurs écoles et leurs hôpitaux que l’on enterre d’abord pour financer les marchands de canons…
(à suivre…)

PROF DEPUIS TRENTE ANS par Kryztof Meyer (sur FB)

Cette nuit à 4h du matin, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté un nouveau plan d’économies dans l’enseignement. Une fois encore, l’école est considérée non pas comme un investissement, mais comme une variable d’ajustement budgétaire, comme le disait une élue Écolo. Une ligne dans un tableau Excel. Une dépense à réduire.
Je pourrais parler des chiffres. Je pourrais analyser les mesures, les budgets, les projections. Mais ce matin, ce ne sont pas les chiffres qui occupent mes pensées mais des sentiments beaucoup plus profonds : une immense colère de voir se détruire un système pour lequel j’ai un jour décidé de consacrer toute ma vie professionnelle, une profonde tristesse et, plus encore, un sentiment de mépris.
Cela fait près de trente ans que j’enseigne le français. Trente années de passion et d’engagement face à la classe, des années de préparation de cours, de corrections, de réunions, d’inquiétudes pour des élèves en difficulté, de joies devant leurs réussites, de temps donné bien sûr au-delà des horaires officiels devant la classe. Trente ans que j’essaie de donner à des adolescents les mots pour comprendre le monde, pour le questionner, pour s’y inscrire librement et intelligemment.

J’ai choisi ce métier par conviction à l’âge de 14 ans, en regardant une prof d’histoire exceptionnelle nous donner cours. Comme beaucoup de mes collègues, je ne l’ai pas choisi ni pour le salaire, ni pour un quelconque prestige social. Je l’ai choisi parce que je crois profondément que l’éducation est ce qui permet à une société de grandir et de réduire les inégalités et l’intolérance.
Or, depuis des années, quel message envoie-t-on aux enseignants ? Qu’ils coûtent trop cher. Qu’ils ne travaillent pas assez. Qu’ils doivent faire davantage avec moins (dans des bâtiments en triste état), justifier en permanence leur utilité et accepter des réformes décidées sans eux. À force de répéter ce discours, on a fini par installer dans une partie de l’opinion publique une forme de mépris à l’égard du métier, mépris validé par celui que les politiques, Mmes Glatigny et Degryse au premier rang, nous témoignent.

Car derrière chaque enseignant, il y a une personne qui porte quotidiennement la responsabilité de dizaines, parfois de centaines de jeunes. Une personne qui gère des situations humaines de plus en plus complexes, et dont le métier a depuis longtemps dépassé la seule mission de transmettre la connaissance.
Les conséquences de ce traitement sont déjà visibles : les vocations se raréfient, les pénuries s’aggravent. Cette pénurie n’a rien de mystérieux et n’est pas tombée du ciel.
Elle est le résultat direct de décennies de dégradation des conditions de travail et d’un manque chronique de reconnaissance qui pousse de nombreux collègues à quitter la profession au bout de quelques années et avec un sentiment de dégoût.
Ils quittent souvent non pas parce qu’ils manquent de motivation, mais parce qu’ils découvrent une réalité devenue parfois intenable.

Une des solutions d’urgence face à cette pénurie est la création de cet absurde “titre de pénurie” qui consiste finalement à considérer que toute personne possédant un diplôme peut, du jour au lendemain, se retrouver devant une classe et faire le même métier (pour beaucoup moins d’argent que le “titre requis” car il ne faut quand même pas perdre le nord !). Aujourd’hui les écoles ont toutes dans leurs classes des personnes qui n’ont pas été formées au métier.
Je ne remets nullement en cause leur bonne volonté ; beaucoup s’investissent sincèrement, certains deviendront de bons profs. Mais il faut avoir le courage de dire une vérité devenue presque taboue : enseigner est un métier. Un vrai métier. Un métier qui exige des connaissances disciplinaires solides, une formation pédagogique solide, une réflexion permanente. À force de dévaloriser la profession, nous en sommes arrivés à une situation absurde où certains semblent penser que n’importe qui pourrait entrer dans une classe du jour au lendemain et se mettre à enseigner.
Comme si transmettre une langue, construire des apprentissages, gérer un groupe, évaluer et différencier relevaient d’une compétence spontanée. Comme si des années d’études, de pratique et d’expérience n’avaient finalement que peu d’importance.

Cette idée est catastrophique. Derrière cette logique se cache une vision de l’école où l’enseignant est interchangeable, où l’expertise n’a plus de valeur. On ne demanderait pas à quelqu’un de devenir chirurgien du jour au lendemain. On ne demanderait pas à quelqu’un de piloter un avion sans formation. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’enseignement, certains semblent désormais considérer que la qualification est secondaire.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous pu collectivement accepter qu’un métier aussi essentiel soit à ce point fragilisé ? On ne détruit pas l’attractivité d’un métier en un jour. On la détruit progressivement, réforme après réforme, économie après économie. Et c’est exactement ce qui est en train de se produire.

Ce qui me révolte, c’est qu’aucun pays ne peut prétendre préparer son avenir en affaiblissant son école. L’école devrait être chérie, protégée, et bénéficier des meilleurs moyens possibles. Parce que tout commence là.
Les médecins, les artistes, les boulanger.es, les les ingénieur.es, les artisan.es, les chercheureuses, les responsables politiques eux-mêmes : tous ont un jour été assis sur les bancs d’une école devant un enseignant.
Je continuerai à faire mon métier avec la même conscience professionnelle qu’hier. J’ai vu passer plusieurs générations d’élèves. J’ai vu des jeunes trouver leur voie grâce à un livre, grâce à une rencontre, grâce à une phrase entendue au bon moment. C’est pour cela que je continue à y croire.

Mais aujourd’hui, je refuse de faire semblant et de prétendre que tout va bien. Après trente années de métier, je suis fier de ce que j’ai apporté à mes élèves. Je suis fier de mes collègues. Je suis fier de l’école. Mais je suis aussi fatigué de devoir constamment défendre l’évidence.
Cette nuit, un plan d’économies a été adopté. Le signal envoyé est clair : l’école peut attendre, les enseignants peuvent encaisser encore un peu plus, l’éducation n’est plus une priorité. Ce signal-là, je ne peux pas et je ne veux pas l’accepter en silence. Une société ne construit jamais son avenir en économisant sur son éducation.

