C’EST (VRAIMENT) VOUS QUI LE DITES par toi, vous, eux et elles

À RÉINVENTER par Dom Moreau (sur FB)

Ils ont voté le projet de loi de Jan Jambon qui limite le calcul de la pension des travailleurs et travailleuses des arts.
Ils ont supprimé en 15 jours cet été 1.000 places d’accueil pour personnes étrangères et/ou sans abri (demandeurs d’asile, MENA, et autres) dans le réseau des 2.000 places d’accueil qu’ils finançaient à Bxl dans le Brussels deal.
Ils encouragent les CPAS à recourir à des détectives privés pour enquêter sur la prétendue fraude sociale.
Ils ont tapé sur les profs et sur l’école.
Demain, ils lèveront de nouveaux impôts “masqués” sur la santé (une franchise de 500 euros !), sur les transports, tout en diminuant encore la sécurité sociale (dont les allocations familiales).
Et, bien entendu, j’en passe et des vertes et des bien trop mûres de tout ce qu’ils ont inventé depuis qu’ils sont au pouvoir.
Ils partent “en vacances”.
Et l’actualité est chaude (comme le serine Aymeric Lompret dans La dernière sur Nova). Elle est chaude, oui, l’actualité.
Ils partent en vacances, et le climat, ils s’en contrecarrent ; et les pauvres de plus en plus pauvres, ou de plus en plus de pauvres, c’est ce qu’ils veulent.
Faut se réveiller. Ensemble, s’il le faut, tout faire péter. Tous les secteurs touchés, ensemble (presque tout le monde sauf les 0,01% de riches !). Il faut réagir tous et toutes ensemble. Ensemble, parce qu’il le faut, un nouveau monde inventer.

SÉBASTIEN FONTENELLE SUR BLAST, TOUJOURS IMPEC (ABONNEZ-VOUS À BLAST !)

 

JUSQU’ICI TOUT VA MAL – JUILLET 2026 (Sébastien Fontenelle)

Le journal Libération, qui se présente comme un titre de gauche, publie une tribune quelque peu stupéfiante dont l’auteur, le sociologue Michel Wieviorka, soutient, en s’appuyant sur un étrange rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), que « l’antisémitisme se situait au cœur d’un projet d’extrême droite » à l’époque où Jean-Marie Le Pen dirigeait le Front national, parti cofondé par d’anciens collaborateurs des nazis, mais que cet antisémitisme est « refusé désormais au sommet du Rasemblement national (RN), alors qu’il s’inscrit aujourd’hui comme une ressource au service d’une stratégie électorale pour le parti LFI de Jean-Luc Mélenchon ».
Dans un livre de l’historienne spécialiste de l’extrême droite Valérie Igounet publié en 2013, Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national, avait expliqué : « C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela. À partir du moment où vous faites sauter ce verrou idéologique, vous libérez le reste. »
En publiant la sidérante tribune du 30 juin, Libération exauce donc ce voeu de Louis Aliot, et va même très au-delà de ce qu’espérait le vice-président du Rassemblement national, puisque ce texte ne fait pas seulement sauter – en effet – un verrou en décrétant que les hiérarques de ce parti n’étaient plus antisémites, mais ajoute donc que l’antisémitisme se trouverait désormais chez leur principal adversaire de gauche : à dix mois du premier tour de la prochaine élection présidentielle, l’extrême droite a évidemment dû se féliciter très chaudement de ce magnifique cadeau.

 

CEUX QUI SEMBLENT HEUREUX par Mousse Ouriaghli (sur FB)

Il était presque 22 heures.
Je rentrais chez moi.
La journée avait pourtant été belle.
J’avais vu un ami.
On avait joué un peu de guitare et chanté au parc de Forest. Rien de grandiose;)
Pas une scène, pas d’applaudissements.
Juste un moment simple.
Et finalement, c’est peut-être ça qui est le plus difficile à accepter. Les beaux moments sont souvent tellement simples qu’on ne les reconnaît pas tout de suite.
Il y avait du monde autour de nous.
Des groupes d’amis.
Des couples.
Des gens qui riaient.
Des personnes qui semblaient tellement bien dans leur vie.
Et puis cette pensée est arrivée.
Celle que je connais trop bien.
Regarde-les… eux ont trouvé quelque chose que toi tu n’as pas.
C’est quand même incroyable le cerveau humain.
Il peut regarder quelqu’un sourire trente secondes dans un parc et lui inventer une vie entière.
Il lui donne des amis fidèles, une grande confiance en lui, aucun problème, aucun doute.
On est vraiment forts pour écrire le bonheur des autres.
Mais beaucoup moins pour reconnaître le nôtre.
C’est là que je l’ai vu.
Lui.
Encore une fois.
Au coin de ma rue.
Je commence à croire qu’il apparaît uniquement quand je suis en train de me compliquer la vie.
Alors ? m’a-t-il demandé.
Alors quoi ?
Alors tu fais encore le classement des gens heureux ?
J’ai souri.
Je regarde juste.
Non. Tu compares.
C’est différent ?
Non. C’est la même chose avec un plus joli costume.
J’ai ri.
Il a continué :
Tu sais ce qui est drôle ? Tu regardes les autres comme s’ils étaient des livres ouverts. Mais tu ne lis que la couverture.
Je n’ai rien dit.
Parce qu’il avait raison.
Je ne connais pas leurs blessures.
Je ne connais pas leurs nuits où ils ne dorment pas.
Je ne connais pas leurs questions, leurs peurs, leurs moments où eux aussi regardent le plafond en se demandant .
Est-ce que je suis vraiment à ma place ?
Il a regardé les lumières des appartements.
Tu vois ces fenêtres ?
Oui.
Derrière chacune, il y a une histoire. Des joies, des peines, des gens qui doutent, des gens qui font semblant d’aller bien.
Il a souri.
L’apparence est un drôle de vêtement. Tout le monde en porte un. Même ceux que tu crois heureux.
On a marché quelques mètres.
Je lui ai parlé de mon amie qui aime mes textes et qui m’a dit :
Tu devrais faire un recueil.
Bien sûr, ma première réaction :
Oui… mais comment ?
Il a rigolé.
Toi, tu veux déjà savoir où tu vas arriver avant de faire le premier pas.
C’est un problème ?
Non. C’est humain.
Mais parfois, il faut arrêter de demander une carte à la vie et simplement marcher.
Il a regardé ma guitare.
Tu crois qu’une chanson attend d’être parfaite pour être jouée ?Non.
Alors pourquoi tu attends d’être parfait pour vivre ?
Cette phrase est restée avec moi.
Il est reparti.
Comme toujours.
Je suis resté quelques instants dans la rue.
Et j’ai pensé à tous ces gens que j’avais regardés dans le parc.
Peut-être qu’ils n’étaient pas plus heureux que moi.
Peut-être qu’eux aussi cherchaient quelque chose.
Peut-être qu’eux aussi avaient besoin, parfois, que quelqu’un leur dise .
Continue. Tu fais mieux que tu ne le crois.
Alors je suis rentré chez moi.
Avec mes doutes.
Avec mes questions.
Avec cette mélancolie qui revient parfois sans prévenir.
Mais aussi avec une idée nouvelle.
Peut-être que la vie n’est pas un endroit où les autres sont arrivés avant nous.
Peut-être que nous sommes tous simplement en train d’avancer.
Certains en courant.
Certains en marchant.
Certains en s’arrêtant quelques minutes pour reprendre leur souffle.
Et peut-être que c’est ça, finalement, être vivant .
Comprendre que derrière chaque visage que l’on envie, il y a une histoire que l’on ne connaît pas.
Et que derrière notre propre visage, il y a aussi une lumière que nous oublions parfois de regarder.

AU FEU LES ÉCOLOS ?!? par Xavien Löwenthal VI (sur FB)

Je lis des gens accuser les écologistes d’être responsables des incendies qui ravagent la France et l’Espagne. Oui, vous avez bien lu : les écologistes. Ceux qui, à les entendre, prétendraient laisser la nature vierge, livrée à elle-même, sans intervention humaine — donc sans débroussaillage, sans coupes claires ni coupe-feu, sans même dégager le bois mort qui ferait autant de petits biotopes favorables à la biodiversité.
Le vrai premier responsable, c’est l’impréparation. Une forêt, ça s’entretient : il faut des coupe-feu, de la prévention, des moyens. Or l’État vient précisément de tailler dans le budget de l’Office national des forêts, l’organisme chargé de cette prévention, au motif que la dépense serait « inutile », comprenez : trop écolo.
Vient ensuite le manque de moyens des pompiers. Partout où le feu gagne, on constate les mêmes carences : matériel insuffisant, effectifs sous tension. Et pendant que la sécurité civile réclame de quoi travailler, le gouvernement rabote ses budgets dans des proportions proprement inquiétantes pour la sécurité de tous.
Souvenez-vous des immenses incendies de Patagonie. Ils ne tenaient pas qu’à la sécheresse, au réchauffement ou aux pyromanes : ils tenaient aussi à un État qui n’avait jamais voulu se doter d’une véritable flotte aérienne de lutte contre le feu. L’idéologie de l’austérité n’est pas seulement stupide sur le plan économique. Elle tue.

