Un cauchemar totalitaire LA CIVILISATION DU “QR” CODE

A ceux qui pensent encore que seules des justifications “médicales” inspirent les actuelles politiques sanitaires, l’évolution de la situation en Grande-Bretagne et en Irlande devrait poser une sérieuse énigme.
Les gouvernements de ces deux pays viennent en effet d’annoncer, pour la semaine prochaine, la levée de (pratiquement) toutes leurs restrictions sanitaires.

 
Oh ! My God ! Ce “fucking” virus couronné serait-il donc incapable de traverser la Manche à la nage ? Cette horrible Peste atchoumesque perdrait-elle tout son pouvoir de nuisance dès qu’on la traduit en anglais ?
Google translate, help us ! God Save The Queen ! À l’aide ! SOS ! Save Our Soul !
Pas du tout : Omicron gambade là-bas dans les “pubs”, les “clubs” et les “fish and chips”, aussi teigneux et morveux qu’ici.
Simplement, d’autres choix politiques ont été faits, d’autres stratégies sanitaires mises en place. Et si par ailleurs, les protocoles curatifs anglo-saxons encombrent moins leurs services de soins intensifs que les nôtres, la seule chose que l’on puisse en dire, c’est qu’on ferait bien de s’en inspirer d’urgence !
Oui, au moment où l’Autriche cloître ses “non-vaccinés” ; au moment où l’Allemagne les exclus de ses bibliothèques et de ses restaurants ; au moment où l’Italie leur interdit ses bars, ses transports en commun, ses universités et même ses cérémonies religieuses ; au moment où la France impose un “Passe Vaccinal” qui conduit déjà à des restrictions semblables … la Grande-Bretagne et l’Irlande semblent faire, au contraire, des choix diamétralement opposés.
C’est que, malgré les années Thatcher et sa brutale politique coloniale, l’Angleterre reste aussi le berceau de l’habeas corpus : cet attachement historique et quasi viscéral aux libertés individuelles et publiques. Ce que la démocratie libérale peut sans doute proposer, sur le plan moral et législatif, de plus abouti.

Une fois n’est pas coutume, je vais me faire ici l’avocat du diable (le diable n’en manque pourtant pas : il a ses affidés et ses “bavards” dans tous les médias).
Il est vrai que le Covid 19 est une maladie qui avance par “vague”, et qu’on n’applique donc pas “rationnellement” les mêmes protocoles sanitaires quand la vague “explose”, ou quand on “gère” au contraire tranquillement sa descente. Or cela fait plus de trois semaines, comme je l’ai ici même déjà souligné, que l’Angleterre a passé son “pic” de contagion, quand d’autres pays sont encore en pleine phase “ascendante”.
Il est vrai aussi que la décision du gouvernement anglais reste un pari sur l’évolution de la pandémie. Et que, comme tous les paris, il contient une part d’incertitude.
Il est vrai enfin qu’Omicron n’est sans doute pas la “fin” du Covid-19. Si un autre de ses mutants devait débarquer, aussi contagieux que son cousin, mais en plus méchant, il n’est pas interdit de s’y préparer dès aujourd’hui.
Mon propos n’est donc pas de condamner par principe toutes les stratégies sanitaires qui seraient plus “alarmistes” que celles du gouvernement anglais.
Je suis toutefois profondément convaincu que certaines forces économiques et sociales instrumentalisent aujourd’hui la pandémie pour nous imposer “leur” propre calendrier et “leurs” propres priorités. Je ne parle pas seulement des entreprises pharmaceutiques, des rois du vaccin ou du business des tests PCR, mais de toutes les entreprises qui ont intérêt à accélérer la “numérisation” de l’économie et, par delà, de l’ensemble des sociétés humaines.
En Europe, cela devrait prochainement se traduire par la généralisation d’un “QR code” européen qui conditionnera à l’avenir l’accès à de très nombreuses activités. Un redoutable outil de contrôle social. Nul “complot” là-dedans. Un simple “effet d’aubaine”, avec de gigantesque moyens financiers pour le concrétiser.

Le webmagazine écologique “Reporterre” vient à ce sujet de publier une très intéressante enquête de la journaliste Célia Izoard sur le “Digital Identity Wallet” de la société Thalès, “un « portefeuille d’identité numérique », c’est-à-dire une sorte de passe sanitaire étendu à toutes les démarches de la vie quotidienne, assorti d’un dispositif de reconnaissance biométrique pour empêcher la fraude” (“Reporterre”, 7 décembre 2021) (1).
Je vous invite vraiment tous et toutes à visionner ci-dessous le très orwellien spot publicitaire de Thalès. La vie de Julie, du lever au coucher, qui présente un véritable cauchemar totalitaire comme un rêve libertarien.
Vous verrez sans doute d’un autre œil, après cela, nos innocentes conversations sur le “Covid Safe Ticket”.

Thalès a reçu en 2019 le prix “d’entreprise de l’année” attribué par le cabinet Frost & Sullivan, qui soulignait à cette occasion un de ses “qualités” : « En cas de suspension d’un droit de l’individu pour quelque raison que ce soit, le gouvernement peut l’invalider en temps réel sur la plateforme ».
A noter que Thalès, qui peut aussi être utilisé comme moyen de payement, a également accès à toutes vos informations bancaires.
Avec un certain humour, un lecteur commentait donc ainsi l’article de “Reporterre”: “Avec l’arrivée de l’euro numérique, Lucie a désormais accès à notre Wallet électronique. Tous ses paiements sont sécurisés. Mais Lucie n’a pas respecté le 48 ème confinement décrété en raison d’une épidémie de gastro. Lucie voit son Wallet débité automatiquement de 135 euros … Lucie récidive, son Wallet est désormais désactivé pendant une durée de 15 jours. Elle ne peut plus rien faire et elle ne peut plus aller nulle part. Gardez-le, votre monde dystopique, et allez bien vous faire enc…”. Avec ou sans QR code ?

Thalès a fusionné en mai 2021 avec l’entreprise Atos pour créer Athéa.
En juin 2021, la Commission Européenne a acté la création d’un “Digital Identity Wallet” pour tous les citoyens européens.
D’ici septembre 2022, tous les états membres devront avoir créé les conditions techniques de la mise sur pied d’expériences pilotes.
A noter que Thierry Breton, le commissaire européen au Marché Intérieur, est l’ancien PDG du groupe Atos. Comme dit l’adage populaire, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.
Maintenant, si vous croyez toujours que l’instauration d’un “passe vaccinal” et d’un QR code pour aller au cinoche ou pour prendre un train est vraiment le meilleur moyen de combattre le SARS-COV-2, je ne peux malheureusement plus grand chose pour vous.

Claude Semal le 21 janvier 2022

Nota Bene : Vous aurez remarqué que je n’ai pas commenté ici les décisions du dernier CODECO. Disons simplement qu’avec son “Baromètre COVID” et son “feu rouge sans feu vert”, il reste bien dans la ligne de nos précédentes belges absurdités.

(1) https://reporterre.net/Bientot-le-portefeuille-d-identite-numerique-un-cauchemar-totalitaire

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