L’ECOLE BRÛLE ? Chapitre2 par Léon Michaux (sur FB)

Ainsi donc, il s’est trouvé un planqué du MR pour trouver que la grève est certes un droit mais que celle des enseignants est polluée et rendue illégitime par l’infiltration de comploteurs qui ne songent qu’à casser et détruire. Élégante manière de signifier, avec le mépris habituel, que les enseignants sont tellement bêtes qu’ils ne se rendent pas compte à quel point ils sont manipulés. L’auteur de cette saillie digne de Pic de la Mirandole ?
Fabien Culot, chef du groupe MR au conseil communal de Seraing, directeur de cabinet du vice-président du gouvernement wallon, cumulard de chez cumulard (dix mandats), entré en politique en 2006 et jamais sorti.
47 ans. Pour 2024, revenus estimés entre 140.000 et 270.000 euros. (Source: Cumuleo). Et voilà, par un retournement du sens des mots le MR devient le garant des “bonnes grèves”, celles avec un préavis et un service minimum élargi au maximum.
Le mieux évidemment étant pas de grèves du tout. A ce Mr Culot qui n’en manque pas je poserais quand même une question : la première violence n’est-elle pas de passer en force un décret-programme que le monde enseignant dans sa grande majorité refuse ?
Et subsidiairement, un monde sans grèves et sans luttes cela aurait donné quoi ? Pas de congés payés, pas de protection sociale, pas de mutuelles qui interviennent dans les soins de santé (trop solidaire, Mr Bouchez n’aime pas), pas de congé hebdomadaire (encore que, avec l’ouverture dominicale des commerces “sur base volontaire…), pas d’interdiction du travail des enfants (oui je sais, Mr Bouchez, pour les étudiants extension de la durée autorisée et abaissement de l’âge requis), pas d’école gratuite ouverte à tous (aïe, le minerval à 1200 boules). Le capital n’a jamais rien accordé qui ne lui soit arraché. Jamais.
Je suis hélas assez vieux, Mr Culot, pour avoir connu la grande grève de l’hiver 60-61. Je venais d’entrer à l’athénée de Seraing en première année et j’ai dû retourner à mon ancienne école communale à ce moment-là. Avec une marmite en mains. Et oui, j’allais chercher de la soupe dite populaire, gratuite pour que mes parents, mon frère et moi puissions tremper notre tartine dedans. Les forces dites de l’ordre ont tiré à balles réelles en ce temps lointain, Mr Culot. Inimaginable aujourd’hui ? Quand je vois la violence de la répression contre des manifestants pacifiques, voyez-vous, je n’en suis pas sûr. Vous êtes un héritier des donneurs d’ordre ; vous pensez comme eux. Alors, tout compte fait, si d’aventure vous prenez un pavé en pleine tronche, nous serons très peu nombreux à le déplorer. Très, très peu nombreux. J’en vois même qui rigolent, rien qu’à l’idée.

ATTENTION AUX MOTS par Jean-Claude Englebert – Cahen (sur FB)

Arrêtez (avec) « les casseurs » ! Que Francken ou Bouchez parlent de casseurs, c’est normal.
Ce qui ne l’est pas, c’est que des allié.es qui contestent la dégringolade générale de nos gouvernements de droite dure utilisent le même vocabulaire et, surtout, en s’en désolidarisant. Quand on fait ça, tout est foutu. Je m’explique.
Un professeur, c’est quelqu’un dont la fonction est de professer.
Un vendeur, c’est quelqu’un dont la fonction est de vendre.
Un nettoyeur, c’est quelqu’un dont la fonction est de nettoyer. Etc.
Quand on parle de “casseurs”, on réduit les manifestant.es qui ont cassé quelque chose au fait qu’elles et ils ont cassé. On les isole. On se drape dans une respectabilité de mauvais aloi. On n’a rien à voir avec eux.
Or, tout d’abord, et c’est relevé, les vrais casseurs, ceux dont la fonction est de casser étaient hier soir sur les bancs de la majorité de la FWB ou dans la rue avec une matraque en main. La fonction de celles et ceux-là est de démolir et surtout de démolir des individus, massivement.
Ensuite, si on manifeste en n’étant solidaires que de celles et ceux qui manifestent gentiment alors on obéit au diktat de Francken, Bouchez et consort pour qui la condition pour pouvoir manifester est de faire en sorte que cela ne change rien du tout.
C’est donc nous condamner nous-mêmes à l’échec. Même plus besoin d’une droite dure. Des moutons bien sages.
Refuser de parler de “casseurs” n’implique pas de casser soi-même ni même obligatoirement d’appeler à casser. C’est juste dire “ce sont des camarades de lutte, avec leurs moyens d’action et je ne les désavoue pas”. Bouger de là, c’est forcément obéir à Bouchez et à Francken (voir ci-dessous).

LA CULTURE DU VIOL : UN SYSTÈME par Sophie Tlk (sur FB)

Lui là, sur les réseaux, publiquement et sans aucune retenue, il parle de Flavie Flament.
Il dit qu’elle aurait dû renoncer à sa carrière pour éviter de croiser la route de celui qui l’a violée lorsqu’elle avait 16 ans : Patrick Bruel. Il dit qu’elle a “choisi le pognon”. Il dit qu’elle “se pose en victime”. Il dit qu’elle est folle. Moi, je dis que c’est à cause de ce genre d’étron que la culture du viol perdure, que les victimes gardent le silence. Mais voilà, Charles il n’a toujours pas compris que nos agresseurs sont partout. Charles il ignore que : 99% des auteurs condamnés pour des affaires de violences sexuelles sont des hommes, 86% des plaintes sont classées sans suite, seuls 6% des violeurs sont condamnés selon le ministère de la justice.