X X X X X

Propos du jour du ministre Theo Francken :
Het aantal ‘kunstenaars’ onder het gratis geld kunstenaarsstatuut groeit intussen exponentieel. Ik denk dat het tijd is om daar fors in te snoeien. Dito voor die subsidies aan allerhande clubjes van linkse haatzaaiers.”
“Le nombre d’« artistes » vivant de l’argent gratuit du statut d’artiste croît entre-temps de manière exponentielle. Je pense qu’il est temps d’y tailler sévèrement. Idem pour ces subventions à toutes sortes de petits clubs de semeurs de haine de gauche.”
L’argent gratuit, parlons-en.
Le même ministre a fait acheter 50 millions d’euros de matériel antidrone sans appel d’offres, en agitant une menace de « drones russes » au-dessus de Zaventem, dont on sait aujourd’hui qu’il savait qu’elle était fausse, et dont l’une des sociétés fournisseuses est dirigée par un de ses proches. Le parquet de Bruxelles enquête pour corruption et entrave aux enchères publiques.
Pendant ce temps, le gouvernement flamand arrose de 1,8 million d’euros (voire 3,1) un championnat de jumping organisé par Golazo, la société dont le CEO s’appelle… Michel Francken. Le frère. Alors oui : coupons dans l’argent gratuit. Commençons par le sien.
Nous, on fera du cheval. De l’art équestre, même — ça, c’est de la culture subventionnée qui passe. Petit Goebbels de pacotille.

DRONE DE DRAME ET ARGENT GRATUIT par Gwen Breës (sur FB)

Le ministre nationaliste de la Défense Theo Francken (N-VA) goûte peu à la peinture exposée à l’ Atelier 340, qui le représente en sorte de moulin-svastika. L’homme n’a pourtant pas toujours été aussi regardant sur la proximité avec la collaboration flamande : il a notamment participé, en 2014, à l’anniversaire de Bob Maes, ancien membre d’organisations collaborationnistes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Sur ses réseaux, Francken réagit en s’en prenant aux “artistes” — les guillemets sont de lui — dont le nombre à bénéficier du statut d’artiste “augmente de façon exponentielle” et qui toucheraient, autrement dit, de “l’argent gratuit”. Et il ajoute : “Je pense qu’il est temps d’y tailler sévèrement. Même chose pour les subventions accordées à toutes sortes de groupuscules de gauche qui propagent la haine.”
Passons sur le fait que le ministre est manifestement mal informé du nombre de personnes bénéficiant de l’allocation du travail des arts, et que son éminent collègue Jan Jambon (N-VA lui aussi) vient de faire voter une réforme qui réduira la pension de bon nombre d’entre elles.
Mais il est cocasse que Theo Francken parle “d’argent gratuit”, lui qui a utilisé 50 millions d’euros d’argent public pour acheter du matériel anti-drones sans appel d’offres public, notamment à une société dirigée par une de ses connaissances personnelles. Cocasse aussi que son post soit publié au moment précis où on apprend que de la Ministre des sports de la Région flamande, Annick De Ridder (N-VA également), a attribué un subside de 1,8 million d’euros à une société… dirigée par le frère de Theo Francken, pour organiser le Championnat d’Europe de jumping dans la riante commune de Waregem.
Profiteurs !

FRANCE CULTURE, LA CATA via Denis Robert sur FB

Comme chacun sait, dorénavant : Guillaume Erner, matinalier de France Culture, a diffusé le 24 juin dernier un montage bidonné de « Léon le média » pour mettre en parallèle le supposé antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon avec le véritable de Jean-Marie Le Pen. Et ce pour mieux enchaîner sur une question à l’invitée du jour : « Quand avez-vous décidé, Marine Le Pen, de rompre avec l’antisémitisme de votre père ? ». À suivre la rhétorique ernérienne, donc : l’infamie des infamies, à savoir la haine des juifs, se serait définitivement déplacée d’un « extrême à l’autre ». Resterait juste à savoir depuis quand.
« Double faute » a immédiatement réagi la Société des producteurs.rices de la station : le faux montage, d’une part, puis la question. Loin d’une simple erreur d’inattention, d’un canular ou d’un piège tendu, en somme. Car la séquence révèle effectivement bien plus : les errances de celui qui la porte, des sources d’information frelatées, d’évidentes négligences hiérarchiques. Les Sociétés de journalistes de Radio France et France Culture ne s’y sont pas trompées non plus en annonçant, très vite, se désolidariser de ces méthodes.
Alors comment expliquer qu’un tel fiasco ait pu avoir lieu ? Direction absente et sans colonne vertébrale, quotidien de débrouille, précarité organisée, pressions politiques : en compilant des témoignages de journalistes, producteurs et réalisateurs, les coulisses de France Culture s’éclaircissent. On y découvre un paysage balafré donnant plein droit à certains d’évoluer comme bon leur semble, guidés par leurs « obsessions ». Et à l’arrière-plan duquel les sophismes classiques du règne macronien tournent à plein régime : « pluralisme », « démocratie », « les extrêmes ». Signaux manifestes que si délabrement il y a, il paraît bien difficile d’y voir le fruit du hasard. Encore plus à quelques mois de l’élection présidentielle.

https://www.blast-info.fr/articles/2026/a-france-culture-guillaume-erner-frederic-martel-et-lextreme-droitisation-des-esprits

BARJAC par Bruno Ruiz (sur FB)

Ouverture du Festival de Barjac 2026 cet après-midi. Discours éminemment politiques pour nous rappeler que la chanson appartient à la culture. C’est une évidence mais il est bon de le rappeler par les temps qui courent (pas toujours dans le bon sens). Mention spéciale à Julie Berthon pour avoir rendu hommage à Annik Demeuret, spectatrice fidèle et amie qui vient de nous quitter. Un festival n’est pas fait que d’artistes dans la lumière.
Dans la cour du château, deux récitals pour inaugurer la semaine.
D’abord, Marion Cousineau. Je la voyais sur scène pour la première fois. Ce n’est pas exactement une chanteuse, c’est une femme qui chante. Comme je les aime. Une écriture simple et jamais tout à fait énigmatique. Elle est au centre de ce qu’elle écrit et ce qu’elle écrit est au centre du monde. Avec nous. Accompagnée par sa guitare basse, c’est elle qui se déplace. Et on la « devine s’agiter en son milieu » comme elle l’écrit fort bien. René Char disait : « Comment m’entendez-vous, je vous parle de si loin ? » C’est exactement cela. Sa présence discrète nous rappelle que la poésie vient toujours du silence. Et ça tombe bien : la poésie est dans l’ADN fondatrices du festival.
Ensuite, Vincent Dedienne. Je le voyais sur scène lui aussi pour la première fois. Ce n’est pas exactement un chanteur, c’est un humoriste qui chante. Vraiment très drôle. Respectueux de l’endroit où il met les pieds. Amoureux sincère de la chanson qu’il célèbre avec élégance, charme et fragilité. Il est entouré de musiciens brillants, discrets, exceptionnels. De la belle ouvrage donc. Et ne serait-ce que parce qu’il nous rappelle, mine de rien, qu’il y a un réel danger d’extrême droitisation de la France en se servant d’une chanson de Thierry Le Luron (qui fut classé chanteur de droite en son temps), que voulez-vous, je trouve cela intelligent et très pertinent. Pas vous ?
Merci aussi à l’équipe technique son et lumière, toujours impeccable, qui a réussi le tour de force de caser l’averse juste pendant l’entracte.
Chapeau le Château !

X X X X X

Cette année, quand j’ai appris que Romain Didier était programmé à Barjac, j’étais vraiment heureux de pouvoir le revoir, le retrouver. On se connaît depuis quarante ans… Je fus loin d’être déçu. Il a intégré son âge à son immense talent. Romain, c’est d’abord un musicien qui chante. Il nous immerge dans la nostalgie de sa jeunesse parisienne, alignant ses mélodies somptueuses. C’est apaisé, habité d’une mélancolie que l’on a tout de suite envie de partager. Avec bonheur. On a envie de vieillir longtemps à ses côtés, avec les mouches dans ces cheveux, ces tout petits trous de mémoire qu’on dirait écrits pour la circonstance, qui font tellement sens avec ce moment de grâce un peu fatiguée qu’il nous offre. Il chante mais il nous parle aussi de lui comme jamais. De sa mère qui mourrait tous les soirs à l’opéra. De son parcours de compositeur au Maroc. Elégance et modestie. À l’ombre du grand Allain qui plane, Allain, notre inoubliable ami.
Mais avant lui, dans la cour du château, il y avait Alissa Wenz. Pour l’instant – mais ça n’engage que moi – la révélation du Festival de Barjac 2026. D’abord sa silhouette, son corps, sa bouche, sa démarche, sa gestuelle. Le tout parfaitement assumé, maîtrisé. Belle et singulière. Elle n’oublie jamais que la langue chantée est avant tout danse et que c’est toujours la première impression du spectateur. Comme tous les chanteurs que j’aime, la chanson n’est qu’un prétexte à une langue chantée. C’est drôle, émouvant, retenu, parfois complètement lâché. Dans l’excès et la rigueur. La violence et la douceur. Elle nous entraîne dans un monde actuel qu’elle habite avec juste assez d’intimité pour ne jamais la perdre. Elle nous parle de la rue, des gens de gare qui finissent tous par partir un jour. Elle nous raconte d’une façon magistrale l’histoire d’Ulysse, ce jeune prof de philo qui se fait tabasser à tort par la BAC pour avoir mis le feu à une poubelle. On y est. Complètement. Standing ovation. Alissa Wenz est un écrivain qui chante. Je suis en train de lire son dernier roman, « Le désir dans la cage ».
J’attends encore un peu avant de m’endormir. Ce sera le prolongement d’une soirée vraiment réussie.