Et quand tu as fini avec Charles, tu tombes sur les déclarations d’Alice, une néonazie qui s’évertue à répéter sur les réseaux et dans les médias que les violeurs sont des migrants, des arabes ou des musulmans. Mais Alice, elle fait mine d’être surprise lorsqu’elle découvre qu’un pédocriminel a échappé à la justice depuis des années malgré plusieurs plaintes. Puis, il a fini par enlever et tuer une enfant et Alice s’est indignée sur les réseaux. Pourtant, ça ne l’intéressait pas avant “les violeurs blancs”, cette chère Alice.
Elle et ses copines néonazies de “Nemesis” et plus largement la droite et l’extrême-droite détournent l’attention des violences sexuelles en focalisant sur les agresseurs “étrangers” ou “immigrés”(je cite), ce qui leur permet d’effacer le fait que ces violences sont systémiques et de faire passer un message erroné tendant à faire croire aux masses que tous les violeurs sont des personnes “non-blanches”.

Alice qui n’est pas dérangée par le pédocriminel Jean-Marc Morandini condamné pour corruption de mineurs. Alice n’est pas non plus dérangée Pierre-René Lavier, le secrétaire général du média d’extrême-droite Livre noir qui a été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et mille euros de dommages-intérêts pour des violences sur son ex-conjointe en 2022.
Alice elle aime bien Éric Zemmour, accusé par huit femmes d’agressions sexuelles entre 1999 et 2019. Je pourrais lui dresser une liste de plusieurs pages de violences faites aux femmes et aux enfants qui ne l’ont jamais émue ni intéressée cette chère Alice. Elle et ses semblables qui utilisent la “présomption d’innocence” comme une arme pour décrédibiliser la parole des victimes et protéger les agresseurs (blancs et bourgeois).

Quand tu as fini avec Alice, Charles et consorts, tu tombes sur un article dans la presse sur l’enlèvement et le probable meurtre de Lyhanna 11 ans. Chapeau de l’article : “l’ombre d’un possible dysfonctionnement de la justice”. Non, ce n’est pas un dysfonctionnement : c’est un système. Un système patriarcal qui protège les pédocriminels et violeurs comme Jérôme Barella.
Un système qui ne prend ni en compte la parole des femmes, ni celle des enfants victimes de violences sexistes et sexuelles. Donc à nos politiques, à la justice et aux médias de masse : ne faites pas mine de tomber des nues, épargnez-nous vos éléments de langage car cette culture du viol, ce mépris pour les victimes de violences sexuelles, c’est vous qui le faites perdurer.

BRUEL : QUI VA REMBOURSER UN CONCERT ANNULÉ ? par Bernard Hennebert
Je me suis irrité… et je maintiens. Concernant les annulations des spectacle de Bruel faites le 29 mai, je trouve inadmissible que, lors de cette annonce au public, cela soit le silence totalsur « rembourser ou pas, et comment ». Donc, le 29 mai, les télés ont fait silence sur ce sujet particulier. Idem dans Libération, Le Soir, La Libre, le 30 mai.
Mon objectif : les organisateurs, au moment où ils communiquent une annulation ou un report, devraient, dans leur communiqué d’annonce, obligatoirement prévoir un point précis « remboursement ». Le cas, sur ce manque de respect pour ceux qui ont acheté un ticket, de Bruel me semble exemplaire. Mais c’est un revendication que je développe depuis bien des années.
Fournir cette information de façon détaillée au moment de l’annonce du non-respect du contrat avec le public est plutôt exceptionnel.
Si cela devient obligatoire, à chaque fois, tout le public sera au courant de la solution apportée (qui, parfois, est machiavélique…) et prendra davantage conscience de certains enjeux. Peut-être que le non remboursement de transports et d’une nuit d’hôtel à charge des acheteurs de ticket (devenus inutiles) se verront petit à petit sous un autre jour.
Cette obligation d’information pourrait même, dans certains cas, pousser un organisateur à ne pas annuler (les raisons d’annuler étant très diverses).
Et donc, ce lundi 1er juin, je dis aussi « bravo ». Car je découvre un nouvel article rédigé par France Info avec AFP. Il apporte des réponses au questionnement, mais après coup. Le voici. Et les journalistes ont dû vachement enquêter (au lieu de recevoir l’information avec les annulations). Cela ne remet donc nullement en question ma revendication pour l’avenir.

https://www.franceinfo.fr/culture/musique/patrick-bruel/affaire-de-violences-sexuelles/remboursement-des-billets-tete-d-affiche-de-remplacement-trois-questions-sur-les-consequences-de-l-annulation-des-concerts-de-patrick-bruel-cet-ete_8037338.html

SOUFFLÉS par Parents Attaks (sur FB)

Comme vous, nous sommes soufflés par le déni de démocratie qui s’est acté hier en conférence des présidents au parlement de la fédération Wallonie Bruxelles. Comme vous, nous savons que la démocratie, ce n’est pas un blanc-seing donné par élection à une majorité pour 5 ans, mais un ensemble de procédures, de règlements, de consultations. Il ne s’agit jamais d’un “abus de droit” quand le travail parlementaire suit son cours et que des amendements sont, de juste droit, portés par l’opposition et analysés par le conseil d’État. Rien, si ce n’est la tentative de bâillonner le mouvement, ne peut justifier cette urgence à porter atteinte à la démocratie. Nous sommes outrés.
Nous reconnaissons dans les manœuvres du gouvernement de la FWB et des députés de la majorité l’expression de leur crainte.
Le mouvement se renforce de jour en jour. Il touche aujourd’hui l’ensemble du territoire de la Fédération. Les élèves s’en sont emparés et sont aujourd’hui en pointe de la mobilisation. D’autres secteurs apportent leur soutien. RIEN NE S’ARRÊTE JEUDI À 14H! AU CONTRAIRE.
Nous sommes en lutte car l’avenir de nos enfants se joue aujourd’hui. Nous refusons la rhétorique fielleuse de la majorité gouvernementale qui consiste à chasser la proie pour l’ombre, et imposer une société de l’inégalité et de l’exclusion.
Nous, Parents Attaks, sommes fiers de cette génération qui se lève. Nous nous joignons pleinement à elle et appelons, comme le front commun syndical, tout à chacun à leur exprimer leur soutien. Nous appelons donc tous les secteurs mis en tension par les politiques de ce gouvernement communautaire et régional à rejoindre la lutte dans les modalités que leurs travailleurs choisiront. Nous appelons les parents à contacter leur direction syndicale pour exprimer l’envie / la volonté de soutenir le mouvement et de déposer un préavis. Nous appelons les directions syndicales à émettre des préavis pour tous les secteurs. (Édit bis : tous les secteurs de la CNE sont couverts par préavis !)
A l’instar d’autres mouvements qui aboutirent qui à la suppression des mesures visées, qui à la chute des gouvernements responsables de celles-ci, la « révolution des craies » est et sera!
Rejoignons-nous, le printemps est là ! Rejoignez les piquets et manifestations ! Interpellez vos élus ! Interpellez vos centrales syndicales !
Suivez les communications syndicales, de Mars Attacks – FWB et Students.Attacks
Pour assister à la plénière https://www.pfwb.be/agenda