CANADAIR par Gilbert Laffaille (sur FB)

Depuis quelques années les incendies se multiplient dans le monde, en Grèce, en Californie, en Sibérie… Cet été,
l’Espagne, l’Italie, la France, le Canada, l’Algérie sont la proie des flammes, dans des feux de plus en plus précoces.
L’occasion de rappeler quelques récents épisodes français : charges de CRS contre les pompiers manifestant pour avoir de meilleures conditions de travail (Castaner et Darmanin); commande de 90 véhicules blindés anti-manifestations pour un montant de 70 millions d’euros, (Attal, Darmanin).

PAPOUNET par Sophie Tlk
Cet article de propagande vous est offert par Paris Match, sa traduction vous est offerte par : moi.
De rien.

DYSTOPIE par Moonbee sur X-Twitter

Macron s’est tapé Brigitte Macron quand il avait 15 ans mais interdit tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Macron n’a pas d’enfant mais se substitue au droit des parents. Quelle dystopie.

UNE ÉCOLE À DEUX VITESSES par Mars Attacks FWB (sur FB)

Alors que les souffrances scolaires de nos élèves explosent depuis quelques années, la Ministre Glatigny profite de l’été pour largement détricoter un plan de lutte contre le décrochage scolaire !
Le gouvernement a sans doute dû se dire qu’après des mois de mobilisation du monde de l’enseignement, le mieux pour faire passer de nouvelles réformes impopulaires c’était d’attendre que tout le monde soit en vacances.
Ce jeudi, au Parlement, ce sont pas moins de NEUF décrets que MR et Engagés veulent voter.
Il y a plein de choses qu’on devrait dire, alors on a décidé de se concentrer sur une seule : la lutte contre le décrochage scolaire.
Parce que c’est un sujet essentiel : le mal-être de nos élèves – comme celui des enseignant.es – explose depuis quelques années. En 2019-2020, il y avait un peu moins de 20 000 élèves du secondaire en décrochage. L’an passé, il étaient plus de 60 000. Oui, nos jeunes ne vont pas bien…
Mais jusqu’à présent, la seule chose que la Ministre Glatigny avait fait, c’était retarder de deux ans un plan de lutte contre le décrochage des élèves dans le secondaire qui visait à désigner pour chaque élève en souffrance un membre du personnel référant pour le suivre, le soutenir et l’accompagner dans des projets pour lui éviter de décrocher totalement avec l’école.
Le but était aussi de désigner dans chaque école une personne chargée de coordonner la lutte contre le décrochage scolaire, avec des mission préventives et collectives. A la rentrée d’août dans un mois, ce plan devait, enfin, se mettre en place – en primaire d’abord.
MAIS UN MOIS avant la prochaine rentrée, le gouvernement va voter une grande modification du système qui va largement détricoter le système, avec une soixantaine de suppressions d’articles de décrets :
– Abandon de la mise en place d’une stratégie collective de prévention dans toutes les écoles secondaires,
– Remplacement de mesures d’accompagnement d’élèves par des envois de courriers,
– Abandon d’une attention renforcée et particulière pour les élèves qui auraient été constatés en décrochage l’année précédente,
– Abandon de l’idée de désigner une personne référente pour chaque élève en décrochage, -Abandon à leur sort des élèves majeurs en décrochage s’ils n’acceptent pas rapidement une proposition d’accompagnement…
Quand le décrochage des élèves fait x3 en moins de cinq ans, c’est renforcer le soutien envers les plus fragiles et s’interroger sur les raisons de cette explosion du mal-être scolaire des élèves qu’il faut faire.
Pas détricoter largement un plan de soutien essentiel pour les élèves, mais qui outillait aussi les enseignant.es.
Depuis des mois Mars attacks alerte les citoyens :
ce gouvernement est en train de construire une école à deux vitesses.
Il en fait aujourd’hui encore la triste démonstration.

BLAST SUR EDOUARD PHILIPPE (sur Youtube)

LE PEIGNE D’ANNIE GIRARDOT A DES DENTS par Luc Honorez (sur FB)

Un jour sans farce faisait ressembler Michel Serrault à un faisan sans farce.
Régulièrement, sur un fond de mélancolie qui l’agrippait depuis la mort de sa fille, il trempait ses mots dans des pots de rires en couleurs. Le chagrin restait en lui mais il se servait de l’humour comme d’un fragile couvercle.
Michel tournait “Les rois du gag”, dans les studios des Buttes-Chaumont, avec Gérard Jugnot.
De loin, je vis qu’il attendait quelqu’un sur les marches de l’entrée du bâtiment. Moi, sans doute. Oui! Prenant l’allure d’un pauvre homme agressé, il me montra du doigt et cria avec une voix de haut-parleur: “Arrêtez cet homme, il vient de me voler mon portefeuille”.
La vingtaine de personnes qui entraient dans les studios me regardèrent de travers et s’approchèrent de moi pour m’encercler.
Serrault criait de plus belle: “Appelez la police. Nous avons bloqué le délinquant”… Un petit représentant de l’ordre se dirigea vers moi: “Papier, s’il vous plaît”. Je n’en menais pas large.
Serrault se mit à rire. Le policiers aussi. Il ressemblait à Pinot simple flic. Et c’était lui ! Jugnot, complice de Serrault, avait endossé l’uniforme du personnage de sa comédie à succès.
Je m’entretins avec Michel mais ce fut pas facile, il s’étouffait dans des rigolades.
Mais Serrault était un homme à deux faces. Un blagueur. Et un humain bienveillant.
En sa compagnie, je fis partie du jury d’un festival de films à la Baule. Annie Girardot en était aussi.
Girardot perdait la mémoire. Pleurait en racontant que “Le Pianiste”, de Haneke, et “Les Misérables”, de Lelouch, lui avait ramené un public qui l’avait boudée. Reconnaissance trop tardive.
Un lundi, un interprète était une vedette. Le mardi, elle n’est plus rien. C’est un phénomène incompréhensible dans certaines carrières.
Alors qu’en compagnie d’Yves Boisset et Fabienne Babe, nous discutions à quel film nous décernerions le Grand Prix, Annie Girardot farfouilla dans son sac et en sortit un vieux peigne avec lequel elle caressait ses cheveux: “C’est un amant qui me l’a offert en Martinique. On s’aimait bien. Il était adorable. Que le temps de mes succès reviennent”, souffla-t-elle dans un mouchoir.
Serrault avait les yeux rougis par le spectacle de la détresse de cette femme.
Il me toucha l’épaule, fit un clin d’oeil. “Luc a envie de prendre l’air, viens te promener avec nous “, dit Serrault à Girardot. Elle accepta, serrant toujours le peigne entre ses doigts.
Dehors, la température avait une fraîcheur pétillante, de grands arbres se penchait sur notre trio.
Michel passa son bras autour de l’épaule de l’actrice. Il était à la fois un appui et une faiseur de tendresse.
Il murmura à l’oreille de celle qui avait été “Françoise Gaillard”: “Remets ce peigne dans ton sac. Un peigne, cela a des dents surtout s’il a été marabouté , même dans l’amour, en Martinique.”
“A toi, Luc. Dis combien Annie a du talent”. “Oui, oui” fis-je à Serrault.
“Dans “La Pianiste”, vous jouez une grande partition d’actrices avec Isabelle Huppert. Vous oscillez entre la rage et l’amour. Vous bousculez le sale goût de l’amertume. Vous jouez aussi bien que dans “Rocco et ses frères”! Vous avez été une “grande”, vous êtes une “grande”, vous serez une “grande. Je vous aime bien”: c’était presqu’un discours que je prononçais sous la surveillance de Serrault.
Les larmes quittèrent les yeux d’Annie. Elle nous sourit: “Merci, Luc. Viens que je t’embrasse”.
Et elle fit un baiser sur la joue de Michel… Et moi? Et moi? Rien! Elle me fit un bisou le surlendemain seulement. Tout n’allait pas encore bien dans sa tête. Mais elle était heureuse.
Michel, dans sa grande sagesse de clown philosophe, avait trouvé comment donner un petit et éphémère carré de ciel bleu à cette femme régulièrement mordue par le désespoir et les regrets.

REVOILÀ LA LOI QUINTIN ? par Julien Truddaïu

Ce matin sur la RTBF 20 juillet, le Ministre de l’intérieur est venu assurer le SAV de son projet de loi visant à autoriser le gouvernement à suspendre temporairement des ASBL ou groupements représentant « une menace pour la démocratie ».
Son projet de loi plusieurs fois rétorqué par le Conseil d’État et critiqué de toute part par nombre d’institutions et d’associations de défense des Droits Humains. Une première version, présentée en juillet 2025, prévoyait carrément la dissolution administrative d’associations, sans passer par un juge. Le Conseil d’État avait recalé ce volet en décembre. Quintin le reconnaissait lui-même à l’antenne ce matin : « le Conseil d’État m’a dit, M. Quintin, tout ça c’est très bien, mais la dissolution, évidemment, elle n’est pas temporaire, elle n’est pas réversible ».
l’Institut fédéral des droits humains a rendu un avis franchement défavorable, dénonçant la notion de « radicalisme » du projet de loi comme non définie et contraire au principe de légalité, des mesures à l’effet dissuasif disproportionné sur la liberté d’association, et un recours excessif au droit administratif pour des faits déjà couverts par le pénal.

Le temps de la justice « trop long » ?

Quintin justifie le court-circuitage du processus judiciaire en invoquant sa lenteur : « le temps aujourd’hui, le temps de la justice, qui est un temps qui est plus lent, et c’est normal, il doit prendre le temps de rendre ces justices qui, elles, sont définitives, et on voit bien que le temps de la menace est beaucoup plus court. » Il ajoute vouloir agir vite « si de nouveau les services de renseignement, individuellement, et puis dans leur système de coordination, et ensuite à la table du gouvernement, on estime que ces activités ont un seul objectif ».
Sauf que c’est précisément cette soi-disant lenteur, ce temps « perdu », qui garantit le contradictoire, le droit à la défense et un recours effectif devant un juge indépendant. Ce que le ministre présente comme un handicap temporel est en réalité une garantie constitutionnelle ! Son projet de loi, à l’inverse, fait reposer la décision sur une évaluation des services de renseignement puis sur un arbitrage politique en Conseil des ministres (une chaîne de décision qui reste exécutive et sécuritaire du début à la fin, même si Quintin la présente comme rigoureusement encadrée par la « doctrine » des tribunaux).
Interrogé sur les moyens supplémentaires qu’on aurait pu donner à la justice plutôt qu’à l’administratif, il balaie la question : « moi je ne suis pas ministre de la Justice, je suis ministre de l’Intérieur » (tout va bien !).

Menaces islamistes comme principal problème ?

Interrogé sur l’arbitraire de la notion de « radicalisme », Quintin répond : « il n’y a absolument aucun arbitraire ». Pour illustrer où se situe, selon lui, la vraie ligne rouge démocratique, il évoque le « séparatisme religieux, qui consiste à dire, essentiellement pour des populations musulmanes dans notre pays, vous n’appartenez pas à cette société, retirez-vous de cette société. »
Car pour justifier l’urgence de sa loi, il ne mobilise qu’un seul exemple concret de menace rapide : « des processus de radicalisation islamiste qui se font en quelques semaines, simplement avec des jeunes ». Aucune mention de l’extrême droite, alors que l’OCAM alerte depuis plusieurs années sur une « forte progression » de cette mouvance en Belgique, avec un nombre de personnes fichées qui a plus que doublé en trois ans, et que le même organe reconnaît que l’idéologie djihadiste-salafiste et l’idéologie extrémiste de droite « se renforcent mutuellement ».

Un projet de loi toujours aussi problématique

Malgré l’abandon forcé de la dissolution administrative, malgré les avis convergents de multiples associations et d’une partie de sa propre majorité (CD&V, Les Engagés), le ministre continue de présenter son texte comme équilibré et sans arbitraire. Un texte qui reste fondé sur une évaluation politique du « danger », qui court-circuite les garanties du procès équitable.
Non, rien.

ANTOINE LÉAUMENT (LFI) SUR LES VOTES ESTIVAUX (sur Youtube)

LETTRE OUVERTE DE J-P PINON À BARBARA BUTCH :
Quand la liberté artistique se dérobe face à la complicité des silences. (sur X Twitter)

Madame,
L’art a historiquement ce privilège rare d’élever les consciences, de briser les censures et de porter haut la voix de ceux que l’on cherche à réduire au silence. Pourtant, il arrive que les trajectoires publiques se fracassent sur le mur de la compromission, révélant la fragilité des engagements lorsque souffle le vent de l’opportunisme ou de la peur.
Votre tribune récente, publiée dans les colonnes du journal Le Monde aux côtés de votre conseil, appelle à une mise au point rigoureuse, loin des anathèmes médiatiques et des confusions volontairement entretenues.
La chronologie des actes et la trahison des engagements.
L’histoire politique récente retient des faits têtus. Lorsque la violence abjecte des réseaux sociaux s’est abattue sur vous, charriant son lot de haines recuites, de grossophobie et d’homophobie crasse, la décence et la solidarité républicaine n’ont pas tardé à se manifester. La France Insoumise, par la voix de Mathilde Panot, fut précisément l’une des premières forces politiques à voler à votre secours, dressant un rempart inconditionnel contre la meute réactionnaire d’extrême droite.
Comment expliquer, dès lors, le grand écart politique qui a suivi ? Comment justifier la signature de cette tribune favorable à la loi Yadan, taillée sur mesure pour bâillonner et criminaliser toute solidarité avec le peuple palestinien ?
Comment comprendre ce concert donné à l’ambassade de France en Israël, survenu au moment même où des militants pacifistes défendant Gaza étaient enlevés en mer ?
Ce soutien de fait à la politique menée par le gouvernement israélien ne relève pas de la maladresse ; il constitue une adhésion objective à la logique destructrice à l’œuvre.
Le mirage de l’argumentaire et l’inversion des responsabilités.
Aujourd’hui, face à la contestation légitime de citoyens indignés — à Grenoble comme ailleurs —, vous choisissez la voie de la victimisation et de l’amalgame.
Vous reprenez en chœur les éléments de langage d’un bloc bourgeois et d’une extrême droite unis dans un même réflexe de défense des puissants, instrumentalisant la lutte contre l’antisémitisme pour discréditer l’ensemble de la gauche politique et, singulièrement, La France Insoumise.
Qualifier d’antisémite une contestation politique pacifique qui dénonce un soutien à un massacre de masse est une malhonnêteté intellectuelle d’une rare gravité.
C’est un procédé commode qui vise à disqualifier l’adversaire en le privant de sa dignité morale. Vous invoquez la liberté d’expression avec une légèreté qui interroge. La liberté d’expression protège-t-elle l’apologie du totalitarisme ou la complaisance envers l’effacement méthodique d’un peuple ? Poser la question, c’est en exposer l’obscénité.
Si l’on ne saurait tolérer la réhabilitation des pires idéologies du passé, pourquoi devrions-nous abdiquer notre sens critique face au martyre en direct du peuple palestinien ?
Le temps de la lucidité et la mesure de l’effroi.
Vous confiez dans vos prises de parole l’effroi qui a été le vôtre lors de ces mobilisations citoyennes. Cet émoi, pour réel qu’il soit, souffre d’une amnésie insupportable.
À Gaza, des dizaines de milliers d’enfants ne connaîtront plus jamais la peur, ni la joie, ni l’avenir : leur existence a été brutalement effacée par les bombes d’un État dont vous avez, par vos actes et vos fréquentations, validé la trajectoire. Avoir peur d’un comité d’accueil citoyen n’a strictement rien de comparable avec l’agonie vécue sous les décombres par des populations entières privées d’eau, de soins et de pain.
Votre récent recul, vos timides nuances formulées à la faveur d’un vent médiatique qui commence à tourner face à l’ampleur du scandale mondial, ne trompent personne.
Lorsque l’immense majorité des peuples de la planète se lève pour exiger la cessation de ce massacre, la realpolitik de votre carrière vous intime l’ordre de corriger le tir. Mais la conscience humaine ne s’accommode pas des calculs d’opportunité.
L’époque exige la clarté, non les faux-semblants d’une tribune dictée par le souci de préserver des carnets de bal. En choisissant d’épouser le camp de l’injustice maquillée en respectabilité, vous avez tourné le dos à l’universalisme émancipateur.
La postérité retiendra moins les notes d’une partition éphémère que le poids des silences consentis et des lâchetés assumées.