UN MESSAGE DÉGOUTANT par Bernard De Vos Dumont (sur FB)

Durant de longues années, Bruno Humbeek a été un phare pour de nombreux acteurs de l’éducation. Il a incarné une parole éducative humaniste, attentive au bien-être des enfants, à la souffrance scolaire et à la nécessité d’une école plus respectueuse des enfants. J’ai personnellement régulièrement collaboré avec lui sur divers projets en la matière.
Par la suite il est devenu conseiller de Madame Glatigny. Et beaucoup – dont moi – se sont demandé ce qu’il allait faire dans cette galère…
A la veille des vacances d’été 2025, le message de la Ministre à l’attention du personnel de l’éducation avait fortement surpris : tout en formulant des souhaits de détente et de repos, elle suggérait aux enseignants d’emporter avec eux en vacances le nouvel ouvrage de Bruno ! Ce matin, le même Bruno appelle les enseignants à reprendre le travail en présentant une éventuelle annulation des examens comme une « catastrophe » pour les élèves…

Depuis des mois, les enseignants, les directions alertent sur la dégradation de leurs conditions de travail, la pénurie, l’empilement des réformes, la perte de sens du métier et l’épuisement généralisé du terrain éducatif. La grève n’est évidemment pas menée contre les élèves. Elle a été initiée et se renforce chaque jour parce que beaucoup estiment que l’école est en train de se fragiliser durablement. On peut évidemment comprendre l’inquiétude pour les élèves. Oui, une perturbation des examens peut générer du stress, de l’incertitude et des difficultés concrètes. Mais réduire le débat à cette seule urgence immédiate c’est surtout ignorer une autre réalité : des enseignants épuisés, méprisés ou abandonnés ne peuvent plus assurer sereinement la mission éducative que la société attend d’eux. Cette publication, dont le fondement même peut être discuté, a pourtant pour effet immédiat de déplacer la responsabilité de la crise vers ceux qui la subissent déjà le plus : les enseignants. Et ça c’est juste dégoûtant.
Les enseignants n’ont pas besoin qu’on leur rappelle qu’ils ont une responsabilité envers les élèves. Ils la portent chaque jour, souvent au prix de leur propre fatigue.
Ce qu’ils demandent aujourd’hui, c’est qu’on reconnaisse enfin que défendre l’école passe aussi par la défense de celles et ceux qui la font vivre. Toute ma solidarité avec le personnel en grève.

LE PARADOXE DES EXAMENS DE ’68 par Edgar Szoc (sur FB)

Les Français nés entre 1947 et 1950 ont eu des revenus nettement plus élevés que ceux nés quelques années plus tôt ou plus tard – et ce différentiel se prolonge pour leurs enfants.
Pourquoi donc ? Éric Maurin et Sandra McNally ont prouvé que l’abaissement des seuils de réussite au Bac et dans l’enseignement supérieur aux épreuves de juin 1968 (suite aux “évènements”) avait augmenté considérablement le nombre d’étudiants ayant la possibilité d’entamer des études supérieures ou de les poursuivre, et donc de mener des carrières mieux rémunérées (Éric Maurin et Sandra McNally, Vive la Révolution ! Long-Term Educational Returns of 1968 to the Angry Students, Journal of Labor Economics, vol. 26, n°1). Ces étudiants étaient nés entre 1947 et 1950.
L’article pose évidemment des questions vertigineuses sur le sens même des examens. Mais, surtout, il remet à leur juste place les vociférations contre les enseignants qui menaceraient de ne pas organiser ́les examens et, ce faisant, “prendraient les enfants en otage”.

UNE EXCELLENTE INTERVENTION DU DÉPUTÉ LFI ALY DIOUARA (sur X Twitter)