MEDIAPART SUR EPSTEIN (ENQUÊTE)

J’AI REGARDÉ LN24 par Sif Sifiane (sur FB)

Installation : Vu sur LN24, à propos de la proposition de Thomas Gunzig, dans sa chronique humoristique. Les travailleur.euse.s des arts victimes de la réforme des pensions. Trahison des politiques. Gunzig veut interdire les politiques dans les théâtres et cinémas.
Les Personnages :
• Thibaut Roland, le présentateur de LN24. Ses études : philosophie et lettres à l’UCLouvain (Louvain-la-Neuve), une expérience qu’il dit ne jamais avoir aimée (il n’y a jamais vécu la vie étudiante). Master : études européennes aux Facultés Saint-Louis (Bruxelles), qu’il décrit comme deux années beaucoup plus épanouissantes. Il visait au départ le journalisme sportif avant de bifurquer vers la presse écrite puis la télé.
• Olaf van der Straten : chroniqueur sur LN24, président de la section locale du MR à Saint-Gilles. Ses études : (ICHEC, ULB, Vlerick) est celui de filières privées/sélectives typiques d’un milieu aisé à Bruxelles. Sa trajectoire militante (Jeunes MR → président de section → collaborateur de cabinet ministériel) est un parcours classique d’entrisme politique par le militantisme de parti, plutôt qu’un parcours “populaire”.
Pièce en un acte :
Olaf van der Straeten – Écoutez, j’espère que c’est une tentative ratée de faire un trait d’humour. Parce qu’il faut quand même rappeler que le monde de la culture et en particulier des théâtres vit largement du financement du contribuable. Et les élus…
Thibaut Roland, le présentateur – Ce monde va vous dire aussi que sur base de ces subsides, il rapporte de l’argent à la société et qu’il fait tourner l’économie belge, hein !
Olaf van der Straeten – Écoutez, s’il rapportait de l’argent, je pense qu’il n’aurait pas besoin de subsides. Il faut aussi rappeler que les élus, ce sont les représentants des citoyens. Et quand monsieur Gunzig tient ce genre de propos, honnêtement, j’estime qu’il crache dans la main de ceux qui représentent celui ou ceux qui les nourrissent. Donc, honnêtement, moi, je trouve ça abject.
Thibaut Roland, le présentateur – Donc, fermer la porte au monde politique, c’est fermer la porte au citoyen qu’il représente par la même occasion. Le message est clair !
Olaf van der Straeten – Exactement !
Critique de la pièce :
Tout d’abord, le débat quitte très rapidement son véritable sujet. La chronique de Thomas Gunzig porte sur les conséquences de la réforme des pensions pour les travailleuses et travailleurs des arts. Pourtant, avec Olaf, la discussion est immédiatement déplacée vers une remise en cause des subsides à la culture. La question des pensions disparaît presque complètement.
Le présentateur accompagne ce glissement en reformulant les propos de son invité plutôt qu’en les confrontant. Au lieu de revenir sur la réforme critiquée, il valide progressivement le changement de terrain et conduit le débat vers une opposition entre le monde culturel et le monde politique.
L’affirmation d’Olaf, selon laquelle « si la culture rapportait de l’argent, elle n’aurait pas besoin de subsides » mérite également d’être interrogée. Ce raisonnement ne s’applique pas seulement à la culture, mais aussi à l’enseignement, à la recherche, aux bibliothèques, aux musées ou encore aux hôpitaux. De nombreuses politiques publiques produisent une valeur économique, sociale et démocratique tout en nécessitant un financement collectif.
L’idée selon laquelle les élus « nourrissent » les artistes pose également problème. Les financements publics ne sont pas des faveurs personnelles accordées par les responsables politiques. Ils proviennent de l’impôt, sont décidés démocratiquement et répondent à des politiques publiques. Les artistes, techniciennes et techniciens, administrateurs culturels sont eux-mêmes des citoyennes et citoyens qui contribuent à cet effort collectif.
Le présentateur affirme ensuite que « fermer la porte au monde politique, c’est fermer la porte au citoyen qu’il représente ». Validation d’Olaf. Là encore, une distinction essentielle disparaît. Les élus représentent les citoyens ; ils ne se confondent pas avec eux. Dans une démocratie, critiquer un gouvernement ou des responsables politiques ne revient pas à mépriser les citoyens.
Enfin, qualifier les propos de Thomas Gunzig d’« abjects » déplace encore le débat. On ne répond plus à une critique politique ou à une chronique humoristique : on porte un jugement moral sur son auteur. Cela contribue davantage à polariser la discussion qu’à éclairer le public.
Nous pouvons évidemment être en désaccord avec Thomas Gunzig. Mais si l’on souhaite débattre sérieusement de la place de la culture dans notre société et des effets de la réforme des pensions sur les travailleuses et travailleurs des arts, encore faut-il répondre aux arguments avancés, sans détourner le débat vers des caricatures opposant culture, citoyens et démocratie.
Le rôle d’un journaliste ou d’un présentateur n’est pas de partager les opinions de ses invités, mais d’aider le public à comprendre les enjeux en questionnant leurs affirmations, y compris lorsqu’elles semblent aller de soi.
Mauvais casting. Dialogues attendus. Propos paternalistes et condescendants voire menaçants vis-à-vis du secteur culturel. Bref, une pièce médiocre.
Plus sérieusement :
Il y a une forme de paradoxe dans cette séquence. Un comble.
Le point de départ de ce débat est une chronique écrite par Thomas Gunzig. Or Thomas Gunzig n’est pas seulement un chroniqueur. C’est un auteur reconnu, romancier, dramaturge et scénariste. Son texte n’est pas une improvisation : il est écrit, construit et relève pleinement d’une démarche d’écriture. Comme tout auteur, il exerce un métier de création dont la vocation est aussi d’interroger la société, de provoquer la réflexion et parfois de déranger.
Et cette discussion se déroule… dans une émission de télévision.
Une émission qui n’existerait tout simplement pas sans le travail de dizaines de professionnelles et de professionnels de l’audiovisuel, de la culture et des métiers techniques.
Avant même que le présentateur et son invité prennent la parole, des équipes ont conçu le décor, installé les éclairages, préparé les caméras, assuré la prise de son, la réalisation, la régie, le maquillage, parfois la coiffure, les costumes, la production, la programmation et toute la logistique nécessaire à la diffusion de l’émission.
Derrière quelques minutes d’antenne se trouvent des femmes et des hommes dont le travail est souvent invisible mais absolument indispensable.
Il est donc difficile de ne pas relever ce paradoxe : une émission rendue possible grâce au travail d’auteurs, de techniciennes et techniciens, de réalisateurs, de créateurs, de décorateurs, de maquilleuses, de régisseurs, de producteurs et de nombreux autres professionnels de la culture et de l’audiovisuel devient le lieu où l’on laisse entendre que ce même monde culturel vivrait essentiellement aux dépens des élus.
Cette séquence rappelle au contraire combien la création artistique, l’audiovisuel et les métiers techniques sont présents à chaque étape de la fabrication de l’information et du débat public. Sans ces travailleuses et travailleurs, il n’y aurait ni plateau, ni émission, ni chronique, ni diffusion.
C’est peut-être cela qu’il est utile de rappeler : les métiers de la culture ne sont pas périphériques à notre démocratie. Ils en sont aussi l’un des moteurs, parce qu’ils permettent d’informer, de raconter, de questionner, de transmettre, de créer et d’ouvrir le débat. Les dénigrer, c’est oublier tout ce qu’ils apportent quotidiennement à notre société, y compris à celles et ceux qui prennent la parole grâce à leur travail.
Un pensum.
Il y a également une contradiction qu’il est difficile de ne pas relever concernant LN24 elle-même.
Dans le débat, certains opposent la culture et les médias financés ou soutenus par des mécanismes publics à l’idée de rentabilité économique, comme si toute activité qui ne génère pas immédiatement un bénéfice devait être suspecte.
Pourtant, LN24, la chaîne qui accueille cet échange, a elle-même connu des difficultés économiques importantes et a bénéficié de différentes interventions pour assurer sa pérennité. Une première opération avait notamment impliqué des acteurs publics régionaux, et une autre opération de soutien a été envisagée avec l’accord de la ministre des Médias Jacqueline Galant, via la régie publicitaire RMB de la RTBF, en précisant que les moyens mobilisés devaient provenir de revenus privés de cette régie et non de la dotation publique de la RTBF.
Ce rappel n’est évidemment pas une critique de LN24 : comme pour la culture, il est parfaitement légitime qu’un média remplissant une fonction démocratique puisse bénéficier de soutiens ou de mécanismes permettant son existence.
Mais cela montre une chose essentielle : la question n’est pas simplement de savoir si une activité « rapporte » ou non de l’argent.
Certaines activités sont soutenues parce qu’elles produisent autre chose qu’une rentabilité financière immédiate : de l’information, du débat démocratique, de la création, du lien social, de la transmission.
Il est donc pour le moins paradoxal de reprocher au monde culturel de bénéficier d’un soutien collectif tout en acceptant que d’autres secteurs, y compris médiatiques, puissent eux aussi avoir besoin de mécanismes de soutien pour continuer à exister.
Une pièce indigente.