NOUS MÉRITONS MIEUX par José Parades (sur FB)
Je suis ouvrier dans une école.
Demain, je serai au travail comme tous les jours précédents. Comme beaucoup d’ouvrier·ères, de concierges, d’agent·es d’entretien et de personnel technique. Nous ne sommes pas couvert·es par le préavis de grève. Pourtant, nous sommes pleinement concernés par ce combat social.
Une fois de plus, les travailleuses et travailleurs de l’ombre, les « invisibles » comme ils sont appelés parfois, sont les grand·es oublié·es.
On ne parle pas beaucoup de nous. On nous voit rarement. Pourtant, sans nous, les écoles ne tournent pas.
Chaque jour, nous ouvrons les portes, nous entretenons les bâtiments, nous nettoyons les locaux, nous effectuons les réparations, nous assurons mille tâches indispensables pour que les élèves et les enseignant·es puissent travailler dans de bonnes conditions.
Demain, les enseignant·es seront dans la rue pour défendre l’enseignement public. Et elles et ils ont raison.
Leur combat est aussi le nôtre. Depuis des mois, le monde de l’enseignement tire la sonnette d’alarme. Le Décret-Programme 2 porté par la ministre Valérie Glatigny est présenté comme une réforme. Mais sur le terrain, beaucoup y voient surtout de nouvelles économies et une pression supplémentaire sur des équipes déjà à bout.
La réalité, nous la connaissons. Des collègues qui partent et ne sont pas remplacé·es. Des équipes qui s’épuisent. Des moyens qui diminuent. Des métiers qui peinent à attirer. Et toujours cette impression que celles et ceux qui prennent les décisions ne connaissent pas la réalité des écoles.
On nous demande toujours plus. Plus de flexibilité. Plus d’efforts. Plus de sacrifices. Mais les moyens, eux, ne suivent pas. À un moment, ça suffit. Je suis en colère, oui.
En colère de voir l’enseignement public traité comme une variable budgétaire.
En colère de voir le manque de reconnaissance pour tous les métiers de l’école.
En colère de voir que les travailleuses et travailleurs sont trop souvent consulté·es après coup, quand tout est déjà décidé.
Mais aujourd’hui, c’est surtout un message de solidarité que je veux faire passer.
Même si je suis au travail, je suis aux côtés des enseignant·es qui se mobilisent.
Je suis, aussi, aux côtés des éducateur·rices, des secrétaires, des concierges, des ouvrier·ères, des agent·es d’entretien et de tout le personnel qui fait vivre l’école publique au quotidien. Parce qu’une école, ce n’est pas seulement des bâtiments. Et ce n’est pas seulement des salles de classe. Une école, c’est une équipe désirant transmettre des connaissances et des valeurs aux futurs adultes.
Quand on attaque une partie de cette équipe, c’est toute l’école qui est touchée.
Nous sommes dans le même bateau. C’est pour cela que nous devons rester uni·es.
Pas de division entre les métiers. Pas de concurrence entre les travailleuses et travailleurs.
Une seule solidarité. Un seul front. Un seul combat. Ce décret ne doit pas passer en l’état.
L’enseignement public mérite mieux. Les élèves méritent mieux. Les travailleuses et travailleurs méritent mieux. Solidarité avec toutes celles et tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui pour défendre notre école publique.
CGSP ALR-FGTB
Ouvrier dans une école communale
Militant CGSP-FGTB 1991

RESTER VIGILANTS par Tony Demonte (sur FB)

Dans la Libre du jour, on pourrait se réjouir du fait que la marée brune du Vlaamse Belang ne déferle pas en Flandre (20% tout de même dans les sondages) ; et cela au profit de la NVA, « parti démocratique ».
Sauf que dans le même article, on peut y lire que le premier Ministre NVA déclare, à propos de la condamnation pour incitation à la haine d’un activiste d’extrême droite, que la loi qui l’a condamné devrait être revue. Il relativise ainsi de fait les agissements d’un sympathisant aux idées nazies.
Sauf que dans un autre article sur la même page, une Ministre de son gouvernement souhaiterait revoir l’article 23 de la constitution. Cet article est fondamental dans ce qui fonde notre modèle social. C’est un article qui est souvent bafoué mais qui balise tout de même les appétits des femmes et hommes politiques les plus à droite.
Un exemple simple : sans cet article, un gouvernement pourrait décider de supprimer l’accès aux soins de santé aux enfants dont les parents qui n’ont pas les moyens de les payer.
Bref, avec la NVA, les pires extrémistes flamands n’ont plus vraiment besoin d’extrême droite puisque de plus en plus, ce parti dit démocratique reprend à son compte idées et rhétorique de l’extrême droite.
Et en Belgique francophone, le MR n’est pas vraiment en reste… Nous devons rester vigilants ! La peste brune ne meurt jamais vraiment !

LA RTBF ET UBU-GLOUB par John Pitseys (sur FB)

Le MR fait démissionner ses cinq administrateurs de la RTBF, sous l’ordre d’Ubu Gloub. L’acte est invraisemblable de bêtise et d’irresponsabilité mais il mérite quelques commentaires.
Premièrement, l’épisode illustre le rapport du MR aux institutions publiques.
Jadis, le MR prétendait lutter contre l’État PS et la politisation de l’administration : il en faisait même sa fortune électorale. Le MR d’aujourd’hui, lui, assume pleinement qu’une administration peut/ doit être politisée, a fortiori pour le service public de l’audiovisuel. Les nominations d’Axel Miller à la société fédérale de participations et d’investissement (SFPIM) et de la compagne de Georges-Louis Bouchez à la direction de l’ONE avait donné le ton. La mise sous pression du CA de la RTBF le confirme. Cette entreprise de politisation a deux facettes qui ne se confondent pas forcément. Elle conduit tantôt à mener un combat idéologique explicite, tantôt à développer une occupation clanique du pouvoir. Mais elle est transparente et assumée. La neutralité des services publics ne vaut que lorsqu’il s’agit de pointer du doigt des femmes qui portent un fichu aux guichets communaux. La partialité des nominations et des postes est un dispositif revendiqué.

Deuxièmement, l’épisode est aussi un indicateur idéologique et stratégique. Le MR a décidé de plonger dans la fange des nouvelles droites européennes mais doit se trouver des modèles qui n’effraient pas trop, ou en tout cas moins que l’épouvantail trumpiste.
Depuis un peu moins d’un an, le MR calque sa ligne sur des figures à la Milei ou à la Lisnard : libéralisme nominal, conservatisme autoritaire, populisme fiscal, disqualification de principe de tous les corps collectifs. Il est permis de recycler les thèmes de l’extrême-droite mais pas encore d’en revendiquer la bannière. Plutôt que de jouer directement la carte xénophobe, le MR se fixe donc un autre objectif idéologique/ cap communicationnel ; casser les rouages et la légitimité des corps intermédiaires. Les mutuelles sont des sangsues sociales. Les syndicats se paient sur le dos de l’honnête travailleur. Les professeurs sont des profiteurs. Les universitaires sont des idéologues payés par les finances publiques. Les journalistes sont une caste déconnectée du vécu des vrais gens. Les services publics sont des – c’est l’expression de Lisnard – pyramides de Ponzi. Le MR ne veut ni d’un État stratège, ni d’un État flexible, ni d’un État minimal : les services de police et de défense exceptés, l’État est désormais présenté comme un ennemi ou en tout cas comme un suspect de principe.

Troisièmement, l’épisode marque un tournant dans les majorités « azur ».
Le MR a compris qu’il existe des mondes dans lesquels il devient troisième voire quatrième parti de Communauté française derrière le PTB et – pire encore – les Engagés.
Il comprend également que les politiques qu’il met en place lui promettent pour l’instant une défaite électorale importante, même s’il parvient à manier les thèmes identitaires avec férocité. Je pense que la tête du MR a désormais le projet de placer Les Engagés devant le dilemme suivant : Love it or Leave It. Vous vous soumettez à notre ligne ou on fait péter l’attelage. Cette stratégie est brutale mais peut être efficace. Soit Les Engagés sont contraints à un coup de barre à droite supplémentaire, au risque de finir par faire craquer son élastique électoral. Soit la majorité saute. Dans ce cas, le compte est vite fait. Le MR a engrangé la plupart des réformes idéologiques qu’il avait placé dans sa liste de courses : elles subsisteront même s’il part, et sans qu’il doive en supporter les conséquences financières. Et le même MR a deux ans pour se refaire une beauté électorale, en s’appuyant qui plus est sur les cycles électoraux français et britanniques qui promettent d’être parfaitement putrides. Je ne serais donc pas surpris que la majorité Azur saute précocement, ou finisse par se trouver en mort clinique avant l’heure. Un électeur libéral traditionnel devrait détester ces manières de faire. Un électeur conservateur type, encore plus. Mais le MR fait sans doute le pari que ce sont les vents mauvais qui sont les plus puissants.

WWF ET LE RACISME par Bally Bagayako (sur X Twitter)

L‘actualité récente m’oblige à m’exprimer. Le 4 avril dernier, nous nous sommes rassemblés à Saint-Denis contre le racisme. Un rassemblement transpartisan, citoyen, né d’une nécessité : répondre aux injures raciales dont j’ai été victime à la suite de mon élection comme Maire de Saint-Denis/Pierrefitte.
Alexandra Palt, à l’image de milliers de nos concitoyens, a répondu présente à l’appel pour y défendre des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Je voudrais l’en remercier à nouveau. Il y a des moments où il faut savoir se tenir debout, et elle l’a fait. C’est cette dignité qu’on a voulu lui faire payer par sa démission forcée du Conseil d’Administration de WWF France.
Cela me dégoûte d’autant plus qu’Alexandra Palt n’était pas venue soutenir La France Insoumise, mais défendre des valeurs universelles. Par d’abjectes accusations d’antisémitisme portées contre mon mouvement politique, WWF essentialise en réalité ses donateurs par les pires préjugés existants contre la communauté juive.
Nous le savons, nous sommes dans des heures décisives de la lutte contre toutes les formes de discrimination. Le racisme se normalise, dans les discours, dans les médias, dans les institutions. Et ceux qui y contribuent comptent sur notre silence, notre fatigue, notre résignation. Mais cet événement nous enseigne quelque chose d’essentiel : nos rassemblements sont nécessaires, précisément parce qu’ils forcent les complices du racisme à se dévoiler au grand jour.
C’est pourquoi j’appelle toutes celles et tous ceux qui refusent cette normalisation à marcher de nouveau le 21 juin. Ne relâchons pas la pression. Chaque pas dans la rue est un message à ceux qui pensaient pouvoir agir dans l’ombre : nous voyons, nous nommons, nous résistons. Encore merci Madame Palt pour votre soutien à cette lutte, votre dignité vous honore.

UNE QUESTION VERTIGINEUSE par Edgar Szoc (sur FB)

À l’écoute des derniers “C’est vous qui le dites” (RTBF), surgit immanquablement une question vertigineuse ; “Comment est-il physiquement possible de concentrer autant de bêtise dans un seul individu tout en laissant de la place pour l’ignominie ? “.

(AGRI)CULTURE par Patrick Chaboud (sur FB)

Non, vous ne rêvez pas, ce n ‘est pas un gag, la commune de Schaerbeek cherche un agriculteur pour cultiver des champignons dans les caves de ce qui fut pendant des décennies notre théâtre. Les spectateurs reconnaitront le parcours qu’ils adoraient ..On pourrait en rire tellement c ‘est énorme mais je sais pas pourquoi , ça me fout un coup de blues

 

L’INTERMITTENCE EN DANGER par Irène Bonnaud (sur FB)

Les maintes tentatives pour supprimer les annexes 8 et 10 de l’assurance chômage s’étant heurtées par le passé à forte résistance, l’état, en bon capitaliste collectif, a relancé un plan b très ancien : éradiquer les 3/4 des compagnies, lieux et ensembles artistiques “parce qu’il y en a trop”. Au bout du compte, ça revient au même, ça envoie des dizaines de milliers de gens au RSA (dont on serrera simultanément les boulons, voire qu’on supprimera tout à fait) et ça fera plus de monde pour accepter le premier boulot qui se présentera (précaire et sous-payé). Rien de tel pour faire pression à la baisse sur l’ensemble des salaires (du secteur, mais pas seulement). Bien sûr, il y a les élus de droite glissant vers l’extrême-droite qui suppriment les subventions et ferment des lieux de création (ou les reconvertissent en “événementiel” au goût douteux). Mais le mouvement est accepté de longue date, voire encouragé, par beaucoup d’autres. Le social-darwinisme qui sévit dans le monde de la culture depuis si longtemps (les plus forts, ou les plus malins, survivront) est la négation de la démocratisation des pratiques artistiques qui gouvernait ou aurait dû gouverner la décentralisation. Dans les discours des un.es et des autres, il y a si souvent ambiguïté entre une réelle émancipation qui suppose in fine d’avoir le temps matériel de se former et de faire les recherches nécessaires à la création (ce qui suppose de se bagarrer pour ouvrir des espaces de liberté non dépendants de l’emploi) et une émancipation d’apparence qui est asservissement accru (augmentation des jauges et du public, nombre de créateurs toujours plus restreint). Déjà dans les années 20, Hanns Eisler disait à Brecht que le développement de la radio, supposée démocratiser la culture musicale, ne démocratiserait qu’en partie la consommation d’œuvres et ruinerait la pratique musicale en creusant le fossé entre une caste toujours plus petite de “spécialistes” triés sur le volet pour leur “excellence” et ayant accès aux moyens de production et de diffusion, et la masse passive des auditeurs. Le mouvement inverse peut être arraché, mais collectivement et de haute lutte.
https://theatrepublicmontreuil.com/programme/livrer-bataille

EL NINO ET EUX par Olivier Tonneau (sur X Twitter)

El Nino va dévaster la planète, un nouveau palier vers l’inhabitabilité sera franchi dans les cinq prochaines années, pourtant dans les interviews de Glucksmann, Ruffin, Bardella (au hasard de mon zapping), pas un mot sur l’environnement. Pas une question des journalistes, pas une remarque des candidats. Hallucinant.