« ZAÏ-ZAÏ « : CE QUE NOUS AURIONS VOULU DIRE par Nicolas Ancion (sur FB)

J’avais rédigé une petite intervention pour la fin de la représentation de “Zaï Zaï” à l’occasion de la venue de la Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Avignon.
On a choisi de ne pas la lire, finalement, pour ne pas coincer les spectateurs pressés du Festival, qui n’auraient sans doute pas compris à quoi on faisait allusion.
Mais comme c’est aujourd’hui que les Engagés vont voter, le doigts sur la couture du pantalon, une loi qui détricote encore un peu plus les droits à la pension, je me permets de partage ici ce que j’aurais aimé qu’on lui dise à la fin de la représentation, avec le public pour témoin.
(Après les applaudissements.)
Merci beaucoup.
Nous voudrions vous dire un mot, car nous avons l’honneur d’accueillir ce soir dans cette salle Madame Degryse, Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Et le choix n’a pas été facile pour nous.
Parce que nous avons été tentés, un temps, d’appliquer ce soir les méthodes que le gouvernement nous impose et, par exemple, de doubler en cours de représentation le prix des places, comme Madame la Ministre l’impose aux étudiants, qui voient leurs frais d’inscription doubler d’un coup, à partir de la prochaine rentrée.
Mais Madame la Ministre est invitée ce soir. Du coup, deux fois zéro, ça ne change pas grand-chose.
On a pensé aussi à tout simplement couper un bon bout du spectacle, comme le gouvernement vient sans crier gare de décider de raboter les pensions des artistes, supprimant de leur compte de retraite les années précédant 2014.
Mais ça aurait été injuste pour tous les autres spectateurs qui n’y sont vraiment pour rien.
On a aussi envisagé d’obliger la Ministre-Présidente à rester de force, ici, une deux heures de plus, sans bouger, puisqu’elle contraint les enseignants de Wallonie et de Bruxelles à enseigner deux heures de plus chaque semaines gratuitement à partir de la rentrée de septembre.
Mais on ne le fera pas non plus.
On préfère tout simplement vous dire qu’on vous voit.
Que vos fausses excuses budgétaires ne marchent pas sur nous.
Il n’y a pas de crise. Il n’y a qu’un manque flagrant de courage politique.
Nous savons pourquoi les grandes fortunes comme Bernard Arnault ou Pierre-Edouard Stérin choisissent de s’installer fictivement en Belgique : parce que notre petit pays est un paradis fiscal pour les ultra-riches.
Nous savons pourquoi les grandes entreprises prospèrent chez nous alors que les petites gens tirent la langue. Parce que vous n’allez jamais chercher l’argent là où il se trouve.
Vous préférez prétendre que c’est la crise et que les caisses sont vides.
Le plus triste, le plus déprimant, c’est qu’à vous écouter, on a l’impression que vous y croyez vous-même.
On aurait pu encore demander à toute la salle de vous houhouter ou de faire une roulade arrière et de vous lancer des poireaux à la tête, mais on préfère vous offrir un cadeau pour vous aider à régler vos problèmes de budget.
C’est un petit livre, écrit par un économiste, Gabriel Zucman.
Pas un extrémiste, non. Pas un poète, non plus.
Un rigoureux.
Ca s’intitule “Les Milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin”.
Nous sommes convaincus que vous pourriez trouver dans ce petite livre bien des idées pour régler vos problèmes sans taper sur les étudiants, les profs, les retraités, les artistes, les précaires et tous les travailleurs en général.
Bonne lecture et bon festival à toutes et tous !

LES ULTRA-RICHES NE SONT PAS CLIMATO-SCEPTIQUES par Marc Jaquemain (sur FB)

Les nouveaux magnats de la tech, tout comme les propriétaires des industries extractives, sont souvent les premiers à nier les conséquences de leurs propres activités sur le futur de la planète. Dans un article sur le mode de vie de la classe des ultra-riches, le journal Le Monde nous rappelle opportunément (mais on le savait déjà) qu’ils ne croient pas une seconde à leur propre discours : ils s’apprêtent tous à affronter le pire.
« A Kauai, dans l’archipel d’Hawaï, Mark Zuckerberg achève un domaine de plus de 930 hectares dont le coût dépasse 270 millions de dollars. Derrière un mur d’enceinte, une douzaine de bâtiments et un abri souterrain d’environ 460 mètres carrés relié aux résidences par un tunnel, derrière une porte de métal et de béton. Le lieu produit son énergie, son eau et sa nourriture ; les ouvriers ont signé des accords de confidentialité.
D’autres ont choisi la Nouvelle-Zélande. Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir, en a obtenu la nationalité en 2011. Il possède un domaine de 193 hectares sur les rives du lac Wanaka, où il a voulu faire construire un complexe encastré dans la colline. Les autorités locales l’ont refusé en 2022, et le tribunal de l’environnement a rejeté son appel en 2024. Sam Altman, le très médiatique dirigeant d’OpenAI, déclarait dès 2017 stocker armes, or et antibiotiques, et prévoir de rejoindre Peter Thiel en Nouvelle-Zélande en cas d’effondrement, selon le New Yorker du 22 janvier 2017 ».
Que penser alors de nos leaders politiques ou médiatiques quand ils nous invitent, en ces temps de canicule à « profiter du beau temps plutôt que de se plaindre » ? Qu’ils sont aveugles ? Ou bien qu’ils espèrent ainsi obtenir une petite place dans un de ces bunkers postapocalyptiques ?
Mon pari est qu’ils seront déçus : ce qui horrifie par-dessus tout les ultra-riches, c’est de partager.
SOURCE : Le Monde 14 07 2026

TÊTE PROPRE, MAINS HAUTES par Maxime DesGranges (sur X Twitter)

Premier degré : je me réjouis sincèrement pour ceux qui s’autorisent la fantaisie de soutenir une gauche “modérée”.
Ça veut dire que ça ne va pas trop mal pour eux, et c’est bien.
Ça veut dire qu’ils n’éprouvent pas dans leur chair ce que provoquent l’humiliation, le contrôle et la coercition d’État, pain quotidien de millions de gens.
Qu’ils ne se sont jamais fait enfoncer le crâne au Tonfa, ni arracher une main ou un oeil, ni gazer dans une nasse illégale, ni exploser les tympans à la grenade, bref, qu’ils n’ont pas subi ce que le macronisme a fait vivre aux pompiers, soignants, syndiqués, teufeurs, étudiants, racailles, écolos, précaires, migrants, pédés, bouseux.
Qu’ils n’ont jamais eu leur porte défoncée à 6h du matin en se faisant menotter devant leurs enfants pour avoir tweeté contre une figure du pouvoir.
Qu’ils ne se font pas traiter d’assistés, de profiteurs, de fraudeurs, d’escrocs, de fénéants, de voleurs, pour avoir commis le crime d’être au RSA.
Qu’aucun algorithme opaque ne leur attribue un “score” arbitraire pour détecter s’ils ne vivraient pas au-dessus du seuil de pauvreté, les salauds.
Qu’aucun agent de la CAF n’est venu chez eux un matin pour compter les brosses à dents dans leur salle de bain, vérifier le contenu de leur penderie ou inspecter leurs photos de famille aimantées sur le frigo.
Qu’ils ne se font pas contrôler 3 fois par jour par une police d’extrême droite (la socio électorale ne ment pas) qui rabaisse, insulte, frappe dans des cellules sans caméra, utilise illégalement la reconnaissance faciale pour nourrir leurs bases de données, exécute désormais à bout portant en étant couverte par l’Etat.
Qu’ils ne sont pas “des gens qui ne sont rien”, qu’ils ne coûtent pas “un pognon de dingue”, qu’ils ne sont pas des “sans-dents”, contrairement à nous.
Vraiment, je les envie, car ne pas être radical aujourd’hui est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. Félicitations à eux.