DÉSHONNEUR par Chirinne Ardakani (sur X Twitter)

L’UE, c’était censé être, au départ, la promesse d’un ordre bâti sur le droit. Les guerres mondiales, l’impunité des criminels de guerre et son impuissance à agir démontrent le contraire. Il lui restait le déshonneur. C’est désormais chose faite.
https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20260601-l-ue-a-donn%C3%A9-son-feu-vert-pour-cr%C3%A9er-des-centres-o%C3%B9-renvoyer-les-migrants-%C3%A0-l-%C3%A9tranger?source=twitter

HOMOTRIP par Clément Thirion

Vendredi en revenant en train de Mons où j’ai donné cours, je me suis retrouvé entre Soignies et Braine-le-Comte, seul dans un wagon où trois jeunes gars se sont pointés.
Ils fumaient leur cigarette électronique, exprimaient vouloir casser des choses, tapaient sur la tablette entre les sièges, sur les vitres. Ils voulaient expulser leur violence sur quelque chose.
Il se traitaient de sales suceurs de b*tes, lécheurs de cou*lles, d’enc*lés. Tout ce que je suis –et je n’en ai plus honte. L’un d’eux m’a regardé, moi habillé avec ma chemise fleurie, mon bijou d’oreille, moi peut-être trop visiblement gay (c’est ce que je me suis dit). Et j’ai eu peur.
Alors j’ai détourné le regard. Espéré qu’ils m’ignoreraient. À 41 ans, en 2026, en Belgique, je ne pensais pas vouloir encore m’effacer pour me sentir en sécurité.

PISCINE par Bernard De Vos Dumont

La piscine à ciel ouvert d’Anderlecht est à peine ouverte que certains voudraient déjà y faire des vagues ! En cause, les quelques créneaux horaires réservés aux femmes. Ceux qui s’inquiètent et s’indignent ne sont sans doute pas des sportifs aguerris : ils sauraient qu’il existe de très nombreux clubs sportifs non-mixtes dans la majorité des disciplines sportives. De nombreux cours de gymnastique dans les écoles ne mêlent d’ailleurs pas les garçons et les filles au sein d’une même activité.
Quant à prétendre qu’il s’agirait d’une manœuvre communautariste ou d’un aménagement raisonnable favorable aux musulmanes, on rappellera utilement que les victimes du harcèlement de rue, que l’ensemble des partis politiques condamne fermement, se comptent parmi les jeunes filles et les femmes de tout horizon, de toute origine, de toute culture et de toute conviction philosophique ou religieuse. Et qu’il n’est pas étonnant que certaines d’entre elles n’aient aucune envie de se retrouver en tenue très légère sous des regards vulgaires et concupiscents. Qu’elles doivent déjà affronter lorsqu’elles se promènent, habillées, en rue…

FRANCE CULTURE VERSUS RADIO NOVA par Patrick Champagnac (sur X Twitter)

J’ai adressé ce petit mot début mai à Guillaume Erner, journaliste à France Culture.
Depuis j’espère que ce monsieur s’est calmé. Je sais que mon article a suscité des réactions à France Culture. Certains journalistes et producteurs m’ont remercié.
Je conçois, lui disais-je, qu’un journaliste peut être éditorialiste ou chroniqueur à plein temps à la radio ou à la télévision, mais à la condition qu’il ne tronque pas les faits pour servir un camp politique ou un autre.
Albert Camus disait du journaliste qu’il est “l’historien de l’instant”. L’historien. Pas le faussaire. Pas le propagandiste. Pas l’influenceur.
Vos attaques contre Akim Omiri l’un des humoristes de Radio Nova (propriété de Mathieu Pigasse , ancien banquier et homme d’affaires, qui possède aujourd’hui plusieurs médias ) sont d’autant plus inadmissibles que vous avez volontairement instrumentalisé une phrase de l’humoriste en la tronquant afin de lui nuire et de servir votre propos.
Dans le métier, on appelle ça fabriquer une fakenews.

Sur une antenne du service public où l’auditeur est en droit d’avoir l’assurance d’un minimum d’intégrité intellectuelle, ça la fout mal ! Il peut légitimement s’interroger sur votre comportement et vous demander quelle motivation vous a guidé pour travestir des faits factuellement vérifiables, au service de qui, ou de quelle idéologie ? Votre malhonnêteté avérée ici vient percuter un des slogans de votre antenne “France Culture, l’esprit d’ouverture” et jette ainsi le discrédit sur cette radio que j’estime par ailleurs et sur tout le groupe Radio France.
De quoi parle-t-on ici ? De votre intervention radiophonique où vous avez violemment reproché à Akim Omiri d’avoir dit dans un de ses sketchs sur Radio Nova “Nous, on n’est pas Charlie“. Or, la phrase exacte de l’humoriste est “Nous, on n’est pas Charlie, par contre, on n’est pas pour la censure de Charlie … c’est comme les doudounes sans manche … on ne valide pas ! “. Pourquoi, monsieur Erner, avez-vous décidé de mutiler cette phrase du sketch d’Omiri ? Pourquoi ? Je pense à ce qu’écrivait le grand Paul Valéry : ” Qui ne peut attaquer le raisonnement, attaque le raisonneur.”
Monsieur Erner, ce n’est malheureusement pas la première fois que vous insultez l’intelligence des auditeurs de France Culture et de France Inter. Mais le procédé que vous avez utilisé cette fois-ci contre l’humoriste très populaire Akim Omiri est condamnable.
Y compris au regard de la justice. Vous avez été ce jour-là tout simplement minable, vous avez voulu vous faire un humoriste qui vous dérange dans vos certitudes, pensant l’habiller pour l’hiver comme on dit … d’ici là, les auditeurs laisseront passer l’été qui est déjà là. Mais ils n’oublieront pas