POURRITURE par Sylvain Grandserre (sur X Twitter)

Oui, Macron a bien “entubé tout le monde”. Qu’on se souvienne des 20000 cahiers de doléances, du grand débat national, de la Convention citoyenne pour le climat, de la dissolution, sans parler de tous ses discours grandiloquents. Pourriture, for sure. https://sudouest.fr/environnement/climat/rechauffement-climatique/emmanuel-macron-a-entube-tout-le-monde-le-paleoclimatologue-jean-jouzel-dresse-un-cinglant-bilan-ecologique-du-president-30081487.php

PRESIDENTIELLE : MENSONGES ET BOUFFONNERIE POUR DÉSESPÉRER LES ÉLECTEURS·TRICES par Isabelle Goutmann (sur X Twitter)

Que Raphaël Glucksmann accuse Jean-Luc Mélenchon d’être « au service de la fracturation de la société française » et « le meilleur agent électoral de l’extrême droite », c’est dans l’air des temps mauvais d’inversion de l’Histoire et de tous les repères. On n’est guère surpris que cela vienne d’une girouette politique assumée qui est passée de soutien de Nicolas Sarkozy à conseiller d’un dictateur géorgien, atlantiste et pro-israélien, projetant depuis 2024 d’annexer le PS et une partie de la macronie finissante, non au service d’un projet, mais d’un objectif clairement énoncé : « plier Mélenchon ».
Mais que le secrétaire national du parti communiste français reprenne ce récit émanant directement de l’extrême droite laisse pantois. « Je regrette que Jean-Luc Mélenchon continue à fracturer la France et à s’adresser à nos concitoyens en fonction de leur couleur de peau, de leur origine et de leur lieu d’habitation, les quartiers populaires, les banlieues contre le reste de la France » déclare-t-il dimanche sur BFM.
En marxiste qu’il est supposé être, Fabien Roussel ne peut ignorer que si la France est fracturée, c’est qu’il y a d’un côté des détenteurs du capital (et des médias, et d’une partie du personnel politique…), qui se sucrent à tout va et prévoient de faire payer la crise, provoquée par leur voracité sans limites, à l’immense masse des gens exploités, précarisés, qu’on dépouille progressivement de tous les droits et services publics, y compris celui à la justice. Et que pour pouvoir imposer une telle politique, la classe dirigeante a toujours alimenté le raciste pour diviser le peuple, s’appuyant selon les périodes historiques, tantôt sur l’antisémitisme multiséculaire, tantôt sur le passé colonial, l’islamophobie et la peur pour justifier les inégalités et les discriminations… avec au bout, un appareil répressif toujours plus féroce pour « maintenir l’ordre » : dur avec les faibles, et faible face aux puissants.
Un minimum d’honnêteté devrait interdire à Fabien Roussel de colporter ces lubies haineuses et racialistes. Non, Mélenchon ne « s’adresse » pas aux gens en fonction de leur couleur de peau ou d’origine. Il dit même exactement le contraire : Quelle que soit sa couleur de peau, son origine, ses croyances, son lieu d’habitation, chacun à sa place dans la république, dans cette Nouvelle France qui n’est pas pour les insoumis « une théorie », mais un constat objectif, démographique, générationnel, sociologique, en même temps qu’une volonté politique : « faire peuple de tout bois » pour construire un avenir en commun.
À la malhonnêteté, Fabien Roussel en rajoute une couche dans la déformation et la bêtise la plus crasse en accusant Mélenchon « d’assigner les gens à résidence », pour conclure, bravache comme à son habitude « l’universalisme de la République, c’est ce que nous, nous défendons, à l’opposé de Jean Luc Mélenchon »… à l’opposé de Mélenchon, et étonnement pas de Le Pen ou Bardella ! En déclarant en somme Jean-Luc Mélenchon (qui pourrait aisément lui donner des leçons en matière d’universalisme) ennemi de la République, Fabien Roussel apporte avec zèle sa contribution à la cacophonie confusionniste et à l’inversion des valeurs.
Il fut un temps où le PCF dénonçait la « pédagogie du renoncement »pratiquée par le parti socialiste, il est devenu à présent, malgré sa faiblesse électorale, l’artisan du désespoir, car le seul moyen qu’il a trouvé pour exister est de s’opposer à la force ascendante avec qui une véritable alternative de gauche peut gagner en 2027. Tout le reste ne sera que perpétuation ou aggravation du système actuel.
Et il le sait.
Isabelle Goutmann (Insoumis Communistes)

LETTRE À ÉRIC PIOLLE par Simon Moutquin (sur FB)

Cher Éric,
Chère Marine ( Tondelier),
J’ai lu votre lettre à Jean-Luc concernant l’action contre une artiste aux positions “problématiques”.
J’avais, moi aussi, envie d’y répondre par une lettre très anonyme, très intime, comme nous savons si bien le faire dans la famille écologiste.
Car oui, je suis un cousin belge. Ancien député au Parlement fédéral, ancien membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
Ô, n’ayez crainte. Je reste plus que jamais attaché à notre famille politique.
Les feux de forêt qui ravagent l’Europe, comme tant d’autres régions du monde, ces vagues de chaleur qui tuent par milliers, ce massacre de la biodiversité me persuadent chaque jour un peu plus que l’écologie politique est infiniment plus porteuse que toutes les pensées productivistes.
Je reste convaincu qu’une démocratie plus horizontale, fondée sur les besoins des citoyennes et des citoyens, constitue une réponse essentielle à la crise démocratique.
Et, par ailleurs, je continue de penser qu’une femme présidente, qui reste terre à terre, offrirait une plus belle image de la France qu’un monsieur parfois un peu ronchon, certes attachant… (Mais nous devrons en parler dans quelques mois, et ça sera une conversation compliquée)
Je reviens, cher cousin Éric, sur la lettre que tu adresses à tonton Jean-Luc.
Et je dois te dire que, depuis la branche belge de la famille, je peine à la comprendre. (même si je m’exprime en mon nom propre)
Plus largement, la manière dont une partie de la gauche française analyse aujourd’hui la question israélo-palestinienne m’inspire un mélange d’incompréhension, d’amertume et de colère.
Je n’ai pas besoin de te rappeler que plus de 70 000 personnes ont été tuées à Gaza, que la malnutrition touche toujours une immense partie de la population, que la majorité de la bande de Gaza est désormais occupée militairement par Israël, que près de 80 % du bâti est détruit. Je n’ai pas besoin de te rappeler la famine, les accusations de génocide, l’occupation, la colonisation et le régime d’apartheid dénoncé par de nombreuses organisations internationales.
Je n’ai pas davantage besoin de te rappeler que, pendant que la France débattait pendant des jours de la polémique autour d’une DJ aux positions pour le moins contestables, les colons israéliens poursuivaient, en Cisjordanie, leurs violences contre la population palestinienne : des dizaines de morts, des oliviers arrachés, des villages attaqués, des familles déplacées.
J’espère que je ne dois pas non plus rappeler que ce que l’on continue d’appeler le « conflit israélo-palestinien » est avant tout une occupation militaire, coloniale et profondément raciste qui trouve son origine dans la Nakba de 1948 et qui constitue, comme le rappelle l’historien israélien Ilan Pappé, un « processus de nettoyage ethnique ».
Je n’ai pas davantage besoin de rappeler qu’il ne reste aujourd’hui pratiquement plus d’espoir politique en Israël. Un racisme d’une violence inouïe s’est installé dans de larges pans de la société israélienne et porte au pouvoir des ministres comme Itamar Ben Gvir ou Bezalel Smotrich. Plus récemment encore, plusieurs membres du gouvernement ont participé à une marche appelant explicitement à vider Gaza de sa population palestinienne ( 9 ministres sur 19 )
Non, je n’ai pas besoin de te rappeler tout cela.
Parce que je connais ta solidarité avec le peuple palestinien.
Mais je dois malgré tout vous poser une question, à toi et à Marine, l’autre Marine, celle qu’on aime.
Est-ce que vous mesurez réellement la faiblesse politique de votre discours et de vos actions dans cette séquence ?
Lorsque, cher Éric, tu écris à Jean-Luc que cette action « n’était pas un appel au boycott », tu nies en réalité la légitimité d’un mode d’action citoyen contre des positions politiques.
L’appel au boycott avait eu lieu avant le festival.
Il n’a pas été entendu. C’est précisément la raison pour laquelle des militants ont décidé de passer à une autre forme d’interpellation.
Votre critique m’interroge d’autant plus que j’ai moi-même participé, en 2019, à ce type d’action. C’était lors d’un concert de Patrick Bruel, qui assumait alors publiquement son soutien à l’armée israélienne, qu’il qualifiait de « morale parce qu’elle lance des tracts avant de bombarder ».Notre action n’avait pas abouti. Nous étions cinq au milieu de dix mille personnes…
Mais jamais, à aucun moment, je n’ai pensé à la religion de Patrick Bruel, à son identité, à sa culture ou à son genre, désormais, on le connaît malheureusement. Je n’ai pensé qu’au peuple palestinien.
Oui, je considère qu’il est légitime de critiquer, y compris par des formes d’action qui peuvent déranger, une artiste qui choisit de se produire à l’ambassade d’Israël alors que ce pays est accusé des crimes les plus graves contre la population palestinienne.
Oui, je considère qu’il est légitime d’entraver le DJ set d’une artiste qui accepte de se produire à la représentation diplomatique d’un État qui utilise la famine comme arme de guerre contre plus de deux millions de personnes. ( Toutes les ONGs en parlaient )
La désobéissance civile fait partie de l’ADN des mouvements écologistes depuis des décennies. Elle dérange.Elle gêne. Elle bouscule. Et c’est précisément sa fonction. Elle est inscrite dans l’histoire même de notre famille politique, née des luttes contre les grands projets inutiles et contre les logiques ultralibérales des années 1980.
Vous partez pourtant d’un principe qui, à mes yeux, est profondément problématique : comme le récit porté par la droite et l’extrême droite, vous semblez considérer que cette action était, par nature, antisémite.Et, ce faisant, vous contribuez, volontairement ou non, à diffuser une confusion qui nourrit depuis des années le récit politique de Benyamin Netanyahou. Un récit qui consiste à assimiler toute critique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme. Un récit qu’il diffuse depuis longtemps avec l’appui de nombreux partis d’extrême droite européens, dont il a progressivement fait des alliés politiques.
Je vais être honnête. ( puisqu’on est entre nous).
Moi-même, je n’aurais probablement pas participé à cette action.
Je ne la trouve pas particulièrement stratégique voire maladroite. Sur ce point, je peux rejoindre certaines des critiques que tu formules. Je pense aussi qu’une artiste qui subit aussi violemment la haine de l’extrême-droite devrait être immunisée d’un certain type d’actions qui peuvent évoquer une forme de harcèlement. Même si je suis certain que l’intention des militant.e.s n’a jamais concerné la culture et la religion de l’artiste mais bien ses positions, la violence de celles et ceux qui profitent de la suite de ce type d’actions (politiquement légitimes) pour déverser leur racisme, leur homophobie, leur grossophobie doit être une donnée qui nous fait remettre en question la pertinence de nos actions en amont.
Mais il y a une différence fondamentale entre dire qu’une action est politiquement maladroite et affirmer, explicitement ou implicitement, qu’elle relève d’un acte antisémite.
Cette différence est immense.
Et je pense que, depuis trop longtemps, vous contribuez, peut-être naïvement, peut-être maladroitement, mais bien réellement, à entretenir le récit israélien qui cherche précisément à effacer toute frontière entre la critique d’un État et la haine des Juifs.
Vous avez combattu la loi Yadan parce qu’elle participait de cette confusion. Pourquoi, quelques semaines plus tard, contribuer vous-mêmes à la réintroduire dans le débat public ?
Toute ma vie politique, j’ai combattu, et je continuerai de combattre, toutes les formes d’antisémitisme, y compris lorsqu’elles peuvent parfois se greffer à la solidarité avec le peuple palestinien.
C’est dans notre ADN.
Comme écologistes, nous avons toujours refusé toutes les formes de racisme, sans hiérarchie entre elles.
Et vous savez aussi bien que moi que l’antisémitisme demeure une réalité en France. Il traverse encore toutes les couches de la société. Il se nourrit parfois d’une forme de négation de la collaboration française et des responsabilités historiques de l’État français dans le judéocide.
Mais justement. Parce que nous combattons l’antisémitisme avec autant de détermination, nous avons aussi la responsabilité de ne pas laisser ce combat être instrumentalisé pour neutraliser toute critique de la politique d’un gouvernement.
C’est précisément ce qui se produit aujourd’hui.
Et c’est précisément ce qui me préoccupe dans votre prise de position.
Pourquoi la gauche française semble-t-elle défendre le peuple palestinien du bout des lèvres ?
Pourquoi un génocide, lorsqu’il est qualifié comme tel par un nombre croissant de spécialistes, d’organisations internationales et de juristes, semble-t-il encore impossible à nommer pour une partie de la classe politique française ?
Pourquoi continuer à présenter le projet israélien comme un projet démocratique en crise alors qu’il apparaît désormais, à bien des égards, comme un projet colonial assumé, violent et profondément raciste ? Par nostalgie ? Par culpabilité ? Par peur ?
J’ai quelques idées dont je voulais te parler.
Ce sont plus des questions et ce n’est pas à moi d’y répondre.
N’est-il pas temps que la France regarde son propre passé colonial en face pour comprendre les mécanismes coloniaux de notre époque ?
Qu’elle mesure combien cette histoire continue de structurer notre regard sur le monde, nos politiques étrangères, nos hiérarchies implicites entre les vies humaines, et parfois même les formes de racisme systémique qui en découlent. (ça vaut aussi pour la branche belge de la famille et sa négrophobie post colonialisme en RDC)
N’est-il également pas temps que la France regarde avec davantage de lucidité son propre passé collaborationniste ?
Pendant des décennies, le récit national a largement mis en avant la grandeur de la Résistance. Cette histoire mérite évidemment d’être honorée. Mais elle ne peut pas continuer à masquer l’ampleur de la collaboration, ni les responsabilités françaises dans la déportation des Juifs. Cette mémoire-là aussi mérite d’être regardée en face.
J’ai l’impression que ce sont tous ces silences, ces hontes et ces dénis qui rendent aujourd’hui nébuleuse la position de la gauche française sur l’effacement du peuple palestinien.
C’est précisément parce que nous devons regarder notre histoire avec lucidité que nous devons être capables, aujourd’hui, de regarder celle qui est en train de s’écrire en Palestine sans détourner les yeux.
Mais alors, une question me revient sans cesse.
Pourquoi ? Pourquoi participer à cette bataille idéologique contre tonton Jean-Luc et contre La France insoumise au travers d’une lettre ouverte ? Quel est réellement l’objectif ? Se distinguer ? Se positionner ? Préparer une échéance électorale ?
Je peine à croire que ce soit le meilleur usage de votre énergie politique….
Cher cousin Éric, chère cousine Marine,
Est-ce vraiment le défi le plus fondamental que porte aujourd’hui l’écologie politique française ? Est-ce vraiment le combat prioritaire que de dire publiquement à Jean-Luc que l’action de ces militants ne vous a pas plu ?
Je sais pourtant que vous êtes, comme moi, tétanisés par cette France qui brûle.
Je sais que vous êtes bouleversés par le suicide du jeune Joris, victime du harcèlement raciste.
Je sais que, comme moi, vous voyez l’extrême droite gagner chaque jour un peu plus de terrain dans la bataille culturelle.
Je sais aussi que nous partageons les mêmes inquiétudes devant l’effondrement climatique, les attaques contre l’État de droit, les reculs démocratiques et la montée des discours de haine.
Alors je vous pose sincèrement la question.
À quelques mois d’échéances électorales aussi décisives pour la France, et peut-être pour l’Europe tout entière, est-ce vraiment le moment de participer à une bataille fratricide ?
Ne faudrait-il pas, au contraire, s’asseoir autour de la table avec le vieux tonton Jean-Luc ?
Lui dire qu’il est parfois lourd.
Lui dire que certaines de ses sorties nous embarrassent.
Reconnaître aussi que, parfois, les neveux et les nièces nous cassent les… oreilles… pendant les repas de famille.
Que l’incruste Glucksman tente de se faire adopter mais qu’il a surement un lointain cousin à droite qui l’acceptera et que, vous savez, l’adoption est une déchirure d’un milieu d’origine qui est toujours préférable.
Mais se rappeler, malgré tout, qu’en face de nous se trouve une extrême droite qui n’attend qu’une chose : profiter de nos divisions.
Je ne vous demande pas d’être d’accord.
Je ne vous demande pas d’abandonner vos désaccords.
Je vous demande simplement de regarder la réalité politique en face.
Nous savons tous lire les sondages.
Je sais que notre français de Belgique diffère un peu du vôtre mais, en matière de mathématiques, il me semblait que nous parlions encore le même langage.
Nous savons faire une addition.
Nous savons qu’au premier tour d’une élection présidentielle, il faut terminer parmi les deux premiers pour espérer gagner la suivante.
Nous savons aussi qu’un candidat à 16 % est objectivement plus proche de cet objectif qu’un candidat à 2 % ou à 4 %.
Et nous savons enfin que 16 % plus 4 %, cela fait… 20 %.
Jusque-là, les calculs restent relativement simples.
En revanche, les calculs politiques plus sophistiqués qui consistent à expliquer qu’il vaut mieux additionner les divisions que les forces communes…
Je dois bien avouer que, depuis la Belgique, j’ai un peu de mal à les comprendre.
Et j’ai comme l’impression que je ne suis pas le seul.
Je crains même que des millions de Françaises et de Français ne les comprennent plus non plus.
Car pendant que la gauche se dispute sur les nuances de ses désaccords, l’extrême droite, elle, additionne ses victoires.
Elle avance.Elle s’installe. Elle banalise ses idées.
Et, surtout, elle se délecte de nos lettres passionnelles…
Je ne suis qu’un cousin belge.
Je regarde tout cela avec l’affection de celui qui sait que la politique française finit toujours par avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières.
Alors oui, je continuerai à me disputer avec ma famille politique.
À vous contredire lorsque je pense que vous vous trompez.
À défendre, avec la même détermination, la lutte contre l’antisémitisme, contre le racisme, contre toutes les formes de discrimination, mais aussi le droit de dénoncer sans ambiguïté les crimes commis contre le peuple palestinien.
Parce que ces combats ne s’opposent pas.
Ils procèdent du même impératif moral.
Et parce que je continue de croire que notre famille politique est capable d’être à la hauteur de cette exigence.
Alors, chers cousins,
essayons peut-être de choisir un peu mieux nos batailles.
La maison brûle… et nous sommes en train de nous chamailler à table.
Les temps qui viennent nous demanderont déjà suffisamment d’énergie …en famille.
Pour la France, Pour l’Europe, pour l’environnement et les générations futures, pour la lutte contre toutes formes de racismes et pour la libération du peuple palestinien !

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