Mélenchon sur la matinale de Radio Nova

QUEL GÉNOCIDE ? par Sophie Tlk

Cher Charles et cher Cyril,
Vous m’avez posé la question “quel génocide ?” lorsque j’ai évoqué la situation à Gaza et j’ai pris vos interrogations au sérieux. N’étant ni experte, ni dans les petits papiers de la CPI, je me suis appuyée ici sur leurs rapports ainsi que sur les déclarations des ministres et officiels israéliens qui se vantent de vouloir éradiquer une population.
Le génocide : ce sont les officiels israéliens qui en parlent “le mieux”.
Yoav Gallant, ministre de la Défense israélien, déclare : « Nous combattons des animaux humains, et nous agissons en conséquence » « C’est une guerre entre les fils de la lumière et les fils des ténèbres »
Avi Dichter, ministre israélien de l’Agriculture, appelle à ce que la guerre soit une « Nakba de Gaza »
Amihai Eliyahu, ministre israélien du Patrimoine, parle de larguer une bombe atomique et que les Palestiniens devraient « aller en Irlande ou dans le désert. »
Le président d’Israël Isaac Herzog blâme toute la Palestine pour l’attaque du 7 octobre
Le général Ghassan Alian, directeur du coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires : « Il n’y aura ni électricité ni eau, il n’y aura que destruction. Vous vouliez l’enfer, vous aurez l’enfer »
La députée du Likoud Tally Gotliv appelle à bombarder Gaza avec les missiles atomiques israéliens
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou déclare, en appelant à l’extermination totale de la population gazaouie: « Souvenez-vous de ce qu’Amalek vous a fait. »
Le vice-président de la Knesset Nissim Vaturi appelle à « effacer la bande de Gaza de la surface de la Terre »
Amit Halevi, député du Likoud, affirme qu’il ne devrait « plus y avoir de terre musulmane sur la terre d’Israël … [et] que Gaza devrait être laissée tel un monument comme Sodome » ;
Benjamin Netanyahou : le 28 octobre, alors qu’Israël lançait son offensive terrestre contre Gaza, le Premier ministre annonçait l’« unique objectif suprême » d’Israël : « détruire l’ennemi meurtrier ». Les soldats israéliens « aspirent à punir les assassins… Ils sont déterminés à éradiquer ce mal du monde ».
Eli Yishai, ministre de l’intérieur appelle à « ramener Gaza au Moyen-Âge »
Amichai Chikli, ministre de la diaspora, parle du conflit comme étant « un combat pour la civilisation occidentale »
Yoav Kisch, ministre israélien de l’éducation parle d’« exterminer » la population de Gaza
Le quotidien Israel Hayom, considéré comme relayant les opinions de Benyamin Netanyahou, a publié un article en Novembre 2023 rapportant que le Premier ministre avait confié à son ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, le soin d’élaborer un plan visant à « réduire » la population palestinienne de Gaza « au minimum »
Moshe Saada, député du Likoud a déclaré le 3 janvier 2024, le dans une interview à la chaîne de télévision Israélienne Channel 14 qu’« il est de plus en plus clair que tous les Gazaouis doivent être détruits […] à chaque endroit où je vais, les Israéliensme disent que tous les habitants de Gaza doivent être détruits».
En avril 2024, alors que le Programme alimentaire mondial de l’ONU annonçait que les fermetures de frontières par Israël avaient entraîné l’épuisement de toutes ses réserves alimentaires à Gaza, Moshe Saada, a affirmé dans une autre déclaration à la chaîne israélienne Channel 14 que cela était intentionnel : « Oui, je ferai mourir de faim les habitants de Gaza, oui, c’est notre obligation»
Smotrich estime qu’il pourrait « être justifié et moral » « d’affamer » la population civile de Gaza.
Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, appelle à une recolonisation israélienne de Gaza, une fois la guerre terminée, et propose d’« encourager » les Gazaouis à émigrer et qu’« affamer Gaza est moralement justifié » (août 2024).
Revital Gottlieb (Likoud) ou Limor Son Har-Melech (Force juive) ont appelé à de nombreuses reprises au génocide et à la recolonisation de la bande de Gaza.

Que disent les instances internationales ?
26 janvier 2024 : ordonnance de la Cour Internationale de Justice qui enjoint à Israël de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission d’actes de génocide, prévenir et punir l’incitation au génocide, et autoriser l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza.
Mars 2024 : la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, Francesca Albanese, avertit dans un rapport intitulé « Anatomie d’un génocide », qu’il existe « des motifs raisonnables de croire » qu’Israël a commis « des actes de génocide ».
Mai 2024 : Ordonnance de la CIJ enjoint à Israël de cesser d’entraver l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza et de mettre fin à son offensive sur Rafah, mesures auxquelles Israël refuse de se plier
Mai 2024 : le University Network for Human Rights publie une analyse juridique concluant que les actions d’Israël dans la bande de Gaza depuis octobre 2023 violent la Convention de 1948 sur le génocide.
Décembre 2024 : les ONG Amnesty International et Human Rights Watch affirment, dans leurs rapports respectifs, que les autorités israéliennes commettent « un crime de génocide » et « le crime d’extermination et des actes de génocide » dans la bande de Gaza.
Pour résumer, qui parlent de génocide ? Plus de 40 ONG, associations, experts à l’international comme par exemple : Amnesty International, Human Rights Watch , B’Tselem בצלם , la Commission d’enquête de l’ONU, l’Association internationale des chercheurs sur le génocide, l’Institut Lemkin pour la prévention du génocide, Omer Bartov, historien contemporain, spécialiste dans l’étude de la Shoah, Médecins Sans Frontières / MSF , Oxfam … et les ministres/officiels israéliens

La toujours très pertinente chronique de Sébastien Fontenelle sur le site d’information de Blast (abonnez-vous y !)

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